dimanche 19 février 2017

Présidence Trump… Repose en paix (Paul Craig Roberts)

Article de PCR qui suit l’analyse du Saker d’il y a quelques jours: « La présidence Trump est finie !… »
Le but de tout cela ? Le chaos politico-social. Trump est-il un dupé ou est-il partie du plan ? L’avenir le dira… Tout ce merdier arrive à grands pas en France. Voter c’est acquiescer, voter c’est être complice de ces criminels de la politique professionnelle, du mensonge permanent et du conflit, guerre sans fin, du consensus du statu quo oligarchique… Il n’y a pas de solution au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais ! qu’on se le dise !…
~ Résistance 71 ~

La présidence de Trump: Repose en paix

Paul Craig Roberts

16 février 2017

url de l’article original:
http://www.paulcraigroberts.org/2017/02/16/trump-presidency-rip/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Donald Trump a t’il surestimé son pouvoir présidentiel ? La réponse est oui.
Steve Bannon, le conseiller principal de Trump, est-il politiquement inexpérimenté ? La réponse est oui.
Nous pouvons conclure suite aux réponses à ces deux questions que Trump est submergé et qu’il va payer un lourd tribut.
Combien ?
Le New York Times rapporte que “les agences de renseignement américaines ont cherché à apprendre si la campagne électorale de Trump était de mèche avec les Russes au sujet du hacking et autres efforts pour influencer les élections.”
L’ancien espion de la NSA John Schlinder a tweeté qu’un collègue haut placé dans la communauté du renseignement lui avait envoyé un courriel disant que l’état profond avait déclaré une guerre nucléaire à Trump et qu’il “mourait en prison”.
https://sputniknews.com/us/201702151050723578-intelligence-community-war-trump/
Il est très possible que cela se produise.
A la fin de la seconde guerre mondiale, le complex militaro-industriel et de la sécurité décida que le flot de revenus et de bénéfices ainsi que le pouvoir, émanant de la guerre et des menaces de guerre, étaient bien trop important pour être abandonnés dans une ère de paix. Ce complexe manipula un faible et inexpérimenté président Truman de s’engager dans une guerre froide totalement inutile avec l’URSS. Le mensonge fut créé et accepté par le peuple américain naïf, mensonge disant que le communisme internationaliste avait l’intention de conquérir le monde. Ceci était un mensonge transparent, parce que Staline avait purgé le système et fait assassiné Léon Trotski et tous les communistes qui croyaient en une révolution mondiale. “Le socialisme dans un seul pays” avait déclaré Staline.
Les experts universitaires, sachant pertinemment où leurs tartines étaient beurrées, s’accommodèrent et contribuèrent même au mensonge et à la falsification. Dès 1961, le pouvoir extrême du complexe militaro-industriel devint très apparent au président Eisenhower, un général 5 étoiles qui fut en charge de l’invasion américaine de l’Europe occidentale occupée par les Allemands durant la seconde guerre mondiale. Le pouvoir privé, que le complexe militaro-industriel (nom donné par Eisenhower lui-même) exerçait, dérangea tellement “Ike” lui-même que sa dernière adresse au peuple américain au soir de sa présidence fut pour le mettre en garde contre la subversion de la démocratie (NdT: si tant est qu’elle existait avant… une simple analyse historique prouve que non, mais c’est une autre histoire… disons que c’était devenu bien pire…):

“Jusqu’au dernier des conflits mondiaux, les États-Unis ne possédaient pas d’industrie d’armement. Les fabricants américains de charrues pouvaient le moment venu et suivant la demande, forger tout aussi bien des épées. Mais maintenant, nous ne pouvons plus prendre le risque d’une gestion d’urgence de notre défense nationale, on nous a forcé à créer une industrie d’armement permanente et ce à grande échelle. De plus, trois millions et demi d’hommes et de femmes sont directement engagés dans le secteur de la défense. Nous dépensons annuellement en sécurité militaire plus que les revenus nets de toutes les entreprises américaines combinées.
Cette conjoncture d’un grand et vaste secteur militaire et d’une importante industrie de l’armement est une nouvelle expérience pour l’Amérique. L’influence totale, économique, politique et même spirituelle, s’en fait ressentir dans chaque ville, dans chaque état, dans chaque bureau du gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif d’un tel développement. Pourtant, nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre travail, nos ressources et notre mode de vie sont tous impliqués, ainsi que la structure même de notre société.
Dans les conseils gouvernementaux, nous devons nous réfréner de l’acquisition d’une influence non mandatée, qu’elle soit recherchée ou pas, par le complexe militaro-industriel. Le potentiel pour la montée désastreuse d’un pouvoir mal placé existe et persistera.
Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou les processus démocratiques. Nous ne devons rien prendre pour acquis. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent forcer le meilleur maillage de cette énorme machine militaro-industrielle de la défense avec nos objectifs et méthodes pacifiques et ce de façon à ce que la sécurité et la liberté puissent prospérer de concert.”

L’avertissement d’Eisenhower était d’une grande justesse. Mais cela reposait sur le concept “de citoyens alertes et informés”, ce que les États-Unis ne possèdent pas. La population américaine est, dans les grandes largeurs, grandement insouciante et se dirige, sous la houlette de tout le spectre politique de l’extrême gauche à l’extrême droite, vers l’auto-destruction.
Les médias de presse écrite et audiovisuelle, qui servent de propagandistes pour les élites du complexe militaro-industriel et de Wall Street, s’assurent que les Américains ne sont exposés qu’à une information bidon et totalement orchestrée. Chaque foyer ou personne qui allume sa télé ou lit les journaux/magazines, est programmé pour vivre dans une réalité falsifiée, orchestrée qui ne sert que le plus petit nombre du sommet de la pyramide du pouvoir et du contrôle.
Trump a défié cet establishment sans réaliser vraiment que celui-ci était bien plus puissant que le président des États-Unis.

