vendredi 16 juin 2017

Après Epicure - ou - De l'éthique individuelle à la politique collective (3)

Informations préliminaires
Le texte ci-dessous fait suite à deux articles : 
- "Après Épicure - ou - De l'éthique individuelle à la politique collective (1)" et ses 28 commentaires : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2015/09/apres-epicure-ou-de-lethique.html 
- et "Après Épicure - ou - De l'éthique individuelle à la politique collective (2)" et ses 10 commentaires : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2015/11/apres-epicure-ou-de-lethique.html 

Il utilise également des éléments de : 
 - "L'éducation idéale (1) Les textes fondamentaux" : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2017/02/leducation-ideale-les-textes.html 
- "L'éducation idéale (2) Une synthèse personnelle" : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2017/02/leducation-ideale-2-une-synthese.html 
- "Description des huit types d’intelligence selon Howard Gardner" : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2017/02/description-des-huit-types.html 
- « Mémoire des pensées et sentiments de Jean Meslier, prêtre-curé d'Etrépigny et de Balaives, sur une partie des erreurs et des abus de la conduite et du gouvernement des hommes, où l'on voit des démonstrations claires et évidentes de la vanité et de la fausseté de toutes les religions du monde, pour être adressé à ses paroissiens après sa mort et pour leur servir de témoignage de vérité à eux et à tous leurs semblables. » : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2012/05/memoire-des-pensees-et-sentiments-de.html 
- et autres textes relatifs à l'anarchisme politique. 

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Ière partie - Matérialisme (philosophique), hédonisme (éthique) et eudémonisme (politique)

Le matérialisme (philosophique) débouche sur un hédonisme (éthique) 

Épicure s'adressant à son disciple Ménécée :
« Le plaisir que nous avons en vue est caractérisé par l'absence de souffrance corporelle [exemples : faim, froid, maladie ...] et de troubles de l'âme [exemples : insécurité, oppression ...]. »

Doctrine qui se complète par :
« Il faut viser la suffisance à soi, car ainsi la douleur provenant du manque [exemples : dépendance alimentaire, économique, énergétique ...] est supprimée.»

Pour atteindre cet idéal hédoniste, encore faut-il distinguer les "désirs naturels" des "désirs non naturels", et les "désirs nécessaires" des "désirs non nécessaires" (Épicure).
Un hédonisme modéré, épicurien, se contente d'assouvir ce qui est naturel et nécessaire :
- pour la vie (nourriture, sommeil)
 - pour la tranquillité du corps (aponie)
- pour le bonheur (ataraxie).
C'est l'inverse de ce que nous inculque la société de consommation à travers la publicité et la mercatique ("marketing" en anglais); qui nous maintiennent dans une état de frustration permanente. L'expression contemporaine "sobriété heureuse" (Pierre Rabhi) correspond le mieux à ce que préconisait Épicure.

L'hédonisme (éthique) débouche sur l'eudémonisme (politique)
Du bonheur collectif d'une petite communauté au bien-être de tous, de toute la société

Des philosophes épicuriens ou plus génériquement matérialistes et athées, ont proposé des modèles sociaux permettant "l'ataraxie communautaire et générale" (Pierre Gassendi).
En voici une progression en quatre étapes :

1) Philodème de Gadara préconise une monarchie éclairée par la philosophie. Il récuse la démocratie, c'est-à-dire le pouvoir d'un peuple inculte, qu'il juge aussi tyrannique que le despotisme d'un autocrate.

2) Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach préfère une monarchie constitutionnelle, permise grâce à l'éducation de la population. Les sujets les plus éduqués, réunis en conseil des représentants de la nation, définissent les lois s'appliquant à tous, y compris au monarque.

3) Claude-Adrien Helvétius va plus loin. Plus besoin de roi, ni même d'un État monolithique. Helvétius aspire à une république (parlementaire) ou plutôt à une fédération de républiques. Le philosophe qui connaît les régions, la province et leur diversité, défend le principe fédéral. Il défend le principe de petites républiques plus à même de réaliser le bien public de ses citoyens.

4) Jean Meslier, qui, le premier, formule un hédonisme social et politique, est celui qui va le plus loin. Il définit un "communalisme international" ; très oxymorique car il s'appuie sur la cellule villageoise tout en visant la révolution planétaire.

IIème partie - L'éducation idéale 

Parce que l'éducation est le socle sur lequel repose une société, la base d'une nation éclairée qui peut participer à la rédaction des lois et au fonctionnement des institutions, je vais développer ci-dessous ce que pourrait être "l'éducation idéale" condition sine qua non de l'édification de la "société idéale".

