jeudi 31 janvier 2019

Que dit la Constitution sur l'île de la Réunion (pouvoirs et spécificités de la Région et du Département) ? Pourrait-on y instaurer le RIC indépendamment de la France métropolitaine ?

Titre XII - DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

ARTICLE 72.

Les collectivités territoriales de la République sont les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d'outre-mer régies par l'article 74. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi, le cas échéant en lieu et place d'une ou de plusieurs collectivités mentionnées au présent alinéa.
Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l'ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en oeuvre à leur échelon.
Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de leurs compétences.
Dans les conditions prévues par la loi organique, et sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti, les collectivités territoriales ou leurs groupements peuvent, lorsque, selon le cas, la loi ou le règlement l'a prévu, déroger, à titre expérimental et pour un objet et une durée limités, aux dispositions législatives ou réglementaires qui régissent l'exercice de leurs compétences.
Aucune collectivité territoriale ne peut exercer une tutelle sur une autre. Cependant, lorsque l'exercice d'une compétence nécessite le concours de plusieurs collectivités territoriales, la loi peut autoriser l'une d'entre elles ou un de leurs groupements à organiser les modalités de leur action commune.
Dans les collectivités territoriales de la République, le représentant de l'État, représentant de chacun des membres du Gouvernement, a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois.

ARTICLE 72-1.

La loi fixe les conditions dans lesquelles les électeurs de chaque collectivité territoriale peuvent, par l'exercice du droit de pétition, demander l'inscription à l'ordre du jour de l'assemblée délibérante de cette collectivité d'une question relevant de sa compétence.
Dans les conditions prévues par la loi organique, les projets de délibération ou d'acte relevant de la compétence d'une collectivité territoriale peuvent, à son initiative, être soumis, par la voie du référendum, à la décision des électeurs de cette collectivité.
Lorsqu'il est envisagé de créer une collectivité territoriale dotée d'un statut particulier ou de modifier son organisation, il peut être décidé par la loi de consulter les électeurs inscrits dans les collectivités intéressées. La modification des limites des collectivités territoriales peut également donner lieu à la consultation des électeurs dans les conditions prévues par la loi.

ARTICLE 72-2.

Les collectivités territoriales bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement dans les conditions fixées par la loi.
Elles peuvent recevoir tout ou partie du produit des impositions de toutes natures. La loi peut les autoriser à en fixer l'assiette et le taux dans les limites qu'elle détermine.
Les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales représentent, pour chaque catégorie de collectivités, une part déterminante de l'ensemble de leurs ressources. La loi organique fixe les conditions dans lesquelles cette règle est mise en œuvre.
Tout transfert de compétences entre l'État et les collectivités territoriales s'accompagne de l'attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice. Toute création ou extension de compétences ayant pour conséquence d'augmenter les dépenses des collectivités territoriales est accompagnée de ressources déterminées par la loi.
La loi prévoit des dispositifs de péréquation destinés à favoriser l'égalité entre les collectivités territoriales.

ARTICLE 72-3.

La République reconnaît, au sein du peuple français, les populations d'outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité.
La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, les îles Wallis et Futuna et la Polynésie française sont régis par l'article 73 pour les départements et les régions d'outre-mer et pour les collectivités territoriales créées en application du dernier alinéa de l'article 73, et par l'article 74 pour les autres collectivités.
Le statut de la Nouvelle-Calédonie est régi par le titre XIII.
La loi détermine le régime législatif et l'organisation particulière des Terres australes et antarctiques françaises et de Clipperton.

ARTICLE 72-4.

Aucun changement, pour tout ou partie de l'une des collectivités mentionnées au deuxième alinéa de l'article 72-3, de l'un vers l'autre des régimes prévus par les articles 73 et 74, ne peut intervenir sans que le consentement des électeurs de la collectivité ou de la partie de collectivité intéressée ait été préalablement recueilli dans les conditions prévues à l'alinéa suivant. Ce changement de régime est décidé par une loi organique.
Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut décider de consulter les électeurs d'une collectivité territoriale située outre-mer sur une question relative à son organisation, à ses compétences ou à son régime législatif. Lorsque la consultation porte sur un changement prévu à l'alinéa précédent et est organisée sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d'un débat.

ARTICLE 73.

Dans les départements et les régions d'outre-mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités.
Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s'exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement.
Par dérogation au premier alinéa et pour tenir compte de leurs spécificités, les collectivités régies par le présent article peuvent être habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement, à fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement.
Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l'état et la capacité des personnes, l'organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l'ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral. Cette énumération pourra être précisée et complétée par une loi organique.
La disposition prévue aux deux précédents alinéas n'est pas applicable au département et à la région de La Réunion.
Les habilitations prévues aux deuxième et troisième alinéas sont décidées, à la demande de la collectivité concernée, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Elles ne peuvent intervenir lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti.
La création par la loi d'une collectivité se substituant à un département et une région d'outre-mer ou l'institution d'une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités ne peut intervenir sans qu'ait été recueilli, selon les formes prévues au second alinéa de l'article 72-4, le consentement des électeurs inscrits dans le ressort de ces collectivités.

ARTICLE 74.

Les collectivités d'outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d'elles au sein de la République.
Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l'assemblée délibérante, qui fixe :
- les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
- les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l'État ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l'article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
- les règles d'organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
- les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d'ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l'approbation d'engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence.
La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l'autonomie, les conditions dans lesquelles :
- le Conseil d'État exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d'actes de l'assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu'elle exerce dans le domaine de la loi ;
- l'assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l'entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
- des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d'accès à l'emploi, de droit d'établissement pour l'exercice d'une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
- la collectivité peut participer, sous le contrôle de l'État, à l'exercice des compétences qu'il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l'ensemble du territoire national pour l'exercice des libertés publiques.
Les autres modalités de l'organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante.

ARTICLE 74-1.

Dans les collectivités d'outre-mer visées à l'article 74 et en Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement peut, par ordonnances, dans les matières qui demeurent de la compétence de l'État, étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ou adapter les dispositions de nature législative en vigueur à l'organisation particulière de la collectivité concernée, sous réserve que la loi n'ait pas expressément exclu, pour les dispositions en cause, le recours à cette procédure.
Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes intéressées et du Conseil d'État. Elles entrent en vigueur dès leur publication. Elles deviennent caduques en l'absence de ratification par le Parlement dans le délai de dix-huit mois suivant cette publication.

ARTICLE 75.

Les citoyens de la République qui n'ont pas le statut civil de droit commun, seul visé à l'article 34, conservent leur statut personnel tant qu'ils n'y ont pas renoncé.

ARTICLE 75-1.

Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.

Voulez-vous faire un petit atelier constituant avec moi ? Parlons, cette fois, si vous voulez bien, du droit sacré du peuple à se réunir publiquement librement