Voici ce qui s’est produit: Pendant le second terme de la présidence d’Obama, la Russie et son président (Poutine) furent diabolisés par le complexe militaro-industriel et les nouveaux "cons"(ervateurs) utilisant les médias "pressetitués".. La diabolisation a facilité la capacité des médias "pressetitués" comme le Washington Post, le New York Times, CNN, MSNBC et le reste de la clique, d’associer le contact avec la Russie et des articles questionnant les tensions orchestrées entre les États-Unis et la Russie avec des activités suspicieuses, voire même de trahison. Trump et ses conseillers étaient par trop inexpérimentés pour comprendre que la conséquence de l’élimination politique de Flynn était en place pour valider cette association (amalgame) orchestrée de la connexion de la présidence de Trump avec le renseignement russe.
Maintenant nous avons les putes des médias et de la politique qui posent des questions du genre de celles qui furent utilisées pour noircir le président Nixon et le forcer à démissionner: “Qu’est-ce que le président savait et quand l’a-t-il su ?…” Trump savait-il que le général Flynn avait parlé avec l’ambassadeur russe des semaines avant que Trump a dit qu’il l’avait fait ? Est-ce que Flynn a commis l’irréparable ? Parler à un Russe, parce que Trump lui a dit de le faire ?…
Les fournisseurs de bobards (“fake news”) tels que le NYT, le WP, CNN, MSNBC et le reste de ces détestables menteurs en série, utilisent des allusions totalement irresponsables afin d’emmêler le président Trump dans une toile d’araignée de la trahison. Voici une des manchettes du NYT: “Les aides-de-camp de la campagne Trump ont eu des contacts répétés avec le renseignement russe.” Ce à quoi nous assistons est une campagne gérée par l’état profond utilisant ses putes des médias pour piéger Trump et amener sa destitution.
Ceux qui sont à la manœuvre pour renverser le résultat de l’élection présidentielle US de 2016 sont si confiants en leur succès, qu’ils déclarent publiquement leur préférence pour un coup de palais à la démocratie (NdT: disons à la mascarade de démocratie, mais là n’est pas le sujet de PCR…). Le méga sioniste, chien de guerre nouveau con Bill Kristol a exprimé sa préférence pour un coup d’état en provenance de l’état profond sur le président élu Donald Trump.
http://www.breitbart.com/big-government/2017/02/15/bill-kristol-backs-deep-state-president-trump-republican-government/

La “gauche/libérale/progessiste” s’est alignée avec le 1% contre la classe salariale étiquetée “raciste, misogyne et homophobe”, qualifiée des “déplorables de Trump” (NdT: par Hillary Clinton durant sa campagne…), classe qui a essentiellement élu Trump. Même ce tâcheron mal informé de musicien, Moby, s’est senti obligé de poster des non-sens flagrants sur Facebook en déclarant: “1-le dossier russe contre Trump est vrai. 100% vrai, le gouvernement russe le fait chanter, pas seulement parce qu’il s’est fait pisser dessus par des putes russes, mais pour des choses bien plus graves et 2-l’administration Trump est en collusion avec le gouvernement russe et elle l’a été depuis le tout premier jour.
Maintenant que Trump a été marqué du sceau “d’associations avec le renseignement russe”, les idiots républicains, d’après Bloomberg, “ont rejoint les appels des démocrates pour avoir une enquête sur les contacts entre les membres de l’équipe Trump et les agents du renseignement russe ce mercredi (15 février), ceci indiquant un péril politique croissant au sein du parti alors que de nouveaux rapports émergent sur les contacts extensifs entre les deux.
https://www.bloomberg.com/politics/articles/2017-02-14/flynn-s-ouster-sparks-new-gop-calls-for-wider-russia-probe?cmpid=BBD021517_BIZ

Bien sûr, il n’y a absolument aucune preuve de ces soi-disants contacts, mais les faits réels ne font pas partie de la campagne visant à déposer Trump.
L’acceptation de la démission de Flynn par Trump est utilisée par ses opposants comme une confirmation de leurs fausses accusations disant que le président des États-Unis est compromis par le renseignement russe. Comprenant son erreur, la Maison Blanche a essayé de contrer sa bourde (l’acceptation de la démission de Flynn) en disant que Flynn a été écarté parce que Trump avait perdu confiance en lui, pas parce qu’il avait fait quelque chose d’illégal ou avait des connexions avec le renseignement russe. Mais aucun des opposants de Trump n’écoute quoi que ce soit et la CIA continue à alimenter la "pressetituée" de bobards.
Depuis le tout début j’avais prévenu que Trump manquait singulièrement d’expérience et de connaissance pour choisir un gouvernement qui lui serait fidèle et servirait son agenda. Trump a maintenant viré la seule personne sur laquelle il pouvait vraiment compter. La conclusion la plus évidente est celle-ci: Trump est de la viande froide.
L’effort du peuple américain pour ramener le gouvernement sous contrôle via Trump a été défait et vaincu par l’état profond.
L’argument de Chris Hedges qui dit que la révolution est maintenant la seule façon pour les Américains de reprendre le contrôle de leur pays, continue à gagner en crédibilité.
Voici les mots qui ont condamné Trump lorsqu’il a déclaré la guerre à l’establishment avant même d’avoir assemblé son armée:

“Il n’y a rien que ne fera pas l’establishment politique, aucun mensonge qu’il ne proférera pas, pour conserver son prestige et le pouvoir à vos dépends. L’establishment de Washington et les corporations médiatiques et financières qui le financent, n’existe que pour une seule raison: se protéger et s’enrichir. Ceci représente un carrefour dans l’histoire de notre civilisation qui déterminera si oui ou non, nous, le peuple, allons reconquérir le contrôle de notre gouvernement. L’establishment politique qui essaie de nous en empêcher est le même groupe responsable de nos désastreux rapports commerciaux, de l’immigration illégale massive et de politiques économiques et étrangères qui ont saigné ce pays à blanc.
L’establishment politique a amené la destruction sur nos usines et sur nos boulots alors qu’ils s’échappent vers le Mexique, la Chine et d’autres pays du monde. C’est une structure de pouvoir mondiale qui est responsable des décisions économiques qui ont volé notre classe ouvrière et nos salariés, qui a vidé notre pays de sa richesse et mis ce fric dans les poches d’une poignée de grandes entreprises et d’entités politiques.”

Source https://resistance71.wordpress.com/2017/02/18/presidence-trump-repose-en-paix-paul-craig-roberts/

samedi 18 février 2017

La Finlande va devenir le premier pays à supprimer toutes les matières scolaires

Le système éducatif finlandais est considéré comme l’un des meilleurs au monde. Dans les classements internationaux concernant l’éducation, la Finlande est toujours dans les 10 premiers. Toutefois, le gouvernement a décidé de ne pas s’en contenter, et d’entreprendre une véritable révolution de son système scolaire.

Les responsables souhaitent supprimer toutes les matières scolaires : il n’y aura désormais plus de cours de physique, mathématiques, littérature ou histoire-géographie.

La ministre de l’Education à Helsinki, Marjo Kyllonen, explique ces changements de la façon suivante : “Il y a encore des écoles où l’on enseigne selon des méthodes anciennes, qui fonctionnaient au début du XXème siècle. Mais aujourd’hui les besoins ont évolué et nous devons créer quelque chose qui soit adapté au XXIème siècle“.