Pour Platon :
- les écoles doivent être d’État et financées par l’État;
- l'enseignement doit être obligatoire afin d'assurer une culture de base commune à toute la population;
- et l'égalité d'éducation doit bénéficier autant aux filles qu'aux garçons (ce en quoi Épicure rejoint et dépasse Platon puisqu'il l'appliquait dans sa propre école philosophique, le Jardin).

A la question, "L'éducation doit-elle se limiter à l'instruction ou inclure une morale imposée ?", j'adhère complètement au point de vue de Condorcet :

"Aucun pouvoir public ne doit avoir l'autorité, ni même le crédit, d'empêcher le développement de vérités nouvelles, l'enseignement des théories contraires à sa politique particulière ou à ses intérêts momentanés."

L'éducation idéale fournie par L’État devra donc se limiter à de l'instruction.

Elle s'articulera sur quatre classes d'âge.

"L'école de la petite enfance", ou "école maternelle", correspond au développement de l'enfant jusqu'au "changement de dentition" (Rudolf Steiner). L'enfant est alors au "stade sensorimoteur" (Jean Piaget); c'est-à-dire qu'il découvre le monde qui l'entoure par ses cinq sens (vue, ouïe, toucher, odorat, goût) et ses actions. Il faut donc avoir une approche naturelle de l'enseignement (observation de la nature, jardinage, etc.), "sans contrainte" (Jean-Jacques Rousseau) tout en offrant aux élèves un environnement sécurisé, soigné, adapté, avec des activités que les enfants seront libres de choisir (Maria Montessori).



"L'école de l'enfance", ou "école élémentaire", sera celle où l'on enseigne la langue nationale. Elle ira jusqu'à la puberté (Steiner). Ce stade de développement est celui des opérations concrètes où l'enfant raisonne à partir d'objets concrets (Piaget). Il sera fondamental de lire couramment (en comprenant ce qu'on lit), d'apprendre à écrire, à calculer, à mesurer, etc. (pour reprendre l'essentiel de ce qui est recommandé par Comenius). Cet apprentissage s'appuiera sur des productions concrètes : texte libre, imprimerie, correspondance, fichiers auto-correctifs, réunion coopérative, etc. (comme recommandé par Célestin Freinet) et des manipulations mathématiques correspondant à la vie courante.

"L'école de l'adolescence" durera jusqu'à l'âge adulte. A ce stade, l'élève est capable d'émettre des hypothèses et de faire des déductions à partir de propositions abstraites (Piaget). De plus , "Il est nécessaire que l'école tienne davantage compte des aptitudes individuelles et se rapproche de l'idéal de l'école sur-mesure." (Édouard Claparède). Il devra donc y avoir un tronc commun pour préparer l'adolescent à être un citoyen dès son entrée dans l'âge adulte, tout en lui proposant des enseignements spécifiques (sans hiérarchie imposée) en fonction de ses capacités individuelles.
Sachant que nous sommes dans un État de droit, et que, selon l'adage, "Nul n'est censé ignorer la loi", le tronc commun portera sur la connaissance des "règles du jeu" de la société (la Constitution, le fonctionnement des institutions, un minimum de vocabulaire juridique pour comprendre les lois ou, plus tard, proposer des lois, etc.). En d'autres termes : une initiation aux sciences politiques (droit, histoire, sociologie, géographie, économie, finance) pour être lucide sur le monde qui nous entoure une fois "lâchés" dans la vie.
Les parties spécifiques correspondront aux huit types d'intelligence d'Howard Gardner :
- linguistique
- logico-mathématique
 - musicale
- visuelle spatiale
- kinesthésique
- naturaliste
- interpersonnelle
- intrapersonnelle.


"L'école de l'âge adulte" sera partagée entre l'académie et les voyages. En plus de leur formation professionnelle spécialisée, les étudiants pourront s'initier à la philosophie (présentation générale puis approfondissement selon leur inclinaison personnelle). Grâce aux voyages, les étudiants pourront ouvrir leur esprit en comparant les cultures, les modes de vies et les pratiques professionnelles des autres nations.

