mercredi 26 juillet 2017

HULOT SACRIFIE NOTRE SANTÉ AUX LOBBIES : LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

HULOT SACRIFIE NOTRE SANTÉ AUX LOBBIES. Découvrez comment Hulot a enterré 10 ans de luttes en Europe pour la réglementation des perturbateurs endocriniens, ces substances qui détruisent notre santé et causent baisse de fertilité, cancers, malformations... On ne peut pas y échapper, ils sont partout, mais il reste un espoir pour protéger notre santé


Source : https://youtu.be/eZK-C1DyTaI

SOURCES :

[PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : C’EST QUOI ? QUELS DANGERS ?]

 
 
Cet article des Décodeurs revient sur ce que sont les perturbateurs endocriniens, et comment ils agissent sur notre système hormonal. Une bonne base claire pour comprendre comment ces substances causent des maladies.
 
Une note de l’INSERM sur les perturbateurs endocriniens qui est une bonne alternative à l’article précédent pour se familiariser avec ce que sont ces substances et les problèmes qu’elles posent.
 
Cet article du Monde revient sur le problème de la dose minimale : avec les perturbateurs endocriniens il est quasi impossible d’en définir une car à des moments clef même des très petites doses peuvent avoir un effet dramatique à terme, et par ailleurs, on observe un “effet cocktails” de certains perturbateurs : leurs effets s’additionnent ou se composent. Permet de comprendre pourquoi il faut interdire ces substances et non définir des doses minimum comme le demandent – et l’ont obtenu à cause de Hulot – les lobbies chimiques.
 
 
Une étude de 60 millions de consommateurs a montré qu’on retrouvait des perturbateurs endocriniens sur les cheveux de 10 à 15 ans, avec de 23 à 54 molécules différentes. Une étude faite avant tout pour frapper les esprits, mais qui témoigne du fait qu’il n’est pas possible d’échapper aux perturbateurs endocriniens si on ne les interdit pas.
 
 
Un autre gros problème des perturbateurs endocriniens pour établir des doses minimales, c’est qu’ils peuvent combiner leurs effets, ce qu’on appelle un “effet cocktail”. L’INSERM nous explique simplement ce qu’est l’effet cocktail.
 
 
Ce rapport de l’association de consommateurs européenne (comme 60 millions de consommateurs en France) explique très bien et de façon illustrée ce que sont les perturbateurs endocriniens, mais aussi toute la bataille européenne pour leur réglementation, ce que veulent les scientifiques, ce qu’ont fait les lobbies pour contrer la directive de 2009 sur les pesticides, etc.
SI VOUS NE LISEZ QU’UNE SOURCE, CA PEUT ÊTRE CELLE-LA :)
 
 
Un article du Monde qui revient sur l’étude qui évalue – conservativement – le coût des perturbateurs endocriniens en Europe (traitement des maladies supplémentaires, jours de travail perdues, etc.) à 154 milliards d’euros/an.
 

[COMMENT LES LOBBIES ONT DÉFENDU LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS]

 
Un article du Monde qui explique rapidement comment les lobbies ont fait pression sur la Commission européenne pour obtenir gain de cause.
 
Présentation par un article de Libé du livre “Intoxication” qui explique de A à Z comment les lobbies chimiques soutenus par l’Allemagne et les Etats-Unis ont mené bataille contre la réglementation des perturbateurs endocriniens. Très instructif pour comprendre notamment comment les industries peuvent financer des études pour fissurer le consensus scientifique, technique inventée par l’industrie du tabac dans les années 60 et depuis utilisée pour le réchauffement climatique, le sucre et l’obésité, etc.
 