Au lieu d’avoir des matières distinctes, les élèves apprendront les événements et les phénomènes dans un cadre pluridisciplinaire.

Par exemple, la Seconde Guerre Mondiale sera étudiée d’un point de vue historique, géographique et mathématique. Et pendant le cours ”Travail à la caféteria“, les élèves assimileront des connaissances complexes d’anglais, d’économie et de communication.
Ce système sera appliqué aux étudiants de dernier cycle, à partir de 16 ans. L’idée est que chaque élève choisisse le thème ou le phénomène qu’il souhaite étudier selon sa notion de leur utilité dans sa vie. De cette façon, les adolescents n’auront pas à étudier des cursus complets de physique ou de chimie en se posant cette éternelle question : “A quoi bon apprendre tout ça?” ou ”Pourquoi ai-je besoin de savoir ça?“

Le format traditionnel ”professeur-élève" va également évoluer.

Les étudiants ne seront plus assis derrière leurs tables en attendant qu’on les interroge. A la place, le travail en petites équipes et l’explication de problèmes seront développés.
Le système éducatif finlandais encouragera le travail en équipe, si bien que les transformations du travail concerneront aussi les professeurs. La réforme scolaire va requérir plus d’interaction entre les professeurs des différentes matières. Environ de 70% de tous les professeurs d’Helsinki ont déjà suivi une préparation pour savoir exposer l’information sous cette forme, et leur salaire sera revu à la hausse.
Le système sera complètement rénové à l’horizon 2020.

L'éducation idéale (2) Une synthèse personnelle

Cet article est la suite de : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2017/02/leducation-ideale-les-textes.html

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En synthèse, voici comment devrait être l'éducation idéale ...

En préambule, plusieurs questions fondamentales se bousculent.

1) L'école doit-elle être réservée à une élite ou au contraire être ouverte à toutes et à tous ?

Jadis, seules les riches familles pouvaient se payer les services d'un précepteur.
Puis c'est toute une catégorie de la population qui a été recrutée et formée pour servir l'empereur ou le roi : les clercs sous Charlemagne, les mandarins (fonctionnaires) chinois de 605 à 1905, etc.



Je choisis pour ma part la formule recommandée par Platon :
- des écoles d’État (donc financées par l’État)
- un enseignement obligatoire (afin d'assurer une culture de base commune à toute la population)
- et l'égalité entre l'éducation des garçons et des filles (comme dans le Jardin d’Épicure).
Comenius a même précisé :

- "qu'il y ait dans chaque foyer une école maternelle; 
- une école élémentaire dans chaque communauté, bourg ou village (dès 400 ou 500 habitants); 
- un gymnase/école latine (on dira aujourd'hui : collège/lycée) dans chaque ville; 
- une Académie dans chaque État et même dans chaque province importante."


2) Doit-on limiter "l'éducation idéale" à de l'instruction ? Ou doit-on aussi éduquer l'enfant pour qu'il devienne un citoyen ?

Si on ajoute l'éducation (certains diront la morale, la vertu, ...) :
- Quelle vision de la société doit-on lui enseigner ?

Pendant toute la monarchie française, l’Église a eu pour mission "d'éduquer" les sujets du roi. Elle les a maintenus dans l'ignorance et a martelé leurs esprits pour qu'ils se soumettent à l'autorité du seigneur, représentant de droit divin du Seigneur (Dieu) sur Terre ... sous peine de subir mille tortures pour l'éternité en enfer !

Depuis Jules Ferry, l'éducation morale a remplacé l'éducation religieuse mais toujours dans un souci de soumission. Les instituteurs avaient pour mission de marteler les esprits des enfants d'ouvriers pour qu'ils restent calmes, dociles, qu'ils travaillent en obéissant aux grands bourgeois, propriétaires des industries et des banques. Dans sa circulaire adressée aux instituteurs, du 17 novembre 1883, il disait ceci : "Des diverses obligations [que la loi du 28 mars 1882] vous impose, celle qui assurément vous tient le plus à cœur, celle qui vous apporte le plus surcroît de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l'éducation morale et l'instruction civique [...]". C'est donc la mission prioritaire de cette IIIème République, une république des "gens de biens", comme le dit si ironiquement l'historien Henri Guillemin.

Les pédagogues du XXème siècle se réclament de la démocratie (le bien joli mot) voire même de l'anarchie ... mais j'ai peur que cette nouvelle idéologie ne devienne à son tour intolérante (comme le montre le reportage suivant : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2017/02/lintolerance-nest-pas-toujours-la-ou-on.html).

Alors, par prudence, je m'abstiendrais personnellement d'imposer une quelconque morale aux élèves, ou tout au plus, je présenterais toutes celles que l'Histoire a connue. Et finalement, je m'en tiendrais à la conclusion, à la recommandation la plus caractéristique de Condorcet :
"Enfin, aucun pouvoir public ne doit avoir l'autorité, ni même le crédit, d'empêcher le développement de vérités nouvelles, l'enseignement des théories contraires à sa politique particulière ou à ses intérêts momentanés."

3) Si l'on se limite à de l'instruction :
- Quelles matières faut-il enseigner ?
- Avec quelle structuration dans le temps ?
- Avec quelle méthode pédagogique ?

En ce qui concerne l'instruction, je reprendrais le découpage en classes d'âge que Comenius a établi dès le XVIIème siècle; et j'appliquerais à chaque âge une pédagogie spécifique, et un contenu d'enseignement spécifique.



Classe d’âge :
nom, définition, fonctionnement psychologique

Nom de l’école

Méthode pédagogique et matières/disciplines enseignées
Comenius (1592-1670)
La petite enfance

Rudolf Steiner (1861-1925)  
« jusqu'au changement de dentition »

Piaget (1896-1980)
C’est le stade sensorimoteur, celui du bébé qui comprend le monde qui l'entoure par ses sens (sensori) et par ses actions (moteur).
Comenius
L’école du giron maternel ou école maternelle

Comenius
A l’école maternelle, on formera surtout les sens externes.
           
Rousseau (1712-1778)
Il faut avoir une approche naturelle, respectueuse du rythme spécifique de l'enfant, surtout dans la petite enfance où les expériences sont sensorielles plutôt qu'une connaissance abstraite acquise / transmise par la contrainte. Rousseau indique : "Oserai-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre."

Montessori (1870-1952)
Il faut proposer aux enfants, dans un cadre très soigné, des activités qu'ils sont libres de choisir.
A titre d’exemple, il existe de nos jours nombre d’environnements sécurisés, colorés, tactiles, et pourquoi pas parfumés, dans les crèches et les ludothèques, avec un mobilier adapté et des ateliers ludo-éducatifs.
Comenius
L’enfance

Steiner
après le changement de dentition et jusqu'à l'adolescence (la tranche 7-14 ans)

Piaget
le stade des opérations concrètes, où l'enfant raisonne à partir d'objets physiques


Comenius
L'école élémentaire ou école publique où l'on enseignera la langue maternelle.