Remarque :
On constate une similitude entre la progression pédagogique de l'élève et la progression chronologique/technologique de l'humanité :
- l'école de la petite enfance correspond à la période allant de la vie dans la nature à l'invention de l'agriculture (au néolithique)
- l'école de l'enfance correspond à la période qui va de l'invention de l'écriture (début de l'Histoire) à celle de l'imprimerie (Renaissance)
 - l'école de l'adolescence correspond aux temps modernes avec l'urbanisation et la diversification des métiers, avec aussi la mise en place des républiques et/ou monarchies constitutionnelles (États de droit) faisant suite aux royaumes féodaux.
 - l'école de l'âge adulte correspond à l'époque contemporaine vers une spécialisation technique mais aussi, si possible, grâce aux voyages et à la philosophie, vers plus de liberté, d'autonomie et de tolérance.

IIIème partie - La société épicurienne 

Nécessités des citoyens dans leur vie quotidienne 

D'après la philosophie matérialiste, le bonheur n'est pas "idéal" mais très réel, concret, pragmatique. "L'état de civilisation doit permettre par la loi de réaliser la justice; pour avoir chaque jour de quoi :
- se nourrir (sainement et suffisamment tous les jours)
 - se vêtir (dignement),
- se loger (vivre et dormir dans une maison propre et chauffée)
- la possibilité d'être soigné en cas de maladie
- assurer correctement l'éducation des enfants,
- mais aussi pour jouir de la liberté naturelle,
- puis travailler en vue de l'utilité publique et du bien commun."
(Jean Meslier).

Rôle de l’État épicurien (eudémoniste, pour le bien-être de tous)

En se basant sur la notion d'ataraxie politique, les philosophes des Lumières d'Holbach, Helvétius et Meslier identifient plusieurs nécessités, complémentaires, pour la société :

 - L'absence de troubles intérieurs impliquant le recours à ce qui correspond à nos policiers dans les zones urbaines et nos gendarmes dans les zones rurales (forces de l'ordre).

- La défense contre des agressions extérieures impliquant le recours à ce qui correspond à nos "soldats" (gardiens de la paix). Mais il est important de préciser que l'armée se consacrera uniquement à la défense nationale (pas de puissance, de conquête, d'empire, de domination, de colonisation). Et c'est la nation qui décidera des guerres, toujours dans l'esprit de défense.

 - L'absence d'injustice impliquant le recours à des magistrats indépendants des pouvoirs exécutifs et législatifs, mais aussi médiatiques et bancaires.

- La nécessité de lois choisies par les représentants de la nation (tirés au sort, pour que le système électif ne mette pas au pouvoir des ploutocrates), qui auront des mandats impératifs ; c'est-à-dire qu'ils seront des porte-paroles de la population et non des décideurs investis du pouvoir politique que les citoyens-électeurs leur auraient abandonné.

 - Et enfin, le socle de tout : l'instruction populaire (décrite plus haut). Une politique digne de ce nom commence par proposer, défendre et créer une "éducation nationale aux mains d'éducateurs qui n'enseignent pas les fables de la religion (chrétienne ou autre), mais les vérités de la philosophie naturelle.". (D'Holbach)

Financement et fonctionnement de l’État

Dans une société épicurienne, autrement dit de "sobriété heureuse", le travail ne doit pas être excessif. La production de richesses n'a pour seule perspective que chacun puisse :
- pourvoir aux nécessités de la vie quotidienne
- et s'acquitter des taxes utiles à L’État pour assurer l'ataraxie politique.

 Il ne faut donc taxer les citoyens que pour financer les dépenses publiques nécessaires à la réalisation de la félicité nationale. Ces dépenses couvrent notamment les salaires/indemnités des personnes assurant les fonctions :
- d'enseignants
 - de parlementaires
 - de magistrats
 - de policiers et gendarmes
 - et de soldats.
Auxquels j'ajoute bien sûr les fonctionnaires de l'administration fiscale.
Mais comme Jean Meslier se méfiait des "parasites" qui "se sont collés au travail des pauvres afin de mieux les exploiter : soldats, ecclésiastiques, juristes, policiers, nobles ..." comme rapporté par Michel Onfray, il faudra bien contrôler l'accès à ces différentes fonctions. La durée de certaines d'entre elles devra également être temporaire. En effet, une armée de métier ou une police professionnelle ne risquent-elles pas de constituer un État dans l’État ? Les mandats de parlementaires peuvent-ils être renouvelés ? Dans une démocratie, mieux vaudrait un roulement de ces fonctions. A noter que, même de nos jours, les cours d'assises sont composées de magistrats professionnels et de jurés tirés au sort.

Structure de l’État

Le compromis entre les structures antagonistes décrites par D'Holbach, Helvétius et Meslier (qui refuse d'ailleurs l'existence même d'un État) pourrait être dans la répartition des prérogatives.

