mardi 17 octobre 2017

Les concepts de la langue de bois - Franck Lepage


Prenez des concepts vides de sens, mélangez-les et vous obtenez une bouille de mots qui ne veut rien dire, mais qu'on entend partout.


Source : https://youtu.be/igwdC8N7QzA

Extrait d'une conférence gesticulée de Franck Lepage, éducateur populaire de la SCOP le Pavé de Rennes. Ici Franck Lepage se livre à une exercice de langue de bois très révélateur. Il simule une intervention orale alimentée de mots tirés aléatoirement mais tous issus du jargon politique, tels que les "acteurs", "centralisation", "proximité", "lien social", etc.

lundi 16 octobre 2017

Les dieux sont tombés sur la tête (1 et 2)


Je viens de (re)visionner avec beaucoup de plaisir ces deux films réalisés par Jacobus Johannes Uys dit Jamie Uys (30 mai 1921 à Boksburg – 29 janvier 1996 à Johannesburg) qui était un acteur, réalisateur et scénariste d'Afrique du Sud, issu de la communauté afrikaner.


Ce film humoristique joue des différences culturelles entre les Bochimans incarnés par N!xau (le point d'exclamation de son nom représente la consonne inspirée (ou clic) de sa langue natale, une langue khoïsan) ...


... et les Européens ou descendants d'Européens vivant en Afrique du Sud ou aux États-Unis d'Amérique (dans le second épisode) tels Sandra Prinsloo alias la journaliste urbaine devenue institutrice "Kate Thompson" et Marius Weyers alias le timide zoologiste "Andrew Steyn" puis Lena Farugia alias la juriste de New-York "Dr. AnnTaylor" et Hans Strydom le zoologiste "Dr. Stephen Marshall".

 
 



Synopsis du premier film : une bouteille de Coca-Cola est jetée d'un petit avion et tombe dans le désert du Kalahari. Elle est retrouvée par la tribu San.  



Comme c'est le seul artefact moderne dans leur monde [qu'ils ne peuvent fabriquer eux-mêmes], tous les membres de la tribu veulent la posséder. Cela  conduit à des querelles et il est donc décidé par l'assemblée de tous les membres de la tribu que la bouteille devait être retournée aux Dieux. C'est le personnage joué par N!xau, nommé Xi, qui reçoit la tâche de la renvoyer "au bout du monde". 
Le film a généré un large succès de bouche à oreille en Europe, au Japon et en Amérique du Nord, les droits cinématographiques étant initialement vendus dans 45 pays. Il a donné naissance à une suite moins réussie, The Gods Must Be Crazy II, mais qui reprend quand même tous les ressorts comiques [dignes du meilleur cinéma muet], la connaissance de la faune et de la flore de la part du réalisateur, et la connaissance de la politique africaine (incessants coups d’État, etc.).

Réflexion personnelle :
Avec le recul, je perçois ce film comme un hymne à la sobriété heureuse, aux sociétés premières (souvent appelées péjorativement "primitives") respectueuses de l'environnement, solidaires entre êtres humains et réellement démocratiques; bref un hymne à l'homme "naturel" comme essayait de l'imaginer Jean-Jacques Rousseau dans son "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes". Ce qui ne veut pour autant pas dire un retour à la vie "sauvage" (sans la médecine moderne, par exemple) mais c'est un modèle éthique qui mériterait d'être appliqué dans notre monde moderne.



Humour politique ... mais tellement éclairant !


Le régime dit "représentatif" n'est pas une démocratie authentique.


samedi 14 octobre 2017

Citations de Thomas Sankara

 
 
 
 

30ème anniversaire de la mort de "l'homme intègre" Thomas Sankara

Par Tirthankar Chanda

15 octobre 1987, disparaissait l’ancien [président]  du Burkina Faso Thomas Sankara, brutalement assassiné par un commando d’hommes armés, lors du coup d’Etat qui amena au pouvoir son frère d’armes Blaise Compaoré. Pendant les  quatre années qu’il a dirigé son pays, le célèbre capitaine au béret rouge a incarné l’idéal révolutionnaire, qui continue de faire rêver, trente ans après sa disparition, une jeunesse africaine en manque d’idéal. Devenu une idole, façon Che Guavera, synonyme d’intégrité et de justice sociale, l’homme survit dans la mémoire de la postérité grâce aux nombreux films et biographies qui lui sont consacrés. Parallèlement, des artistes de toute discipline se sont emparés de sa légende et la perpétuent. 