Condorcet (1743-1794)
L’école primaire





Aristote (384 av. JC-322 av. JC) préconise :
- la grammaire (lire et écrire)
- la gymnastique "préparatoire", c’est-à-dire avant la puberté (14-16 ans chez les Grecs), avec des exercices faciles, une alimentation libre et pas de travaux contraignants faisant obstacle à la croissance
- la musique (jouer d'un instrument)
- et le dessin.

Comenius
Pour la pédagogie, il recommande ceci :
« A l'école élémentaire, on formera exercera les facultés intérieures, imagination et mémoire, toujours associées à l'usage de la main et de la parole. »
Pour le contenu des apprentissages, Comenius recommande cela :
« - lire couramment en langue nationale;
- apprendre à écrire de mieux en mieux et respecter les règles grammaticales, savoir les expliquer et les appliquer au cours d'exercices;
- calculer mentalement ou en écrivant;
- mesurer suivant les règles les longueurs, les largeurs et les distances;
- apprendre à chanter des chansons [...] ou les principes de la musique;
[...]
- connaître la situation économique et politique pour comprendre ce qui se passe quotidiennement à la maison et dans la ville;
- savoir en termes généraux l'histoire du monde [...]
- apprendre l'essentiel de la cosmographie [ici au sens générique de géologie, géographie et astronomie]
- apprendre le nom de villes, de montagnes et de fleuves [...]
Si tout le programme est bien réalisé à l'école nationale, les jeunes gens passeront à l'école latine, et ceux qui entrent dans l'agriculture, le commerce, les métiers manuels, ne rencontreront rien [...] dont ils n'aient eu un avant-goût. »

Montessori
Le cadre très soigné et les activités que les enfants sont libres de choisir peut toujours s’appliquer à cette classe d’âge ; mais il faut (à mon avis) progressivement alterner avec des moments de cours magistraux (relation maître-groupe d’élèves).

Freinet (1896-1966)
Recommande la production de textes libres, l’utilisation de l’imprimerie, des correspondances, des réunions coopératives, le recours à des fichiers autocorrectifs, etc.

Idriss Aberkane (1986-…), dans son livre Libérez votre cerveau, affirme, en s’appuyant sur les découvertes récentes des neurosciences, qu’il faut changer l’école.
A titre d’exemple, il remarque à juste titre que la « vie notée » (l’école) et la « vraie vie » s’opposent radicalement sur les critères suivants: 
- se conformer au moule
- rester à sa place
- discuter l’autorité
- s’exprimer librement
- être autonome
- trouver la bonne réponse/poser la bonne question
- travailler en groupe
Sans oublier que la meilleure façon d’apprendre est par le jeu (c’est la façon naturelle qu’on peut observer chez tous les mammifères évolués).
L’adolescence

Steiner
à la puberté.

Piaget
L’adolescence, c’est l’âge des opérations formelles, où le jeune est capable d'émettre des hypothèses et de faire des déductions à partir de propositions abstraites.

Comenius
Dans les écoles plus avancées, chaque enseignement sera particulier et détaillé.
Comenius nomme cette école : l'école latine ou gymnase. L'éducation intellectuelle et musicale aura lieu dans les écoles;
l'éducation athlétique dans les gymnases.

Condorcet
L’école secondaire

Claparède (1873-1940)
Il est donc nécessaire que l'école tienne compte davantage des aptitudes individuelles, et se rapproche de l'idéal de "l'école sur mesure".

« L’école sur mesure » pourrait être celle qui, après avoir offert à tous les enfants une culture de base commune (s’appuyant sur la maîtrise de la langue nationale), prendrait en compte les différentes formes d’intelligence sans en dénigrer aucune. 
Voici les huit types d’intelligence selon Howard Gardner (1943-…) :
- linguistique
- logico-mathématique
- musicale
- visuelle spatiale
- kinesthésique
- naturaliste
- interpersonnelle
- intrapersonnelle
La liste des disciplines proposées dans la colonne de droite sera à compléter pour répondre aux formes d’intelligence « oubliées ».
Platon (428 av. JC-348 av. JC) préconise comme Aristote
- l'écriture,
- la gymnastique ; Aristote précisant pour cette classe d’âge (après 14-16 ans) : la gymnastique "supérieure" avec des exercices exigeants et une alimentation contrôlée en quantité et qualité.
- et la danse
A la musique, qui sera aussi recommandée par Aristote, Platon ajoute :
- l'arithmétique,
- la géométrie
- et l'astronomie.

Boèce (480-524)
Ces quatre dernières disciplines, les "quatre voies" de la connaissance scientifique selon Boèce, constituent ce qu’il nomme le « quadrivium » :
- "la multiplicité qui existe en soi", sujet d'étude de l'arithmétique,
- "la multiplicité relative", objet de la connaissance de la musique et de ses combinaisons harmonieuses,
- "la grandeur immobile", dont la géométrie propose la connaissance,
- et "la grandeur en mouvement", dont la science est l'astronomie.

Aux disciplines scientifiques décrites ci-dessus, l’éducation classique gréco-latine ajoutait les trois disciplines littéraires :
- grammaire,
- rhétorique
- et dialectique.

Comenius
Au gymnase (comprendre « école latine »), on doit étudier la dialectique, la grammaire, la rhétorique en pratique et en théorie, et tout ce qui touche aux sciences et aux arts.


L'âge adulte

Selon Comenius (avec des classes d’âge de 6 ans) : de 18 à 24 ans ; selon Steiner (avec des classe d’âge de 7 ans) : de 21 à 28 ans.
Comenius
L'académie (en hommage à Platon) et les voyages

Condorcet
Les lycées (en hommage à Aristote), correspondant à nos actuelles facultés (au sens de « partie d’une université ») récemment rebaptisées « unités de formation et de recherche » (UFR).

Mais aussi les instituts formant les instituteurs des écoles primaires et où se perfectionnent ceux du second degré.
Comenius
Enfin, les académies cultiveront ce qui a rapport à la liberté [...] On y apprendra les fonctions vitales du corps ainsi que la médecine et le droit. [...]