* Pour tout ce qui relève du bien commun (sécurité intérieure et extérieure, justice, éducation ...), il y aura un État central/fédéral.
* Pour tout ce qui relève des spécificités locales, il y aurait des assemblées législatives pour des zones géographiques à déterminer (Helvétius fait référence à des provinces, des régions, on pourrait aussi dire des départements, des cantons; Meslier parle de villages, de communes).

Il sera intéressant d'étudier le fonctionnement de certains pays fédéraux réputés pour leur démocratie et/ou pour le niveau d'éducation supérieur de leur population. Je pense respectivement à la Suisse et au Canada (cf. "Diplômés de l'enseignement supérieur - Données OCDE" : https://data.oecd.org/fr/eduatt/diplomes-de-l-enseignement-superieur.htm).

Bien que la Confédération Helvétique s'en approche avec son initiative populaire suisse, pas un seul pays du monde ne fonctionne en démocratie "pure" (appelée aussi démocratie directe) avec entre autres :
- un morcellement maximal du pouvoir,
 - des mandats non renouvelables, et encore moins cumulables,
- des élus révocables,
- et un découpage législatif basé sur des zones géographiques limitées (provinces du Canada, cantons de la Confédération Helvétique, ...) ou réduites au maximum (le village) comme souhaité par Meslier. Michel Onfray rapporte d'ailleurs les propos du curé d'Etrépigny en ces termes : "Le village doit s'inspirer de l'organisation familiale. Et les villages, en passant des contrats pour réaliser la paix, construisent les occasions de la prospérité sociale et du bonheur de la vie en commun.".

Découpage démographique 
Le modèle du fédéralisme ("ligue fédérative" défendue par Helvétius) :

- La Suisse (ou Confédération Helvétique) possède une population de 8 millions d'habitants répartis dans 26 cantons ayant entre 15.000 et 1.408.000 habitants (données 2012) respectivement dans le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures et le canton de Zurich. Soit une moyenne de 307.000 habitants par canton.

- Le Canada (monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire) possède une population de 35 millions d'habitants répartis dans 10 provinces et 3 territoires fédéraux ayant entre 35.000 et 13.537.000 habitants (données 2013) respectivement dans le territoire Nunavut et la province Ontario. Soit une moyenne de 2.692.000 habitants par province ou territoire.

- Comme la Suisse, la France possède une découpage administratif du territoire en cantons.
En 2013, leur nombre a été réduit de moitié (passant de 4035 à 2054), afin que chacun des cantons rénovés élise, au scrutin binominal, deux élus, nécessairement de sexes différents, de manière à imposer la parité entre hommes et femmes. Il y a donc, en moyenne, un peu plus 32.000 habitants par canton (dix fois moins que la moyenne des cantons suisses -qui correspondent plutôt aux départements français- mais du même ordre de grandeur que celui des citoyens de l'Athènes antique démocratique : 50 ou 60.000). Ils correspondent aujourd'hui aux secteurs d'intervention des gendarmes et à l'administration des impôts. Sur le plan politique, le canton en France est la circonscription d'élection des conseillers départementaux, membres du conseil départemental.
Comme le Canada, la France possède également un découpage administratif en régions qui correspondent aux provinces de ce pays nord-américain (ou aux états des États-Unis d'Amérique ou encore aux länder d'Allemagne). Créées à partir de 1956, au nombre de vingt-sept en 2015, les régions françaises sont au nombre de dix-huit depuis le : douze régions de France métropolitaine, auxquelles s'ajoutent la Corse, qui n'a pas la dénomination de région mais en exerce les compétences, et cinq régions d'outre-mer (le département de Mayotte qui exerce également les compétences d'une région et les collectivités uniques de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe et de La Réunion). Il y a donc, en moyenne, un peu plus 3.722.000 habitants par région.
Mais la France possède également un découpage intermédiaire : les départements (dont la création remonte à la Révolution française d'après un projet de redécoupage du territoire conçu par Condorcet en 1788). Il en existe 101 au total dont 96 en France métropolitaine. Il y a donc, en moyenne, un peu plus 663.000 habitants par département.
 

Le communalisme international de Jean Meslier.

Appliqué à la France actuelle de 67 millions d'habitants qui compte un peu plus de 35.000 communes (données 2017), on aurait une moyenne d'environ 1900 habitants par assemblée communale.