Chers vous tous,
Je connais à Chambéry un jeune homme attachant et stimulant, qui s’appelle Sylvain et qui travaille comme nous depuis des années sur ce que devrait être une démocratie digne de ce nom.
À ce que je sais, ses travaux le conduisent, ces temps-ci, à se polariser sur deux points que je trouve, moi aussi, importants :
1) la façon dont est organisée / imposée l’éducation nationale, [Sylvain prône carrément la déscolarisation… (d’une façon que je trouve parfois inutilement brutale et injuste, mais l’idée de fond est importante et intéressante)… Les débats s’annoncent toniques ]
et
2) la confiscation des lieux de réunions publiques par les professionnels de la politique.
Je m’alimente presque tous les jours des nombreux livres qu’il nous invite à lire à propos d’éducation et d’émancipation. Par exemple, en ce moment, je suis tout remué par les idées que je découvre dans « La domination adulte. L’oppression des mineurs » d’Yves Bonnardel. Sylvain m’a ainsi conduit à découvrir des dizaines d’ouvrages remarquablement bien argumentés sur la façon, souvent révoltante, dont les adultes traitent aujourd’hui les enfants. Certaines thèses me hérissent, mais toutes me conduisent à réfléchir. Il y a là, je le reconnais, sans doute une des grosses racines qui alimentent l’invraisemblable consentement du plus grand nombre à la domination d’un petit nombre.
Un peu de la même façon que je m’impatiente moi-même de voir les intellectuels que j’estime (Lordon, Généreux, Onfray, Michéa…) ne pas accorder la moindre importance à la [nécessaire] source populaire des processus constituants, Sylvain s’irrite et s’impatiente de ne pas me voir embrayer immédiatement sur ses chantiers à lui. Pourtant, j’y travaille en silence, parmi mille autres sujets que je trouve importants.
Je le prouve : mercredi dernier, je devais rester quelques heures immobile, sans même pouvoir lire (une surveillance de devoir), et j’en ai profité pour faire dans ma tête, en tête-à-tête avec moi-même pour commencer, un petit atelier constituant… Prenant comme points de départ les plus scandaleux des abus de pouvoir qui encombrent l’actualité, j’ai entrepris d’écrire l’ébauche de quelques nouveaux articles de constitution. L’entraînement de base, quoi J’imaginais de vous les soumettre lors d’une prochaine rencontre, ou même de vous les soumettre un par un, sur le net grâce à des billets dédiés.
Et voilà que je lis aujourd’hui le billet de Sylvain (reproduit plus bas), et j’y trouve l’occasion en question, de vous soumettre une de ces idées. Voici donc un des articles que j’ai ébauché intérieurement mercredi (je vous parlerai des autres plus tard) :
Article X : le droit de réunion publique est inviolable et sacré. Aucune loi ou règlement ne peut interdire au peuple de se réunir librement, sous peine de forfaiture et de déchéance pour les représentants qui l’aurait tenté.
Chaque commune doit mettre à disposition à tout moment — et entretenir — des salles de réunion de taille adaptée aux besoins du village (ou du quartier).
Une Chambre Communale des Réunions Publiques, composée de 20 membres tirés au sort pour 28 jours, renouvelables par quart toutes les semaines, vérifie dans chaque commune le respect par les autorités du droit constitutionnel de réunion populaire.
La Chambre Communale des Réunions Publiques organise un référendum local quand elle le juge nécessaire (« Faut-il agrandir ou aménager telle salle ? », « Voulez-vous construire plusieurs nouvelles salles ? », etc.). Les décisions prises lors de tels référendums s’imposent à toutes les autorités.
« Le secret de l’action, c’est de commencer » : ce brouillon d’article, qui voudrait finalement formaliser et garantir notre droit de réunion, n’est qu’un premier jet, bien sûr, et je vous invite (fraternellement) à le corriger, le compléter, l’améliorer, en toute liberté.
La synchronicité de ma réflexion avec les reproches de Sylvain est amusante, je trouve. Pendant que Sylvain rédigeait une sorte d’interpellation pour me reprocher de ne pas donner d’importance au droit fondamental pour le peuple de disposer de lieux pour se réunir librement à tout moment, au même moment, je tâchais dans mon coin de formaliser un article de constitution précisément sur ce sujet… Comme on dit en blaguant, les grands esprits se rencontrent
Voici donc le billet de Sylvain en question, amicalement réprobateur :

Réponse courte et conjointe à Etienne Chouard et Frédéric Lordon

Courte, car je ne vais pas ré-écrire tout ce qu’il y a dans ce site et tout ce que j’écris depuis des années. Mais Étienne a marqué ceci récemment (20/11/15) sur son blog :
etienne chouard
« Vous avez été des milliers (et des milliers), à aimer et à partager le précédent billet, qui résumait cette vérité, bien d’actualité : « Une constitution digne de ce nom (d’origine populaire) permettrait à un peuple digne de ce nom (composé de citoyens constituants) de s’opposer aux représentants qui veulent lui imposer la guerre. » POURTANT, malgré cet élan spontané (pour l’idée de nous auto-constituer), vous n’êtes PAS — pas encore — des milliers (et des milliers) à vous entraîner, pied à pied, « pour de vrai », à constituer Mais qu’est-ce qui vous retient donc ? Qu’est-ce qui vous empêche, vous personnellement, de passer à l’acte, massivement, puisque vous pouvez le faire librement (pour l’instant) ? Si vous trouvez (le frein qui nous gêne), soyez gentils de m’en parler. »
Ce frein (qui est un mur) est explicité en long en large et en travers, via les idées de « Déscolarisation » présentes ici, et dans les têtes et papiers de Sylvain et Mathilde. Un atelier constituant doit pouvoir se dérouler dans l’espace commun (l’espace public) ! Le cas échéant, il ne s’agira que d’une discussion privée, ésotérique (au sens étymologique de ce mot), vécue par une ou plusieurs hétairies philosophiques. Le fait d’être « constituant » doit être en lien avec l’espace public (espace commun, à vrai dire). Car c’est le peuple qui est constituant en démocratie, et non telles ou telles bandes privées.
Ce à quoi Étienne répondra certainement à peu près ceci (« l’antienne d’Étienne » disait-il lui-même) : « Non ! Vous pouvez le faire partout : chez vous, dans un ascenseur, au bistrot, au bureau et même aux chiottes ! Il suffit d’être au moins deux ! « . Je pense au plus profond de moi-même qu’Étienne se trompe cruellement sur ce point : un atelier constituant digne de ce nom, doit se tenir dans l’espace public ! Pourquoi ? Car la constitution concerne la chose publique et le peuple. Dans les lieux privés : il n’y aura jamais le peuple (l’Idée de peuple) et il ne s’agira jamais — c’est une lapalissade — d’espace public ! Pour que Mamie Josette, tante Ursule, le vieux Robert, Monsieur tout-le-monde, s’intéressent à la constitution, les ateliers constituants doivent se tenir dans l’espace public. Le cas échéant, Nico, Valentin, Sylvie, et Benoît (des gentils virus, des militants d’extrême gauche, de l’UPR et des alters permaculteurs, adeptes des couches lavables et du revenu de base, ou autres bobos cultivés) continueront tout seul dans leur coin, avec les membres de leur club philosophique, à s’intéresser à la constitution.
Or l’espace public est volé, actuellement, par l’oligarchie. Nous devons d’abord « arracher » nos espaces. Curieux, vraiment très curieux, qu’Étienne n’aille jamais sur ce point (je ne sous-entends rien de spécial, mais je trouve ça juste hallucinant que le sujet ne vienne jamais). Étienne répondrait sûrement : « nous devons d’abord ré-écrire la constitution pour que l’oligarchie nous restitue ce qui nous appartient ». Comment ne pas voir ce bon vieux serpent qui se mord la queue ? Pourtant, nous savons très bien que le véritablement commencement c’est quand les gens se ré-approprient les espaces communs pour prendre la parole et faire de la politique ensemble.
lordonFrédéric Lordon, qui a fourni récemment une excellent tribune sur la situation (a)politique actuelle conclut, ÉVIDEMMENT, à la nécessité absolue de se rassembler dans l’espace public ! Mais, très grave erreur, pour lui, comme pour des milliards de cerveaux formatés, l’Espace public, c’est toujours sinistrement « LA RUE ». Comment ne pas voir, ne pas entendre, le pathétique-larme-à-l’oeil teinté de religiosité, avec lequel la grande majorité des « militants gauchistes » prononce l’expression « LA RUE ! » . Ne nous laissons donc pas berner par ce puissant affect-triste !! (pour reprendre un concept pourtant si bien malaxé par Lordon). Nous devons trouver le chemin d’un affect doux et joyeux concernant « les communs », et « la rue » ne sera alors qu’une très maigre portion des « communs » (soit-dit en passant : la rue, de nos jours, est en prime un des territoires privilégiés du capitalisme : règne de la bagnole, du béton, de l’artificiel et des commerces (et du sécuritaire régalien). Voici les trois dernières phrases de sa tribune (qui sont sinistres, contrairement au reste du billet)  :
Cette manière ne peut être posée qu’en actes, c’est-à-dire dans la rue. Donc il faut aller dans la rue. Et puis nous verrons bien.
C’est-à-dire que le programme selon Lordon, ça serait ENCORE de se geler les couilles au profit d’une pub massive sur l’usage urbain à rude épreuve des tentes Queshua de Décathon. Il s’agirait encore, selon Lordon, qu’on se regroupe sur le béton et dans le froid, comme des SDF, avec du vin chaud et des soupes au moins pour se rassurer, créer une illusion de fraternité retrouvée, et afin d’organiser la Révolution…  (??) Bizarre… ! Programme que nous connaissons par cœur : épuisement des motivations, situation qui ne permet absolument pas d’être efficaces collectivement sur tous les plans : matériellement et intellectuellement. Situation en forme de courbe de gauss (en cloche), qui monte agréablement, qui atteint son extremum (ce qui est autorisé) et qui redescend comme c’est monté. Oui, il faut conclure comme Lordon à la nécessité absolue de se rassembler dans l’espace public ! Mais à partir de là, il faudrait dire ce qu’est véritablement l’espace public et dire que c’est infiniment plus que « LA RUE », dire que toutes les salles municipales éclairées et chauffées c’est surtout cela l’espace-public, dire que c’est de cela dont nous avons besoin pour organiser notamment les « ateliers constituants » à la Chouard, mais pas seulement. Nous avons aussi besoin de ces espaces pour faire jaillir une égalité d’expression tous azimuts ! Des intellos comme Chouard ou Lordon devraient pourtant savoir que tous les vrais basculements social-historiques vertueux et constructifs sont toujours marqués par le jaillissement un peu partout de la parole de ceux qui en étaient privés, et précisément dans les lieux où ils étaient privés de parole.
Bref, c’est bien curieux… Chouard et Lordon, tout en allant comme d’hab dans le bon sens, demeurent conjointement en-deça d’une ligne symbolique qui m’apparaît bien nette, comme le nez au milieu de la figure !
Nous devons redevenir des hommes politiques au sens athénien de la chose, oui sieur Lordon et sieur Chouard ! Mais le premier nous dit que ça se peut se faire dans l’ascenseur ou au cinéma, et le deuxième, possédé par « un affect-triste » (rapport au monde qu’il dénonce pourtant dans des bouquins), que ça doit se faire dans « LA RUE !  » Non et non !! Ils se trompent, et peut-être sans le vouloir, ils nous trompent ! Le processus nécessaire doit se faire dans « LES COMMUNS« , dans une culture retrouvée et actualisée du « commun », et leur reconquête culturelle et matérielle doit être la priorité des priorités !!!
Donc, tout ceci nous amène, ni dans l’ascenseur, ni sur le coin de table d’un restau, ni dans « La rue !! », mais dans des espaces municipaux : éclairés, conviviaux et chauffés (voir le récent billet Espacemelimelo.barre) ou bien encore : nos conseils pour aider la déscolarisation de la société ou même la totalité du site Déscolarisation)
Merci DONC à tous (Lordon et Chouard, y compris) de cesser avec L’INDIGNITÉ !!!! Nous valons mieux que ça !