Condorcet
Il imagine un système à cinq degrés.
Aux quatre premiers qu’on peut faire correspondre au découpage de Comenius, Condorcet ajoute la Société nationale des sciences et des arts qui couronne le tout.
Les quatre premiers degrés devraient permettre la transmission de la connaissance, en respectant :
- les capacités (fonctionnement psychologique selon Piaget),
- les spécificités (formes d’intelligence selon Gardner)
- et les motivations de l’élève (« Je ne connais personne d’excellent qui ne soit pas aussi amoureux du domaine où il excelle », Aberkane).

Ce cinquième degré correspond à la production de nouvelles connaissances ; ce qu’on nomme de nos jours la recherche.

En résumé :

1) L’école du giron maternel ou école maternelle est celle des expériences sensorimotrices. 
La relation mère-enfant peut être valorisée jusqu'à l'âge de 3 ans, comme dans les pays scandinaves où le congé maternité (plein salaire) court jusqu'aux 3 ans de l'enfant. 
Puis ce sont des expériences interpersonnelles et naturalistes, dans un environnement sécurisé, qui permettront au petit enfant de s'épanouir jusqu'à 6 ou 7 ans.

2) L'école élémentaire ou école publique (jusqu'à 12-14 ans) sera celle où l'on enseignera essentiellement la langue maternelle.
C'est ce qu'on décidé les autorités allemandes après avoir constaté leur faible classement (21ème sur 31) lors de la première enquête PISA (Programme International du Suivi des Acquis des élèves) en 2000. Les Allemands se sont inspirés du système finlandais (meilleur d'Europe) où l'apprentissage de la langue maternelle est très poussé en primaire.
Cette classe d'âge est celle des opérations concrètes, où l'enfant raisonne à partir d'objets physiques. Ainsi, à Singapour (meilleur système du monde selon le PISA) au lieu d'écrire dans son cahier 5 + 3 = 8, l'écolier va d'abord manipuler des objets pour répondre à une question. Par exemple, 5 canards sont dans une mare, 3 à l'extérieur, combien y a-t-il de canards en tout ? Après avoir visualisé la scène avec des cubes, l'enfant la dessine et n'écrit l'addition qu'à la toute fin.

3) L'enseignement secondaire tiendra davantage compte des aptitudes individuelles, et devra se rapproche de l'idéal de "l'école sur mesure". 

Je propose que des tests fournissent l'information à chacun sur son type d'intelligence; qu'il y ait une dominante ou une combinaison multiple. Et qu'en dernier recours, ce soit la motivation de l'élève qui prime entre les différentes orientations  :
- linguistique
- logico-mathématique
- musicale
- visuelle spatiale
- kinesthésique
- naturaliste
- interpersonnelle
- intrapersonnelle

L’adolescence, c’est l’âge des opérations formelles, où le jeune est capable d'émettre des hypothèses et de faire des déductions à partir de propositions abstraites.

4) A l'âge adulte, chacun choisira sa voie professionnelle. La formation académique s'accompagnera de voyages (que ce soit des échanges internationaux ou un circuit national comme à l'époque du compagnonnage médiéval).
Le droit est une matière que tous les étudiants devront aborder; au minimum la partie relative à leur domaine professionnel.

Description des huit types d’intelligence selon Howard Gardner

Inspiré de divers documents, dont «Intelligences multiples» de Howard Gardner (1943-...) et de la revue «Educational Leadership», septembre 1997

L'intelligence linguistique

L’intelligence linguistique (ou verbale) consiste à utiliser le langage pour comprendre les autres et pour exprimer ce que l’on pense. Tout comme l’intelligence logico-mathématique, on la mesure dans les tests de QI. Elle permet l’utilisation de la langue maternelle, mais aussi d’autres langues. C’est aussi l’intelligence des sons, car les mots sont des ensembles de sons. Les personnes auditives ont ainsi beaucoup plus de facilité à entendre des mots que de voir et retenir des images. Tous les individus qui manipulent le langage à l’écrit ou à l’oral utilisent l’intelligence linguistique : orateurs, avocats, poètes, écrivains, mais aussi les personnes qui ont à lire et à parler dans leur domaine respectif pour résoudre des problèmes, créer et comprendre. Victor Hugo maîtrisait à merveille ce type d’intelligence.

L'intelligence logico-mathématique

Les chercheurs et chercheuses en biologie, en informatique, en médecine, en science pure ou en mathématique font preuve d’intelligence logico-mathématique. Ils utilisent les capacités intellectuelles qui y sont rattachées, soient la logique, l’analyse, l’observation, la résolution de problèmes. Cette forme d’intelligence permet l’analyse des causes et conséquences d’un phénomène, l’émission d’hypothèses complexes, la compréhension des principes pas toujours évidents derrière un phénomène, la manipulation des nombres, l’exécution des opérations mathématiques et l’interprétation des quantités. Il existe une dimension non-verbale et abstraite dans ce type de fonctionnement du cerveau, car des solutions peuvent être anticipées avant d’être démontrées. Einstein est représentatif de cette forme d’intelligence.

L'intelligence musicale

L’intelligence musicale est la capacité de penser en rythmes et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les mémoriser, de les interpréter, d’en créer, d’être sensible à la musicalité des mots et des phrases... À l’âge de pierre, la musique jouait un rôle rassembleur. C’est d’ailleurs encore le cas dans un certain nombre de cultures. Dès la petite enfance, il existe une capacité «brute» concernant l’aspect musical. Les virtuoses en ce domaine manifestent leur intelligence en vous faisant vibrer par des nuances, des changements de rythme et d’autres variantes transmises par leur instrument de musique ou leur voix. Mozart est un bon modèle de cette forme d’intelligence.

L'intelligence visuelle spatiale

L’intelligence spatiale permet à l’individu d’utiliser des capacités intellectuelles spécifiques qui lui procurent la possibilité de se faire, mentalement, une représentation spatiale du monde. Les Amérindiens voyagent en forêt à l’aide de leur représentation mentale du terrain. Ils visualisent des points de repère : cours d’eau, lacs, type de végétation, montagnes ... et s’en servent pour progresser; des navigateurs autochtones font de même et naviguent sans instrument dans certaines îles du Pacifique. L’intelligence visuelle permet de créer des œuvres d’art et artisanales, d’agencer harmonieusement des vêtements, des meubles, des objets, de penser en images. Les géographes, les peintres, les dessinateurs de mode, les architectes, les photographes, les caméramans mettent à profit ce potentiel intellectuel. L’architecte Le Corbusier est un bon exemple.