En France, la commune la plus peuplée est Paris avec 2.220.000 habitants (données 2014). Il existe  270 communes qui possèdent plus de 30.000 habitants. Et à l'inverse, 27396 communes de moins de 1000 habitants (soit 74,7% des communes). 

Sur la taille des communes en France et dans l'Union Européenne, consulter : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1280737

L'objectif de l'Union Européenne est de réduire le nombre de communes françaises à 15.000 (en fusionnant les communes rurales entre elles ou à une commune urbaine) afin de placer la France dans la moyenne (4000 habitants par commune).

Outre la Commune de Paris de 1871, l'expérience qui s'approche le plus du "communalisme" de Jean Meslier est sans doute l'Espagne anarchiste de 1936 à 1939 (voir le texte : http://courriersdesdeuxguerres.1x.net/html/vernet/durruti2c_les_anarchistes_et_la_revolution_espagnole_de_1936_a_1939.pdf ).


J'y reviendrai plus longuement une fois que je me serai documenté sur le sujet. 
A suivre ! 

Rôle des assemblées locales (qu'elles soient régionales/provinciales/cantonales ou communales)

Le "tronc commun" (défense, sécurité intérieure, justice, éducation) relevant de l’État central/fédéral, toutes les autres prérogatives législatives relèvent du niveau local.
Il serait instructif de savoir ce que font la Suisse et le Canada dans la répartition des prérogatives; et notamment vérifier si les thèmes très importants tels que la santé, l'alimentation et l'approvisionnement en eau, le logement, l'auto-suffisance énergétique sont gérés par L’État central/fédéral, les assemblées locales ou simplement confiés au secteur privé.
J'y reviendrai plus longuement une fois que je me serai documenté sur le sujet. 
A suivre !

Parce qu'au delà du découpage démographique (région/province de 3 millions d'habitants, canton suisse/département français de 300 ou 600 mille habitants, cantons français de 30 mille habitants ou commune autour de 3 mille habitants), il faut savoir quels services publics on confie à ces collectivités.

12 commentaires:

Je a dit…

La démocratie directe est un régime politique dans lequel les citoyens exercent directement le pouvoir, sans l'intermédiaire de représentants. Initialement équivalente au concept de démocratie depuis l'antiquité grecque, la qualification progressive des régimes représentatifs comme démocraties a conduit parfois à l'usage du qualificatif « direct » pour distinguer techniquement les pratiques qui se rapprochent de l'expérience du siècle de Périclès. Appliquée au seul secteur économique, la démocratie directe est souvent appelée autogestion.

La démocratie athénienne, au VIe siècle av. J.-C., est le premier et unique exemple de démocratie directe dans l'antiquité. Elle inspira de nombreux penseurs au cours des siècles, de Jean-Jacques Rousseau à Hannah Arendt et Cornelius Castoriadis.

Certaines démocraties actuelles contiennent des éléments directs mais toujours dans le cadre d'un régime représentatif. Ainsi l'initiative populaire suisse est approuvée ou rejetée formellement par le Conseil fédéral puis par les chambres parlementaires avant d'être soumise au vote populaire. Par ailleurs, en amont de la procédure de dépôt, la chancellerie fédérale (secrétariat du gouvernement) a le pouvoir constitutionnel d'invalider une initiative mais ne l'a jamais fait.

Les modalités d'exercice du pouvoir au sein des théories, des organisations, communautés, cités et pays ayant été rapporté à la démocratie directe sont relativement variables, mais elles partagent néanmoins un certain nombre de principes et de pratiques, parmi lesquelles l'égalité politique des citoyens (ou membres) concernant la délibération et les décisions (horizontalité du pouvoir), la révocabilité des mandatés ou des élus éventuels, le mandat impératif, la réunion en assemblée, et la prise de décision à la majorité, au consensus, ou encore à l'unanimité. La désignation par tirage au sort, la rotation des mandats ou encore l'impossibilité de les renouveler constituent aussi des pratiques fréquemment associées à la démocratie directe.

Les théoriciens et les activistes anarchistes, dont ceux appartenant au courant du socialisme libertaire, font aussi partie des défenseurs notables de la démocratie directe (comme alternative au parlementarisme qu'ils critiquent sévèrement), en l'élargissant au domaine de la production (autogestion, démocratie économique...).

De nombreux pays possèdent des mécanismes (référendum, assemblées locales, initiative populaire) qui relèvent de la démocratie directe ou semi-directe.