Peut-être que Chouard et Lordon savent, plus ou moins inconsciemment que lorsque « L’insurrection qui vient » vient vraiment, « ceux qui parlent plus que les autres et/ou à la place des autres « (dont Chouard et Lordon font partie actuellement) , doivent s’effacer automatiquement au profit du Démos tout entier qui se met à parler… Ces deux-là veulent-il vraiment sacrifier leur statut actuel de tribun quelque-peu aristos, au profit d’une réelle et intense activité démocratique ? (Chouard, je pense, est tout enclin pour se diriger vers cette sagesse ; Lordon, je sais pas car je ne le connais pas du tout).
P.S : ce billet n’est pas ce qu’on appelle une « charge » contre Étienne pour qui je demeure dans l’amitié totale. Ce n’est point non plus une charge contre Lordon, chez qui j’apprécie la justesse des analyses, mais avec lequel je ne peux point parler d’amitié puisque nous ne sommes liés d’aucune façon. Gros bisous aux deux dans tous les cas.

Sylvain Rochex
Source : http://descolarisation.org/index.php/bibliotheque/vraie-democratie/339-reponse-lapidaire-a-etienne-chouard-et-frederic-lordon

Lien Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10153827376337317

Sourcehttps://chouard.org/blog/2015/12/04/voulez-vous-faire-un-petit-atelier-constituant-avec-moi-parlons-cette-fois-si-vous-voulez-bien-du-droit-sacre-du-peuple-a-se-reunir-publiquement-librement/

J'ai participé à deux réunions de Gilets Jaunes

Hier soir (mercredi 30 janvier 2019) et ce soir (jeudi 31 janvier 2019), j'ai participé à deux réunions de Gilets Jaunes.

La première s'est déroulée à La Possession, Place Festival. C'était un état des lieux des QG; pour que ceux qui n'étaient pas encore en réseau puissent se connaître et partager leurs actions. On a parlé aussi des actions déjà prévues pour les prochains jours, jusqu'au 9 février et la manifestation sur Saint-Denis. Mon impression générale, c'était que les participants évoquaient avec beaucoup d'émotion leurs difficultés et leurs revendications; toutes d'ordre législatif, mais sans évoquer le changement des institutions qui maintiennent la population dans l'impuissance politique. Le niveau constitutionnel n'a donc pas été abordé (enfin, pas avant mon départ car je n'ai pas pu rester jusqu'à la fin) et c'est fort dommage car, sans ça, on reste dans une posture "d'enfant politique" (électeur) mendiant telle ou telle chose à ses parents (les élus).

La deuxième réunion s'est tenue à Saint-Paul, dans la salle municipale de l’Étang Saint-Paul. Il s'agissait là d'une réunion de travail du Conseil Citoyen que soutient la Région Réunion. De façon informelle d'abord, avant que la réunion proprement dite ne commence, j'ai pu sentir quelques divergences majeures. Le noyau dur de ce Conseil Citoyen craint le référendum populaire (l'exemple de la peine de mort soumise au référendum a été évoqué). Je leur ai expliqué que s'ils craignaient la décision du peuple, c'est qu'ils n'étaient pas démocrates. Cela s'est confirmé dans le cours de la réunion puisque l'expression "démocratie représentative" (quel oxymore, quel contresens !) a été plusieurs fois utilisée. J'ai dû expliquer que dans une démocratie, les citoyens votaient leurs lois alors que dans le régime représentatif, les élus qui n'ont pas de compte à rendre à leurs électeurs décident comme des maîtres à la place des électeurs (adultes sous tutelle) que le système considère comme des handicapés mentaux incapables de prendre des décisions. Puis est venue l'intervention de Marcos pour expliquer que le RIC en toutes matières était l'unique revendication pouvant réellement changer le fonctionnement de la République. Là, l'hostilité est montée d'un cran; l'un des "secrétaires" s'est levé et a parlé sur un ton irrité. Les deux tiers des participants sont sortis de la salle laissant dans "l'entre soi" les républicains/défenseurs des institutions (et voulant y participer) œuvrant pour présenter un document aux élus de la Région Réunion (au lieu de considérer le peuple réunionnais comme le seul destinataire légitime du texte).

Tout ceci n'est qu'un ressenti personnel. Je respecte néanmoins toutes les démarches citoyennes qui sont complémentaires. Je souhaitais simplement exprimer, à titre individuel, mes affinités et mes manques d'affinités pour telle ou telle démarche, ce qui permettra à d'autres de choisir plus facilement quel processus adopter.

Plus de 1800 blessés dont 160 graves (mutilations) et au moins 2 morts du fait de la police.


Attention à l'alimentation de nos/vos enfants !