L'intelligence kinesthésique

L’intelligence kinesthésique est la capacité d’utiliser son corps ou une partie de son corps pour communiquer ou s’exprimer dans la vie quotidienne ou dans un contexte artistique; pour réaliser des tâches faisant appel à la motricité fine; pour apprendre en manipulant des objets; pour faire des exercices physiques ou pratiquer des sports. Mario Lemieux est un bon exemple, on dit de lui qu’il fait des feintes et des passes intelligentes. Il existe donc un potentiel intellectuel qui permet par exemple au joueur de ballon de calculer la hauteur, la force et l’effet du lancer au panier. Le cerveau anticipe le point d’arrivée du ballon et met en branle une série de mouvements pour résoudre le problème. L’expression de ses émotions par le corps, les performances physiques ainsi que l’utilisation adroite d’outils indiquent la présence d’un potentiel intellectuel à ce niveau.

L'intelligence naturaliste

L'intelligence naturaliste est l’intelligence de l’Amérindien, du biologiste, du botaniste, de l’écologiste, de l’océanographe, du zoologiste, de l’explorateur, du chasseur, du pêcheur et du chef cuisinier. L’individu est capable de classifier, de discriminer, de reconnaître et d’utiliser ses connaissances sur l’environnement naturel, les animaux, les végétaux ou les minéraux. Il a une habileté à reconnaître des traces d’animaux, des modèles de vie dans la nature, à trouver des moyens de survie; il sait quels animaux ou plantes sont à éviter, de quelles espèces il peut se nourrir. Il a un souci de conservation de la nature. Souvent les personnes chez lesquelles cette forme d’intelligence est bien développée aiment posséder un cahier de notes d’observation ou garder leurs observations en mémoire; elles aiment prendre soin d’animaux, cultiver un jardin et sont en faveur de l’établissement de parcs dans leur ville; elles sont adeptes de la conservation de leur environnement. Les peuples indigènes utilisent cette forme d’intelligence de façon exceptionnelle.

L'intelligence interpersonnelle

L’intelligence interpersonnelle (ou sociale) permet à l’individu d’agir et de réagir avec les autres de façon correcte. Elle l’amène à constater les différences de tempérament, de caractère, de motifs d’action entre les individus. Elle permet l’empathie, la coopération, la tolérance. Elle permet de détecter les intentions de quelqu’un sans qu’elles ne soient ouvertement avouées. Cette forme d’intelligence permet de résoudre des problèmes liés aux relations avec les autres; elle permet de comprendre et de générer des solutions valables pour aider les autres. Elle est caractéristique des leaders et des organisateurs. Dans les sociétés préhistoriques, l’organisation sociale était importante, la chasse nécessitait la collaboration et la participation du clan. Les groupes gravitaient autour d’un chef qui en assurait la solidarité et la cohésion. Mère Téresa mettait à profit son intelligence interpersonnelle de façon exceptionnelle.

L'intelligence intrapersonnelle

L'intelligence intrapersonnelle est l’aptitude à faire de l’introspection, c’est-à-dire à revenir à l’intérieur de soi, à identifier ses sentiments, à analyser ses pensées, ses comportements et ses émotions. Cette forme d’intelligence permet de se comprendre soi-même, de voir ce qu’on est capable de faire, de constater ses limites et ses forces, d’identifier ses désirs, ses rêves et de comprendre ses réactions. C’est aussi la capacité d’aller chercher de l’aide en cas de besoin. En somme, c’est être capable d ’avoir une représentation assez juste de soi. Cette forme d’intelligence permet de résoudre des problèmes reliés à notre personnalité et de travailler sur soi. Elle fonctionne en étroite relation avec l’intelligence interpersonnelle, car pour bien fonctionner avec les autres, il faut être conscient de ses propres émotions et savoir les contrôler. Daniel Goleman, l’auteur de L’intelligence émotionnelle est un exemple de ce type d'intelligence.

Source http://www.csaffluents.qc.ca/im/PDF2005/ens_outils/Descr_8intell_ill270105.pdf

vendredi 17 février 2017

La candidature d'une citoyenne à l'élection présidentielle française 2017

Charlotte Marchandise, candidate à la primaire citoyenne

Mon parcours
Depuis mon enfance, j’ai baigné dans une grande diversité d’univers, très modestes et aussi très aisés, avec des cultures différentes. J’en garde la certitude que l’argent ne fait pas le bonheur et que la pauvreté crée de la souffrance, j’en garde aussi les valeurs qui me guident : la tolérance, la solidarité et la quête de justice sociale.
Après un bac C suivi d’un niveau DEUG de Gestion et Économie université Paris IX Dauphine (Paris-Dauphine), j’ai souhaité partir à l’étranger pour découvrir le monde et ses richesses — et à 42 ans je reste passionnée par l’inter-culturalité. Je suis partie en 1993 à San Francisco aux États-Unis où j’étais jeune-fille au pair et suivais des enseignements artistiques à l’université de Berkeley.

Intervention en 2016 à Singapour

J’ai rencontré cette culture américaine de l’entreprenariat, un monde dans lequel tout semblait possible à qui avait de la volonté et de la créativité. J’ai aussi pu bénéficier de ces “free clinic” qui prodiguent à tous de des soins gratuits dans un système de santé extrèmement inégalitaire. Deux exemples qui invitent à partager les solutions qui marchent pour améliorer la société, tout en étant vigilants sur les dérives possibles.
En 1995 je me suis installée à Séville, en Espagne, où j’ai donné des cours de français et suis intervenue en tant que guide touristique, puis j’ai géré un bar culturel pendant 2 ans. Ce fut une première expérience d’être mon propre patron et d’appliquer concrètement les apports théoriques de ma formation.
Forte des rencontres et des apprentissages de ces années à l’étranger, je suis rentrée en France en 2000, à Montreuil en Seine Saint-Denis pour retrouver mon pays et ma famille. Je me suis formée aux nouvelles technologies de l’information (en autodidacte), et j’ai travaillé comme infographiste sur des missions courtes puis j’ai été recrutée comme responsable web-marketing à CanalNet qui deviendra LibertySurf.
Quand mon parcours professionnel rejoint mes engagements associatifs
La question des usages citoyens du numérique, de l’égalité des chances, de la façon dont cet outil est approprié par le secteur public m’a fortement interpellée, et 15 ans après, c’est toujours le cas. Je découvre alors les logiciels libres et les logiques open-sources pour lesquels, depuis, je milite.
J’ai alors rejoint l’équipe de la Fondation Internet Nouvelle Génération à sa fondation, dont je suis devenue la première webmestre. J’étais responsable du site web mais aussi de la lettre d’information etde développement originaux comme la Fabrique des Possibles. C’est là que j’ai découvert les potentiels du développement de partenariats très divers, permettant que des acteurs très différents -entreprises, citoyens, services publics…- se rencontrent et construisent des visions et actions communes.