Dans son émouvant long-métrage Capitaine Thomas Sankara composé de documents d’archives que le cinéaste suisse Christophe Cupelin a consacrés au  capitaine rebelle, on entend ce dernier déclarer à une journaliste qu’il a commis  1 000 erreurs avant d’obtenir une petite victoire et  10 000 erreurs avant d’obtenir trois ou quatre succès.

Ces trois ou quatre succès ont suffi pour faire de Thomas Sankara une figure emblématique de l’histoire africaine contemporaine. Pour l’écrivain djiboutien Abdourahman Waberi, qui vient d’écrire le script pour un projet de biopic sur celui qui fut l’homme fort d’Ouagadougou de 1983 à 1987, avant de tomber sous les balles de ses assassins, « Sankara est après Nelson Mandela, le héros le plus plébiscité par la jeunesse africaine ».

«  Alors que les Sassou, les Biya et autres Guelleh et Nkurunziza, avec parfois plus de 40 années de règne et zéro développement à leur actif, sont sûrs de finir dans la poubelle de l’histoire, le bref passage de Sankara à la tête de son pays, riche en réalisations sociales et orientations nouvelles, resteront longtemps dans les esprits », poursuit le romancier. Et d’ajouter : «  Même si la révolution de la gouvernance à laquelle le nom de Sankara est associé est oubliée, l’histoire se souviendra que l’homme avait su réinventer la Haute-Volta post-coloniale en le rebaptisant Burkina Faso, soit "le pays des hommes intègres". »

« La révolution, c’est le bonheur »

Arrivé au pouvoir le 4 août 1983, Thomas Sankara a marqué son époque par son souci farouche d’arracher son pays au sous-développement d’une part, et ses prises de position courageuses d’autre part, face aux puissants du monde. Il a dénoncé la chape de plomb de la dette, la marginalisation de l’Afrique, le patriarcat ou la désertification qui menace les pays du Sahel dont le Burkina. Orateur hors pair, il annonçait la couleur en octobre 1984, revendiquant du haut de la tribune des Nations unies le droit de son tout petit pays enclavé de ne plus être « l’arrière-monde de l’Occident repu ».
Bruno Jaffré est le biographe principal de Thomas Sankara. © Ed. Syllepse
Réunis dans un volume très exhaustif par Bruno Jaffré (1), principal biographe du président révolutionnaire, les discours prononcés par ce dernier dans les tribunes internationales et domestiques témoignent de la force de l’engagement du jeune capitaine trentenaire en faveur de la justice sociale, du tiers-mondisme et de la réhabilitation de l’Afrique. « La révolution, c’est le bonheur », avait-il proclamé.

Selon Jaffré, « Sankara était le dernier révolutionnaire africain », synonymes d’intégrité morale et d’ambition à la fois visionnaire et pragmatique pour les siens, les oubliés de la prospérité et du développement. Il y avait en cet homme du Gandhi et des pères fondateurs de l’Amérique moderne, dont il aurait très bien pu faire sienne la déclaration de l’indépendance affirmant le droit inaliénable de tous à « la vie, la liberté et le bonheur ». Cet idéalisme chevillé au corps explique que trente ans après la disparition de ce chef d’Etat africain pas comme les autres, sa légende continue de fasciner la jeunesse du continent.