Je a dit…

Le mandat impératif est le pouvoir délégué à une organisation ou un individu élu en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger. Il s’oppose au mandat représentatif.

Je a dit…

Un consensus est un accord des volontés sans aucune opposition formelle. Le consensus se distingue de l'unanimité qui met en évidence la volonté manifeste de tous les membres dans l'accord. Un consensus caractérise l'existence parmi les membres d'un groupe d'un accord général (tacite ou manifeste), positif et unanime pouvant permettre de prendre une décision ou d'agir ensemble sans vote préalable ou délibération particulière. Le consensus peut parfois être contraire à la majorité en tant que résultat.

Je a dit…

L'anarchisme est un courant de philosophie politique développé depuis le XIXe siècle sur un ensemble de théories et de pratiques anti-autoritaires d'égalité sociale.

Le terme libertaire, souvent utilisé comme synonyme, est un néologisme créé en 1857 par Joseph Déjacque pour renforcer le caractère égalitaire.

Fondé sur la négation du principe d'autorité dans l'organisation sociale et le refus de toute contrainte découlant des institutions basées sur ce principe, l'anarchisme a pour but de développer une société sans domination et sans exploitation, où les individus-producteurs coopèrent librement dans une dynamique d'autogestion3 et de fédéralisme.

Contre l'oppression, l'anarchisme propose une société basée sur la solidarité comme solution aux antagonismes, la complémentarité de la liberté de chacun et celle de la collectivité, l'égalité des conditions de vie et la propriété commune autogérée. Il s'agit donc d'un mode politique qui cherche non pas à résoudre les différences opposant les membres constituants de la société mais à associer des forces autonomes et contradictoires.

Je a dit…

L'anarchisme est un mouvement pluriel qui embrasse l'ensemble des secteurs de la vie et de la société. Concept philosophique, c’est également « une idée pratique et matérielle, un mode d’être de la vie et des relations entre les êtres qui naît tout autant de la pratique que de la philosophie ; ou pour être plus précis qui naît toujours de la pratique, la philosophie n’étant elle-même qu’une pratique, importante mais parmi d’autres ».

En 1928, Sébastien Faure, dans La Synthèse anarchiste, définit quatre grands courants qui cohabitent tout au long de l'histoire du mouvement : l'individualisme libertaire qui insiste sur l'autonomie individuelle contre toute autorité ; le socialisme libertaire qui propose une gestion collective égalitaire de la société ; le communisme libertaire, qui de l'aphorisme « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » créé par Louis Blanc, veut économiquement partir du besoin des individus, pour ensuite produire le nécessaire pour y répondre ; l'anarcho-syndicalisme, qui propose une méthode, le syndicalisme, comme moyen de lutte et d'organisation de la société.

Depuis, de nouvelles sensibilités se sont affirmées, telles l'anarcha-féminisme ou l'écologie sociale.

En 2007, l'historien Gaetano Manfredonia propose une relecture de ces courants sur base de trois modèles. Le premier, « insurrectionnel », englobe autant les mouvements organisés que les individualistes qui veulent détruire le système autoritaire avant de construire, qu’ils soient bakouniniens, stirnerien ou partisans de la propagande par le fait. Le second, « syndicaliste », vise à faire du syndicat et de la classe ouvrière, les principaux artisans tant du renversement de la société actuelle, que les créateurs de la société future. Son expression la plus aboutie est sans doute la Confédération nationale du travail pendant la révolution sociale espagnole de 1936. Le troisième est « éducationniste réalisateur » dans le sens où les anarchistes privilégient la préparation de tout changement radical par une éducation libertaire, une culture formatrice, des essais de vie communautaires, la pratique de l'autogestion et de l'égalité des sexes, etc. Ce modèle est proche du gradualisme d'Errico Malatesta et renoue avec « l’évolutionnisme » d'Élisée Reclus.

Pour Vivien Garcia dans L'Anarchisme aujourd'hui (2007), l'anarchisme « ne peut être conçu comme un monument théorique achevé. La réflexion anarchiste n'a rien du système. […] L'anarchisme se constitue comme une nébuleuse de pensées qui peuvent se renvoyer de façon contingente les unes aux autres plutôt que comme une doctrine close »

Selon l'historien américain Paul Avrich : « Les anarchistes ont exercé et continuent d'exercer une grande influence. Leur internationalisme rigoureux et leur antimilitarisme, leurs expériences d'autogestion ouvrière, leur lutte pour la libération de la femme et pour l'émancipation sexuelle, leurs écoles et universités libres, leur aspiration écologique à un équilibre entre la ville et la campagne, entre l'homme et la nature, tout cela est d'une actualité criante. »