Petit coup de gueule :
Se faire "bouffer" en s'entendant dire
"a cause des GJ nos enfants vont rater leur avenir "
J'espère que VOUS qui êtes si soucieuses de l'avenir de vos enfants ne leur donnez AUCUN BONBONS :
( Ces révélations pourraient vous convaincre d'arrêter les bonbons définitivement. Il était déjà de notoriété publique que consommer des sucreries n'aidait pas à être mince et en forme, mais d'après une étude effectuée par l'association Agir pour l'environnement, certains bonbons serait même dangereux pour notre santé.
Une centaines de produits disponibles sur le marché français contiendraient des nanoparticules, potentiellement cancérigènes. D'après Franceinfo, les nanoparticules "sont des molécules dont la taille varie entre 1 et 100 nanomètres (un nanomètre = un milliardième de mètre)"; et des nanoparticules de dioxyde de titane ont été trouvées dans les bonbons. Cet additif alimentaire principalement utilisé pour donner la couleur blanche est plus connu sous le nom de E171 dans la liste de composition des confiseries. Il sert à rehausser le blanc des aliments, à les faire briller et à être mélangé à d'autres colorants.
Ils consommeraient deux à quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation de sucreries. Sachant que la période d’exposition est capitale pour évaluer les risques et que les enfants sont plus fragiles du fait d’un organisme en plein développement, Agir pour l’Environnement réclame avec force un moratoire sur les nanoparticules".
Pourtant, l'Agence européenne de sécurité des aliments a renouvelé en septembre dernier l'autorisation d'utiliser cet additif ne possédant pas assez de preuves sur la nature cancérigène du colorant. Malgré tout elle préconise de refaire des études à ce propos. En attendant, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) va lancer la sienne afin "d’évaluer les risques d’exposition aux nanomatériaux via la consommation de denrées alimentaires" suite à des demandes émanant des ministères de la santé et de l'environnement)
https://amp.lesinrocks.com/…/bonbons-contiennent-nanoparti…/
Que vous ne les emmener JAMAIS dans un fast food
Que vous ne leur donnez pas de sodas
https://www.info-pharma.org/dangers-soda-infographie/
Que vous ne cuisinez jamais de conserves
https://www.les-additifs-alimentaires.com/liste-tous-danger…
https://www.les-additifs-alimentaires.com/liste-conservateu…
Que vous leur preparez leur colation maison
https://www.sciencesetavenir.fr/…/l-acrylamide-substance-po…
Qye vous surveillez, et êtes capable de réajuster correctement ce que votre enfant apprend à l'école
Si vous êtes conscient que "Soleil vert" n'etait pas un film de science fiction....
Le titre original "*Soylent green"
Base de l'alimentation vegane,------> qui subventionné par les puissants de ce monde. Luttent pour l'abolition de l'élevage, a grand coup de subsides USA,
http://www.web-agri.fr/…/une-partie-du-financement-de-l214-…
afin de placer la viande synthétique mise au point par les USA
https://www.sciencesetavenir.fr/…/les-etats-unis-autorisent…
https://amp.lefigaro.fr/…/20005-20170829ARTFIG00141-bill-ga…
https://www.lecho.be/…/viande-in-vitro-lait-s…/10004894.html
Si vous faites effectivement tout ces points,
Et que vous êtes conscient que cette année l'histoire de l'humanité va changer, que nous arrivons dans le nouvel ordre mondial,
Si vous acceptez que 7.500.000.000 d'individus vont disparaître
Si vous acceptez, que vos enfants seront vraiment les serfs des seigneurs (saigneurs)
Alors maudissez les GJ, insultez les, malmenez les.
Et Assumez avant tout VOS erreurs
Alors vous avez raison les GJ vont faire perdre une année à votre enfant !

François Bégaudeau sur C à Vous et France Inter

En tournée promotionelle pour son dernier livre ("Une histoire de ta bêtise"), l'excellent François Bégaudeau écume les plateaux télés depuis quelques jours.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il jure dans le décor en soutenant le tirage au sort, Ruffin et Chouard, en se moquant ouvertement des réflexes de défense de classe des bourgeois, en citant Bakounine et Deleuze.

Le plateau de C à Vous, sur France 5, en PLS intellectuelle.






Source : https://www.facebook.com/PerspicaceInfo/videos/591510001291852/
et
https://www.facebook.com/penseelibreanonyme/videos/2212678332123319/
et https://www.youtube.com/watch?v=EduR-tk_5EM

François Begaudeau : "Populisme est un mot creux, et sans contenu"

L'invité du week-end (8h20 - 26 Janvier 2019 - François Bégaudeau)



Source :

mercredi 30 janvier 2019

A-t-on le droit de porter un masque à gaz lors d’une manifestation ? (pour se protéger des tirs de gaz lacrymogène)

Les forces de l’ordre ont confisqué des masques, des masques à gaz et des lunettes de piscine. Les manifestants les utilisent pour se protéger des tirs de gaz lacrymogène, mais la loi l’interdit.


« Ils m’ont dit qu’ils allaient me confisquer tout ça, et je leur ai répondu que j’en avais besoin. Ils m’ont dit que c’était interdit, et qu’ils espéraient qu’en supprimant toutes les protections, on n’irait pas à la manif, et qu’ainsi, il y aurait moins de monde. Je leur ai dit que de toute façon je m’y rendrai. »


Pendant la grande guerre de 14/18, les poilus mettaient des masques, qui cachaient leur visage pour se protéger, c'était impératif et imposé par l’état major pour éviter de décimer les troupes. C'était obligatoire!

La stratégie est inversé pour les gilets jaunes qui n'ont pas le droit de se protéger de façon à les décimer et les blesser gravement plus facilement . Pour faire peur!


Deux époques et deux méthodes différentes selon les besoins pour défendre la production capitaliste et les riches par répression du peuple : en "chair à canon" en temps de guerre ou de détruire la volonté du peuple manifestant en temps de paix !  

Interdit de se protéger le visage pour être reconnu par les autorités ou obligation de se couvrir le visage pour le combattant et ce peut être la même personne selon l'un ou l'autre cas!

Le projet de loi dit "anticasseurs" qui est étudié à l'Assemblée à partir d'aujourd'hui interdira, de fait, que les manifestants se protègent des armes sous peine d'être reconnu comme "casseurs"!


Henri Leclerc, avocat à la cour et Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme.

    En 1970, on a une loi anticasseurs qui bouscule les principe du droit. Cette loi a permis des répressions qui n'ont rien changé aux manifestations qui avaient lieu.

    Le mouvement de 68 ne s'est pas éteint à cause des répressions, mais parce que les causes du soulèvement n'étaient plus les mêmes...

    La loi anticasseurs est une loi anti-manifestations.

    Cette loi anticasseurs n'est pas une faute politique mais une bêtise politique. Je n'arrive pas à comprendre comment ce gouvernement a repris cette proposition de la droite, alors qu'il avait pris ses distances avec elle. Nous avons ici une loi de circonstance, rien n'est pire que les lois de circonstances. C'est un peu un aveu de faiblesse.

    Faire une loi de circonstance contre la liberté de manifester, c'est une absurdité.

    Contre la violence révoltée, la répression violente ne résout pas le problème.

La loi de circonstance c'est une loi de propagande, qui consiste à dire : "Regardez, on fait quelque chose". Et en fait, ça ne change rien. https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/lordre-ou-la-justice-faut-il-choisir?fbclid=IwAR103CGv1ARJ54xkWNPE-OHKn3vTVqEoyNwSXrLbg_qVNh6xbOxNSSKSAvU  


Attac

mardi 29 janvier 2019

Le Gilet jaune blessé Jérôme Rodrigues à RT France : «Il est important d'amener un message de paix»

Jérôme Rodrigues, gravement blessé à l’œil lors de l'acte 11 du mouvement des Gilets jaunes, s'est exprimé en exclusivité sur RT France. Il dit ignorer s'il recouvrera un jour la vision de son œil droit atteint.




Sourcehttps://www.youtube.com/watch?v=VKlnMYoRiZM

Avec les "Gilets jaunes", nous entrons dans la deuxième étape vers la vérité.

« Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence. »

Arthur Schopenhauer,

1788-1860, Philosophe allemand.

POURQUOI LA FRANCE N'EST PAS UNE DÉMOCRATIE - GRAND DÉBAT, RIC, GILETS JAUNES - DIMITRI COURANT

Virginie Cresci a reçu Dimitri Courant, doctorant en sciences politiques et spécialiste de la démocratie délibérative, pour parler de l'état de notre démocratie, des aspirations des gilets jaunes comme le RIC et de l'escroquerie du "grand débat".





Source : https://www.youtube.com/watch?v=soRSAK-Cenc&feature=em-uploademail&fbclid=IwAR0s6n70pQvu5hT2APfzxOL3RcxXi6jbmG-8b6mZTE4m48Z-BW-HwNScLD0

lundi 28 janvier 2019

L'Europe rétablit la peine de mort (TEXTE RÉDIGÉ PAR LUCIE COUVREUR)

TEXTE RÉDIGÉ PAR LUCIE COUVREUR
L'Europe rétablit la peine de mort. Mais oublie de prévenir les peuples européens de ce rétablissement .
Elle ne la rétablit pas pour les pédophiles ou les crimes de sang , non , ceux là resteront  exemptés de peine capitale ; elle la rétablit pour le crime  de contestation sociale ... plus précisément pour :



c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.»