On se souvient que c’est en scandant son nom que les jeunes Burkinabè ont manifesté dans les rues de Ouagadougou pendant les trois jours fatidiques d’octobre 2014 qui ont scellé le sort du régime contre-révolutionnaire de Blaise Compaoré, successeur de Sankara. « Leur mot d’ordre n’était autre que la fameuse « la Patrie ou la mort, nous vaincrons », le slogan par lequel se concluait l’hymne national burkinabé à l’époque de la révolution », se souvient le biographe du capitaine rebelle. Ce resurgissement du mythe Sankara est considéré par beaucoup comme une formidable revanche de la révolution sankariste sur l’Histoire. Le capitaine intrépide était persuadé, comme il l’avait déclaré une semaine avant sa mort : « On peut tuer un homme, mais pas ses idées ».

Or ce n’était pas faute d’avoir essayé. Gêné aux entournures par le bilan largement positif des années Sankara, le nouvel homme fort de Ouagadougou fera tout pour effacer les traces de la révolution, vouant aux gémonies son prédécesseur qu’il accusait d’avoir voulu liquider ses compagnons de route, dont lui-même. Il s’arrangera pour que les circonstances réelles de la mort de Sankara ne puissent jamais être élucidées, allant jusqu’à faire délivrer à sa famille un certificat de décès confirmant sa « mort naturelle  ». L’enquête judiciaire sur cette affaire est restée au point mort pendant l’ère Compaoré. Vingt ans durant, le régime empêchera les proches du capitaine disparu d’aller se recueillir sur sa tombe. En politique, la nouvelle administration promulgue la « rectification » (de la révolution), s’employant à ramener le pays dans le giron de la « Françafrique », dont Blaise Compaoré deviendra à terme un élément indispensable aux côtés de son parrain régional le patriarche ivoirien Félix Houphouët-Boigny.

Icônisation

Voici le contexte dans lequel est née la légende de celui que ses compatriotes ont affectueusement surnommé « Tom Sank ». La mort tragique du leader, jamais élucidée, y a largement contribué. « La mort transforme la vie en destin », écrivait le ministre de De Gaulle André Malraux, qui s’y connaissait en destins empêchés de s’accomplir, mais aussi en destins dégradés par l’usure du pouvoir, ayant été souvent appelés à célébrer leur installation dans le Panthéon de la mémoire collective.

Quant à ceux qui célèbrent le révolutionnaire burkinabé, ils s’appellent Fela, Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, Smockey, Sams’K Le Jah, Basic Soul, Didier Awadi, Cheikh Lô, Robin Shuffield, Christophe Cupelin, Cédric Ido, Baoui Jean Camille Ziba, Aristide Tarnagda, Serge Aimé Coulibaly, Pierre-Christophe Gam.... Venues des disciplines diverses – ils sont chanteurs, chorégraphes, designers, cinéastes, dramaturges -, ces artistes se sont emparés de la figure de Sankara et en ont fait l’icône de cette «  autre Afrique » libérée de l’emprise des grandes puissances que le capitaine appelait de tous ses vœux.
« Ce phénomène d’"icônisation" de Sankara a pris de l’ampleur, explique Bruno Jaffré, dans les années 2000, où on a assisté à une mutation de l’opinion par rapport à l’homme du 4 août 1983.  » Le tournant fut la célébration, en 2007, du vingtième anniversaire de l’assassinat du leader africain, lorsque des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour aller accueillir sa veuve. En dédiant trois ans plus tard son Kora Award à Thomas Sankara, en pleine session de remise de prix à Ouagadougou en présence du successeur de ce dernier, le rappeur Smockey marque une nouvelle étape dans la réhabilitation du président déchu. Il n’était pas par ailleurs rare à l’époque de croiser dans les rues de la capitale des jeunes vêtus en T-shirts à l’effigie du « Che » africain, alors que son image était interdite sur les écrans de la télévision publique.

« Au fur et à mesure que le régime de Compaoré s’enfonçait dans la corruption, le clientélisme, le népotisme, poursuit Jaffré, la population s’est réfugiée dans le souvenir des acquis sociaux et économiques des années Sankara, oubliant parfois la dimension autoritaire du régime. » Et le biographe d’ajouter : « Le rappel des célèbres discours du capitaine mis en cadence par les chanteurs, tout comme les allusions dans leurs textes aux combats économiques menés avec succès sous Sankara tels que l’autosuffisance alimentaire, la construction des logements sociaux, les grandes campagnes de vaccination qui ont touché 2,5 millions de Burkinabè, ont préparé le terrain pour l’insurrection populaire de 2014. ».