L’usager au centre
Mon engagement militant pour le droit à la santé s’est manifesté dès le lycée à travers différentes actions, notamment autour de la lutte contre le VIH, et n’a pas cessé depuis. L’efficience de l’action dépend de la façon dont on donne une capacité d’agir aux personnes, pour leur permettre de trouver l’information dont ils ont besoin pour faire leurs choix.
En 2002 je me suis investie dans le soutien à la parentalité, et ai co-fondé l’association Doulas de France qui soutient les femmes et les parents pendant la période périnatale. Dès le départ, avec les co-présidentes, j’ai souhaité rassembler les différents mouvement existants, tout en gardant un cadre scientifique solide, pour travailler en confiance avec les institutions. Pour donner un cadre à cette fonction, j’ai co-créé l’Institut de Formation, conçu les supports de cours avec une pédagogie et suis intervenue pendant plusieurs années en tant que formatrice.
Développer une culture scientifique populaire est non seulement une nécessité démocratique mais également une réponse à la multiplication des informations diffusées, parfois loufoques et parfois subventionnées par des intérêts privés. La prise de décision politique devrait s’appuyer sur l’évidence des recherches, en toute transparence d’intérêts.
J’ai emménagé à Rennes en 2009, attirée par cette ville étudiante, engagée et proposant une belle qualité de vie et une politique sociale et associative correspondant à mes attentes citoyennes comme à mes besoins, à cette époque, de mère isolée.
J’ai alors repris des études à l’Université de Rennes 2 pour préparer un Diplôme de Hautes Études en Pratiques Sociales, spécialité Ingénierie de formation, en axant ma recherche sur la façon dont les revendications des usagers concernant leur propre santé sont considérées par les soignants et institutions.
Cette démarche de transmission de connaissances et d’outils, de soutien, de progression s’est d’abord exprimée en travaillant en tant que formatrice pour le “Contrat d’Accueil et d’Intégration” pour les personnes migrantes, puis par un projet pour la jeunesse.
Convaincus que c’est par l’éducation que passent les changements, mon mari et moi avons fondé en 2012 de façon bénévole, un collège laïc, écologique et international s’appuyant sur la pédagogie Montessori, visant à ce que l’élève s’empare de ses apprentissages et développe son autonomie, et proposant aux adolescents des perspectives concrètes et porteuses de sens. Il a accueilli des élèves durant 2 années scolaires avant de fermer faute de modèle économique viable permettant d’ouvrir le collège à tous, quels que soientt les moyens des familles.
Parallèlement, la question de la place de la société civile m’interrogeait, ainsi que celle de la gouvernance associative. Je me suis investie dans le Mouvement Associatif Rennais pour réfléchir au statut des associations de loi de 1901 et leur évolution, ainsi qu’au lien avec les politiques locales. Cela m’a permit d’avancer dans mes réflexions sur la démocratie locale, les budgets participatif et la participation au sens large.


Face à l’impact du dérèglement climatique et aux pollutions, j’ai choisi d’abord de contribuer au changement dans mes choix de vie personnels : manger local et participer aux jardins de nourriture à partager des Incroyables Comestibles, adhérer à Enercoop pour favoriser les énergies renouvelables, changer de banque, composter… Pour que cette dynamique soit aussi un choix professionnel, j’ai mené en 2013 une mission sur l’éco-consommation pour France Nature Environnement.
Mon engagement politique citoyen
En 2014 j’ai rejoint en tant que membre de la société civile la liste “Changez la Ville” (composée de 30% EELV — 30% Front de Gauche — 30% Citoyens) aux élections municipales de Rennes. Élue après une fusion avec la liste PS au second tour, j’ai été nommée adjointe déléguée à la santé.


A ce titre, j’ai été élue en septembre 2014 à la présidence du Réseau Français des Villes-Santé de l’OMS, par les élus des 86 villes membres en France. A travers ce réseau, nous portons une action en faveur des politiques de santé municipales, en luttant contre les inégalités sociales de santé. Il s’agit également de faire entendre la voix des acteurs locaux au niveau national et de défendre son importance. L’une de mes réussites en tant que présidente est de faire travailler ensemble sur des projets communs des élus de tous partis politiques, et ce dans la bonne humeur, en évitant les mécanismes d’enfermement des clivages partisans pour agir en faveur du bien commun et de l’intérêt général.
Parce que la politique n‘est pas un métier, je suis consultante-formatrice en parallèle et j’interviens dans différentes formations (Union Internationale de Promotion et d’Éducation à la santé, École des Hautes Études en Santé Publique, Centre National de Formation de la fonction Territoriale, Institut de formation des travailleurs sociaux, formation d’élus..). L’un de mes sujets principaux est celui des inégalités sociales de santé.
Ma candidature à LaPrimaire.org
Je me suis lancée dans l’aventure de LaPrimaire.org pour trois raisons.
D’abord parce que je suis convaincue qu’il faut réinventer le système politique pour laisser une place aux citoyens, et sortir d’un système de partis qui aujourd’hui ne me semble pas répondre à son but premier (éducation politique, mobilisation populaire, constructions de projets partagés autour de valeurs communes) mais qui est devenu un instrument au service du pouvoir d’une minorité de personnes avec tous les dérapages qu’on leur connaît, les logiques de retour d’ascenseur et une absence de liberté terrible.
Ensuite j’ai vu dans cette aventure de primaire citoyenne une opportunité pour la santé publique. Cette question n’est jamais une question politique dans les débats nationaux et pourtant c’est un élément essentiel, à mettre au cœur de toutes nos actions — éducation, transport, urbanisme… et un sujet fondamental pour les habitants.