Je vous laisse prendre connaissance de ce texte surréaliste publié au Journal Officiel du 14 Décembre 2007 , dans la plus stricte omerta médiatique. NON  malheureusement , ce n'est pas un hoax .
Le journal officiel ci-dessous est tout à fait consultable sur les sites officiels de l'Union Européenne
Citation: 14.12.2007 Journal officiel de l'Union européenne C 303/17 FR




EXPLICATIONS (*) RELATIVES À LA CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX (2007/C 303/02)

Les explications qui figurent ci-après ont été établies initialement sous la responsabilité du praesidium de la Convention qui a élaboré la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Elles ont été mises à jour sous la responsabilité du praesidium de la Convention européenne, compte tenu des adaptations apportées au texte de la Charte par ladite Convention (notamment aux articles 51 et 52) et de l'évolution du droit de l'Union. Bien que ces explications n'aient pas en soi de valeur juridique, elles constituent un outil d'interprétation précieux destiné à éclairer les dispositions de la Charte.


TITRE I — DIGNITÉ
..................................


  1. Les dispositions de l'article 2 de la Charte correspondent à celles des articles précités de la CEDH et du protocole additionnel. Elles en ont le même sens et la même portée, conformément à l'article 52, paragraphe 3, de la Charte. Ainsi, les définitions «négatives» qui figurent dans la CEDH doivent être considérées comme figurant également dans la Charte:


a) l'article 2, paragraphe 2, de la CEDH:
«La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a)  pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b)  pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue;
c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.

1. l'article 2 du protocole no 6 annexé à la CEDH:
«Un État peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions ...».  


http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2007:303:0017:00…


Cette surprenante autorisation , faite en violation totale de la plupart des lois des pays Européens, n'aurait-elle pas été inspirée directement de la législation américaine qui autorise encore la peine de mort dans certains Etats ,  et qui autorise une détention totalement arbitraire et illimitée en vertu du NDAA décidé en catimini , le 31 Décembre 2012 Par le Président OBAMA lui même .


Effectivement depuis 2007 , l'influence américaine s'est considérablement accru sur les résolutions Européennes .. en particulier une certaine résolution du 25 Avril 2007 , antérieure donc à la parution des modifications ci-dessus rétablissant la peine capitale.


Cette résolution Européenne s'intitule :


Citation:


Résolution du Parlement européen du 25 avril 2007 sur les relations transatlantiques



Le Parlement européen ,
—  vu ses résolutions antérieures sur les relations transatlantiques, notamment ses deux résolutions du 1er juin 2006 sur l'amélioration des relations entre l'Union européenne et les États-Unis dans le cadre d'un accord de partenariat transatlantique(1) et sur les relations économiques transatlantiques UE/États-Unis(2) ,
—  vu la déclaration UE/États-Unis du 26 juin 2004 sur la lutte contre le terrorisme et la déclaration du 20 juin 2005 sur le renforcement de la coopération concernant la non-prolifération et la lutte contre le terrorisme,



http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P6-TA-2…

La suprenante parution au JO  de l'union Européeene du 14 Décembre , s'octroie donc le droit de rétablir la peine capitale  pour de présumés "terroristes"  qui auraient de plus l'idée d'inciter à des émeutes ou à des insurrections .


Ce fameux partenariat Transatlantique fait actuellement la Une d'un bon nombre de nos médias  , pour des raisons tout à fait objectives : personne ne sait de quoi il s'agit et tout le monde s'inquiète . De nombreux aspects de nos vies quotidiennes sont affectées par ce fameux pacte . Qu'il s'agisse de notre alimentation avec les OGM ou les aliments carnés .. , de nos semences  , il paraitrait que très bientôt nous n'aurons plus le droit de cultiver nos potagers .. ou encore de notre énergie avec les autorisations que vient de consentir la Commission Européenne , pour les explorations et exploitations de gaz de schistes , contrairement aux recommandations du Parlement Européen lui même , ou encore de justice arbitrale qui n'est rien d'autre que la privatisation de la justice , la rendant ainsi totalement dépendante des lobbys  et faisant ainsi totalement disparaitre la notion inscrite en article 1 de notre Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen :

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit .

Toujours est-il que textes  comme négociations sont restés totalement secrets ,  traitement parfaitement démocratique comme tout le monde le sait ..

Heureusement certains sites de réinformation, comme celui de Contrelacour ,  très  au fait de ce qui se passe à Bruxelles,  s'inquiètent  de ces silences répétés  et avertissent sans relâche de ces dénis de démocratie  incessants .. pour ne pas parler de tentation totalitaire .


Marché transatlantique : les gouvernements nationaux privés d’accès aux documents de la négociationou encore

Marché transatlantique : le débat se focalise sur les tribunaux d’arbitrage au risque d’oublier le reste


Monsieur Karel de Gucht a d'ailleurs pris peur devant l'émotion populaire  provoquée  par ce manque d'informations .. Il n'a pas décidé pour autant de donner les informations , celles ci demeurent toujours secrètes .. Il a juste décidé de suspendre les négociations sur quelques points , dont la justice arbitrale , pour ne pas inquiéter les peuples Européens avant  les Élections européennes devant avoir lieu entre le 22 et le 25 Mai 2014 .


Pourtant , ce partenariat transatlantique est assez bien décrit dans cette résolution d'Avril 2007 .. Il concerne à peu près tout ..
- la politique étrangère Européenne et en particulier le proche Orient .. et bien sûr l'Iran .. La Syrie n'était pas encore à l'ordre du jour en 2007 !!!
- les visas
- la gouvernance économique mondiale
- les services financiers  et les mesures de régulation de circulation des capitaux "non contraignantes"  (sic)
- le rôle très particulier de l'Allemagne  dans l'économie et le commerce de ce nouvel ensemble
- l'environnement
- l'énergie
- la propriété intellectuelle et la réforme des brevets


Ce texte est pour une fois assez clair .. Je ne peux que vous recommander de le lire .


Il y a néanmoins un article sur lequel il me parait essentiel d'attirer l'attention .
Il s'agit de l'article 35 , dans la rubrique



Citation: Cadre institutionnel et rôle du Parlement
35.  souligne que seule la participation plus large à tous les niveaux du Congrès des États-Unis, du Parlement européen permettra réellement de renforcer l'ensemble du processus et que les échanges interparlementaires existants devraient être graduellement transformés en une "assemblée transatlantique" de fait.


Si on essaie d'analyser ce recouvre le terme "d'échanges interparlementaires existants" , il ne s'agit vraisemblablement  de rien d'autre que de mettre un terme à l'existence de nos Parlements Nationaux .. donc de nos démocraties .


C'est d'ailleurs très exactement ce qui se passe depuis plus d'un an avec ce fameux pacte puisque les parlements nationaux ne sont plus consultés  .
Ils ne l'ont pas été sur l'Union Bancaire Européenne  et sur  le rôle de la BCE  qui devient de plus en anti-démocratique  ,  vu le niveau de pouvoir qui viennent de lui être concédés par des technocrates  soumis aux lobbys ..


Les Parlements  ne le seront pas plus sur le reste  jusqu'au jour ou les nécessités budgétaires feront prendre conscience de leur inutilité ..


Le déficit démocratique de la zone euro : la liste de lecture des égarés
Citation: Paul de Grauwe Citation:


La BCE ne connaît d’autre loi que la sienne.





L’économiste belge Paul De Grauwe, plutôt europhile, est lucide sur la façon dont le traité de Maastricht consacre l’irresponsabilité de la BCE :


Non seulement la BCE est à l’abri de politiciens, mais les statuts [de la BCE] l’ont également placée au-delà de la portée des règles démocratiques qui sanctionnent les mauvais comportements. [...]




C'est bien une Europe hideuse , totalement irrespectueuse de tous nos fondements démocratiques , et en particulier celui qui impose  une  séparation des pouvoirs entre l'exécutif  et le législatif, qui est en train de se construire à nos dépens .    Le Gouvernement Hollande a essayé de devance l'appel avec son  projet de loi  heureusement refusé à l'unanimité par le Sénat , présenté le 15 Janvier dernier,  par le gouvernement  et voulant instituer une loi d'habilitation de réforme du Code Civil par Ordonnance .
C'est à dire les pleins pouvoir à l'exécutif , ce qui ne se pratique en principe que quand l'état d'urgence est décrété .