Je a dit…

Le socialisme libertaire (souvent utilisé comme synonyme pour désigner l'anarchisme socialiste ou l'anarchisme) est une idéologie et un mouvement politique visant d'une part à l'abolition de l'État et du capitalisme, considérés comme deux formes d'oppression indissociables, et d'autre part à l'instauration d'une société égalitaire, délestée des principes antisociaux de la propriété privée et des institutions de type étatique, et fondée sur l'autogestion et la responsabilité individuelle. Le socialisme libertaire fut principalement théorisé par Bakounine et se sépara à sa mort entre anarcho-communistes et collectivistes libertaires.

Selon le politologue Francis Dupuis-Déri : « Les principes du socialisme libertaire trouveront à s’incarner au fil des années 1970 et 1980 dans des mouvements sociaux de sensibilité antiautoritaire et antihiérarchique, qui pensent l’organisation militante elle-même comme un espace libre, autonome et autogéré par ses membres, et dans lequel se développe par la délibération un sens du bien commun, de l'égalité et de la liberté. Cette sensibilité continue de s’affirmer dans le mouvement altermondialiste, qui émerge vers la fin des années 1990, à travers ses manifestations de rue spectaculaires, de la Bataille de Seattle en 1999 aux mobilisations contre le G8 en Allemagne pendant l’été 2007, ainsi que dans sa structure globale, ses médias alternatifs, sa production artistique et ses camps radicaux en marge des Forums sociaux. »

Je a dit…

Les régimes parlementaires sont des systèmes constitutionnels caractérisés par l’équilibre entre les pouvoirs du cabinet ministériel et ceux du parlement. Le cabinet est politiquement et collectivement responsable devant le parlement ou l'une des chambre du parlement en contrepartie de quoi, le cabinet peut généralement dissoudre le parlement.

Le régime présidentiel, qui s'en distingue, se caractérise au contraire par la séparation des pouvoirs et donc l’absence de responsabilité du cabinet devant le parlement et de droit dissolution du parlement par le pouvoir exécutif.

Plus d'informations sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_parlementaire

Je a dit…

Le référendum est un procédé de démocratie semi-directe par lequel l'ensemble des citoyens d'un territoire donné est appelé à exprimer une position sur une proposition qui leur est soumise, concernant « une mesure qu'une autre autorité a prise ou envisage de prendre » (Julien Laferrière) et dont l'issue varie selon le type de référendum considéré.

Je a dit…

Une initiative populaire est un mécanisme de démocratie participative qui permet à un certain nombre de citoyens, par un nombre de signatures fixé à l'avance, de saisir une assemblée législative ou le peuple par référendum afin qu'il statue sur une proposition de loi. Elle ne doit pas être confondue avec la pétition — celle-ci, n'ayant aucun caractère obligatoire, est une demande faite à l'État.

Le référendum d’initiative populaire est pratiqué par la Suisse, l’Italie, le Liechtenstein, quelques États américains (Michigan, Arkansas, Californie, Floride ...), quelques länder allemands (Bavière, Berlin), la Lettonie, la Slovénie, dans une moindre mesure par la Croatie9 et le Venezuela.

Je a dit…

Histoire de la création des cantons

Les cantons sont créés par le décret du 22 décembre 1789, relatif à la constitution des assemblées primaires et des assemblées administratives, par lequel l'Assemblée nationale constituante prévoit la division du royaume de France en soixante-quinze à quatre-vingt-cinq départements, la division de chaque département en trois à neuf districts, et celle de chaque district en cantons, d'une superficie d'environ quatre lieues carrées (soit un peu moins de dix-huit kilomètres carrés).

L'organisation des cantons est réalisée en 1790, avec les départements, par la section de division du Comité de constitution. 4 649 cantons sont ainsi créés dans les actuelles limites de la France métropolitaine (moins les absorptions postérieures), regroupés en 542 districts. En 1793, les chiffres seront respectivement de 4 824 et de 560.

En juin 1793, la Convention supprime le canton qui va être rétabli par la constitution du 26 octobre 1795, instituant le Directoire.

La Constitution du 5 fructidor an III (22 août 1795) supprime les districts et crée une municipalité de canton avec des représentants des communes. Du 1er vendémiaire an VII (22 septembre 1798) au 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), en vertu de la loi du 13 fructidor an VI (30 août 1798), les mariages sont célébrés au chef-lieu de canton, et non plus dans la commune. Les cantons vont être regroupés en arrondissements lors de leur recréation, en 1800.