Enfin, la motivation qui a emporté la décision de me présenter est celle de la place des femmes en politique ; il n’y avait que 10 candidates pour 150 candidats, c’était une bonne raison supplémentaire de s’engager. En effet, en France la parité peine à avancer : on ne compte que 27 % de femmes à l’Assemblée Nationale, 25 % au Sénat et elles ne dirigent que six des plus grandes villes de France. L’égalité implique pourtant la parité.
Puis, en rencontrant les fondateurs de la Primaire, en avançant dans le processus, je me suis de plus en plus questionnée : et si ça marchait ? Si on réussissait, si j’étais présidente, qu’est-ce que je ferai ? Que proposent les autres, qui sont-ils ?
Alors j’ai continué à faire campagne et je me suis qualifiée grâce au soutien de plusieurs centaines de personnes. Cela m’engage, et j’ai donc avancé sur la possibilité d’une candidature collective, et des principes pour rassembler des mouvements citoyens qui ne se retrouvent pas dans les partis. Des candidats non qualifiés m’ont contactée, et une équipe se met en place. Au delà de me premières propositions autour de la santé publique, propositions que je continuerai à porter car cet enjeu est majeur pour notre futur, j’ai commencé à développer de grands axes pour une politique nationale, et surtout une stratégie de gouvernance et de prise de décision, pour que chacun puisse mettre ses compétences au service d’une candidature citoyenne.
Transparence et suite de ma candidature
Un autre aspect décisif de la primaire est sa transparence. Cette expérience permet aux citoyens de découvrir les coulisses d’un processus confisqué. Et pour être honnête, j‘ai beaucoup douté cet été de pouvoir continuer cette aventure, faute d’avoir les moyens de cet engagement.
Les propositions de coopération, les contributions que j’ai reçues, les personnes qui ont rejoint l’idée d’une candidature collective, et évidemment le soutien de ma famille ont fait qu’en septembre j‘ai réaffirmé mon engagement, en toute transparence concernant mes ressources et mon agenda ainsi que mes options pour la suite.
En effet, je suis élue locale, ce qui prend déjà une grande partie de mon temps. Je travaille à côté en tant que formatrice indépendante, et pendant que je préparais la campagne de LaPrimaire, je n’ai pas pu prospecter autant qu’il le faudrait pour assurer ma vie de famille et payer mon loyer. Il est donc nécessaire que je trouve des contrats jusqu’à décembre/janvier pour assurer cet engagement.
Au delà de cette première étape, une campagne présidentielle c’est un engagement à temps plein, plus que plein. Être la candidate qualifiée impliquera des déplacements, des meetings, une grande disponibilité. Cela veut aussi dire que pendant 4 mois je ne serai pas souvent à la maison. Or j’ai trois enfants, deux beaux-enfants, mon mari travaille, et je n’ai pas de famille qui puisse prendre le relais. De nouvelles personnes arrivées dans le projet m’ont proposé leur aide pour du baby sitting et c’est un autre point déterminant dans ma décision de m’engager.
Je poursuis donc cette aventure avec une équipe, avec ces enjeux qui sont aussi la marque d’une candidature citoyenne, d’une candidature de quelqu’un qui n’a pas ni ne souhaite une carrière politique, d’une candidature de femme, de mère.
Des propositions pour une politique citoyenne
Le revenu de base sera l’un des éléments clés de la campagne à venir, car c’est aussi ce revenu qui permettra à plus de gens de s’engager. C’est l’une des propositions phare que je vous présenterai dans le programme qui se construit. L’abstention gagne toutes les élections, la politique doit de se renouveler mais de quelle façon, et avec qui ? Si nos sociétés doivent de devenir résilientes, si nous voulons mettre en place des solutions pour des énergies renouvelables coopératives, pour une l’agriculture urbaine, si les communautés locales veulent inventer de nouveaux modes de vie adaptés, il faudra bien que chacun ait la possibilité de dégager du temps pour participer à la construction d’un futur durable.
Guerre d’égo ou rassemblement d’idées
Dans la Vème République, l’élection présidentielle résulte de la campagne d’un homme ou une femme “providentiel-le” et non pas de celle d’une équipe. Une de nos propositions clés consiste dans le changement de constitution pour instaurer un régime parlementaire piloté par un ou une premier ministre, avec des citoyens tirés au sort pour siéger dans les chambres avec des parlementaires élus, comme c’est d’ailleurs le cas dans une majorité des pays d’Europe ou au Canada. Ce serait également une économie de moyens car la campagne présidentielle coûte des centaines de millions d’euros d’argent public (René Dosière estime que le coût global de l’élection présidentielle, en 2012, s’est élevé à 228 millions d’euros, avec 10 candidats en lice. Il avait été de 133 millions en 1995, 200,3 millions en 2002, 210,7 millions en 2007 — “L’Argent de l’État”),
D’autre part, la présidentielle française est un moment violent.
La façon dont se passe le jeu politique aujourd’hui consiste en attaques personnelles et menaces. L’usage veut que l’on se montre, que l’on harangue, les candidats n’ont pas d’autre choix que de se mettre au centre et d’utiliser parfois (trop souvent) un vocabulaire guerrier peu compatible avec mon engagement pour la paix. Dans la campagne de la Primaire, nous échangeons autrement. Plusieurs d’entre nous préfèreraient une campagne collective, voire anonyme mais le système actuel fait qu’il faudra faire émerger un-e seul-e candidat-e et faire campagne aussi sur sa personnalité.
Est-ce que j’en ai envie ? Non, je ne peux pas penser que “la France a besoin de moi”.
Mais est-ce que j’ai envie de voter pour quelqu’un qui tiendrait ce discours guerrier, devons-nous accepter que la campagne présidentielle soit une bataille d’égo ? Non, trois fois non.
Une candidature différente
Dans ce cas il s’agit de trouver un-e candidat-e qui saura animer notre démarche, fasse émereger une pédagogie de la décision. Si nous souhaitons nous affranchir des politiques professionnels, et c’est la volonté d’une immense majorité de la population, nous devrons accepter des candidats qui ne savent pas tout et qui, en revanche, savent expliquer pourquoi ils font une proposition et comment, sur quels experts (scientifiques mais aussi experts d’usages) ils s’appuient. Le ou la candidat-e citoyen-ne ne sera pas omniscient, ne parlera pas la langue de bois, et pourtant il-elle devra jouer sa partie dans un univers narcissique. Jouer le jeu de la présidentielle, sans être un pion, sans s’y perdre, sans se corrompre. Hacker le système en somme, pour le changer vers une démocratie réelle efficiente.
Un sacré challenge, un beau défi qui me semble à la fois insurmontable et plein d’espoir, possible et utopique, peut-être naïf mais indispensable, et surtout jamais cynique. J’ai poursuivi mes idéaux tout au long de ma carrière, et mes échecs comme mes réussites m’invitent à continuer dans cette voie.
Les semaines qui viennent vont nous permettre d’ouvrir ces débats avec des dizaines de milliers de citoyens, et nul doute que cela nourrira nos questionnements.
Enfin, au delà de cette élection présidentielle, une nouvelle ère politique s’ouvre, et dans les élections à venir, législatives, européennes, municipales, nous verrons apparaître de plus en plus de candidats citoyens, gage d’une réforme en profondeur des institutions de ce pays.


A propos de LaPrimaire.org
Cet article fait partie d’une série d’articles présentant mon projet politique exposé dans le cadre de LaPrimaire.org. LaPrimaire.org est une primaire citoyenne démocratique et ouverte dont le but est de faire émerger une candidature citoyenne forte pour les élections présidentielles de 2017.
Vous pouvez retrouvez tous mes articles et mon profil sur ma page candidat :https://laprimaire.org/qualifie/charlotte-marchandise-franquet