Le Code civil désormais réformé par Ordonnance fin de la démocratie  


C'est une Europe qui veut mettre les peuples en esclavage , au service de multinationales   ou d'établissement financiers sans âme ni conscience ,  réduisant l'humain à une variable d'ajustement pour reprendre les termes d'un certain Lakshmi Mittal .. S'exonérant totalement du respect des lois qui nous gouvernent , comme le montrent les "amendes" de plus en plus fréquentes infligées aux banques américaines comme Européennes, amendes toujours inférieures aux profits retirés, qui ne sont jamais accompagnées de sanctions pénales ,  et dont les préjudices ne sont même plus calculés ,  comme ceux concernant la fraude sur les taux ou sur les dérivés  ou encore les manipulations des prix des matières premières (énergie ou agriculture) .


Cette Europe qui rétablit une peine capitale sans même prendre la peine d'en informer les populations concernées.. dont l'incohérence est capable d'exiger une uniformisation de légumes consommables, mais  qui est incapable de mettre en place une régulation de capitaux  et de  la fiscalité en particulier sur les entreprises .. comme viennent encore récemment de le démontrer les dernières découvertes concernant  Mac Donald, Apple, Star Bucks , Paypal , Google .


Je crois que le bon sens populaire pour reprendre une expression chère à un certain Général de Gaulle , doit nous faire nous rassembler   de toute urgence pour refuser cette Europe  .. Quelques soient nos opinions politiques  .. quelques soient nos appartenances , pour nous comme pour nos enfants.


Car lorsqu'elle sera définitivement en place , il sera trop tard .. et je n'aurais sans doute plus le droit d'écrire un tel texte ..


Merci de m'avoir lue .


TEXTE RÉDIGÉ PAR LUCIE COUVREUR

Source :  https://blogs.mediapart.fr/vivre-est-un-village/blog/260114/leurope-retablit-la-peine-de-mort-texte-redige-par-lucie-couvreur?fbclid=IwAR1CTlaekf8T4k-j8SAz8tlt6f7VMyMKJ7xje38BlSxKhMe0A9d6GEpAN7I

dimanche 27 janvier 2019

Conseil de lecture : Histoire des philosophies matérialistes

Le matérialisme est l'un des courants philosophiques qui a suscité le plus de controverses, ce qui lui a valu d'être malmené et caricaturé à de nombreuses reprises. Cet ouvrage se propose de montrer le contenu réel de ses concepts, d'en fournir une définition nouvelle et de le relier à ses racines historiques et sociales. Dans chaque période, il est au cœoeur d'enjeux idéologiques de premier plan, parce qu'il est à l'intersection des progrès de la connaissance et des préoccupations métaphysiques. Jusqu'à présent, il n'existait pas d'histoire complète et synthétique de ce courant de pensée, alors qu'il a joué un rôle fondamental dans la vie scientifique et culturelle du monde occidental. La seule entreprise de ce genre fut l'ouvrage de F.-A. Lange (1866), devenu largement incomplet. Le livre de P. Charbonnat se veut le panorama d'un champ conceptuel en constante agitation, uni par l'idée que les mythes et le sacré ne sont pas les seuls horizons pour penser la place de l'homme dans l'Univers. D'Épicure aux matérialistes contemporains anticréationnistes en passant par Marx, une même exigence émancipatrice traverse l'oeœuvre de ces penseurs. Il s'agit d'en rendre compte tout en indiquant où passent les lignes de fracture. L'enseignement de l'histoire des idées en France néglige cet héritage intellectuel, en le confinant à un cercle restreint de spécialistes. Cet ouvrage voudrait indiquer que les interrogations soulevées par le matérialisme s'adressent à tous. Il est en effet indispensable que cette philosophie soit mieux représentée dans les programmes et les manuels, qui semblent oublier qu'une part importante de la population ne se réfère pas à la transcendance pour donner un sens au monde.
L'histoire du matérialisme est également incontournable pour saisir les enjeux du travail des sciences de notre temps. En dévoilant comment les savoirs d'aujourd'hui sont les fruits de luttes contre des traditions conservatrices, elle invite à ne verser ni dans un positivisme naïf, ni dans une défiance figée à l'égard des résultats scientifiques. Être matérialiste consiste moins à désenchanter le monde qu'à en restituer le libre cours.


Pascal Charbonnat est enseignant dans le secondaire, chercheur en épistémologie rattaché à l’IREPH, auteur d’articles d’histoire des sciences, d’une Histoire des philosophies matérialistes (Syllepse, 2007), et de Quand les sciences dialoguent avec la métaphysique (Vuibert, 2011). Cofondateur des Editions Matériologiques, auteur de Le Génie du sarkozysme.

Différence entre citoyen et électeur


Le RIC n'est qu'une étape. Démonstration avec le texte "Pourquoi est-il vain de revendiquer RIC ?"

Pourquoi est-il vain de revendiquer RIC ?

Parce que cette mesure n’est pas un objectif, mais un moyen censé permettre d’atteindre des objectifs plus élevés. Parce qu’il ne faut pas confondre les fins avec les moyens et que cette mesure n’est pas une fin en soi.



Une nouvelle constitution, de nouvelles lois nous permettraient de nous protéger des puissants ? Voyons, ce sont justement les lois qui permettent à des vieillards milliardaires de nous maintenir dans cet état de servitude et de précarité. Bien que je ne sois pas un fanatique de Rousseau, cette citation, extraite du Contrat social me paraît pleine de bon sens : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir ». Le droit n’est, en effet, que ce qui permet à un pouvoir établi de façon pyramidale de relayer l’influence de ceux qui sont au sommet pour obliger ceux d’en bas à travailler pour ceux d’en haut. Et ce relai n’est rendu possible que par l’obéissance et la servilité à tous les étages. Le système repose donc sur l’obéissance et le droit, une obéissance plus ou moins consentie à des lois qui desservent la majorité au profit d’une minorité, et qui ont été fixées par le système lui-même en vue d’assurer sa pérennité.
Je vous le dis comme je le pense, au risque d’en choquer certains : le RIC est une revendication absurde qui n’a aucune chance d’aboutir. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas en changeant les lois que nous aurons le pouvoir, mais en prenant le pouvoir que nous pourrions éventuellement réécrire les lois, car celles-ci ne peuvent être écrites que par et pour ceux qui détiennent le pouvoir. Autrement dit, le RIC ne permettrait de redonner le pouvoir au peuple, qu’à condition que celui-ci ait déjà le pouvoir ! Ça n’a aucun sens. De plus, en aucune manière, le RIC ne remettrait en cause le système de domination basé sur l’argent dans lequel nous vivons. Tout au plus, il nous permettrait de devenir les auto-gestionnaires de notre propre asservissement, soumis, quoi qu’il en soi, à des impératifs capitalistes qui dépassent le simple cadre national.

D’autre part, pourquoi est-il vain d’avoir de telles revendications ? Parce qu’à vrai dire, il n’y a aucune revendication à avoir, aucune doléance à émettre, mais des objectifs à atteindre, car revendiquer, demander, c’est reconnaître implicitement que notre salut est assujetti au bon vouloir d’une tierce partie, c’est adopter d’emblée une position inférieure, en admettant implicitement que notre sort dépend d’une autorité de laquelle nous reconnaissons tout devoir attendre et à laquelle nous reconnaissons être subordonnés. Manifester en vue de demander au gouvernement qu’il accède à nos requêtes, c’est lui accorder un crédit qu’il ne devrait pas avoir, c’est lui concéder une légitimité qu’il ne mérite pas, lui accorder une confiance dont il n’est pas digne. Il faut être lucide : le pouvoir en place n’accédera JAMAIS à des revendications telles que le RIC, le rétablissement de l’ISF, ou l’augmentation substantielle du pouvoir d’achat. C’est être bien naïf que de croire une telle chose possible. Autant croire au père Noël.