Selon Antoine Glaser, observateur attentif des évolutions africaines, ce phénomène d’influence outre-tombe de Sankara s’explique aussi par la nature des combats précurseurs qu’il a menés notamment en faveur de l’écologie ou du refus du diktat des organisations monétaires internationales, « des combats en prise avec les enjeux contemporains, pas seulement en Afrique ».

Paradoxes

Morte en 1987, sa mémoire ressuscitée par les artistes au cours des années 2000, puis réinstallée au cœur du Burkina officiel par les jeunes insurgés d’octobre 2014 qui ont délogé Blaise Compaoré, la révolution sankarienne a aujourd’hui le vent en poupe dans sa patrie. Or paradoxalement, les partis politiques burkinabés qui se réclament du sankarisme demeurent minoritaires dans le pays et peinent à faire entendre leur voix, bien qu’ils aient rejoint le gouvernement issu des élections démocratiques de 2015. Un gouvernement dont les orientations semblent tout sauf révolutionnaires. Comment dans ces conditions rester fidèle à l’idéal sankariste ?

« Ce ne sont pas les partis politiques mais les organisations de la société civile qui sont les vraies héritières de la pensée radicale de Thomas Sankara, affirme Antoine Glaser. Elles ont pour nom Y’en a marre au Sénégal, Lucha au Congo, Le Black Monday Movement au Cap ou Le Balai citoyen au Burkina. A elles incombent la lourde tâche d'imaginer un autre avenir. »

Créée par les militants pro-révolutionnaires, Le Balai citoyen a été le fer-de-lance de l’insurrection de 2014. Proche du gouvernement d’Ouagadougou sans en faire partie, elle se veut la « mauvaise conscience du pouvoir ». Pour son porte-parole Guy-Hervé Kam, le meilleur moyen de perpétuer la mémoire de Thomas Sankara, serait de s’assurer que l’ex-Haute-Volta demeure fidèle au nom que lui a donné ce dernier, car, affirme-t-il, « le pays des hommes intègres est plus qu’un nom. Un horizon d’attente. »


(1) Thomas Sankara: La liberté contre le destin. Discours rassemblés et présentés par Bruno Jaffré. Edition Syllepse, 480 pages, 20 euros.
A découvrir © RFI
Source : http://www.rfi.fr/afrique/20171013-aniversaire-sankara-burkina-faso-revolution-compaore-che-guavera-marxiste

jeudi 12 octobre 2017

Le retour de Zemmour et Naulleau - C à Vous - 10/10/2017

En compagnie de la team #CàVous, Anne Elisabeth Lemoine donne la parole à ses invités pour décrypter et analyser l'actualité.



Sourcehttps://youtu.be/hHgBRsZmEYQ

Olivier Berruyer résume l’essentiel économique en 1min20 : LES USA LITTÉRALEMENT PILLÉS PAR LES 1%

Remarquable Olivier Berruyer (en déc 2013, l’essentiel éco en 1 minute 20) :
les USA littéralement pillés par les 1%


Sourcehttps://youtu.be/VywB2SXWi_I

« Le 1 % le + riche a capté TOUTE la richesse créée, et a continué à piquer EN PLUS sur la part de revenu des 99 % (les + pauvres) »
« Donc, les États-Unis, c’est 99 % de la population qui est toujours en récession depuis 2009 et 1 % pour qui ça va beaucoup mieux, MAIS EN MOYENNE ÇA VA… »
La crapulerie des économistes prostitués aux ultra-riches, c’est de ne raisonner qu’en moyenne.
Merci Olivier.
Merci Thinkerview pour l’entretien.
Et merci Benoît, pour l’extrait sur mesure.

théorie du ruissellement
À votre avis, pour la France et l’Europe, c’est différent ou c’est pareil ?



Source : https://chouard.org/blog/2017/09/20/olivier-berruyer-resume-lessentiel-economique-en-1min20-les-usa-litteralement-pilles-par-les-1/