Ces nouveaux cantons ont alors trois fonctions essentielles : être le ressort d'une brigade de gendarmerie, être le ressort d'une brigade de sapeurs-pompiers et être la circonscription de collecte d'une perception. Si les sapeurs-pompiers vont rapidement être redistribués à la surface du territoire pour cause de mutation des incendies et inondations, les gendarmes et le fisc conserveront beaucoup plus longtemps les exacts périmètres d'action induits par le découpage cantonal de 1800.

Le présent

Aujourd'hui, les secteurs d'intervention des sapeurs-pompiers ne correspondent plus du tout aux cantons officiels, tandis que les gendarmes et l'administration des impôts en conservent les mêmes périmètres qu'en zone rurale.

Un canton en France est la circonscription d'élection des conseillers départementaux, membres du conseil départemental.

La loi du 17 mai 2013 réforme profondément leur régime et effectue un redécoupage cantonal général. Le nombre de cantons est alors réduit de moitié (passant de 4035 à 2054), afin que chacun des cantons rénovés élise, au scrutin binominal, deux élus, nécessairement de sexes différents, de manière à imposer la parité entre hommes et femmes.

En moyenne, il y a un peu plus 32.000 habitants par canton.

Je a dit…

Une région française est à la fois une division administrative du territoire de la France, une collectivité territoriale décentralisée dotée de la personnalité juridique et d'une liberté d'administration, une circonscription électorale et une circonscription administrative des services déconcentrés de l'État.

Créées à partir de 1956, au nombre de vingt-sept en 2015, les régions françaises sont au nombre de dix-huit depuis le 1er janvier 2016 : douze régions de France métropolitaine, auxquelles s'ajoutent la Corse, qui n'a pas la dénomination de région mais en exerce les compétences, et cinq régions d'outre-mer (le département de Mayotte qui exerce également les compétences d'une région et les collectivités uniques de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe et de La Réunion). Ces cinq régions ultramarines bénéficient toutes du statut de région ultrapériphérique de l'Union européenne.

Les régions, en tant que collectivités, sont dotées de deux assemblées, contrairement aux autres collectivités qui n'en possèdent qu'une : une assemblée délibérante, le conseil régional, et une assemblée consultative, le conseil économique, social et environnemental régional, représentatif des « forces vives » de la région, chargé de donner des avis sur certaines questions entrant dans les compétences de la région, avant qu'elles ne soient soumises au conseil régional. Le président du conseil régional constitue quant à lui l'exécutif de la collectivité.

Le champ d'intervention des régions est extrêmement large malgré la perte de la clause générale de compétence depuis la loi NOTRe (Nouvelle Organisation du Territoire de la République), allant de la gestion des lycées à celle des transports, en passant par le développement économique et la fiscalité. Elles sont régies par le titre XII de la Constitution de 1958 et la quatrième partie du code général des collectivités territoriales.

Avec la réforme de la clause générale de compétence, les compétences de la région ont évolué en 2015 avec la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe).

Je a dit…

Le département est une division territoriale de la France, tenant lieu à la fois de collectivité territoriale décentralisée, de circonscription territoriale des services déconcentrés de l'État et de circonscription électorale.

Leur création remonte au décret du 22 décembre 1789 pris par l'Assemblée constituante de 1789, effectif à partir du 4 mars 1790. Leurs limites sont fortement inspirées de projets de redécoupages du territoire plus anciens élaborés sous la royauté, par Marc-René d'Argenson dès 1665, par un édit en 1787, ou encore par Condorcet en 1788.

D'après le Code officiel géographique de l'Institut national de la statistique et des études économiques, ils sont au nombre de 101 au 1er janvier 2017. Le Code compte Mayotte parmi les départements alors que, depuis le 31 mars 2011 et en dépit de son nom officiel (« département de Mayotte »), la collectivité territoriale mahoraise est une collectivité territoriale unique. Le Code compte également la Guyane et la Martinique parmi les départements alors que, depuis le 1er janvier 2016, chacune d'elles est administrée par une collectivité territoriale unique. 96 d'entre eux appartenant aux 13 régions de la France métropolitaine.

Dans les départements et les collectivités territoriales uniques, les lois et règlements sont applicables de plein droit. En France métropolitaine, il existe néanmoins un droit local alsacien-mosellan applicable dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Leur territoire est régi à partir de leur capitale appelée préfecture.