Se révolter pour demander une augmentation du pouvoir d’achat est une attitude tout aussi contradictoire que celle d’un adolescent rebelle qui s’oppose en permanence à ses parents tout en demandant de l’argent de poche. Une telle attitude ne remet pas en cause l’autorité, mais au contraire, la légitime. Un beau jour, l’adolescent réalise qu’il peut gagner sa vie par lui-même sans rien demander à personne. Il réalise que pour voler de ses propres ailes, il lui faut conquérir sa liberté et son indépendance par lui-même. La liberté, ça ne se demande pas, ça se prend. Il en est de même pour le pouvoir. Les Gilets Jaunes n’obtiendront rien d’autre que ce qu’ils prendront par eux-mêmes. Rien ne leur sera donné.

Par cette image quelque peu simpliste, je voudrais adresser un message aux Gilets Jaunes : il est temps de passer à l’âge adulte. Il est temps d’arrêter d’attendre quoi que se soit de nos maîtres. Il est temps d’agir en ayant conscience de notre propre force. Il est temps de voler de nos propres ailes. Il est temps de ne plus attendre quoi que ce soit qui ne viennent pas de nous. Il est temps de prendre en main notre propre destin et d’agir sans avoir de comptes à rendre à personne. Ce monde politico-médiatique et financier vit à nos dépens et nous avons autant besoin de cette caste de parasites que d’une sangsue qui nous pompe notre énergie vitale. N’oubliez pas que nous sommes les forces productives de ce pays et que le pouvoir en place a bien plus besoin de nous que nous n’avons besoin de lui.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le système s’évertue à nous faire croire que sans lui, rien n’est possible, que sans lui, nous serions perdus, que sans lui, nous ne sommes rien, en somme que nous n’avons le choix qu’entre lui ou le chaos. Il n’a de cesse de légitimer sa propre existence en nous forçant insidieusement à jouer à un jeu dont il a lui-même fixé les règles. En réalité, tout pouvoir est illusion et ne repose que sur l’illusion, celle qui consiste à nous faire croire qu’il est indispensable. Il est vain de vouloir combattre directement le système, car il est plus fort que nous. Il suffit de l’abandonner à son propre sort pour qu’il s’effondre de lui-même. Tout au plus, pouvons-nous l’aider à basculer au moment opportun dans le but de provoquer sa chute. Tout comme Satan (l’adversaire), le système se nourrit de toute opposition. S’opposer à Satan, c’est renforcer l’idée même d’opposition qui le caractérise. C’est l’aider à justifier son existence, c’est l’alimenter. Du latin diabolus : celui qui divise, le mot Diable est également porteur de cette même idée d’opposition. Le Diable ne vit que par et pour la division. Il est la division elle-même.

Comment ? On me dit qu’on ne peut se passer de l’argent-monnaie ? Que c’est impossible ? Et bien sachez que l’humanité a vécu plus longtemps sans argent qu’avec. Le pouvoir s’emploie justement à vous faire croire qu’il est impossible de faire autrement, qu’il est impossible de vivre autrement, que notre mode de vie occidental est le plus vertueux de tous alors qu’il est parmi les plus vils.
L’unique stratégie viable à long terme ne peut être basée que sur la désobéissance, le refus d’obtempérer, l’imprévisibilité, le refus de jouer le jeu, et sur l’abandon de toute démarche qui pourrait donner une quelconque légitimité au système. Dans cette perspective, il va sans dire qu’il ne faut pas voter, ne pas aller sur les plateaux de télé, n’accepter aucun débat avec les représentants du pouvoir. Nos dirigeants veulent l’affrontement avec les forces de l’ordre tout en prônant le dialogue avec eux, et ce, dans le but de détourner la colère populaire des vrais responsables en horizontalisant les luttes, et ainsi nous amener sur leur terrain favori, celui du débat. Ils veulent que le mouvement se structure et ait des représentants. Pourtant, le mouvement est déjà structuré. On n'organise pas des manifestations dans toute la France pendant des semaines sans avoir un minimum de structure. En réalité, ce qui gêne le pouvoir, c’est justement la nature spécifique de la structure du mouvement des Gilets Jaunes. Alors que la société est entièrement organisée de façon hiérarchique et pyramidale, le mouvement des Gilets Jaunes est, quant à lui, structuré en réseau. Il n’a pas de chef et ça leur pose un problème, car il est beaucoup plus difficile de contrôler une foule qu’un seul homme. Ils savent mieux que quiconque que le poisson pourrit toujours par la tête. Plus le mouvement sera structuré, en particulier de façon pyramidale, plus il sera prévisible, plus il donnera de prise au pouvoir, plus il sera vulnérable à l’ingénierie sociale. Il faut, en effet, toujours identifier la structure qui se dégage d’un phénomène pour être en mesure de prévoir son évolution. Restons imprévisibles ! Beaucoup ne comprennent rien au mouvement des Gilets Jaunes, et pour cause : il n’adopte pas la forme pyramidale à laquelle les gens serviles sont si habitués. La force du mouvement tient donc à son caractère éruptif, volcanique, mais aussi à cette structure réticulaire inhabituelle, sans doute favorisée par les réseaux sociaux. Le mouvement est subversif jusque dans sa structure.

La solution est plutôt à chercher du côté d’une grève générale illimitée, d’un refus d’obtempérer à la moindre occasion, ou éventuellement d’opérations de sabotage ciblées, plutôt que par des manifestations « pacifiques » qui ont montré leurs limites. En cas de crise grave, les Gilets Jaunes ont tout intérêt à se rapprocher des agriculteurs et des éleveurs, et ce d’autant plus, que les uns comme les autres vivent essentiellement en milieu rural. Nous payons nos produits une fortune en magasin, alors que dans le même temps, les agriculteurs sont rétribués une misère pour ces mêmes produits. Passons-nous de tous les intermédiaires parasites. Favorisons l’entraide et l’échange de compétences à tous les niveaux. Faites-vous des amis, échangez vos coordonnées, recréez du lien social. Le système ne veut qu’une chose : que vous soyez seuls à déprimer devant votre télé et que vous consommiez. Si un camarade plombier me dépanne et qu’à mon tour, je lui rends service, nous sommes tous les deux gagnants. Pas d’argent, pas de contrat, pas de TVA, pas de marge abusive, plus d’intermédiaire parasite.

Il faut ainsi proposer, non pas des lois ou des constitutions, mais un autre mode de vie. Il est temps de proposer et de construire. C’est la clé. Posons les premières pierres d’un monde nouveau, et laissons mourir l’ancien. Je ne doute pas que certains d’entre vous me trouveront utopiste, mais je voudrais leur dire ceci : la véritable utopie consiste justement à croire que nous pouvons continuer à vivre ainsi dans ce monde entièrement dominé par l’argent. Un monde où règne la concurrence, la compétition, la cupidité, les impératifs de rendement, l’injustice, la misère et la guerre. Un tel monde n’a aucun avenir. Il va droit à la destruction. Le bilan n’est plus à faire : tarissement des ressources naturelles, disparition des espèces animales, pollution chimique de l’air, de l’eau, de la terre, agriculture intensive, armes de destruction massives, déchets radioactifs, accidents nucléaires, risque de conflit nucléaire mondial, esclavage par le salariat, stress, burn-outs, solitude, misère, dépression, etc.
Si vous avez cessé de croire qu’une autre façon de vivre est possible, c’est que le système a déjà gagné. Il vous a converti. Il vous a réduit à n’être qu’un simple rouage du système. Un bon petit soldat obéissant. Il y a pourtant de bonnes raison de croire qu’un nouveau monde vient de naître, ici, chez nous, en France. Certes, il n’en est encore qu’à un stade embryonnaire, mais il ne tient qu’à nous de le faire grandir. En effet, qu’ont fait les Gilets Jaunes sur ces ronds-points, si ce n’est être les acteurs d’une toute nouvelle façon de vivre ? Ces campements clandestins n’ont-ils pas été des lieux de partage, de fraternité, de solidarité, de chaleur humaine, d’entraide, de courage, de respect, de lien inter-générationnel, de lien social ? Une initiative qui a permis à certains de sortir de la solitude, à d’autres de cesser d’avoir honte de leur condition et de reprendre confiance en eux en réalisant qu’ils n’étaient pas seuls à souffrir. Certains ont même réveillonné, chanté ou dansé. Et tout ça, sans argent, sans loi, sans constitution, sans juge, sans police, sans administration officielle, et faut-il le rappeler, sans referendum d’initiative citoyenne. Il faut vraiment être inconscient pour oser ainsi remettre à l’endroit, tout ce qui était à l’envers ! C’est beau. Une communauté sans argent, sans salariat et sans état. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il ne s’agit pas d’une simple contestation sociale. Il faut bien mesurer la subversivité de ces occupations clandestines. Rien de tout cela n’est compatible avec le capitalisme. Ces communautés naissantes vont à l’encontre de tout ce que prône le monde moderne : consommation, individualisme, solitude, compétition, spoliation, exploitation, rendement, profits, etc. Il ne fait aucun doute que ce mouvement populaire éruptif préfigure une transformation profonde de la société. Et si vous me permettez de rêver un peu, j’y vois même le signe avant-coureur d’une nouvelle ère, le signe préfigurateur d’un nouvel âge d’or. Une révolte de nature bien plus spirituelle que matérielle, quand bien même a-t-elle été déclenchée par une problématique de pouvoir d’achat. Les Gilets Jaunes ne sont que les premières gouttes d’un acide qui s’apprête à ronger le capitalisme par la corrosion, et je l’espère, jusqu’à l’os. Cette initiative est, en tout cas, la preuve tangible qu’un autre monde est possible. Bien sûr, le chemin qui reste à parcourir est encore long, mais la voie est maintenant ouverte. N’est-il pas surprenant que ce mouvement fasse autant d’émules à l’étranger, qu’il soit repris à l’étranger, comme si les gens hors de France, pressentaient que le peuple français savait mieux n’importe quel autre peuple, le chemin à prendre en vue de recouvrer la liberté ? Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si l’emblème de la France est un coq, un animal de basse-cour, fier et dérangeant, qui annonce avant l’heure l’arrivée d’un jour nouveau. Par son chant, il devance le lever du soleil, qui j’en suis sûr, sera jaune vif.

Olivier L.G.

samedi 26 janvier 2019

Les Occidentaux font preuve d'une crédulité ahurissante à l'égard de al propagande.


Maintien de l’ordre : ultra-violence institutionnelle, ce qu’ils n’avoueront pas

Maintien de l’ordre : ultra-violence institutionnelle, ce qu’ils n’avoueront pas
- Un reportage à voir et faire voir ! -
Un équipe de reporters du collectif « Désarmons les » était présente samedi dernier sur les Champs Elysées. L'étendue des forces déployées, et l'arsenal utilisé pour écraser la contestation étaient affolants : grenades explosives, balles en caoutchouc, brigade de choc cagoulées, armées, et habillées en civil.
Face aux questions polies, les différents agents assermentés et payés par l'Etat ont eu les mêmes réponses. Au mieux le silence, au pire les menaces : « dégage ». Un gendarme s'est aussi permis de plaisanter sur les personnes qui ont eu la main arrachée lors de manifestations. Un autre a déclaré face caméra : « ce n'est pas important, maintenant circulez » à propos des manifestants éborgnés.
Un reportage exclusif à voir et à partager.
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Source : https://www.facebook.com/giletjaunetv1/videos/305676773413617/

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La version longue de la vidéo (22 minutes) : https://desarmons.net/index.php/2018/12/18/maintien-de-lordre-ultra-violence-institutionnelle-ce-quils-navoueront-pas/?fbclid=IwAR06FIqWJboBACJda8_YU7s1x9fQtbUk8no6HDGi8mAPEoeu7m6wrAhSS8g

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Maintien de l’ordre: ultra-violence institutionnelle, ce qu’ils n’avoueront pas

Samedi, nous étions sur les Champs Élysées avec quelques centaines, peut-être quelques milliers de gilets jaunes.

Au cours des semaines précédentes, l’État s’est consciencieusement essayé à la contre-insurrection.

Ce qui lui a fait peur, c’est la spontanéité et la détermination d’un mouvement sans chefs ni représentants. Face à un mouvement qui ne dépassait pourtant pas en violence certains mouvements sociaux précédents, il a donc choisi volontairement la voie d’une répression féroce.

1 – il a jeté un nombre considérable de grenades à effet de souffle GLI F4 (dernier palier d’intervention de la riposte graduée avant l’usage des armes à feu) alors qu’il n’y avait pas ou peu d’engins incendiaires en face (artifices ou cocktails molotov).

-> résultat, au moins 5 personnes (deux à Paris, deux à Bordeaux et une à Tours) ont eu la main arrachée et des dizaines d’autres ont été sévèrement blessées par des GLI F4.

2 – il a contourné la suspension par le préfet de Paris depuis plusieurs années des Lanceurs de balles de Défense LBD 40 pour en faire un usage massif sur les gilets jaunes, distribuant jusqu’à 10 LBD au sein d’une même unité (ont-ils tous été habilités et formés en dernière minute ?).

-> résultat, au moins 6 personnes ont été éborgnées et des dizaines d’autres sévèrement blessées par des balles de plastique de 40 mm. Les policiers quant à eux, ont été réhabitués à l’idée d’ouvrir le feu sur la population, comme lors des grèves ouvrières de la fin du 19 ème siècle.

3 – il a déployé des moyens d’intimidation sans précédent, notamment des centaines de policiers mobiles en tenue civile, dissimulés par des casques et des cagoules et appartenant à des unités non identifiables, une quinzaine de chars blindés, des unités de cavalerie et des brigades motocyclistes en “voltigeurs” armées de LBD 40 (désormais reconnus comme des armes “à effet psychologique”, destinées à blesser de manière aléatoire pour faire peur à la foule)


Les images de la brigade motorisée armée de LBD 40 :




Les images des brigades en civil tournées par “local team” :

 

 Décryptage de cette vidéo (en jaune, les violences et abus répertoriés) :



4 – il a eu recours à une pression médiatique continue pour discréditer le mouvement et diffuser des injonctions à renoncer au droit de manifestation, mettant l’accent sur les accidents routiers et décès supposément provoqués par les blocages, mettant en avant de faux représentants choisis arbitrairement par l’Etat lui-même, avant d’utiliser de manière éhontée et cynique les événements macabres de Strasbourg pour rendre les gilets jaunes responsables du détournement des forces de l’ordre de leur mission antiterroriste (stratégie utilisée en 2015-2016 lors de la COP 21 et de la révolte contre la loi Travail)

-> l’objectif principal de ces manœuvres était de terroriser la population et d’inciter les manifestants à rentrer chez eux plutôt que de se révolter pour leur avenir et leur dignité.


5 – il a arrêté préventivement des milliers de personnes, y compris à l’occasion de barrages routiers et de contrôles à des kilomètres en amont des lieux de manifestation, puis judiciarisé la répression en poursuivant des centaines de personnes pour leurs intentions supposées, plutôt que pour leurs actes : saisies dans les coffres de véhicules d’objets désignés comme des armes par prédestination (dans l’ordre de quantité : matériel médical, masques à gaz, casques, artifices, boules de pétanque, outils, pots de peinture…)

-> la finalité de cette “méthode proactive” est de produire une atmosphère d’inquiétude et de criminaliser un mouvement à ampleur nationale en lui prêtant des intentions séditieuses et une puissance de frappe qu’il n’a pas forcément.

CONCLUSION : l’État français a voulu faire la démonstration du fait qu’une nouvelle ère s’est ouverte, intraitable et austère, au cours de laquelle les acquis et illusions démocratiques du passé doivent être oubliés ou abolis, cédant la place à une gouvernance agressive et violente digne de l’ancien régime. Ne doutons pas que cette mise en scène du maintien de l’ordre servira aussi à ce que la France s’impose sur le marché de l’armement et de la sécurité, afin d’exporter encore et toujours son “savoir faire” mortifère à l’étranger.

L’opinion des gouvernements actuels, c’est que le Capital et ses logiques élitistes et liberticides doivent régner de façon incontestée, quel qu’en soit le prix en vies humaines et au sacrifices de tous les mythes fondateurs de la démocratie.

Ce que le peuple (en gilet jaune ou non) doit comprendre de ce mois passé, c’est que l’État est prêt à tuer à nouveau au nom de l’ordre établi.

Au peuple de prendre des mesures en conséquence.




 Suivez le collectif Désarmons-les, qui mène un travail précieux sur les violences d’État.