Un dossier entier de l’extraordinaire CEO (Corporate Europe Observatory) qui explique en Anglais comment les lobbies ont mené bataille. Encore plus en profondeur que l’article précédent. Si vous parlez Anglais, FONCEZ ! :)
 
Et en bonus, des slides fuitées des lobbies qui révèlent leur stratégie. Se lit vite et est marrant de cynisme décomplexé…
 

[COMPRENDRE ET ÉVALUER LA DÉCISION DE HULOT ET DE LA COMMISSION]

 
 
Un article du Monde qui expose que la France, par Hulot, a tout simplement cédé à l’Allemagne qui s’était faite la championne des lobbies. Hulot n’a rien gagné et n’a même pas arraché d’avancée par rapport au texte discuté depuis des mois. Une pure et simple capitulatio.
 
En Anglais, l’analyse de CEO. Clair, limpide : “worst than expected”. Comprendre en quelques lignes pourquoi la définition adoptée est une défaite pour la protection de notre santé et à quel point elle est même absurde.
 
Faut rigoler : Hulot ayant complètement abandonné sur cette bataille des perturbateurs endocriniens, il a… faut publier des listes de perturbateurs endocriniens supposés, mêlant produits chimiques et noms de marques. Ces listes n’engagent à rien, n’obligent à rien, c’est juste par “transparence”. Ah bah si on peut tomber malade de façon transparente, super ! Merci Nico !
 

[COMPRENDRE LA RÉACTION DES SCIENTIFIQUES]

 
Article qui revient sur les avertissements de plus de 16.000 scientifiques endocrinologues principalement sur les perturbateurs endocriniens, et soutenant les exigences des ONG pour une réglementation sérieuse de ces substances
 
 
Réaction des scientifiques à la décision de la Commission (et de Hulot) : ça ne nous protégera pas.
 
 
Comment la Commission s’est basée sur quelques études financées par les lobbies pour justifier sa décision contre le consensus scientifique. Très bon article à lire pour bien comprendre jusqu’où peut aller la manipulation de la science.
 

LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON

Mon cher Emmanuel,

J’ai appris avec consternation dans les médias [cf. L'Express : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/g20-les-propos-de-macron-sur-les-7-a-8-enfants-par-africaine-passent-mal_1926531.html] les propos désobligeants, empreints de mépris, de sarcasme et de racisme, que tu as prononcés à l’égard de mon continent. Dois-je te rappeler que lorsque tu sollicitais le suffrage de ton peuple, tu as qualifié le colonialisme de « crime contre l’humanité » lors d’un séjour en Algérie. Certainement dans l’objectif de rallier l’électorat français d’origine maghrébine et africaine. Quoique, entre les deux tours, sachant pertinemment que tu serais élu, tu t’es ravisé en parlant de « crime contre l’humain ». Il me souvient également que tu mettais en avant le choix de l’Ambassade de France au Nigéria comme lieu de stage lors de tes études à l’Ena, comme pour faire croire à cet électorat que tu souhaitais le connaitre, bien avant d’aspirer à la Magistrature suprême.
Cependant, à peine élu, et surtout depuis que tu dînes régulièrement avec le nabot qui nous avait insultés à Dakar, tu es devenu moqueur et véhément à notre égard. Il y’a encore quelques semaines tu te moquais de nos frères comoriens, dont la Présidence de la République a qualifié ton écart de langage sur les Kwassa-kwassa « d’inconsidéré (…) et à mettre sur le compte de (ta) jeunesse ». Tes excuses sont d’ailleurs toujours attendues.
Aujourd’hui tu expliques à la face du monde, en plein sommet du G20 [à Hambourg, le 8 juillet 2017], que le sous-développement de l’Afrique est "civilisationnel". Que c’est parce que nous sommes "des cultivateurs de chanvre indien ; des guerriers belliqueux, corrompus, incompétents et inaptes à la démocratie ... des trafiquants d’êtres humains et de biens culturels ... et des fornicateurs invétérés, au point d’avoir entre 7 et 9 enfants par femme..." Mais tu as oublié de te poser les bonnes questions, comme celles de savoir qui sont les plus grands consommateurs de chanvre indien, fabricants d’armes, trafiquants en tout genre, esclavagistes, corrupteurs et exploiteurs ? Mon cher Emmanuel, Si le cannabis a d’abord été qualifié de chanvre « indien » et pas « africain », c’est bien qu’il a commencé à être cultivé quelque part, là-bas en Asie. Etant donné que mes ancêtres n’étaient pas de grands navigateurs, on peut subodorer que ce sont les tiens qui l’ont importé sur notre continent. L’histoire nous raconte même que l’opium, son cousin germain, a été implanté en Chine par ta cousine la Grande Bretagne pour fragiliser ce peuple. Tu as bien dit « guerriers belliqueux, corrompus, incompétents et inaptes à la démocratie », dois-je te rappeler que tes aïeux ont instrumentalisé et armé les guerres les plus sanglantes sur mon continent et favorisé la plupart des coups d’état violents.
Qui finance les groupes terroristes, dont AQMI, BOKO HARAM et le MUJAO ? Qui a tué Khadafi, qui était l’ultime rempart de notre sécurité et le moteur de notre développement ? Qui a ourdi l’assassinat des héros de la lutte pour l’indépendance (Um et consorts) et des présidents en exercice (Olympio, Boganda, Tombalbaye, Ngouabi, Sankara, Ntaryamira, Habyarimana, etc.), qui souhaitaient simplement s’affranchir de l’hégémonie de l’Etat français ? Qui a fait partir certains chefs d’Etat du pouvoir, à l’instar des présidents Gbagbo et Lissouba, qui gênaient les intérêts de l’Etat français ? Qui soutient les régimes africains les plus incompétents et dictatoriaux, depuis les années d’indépendance ? Qui, par des accords de défense léonins, a fait main basse sur nos matières premières ? Qui nous rendra les mallettes d’argent qui ont circulé dans les réseaux françafricains ? Pourtant, pour avoir été scolarisé avec des africains, qui sont d’ailleurs membres de ton mouvement En marche, tu es censé connaitre la qualité des hommes de ce continent. Tu nous as qualifiés de "trafiquant d’êtres humains et de biens culturels", j’aimerai que tu me dises le fonds de ta pensée, concernant l’esclavage du peuple noir pendant plus de trois siècles, la colonisation qui a duré près d’un siècle et le néocolonialisme et le paternalisme qui perdurent.
Mes ancêtres n’ont aucun mémorial en France, pas même une stèle ! Alors qu’ils se sont battus pour les idéaux d’égalité et de fraternité que tu foules au pied par tes propos. D’où proviennent les reliques africaines précieusement conservées au Musée du Louvres et dans les musées français, qui en font le rayonnement ? Le comble, c’est quand je t’ai entendu dire que les milliards d’euros que vous déversez chez nous ne changeront rien à notre condition, tant que nos femmes continueront d’avoir entre 7 et 9 Enfants. Cher Emmanuel, pour le coup tes statisticiens se sont fourvoyés car, le taux de fécondité en Afrique s'élevait à 4,7 enfants par femme en 2016. Même en 1950, il était de 6,5 enfants par femme. Ce rappel étant fait, permets-moi de faire deux commentaires à ce sujet. Le premier sur le volume de l’aide internationale et ensuite sur la démographie. Tes prédécesseurs avaient arrêté le seuil annuel de l’aide internationale des pays riches, en faveur des pays pauvres, à 0,7% du Produit national brut (PNB), parce qu’ils estimaient à raison que vous deviez payer pour le tort que vous nous aviez fait subir, en spoliant nos richesses et en nous volant nos valeureux guerriers pendant 400 ans. Que ce soit la France, ou sa cousine la Grande Bretagne, puissances colonisatrices, vous n’avez jamais atteint 0,4% de votre PNB. Et que dire de votre aide, quand elle nous parvient ? Lorsqu’elle est sous la forme d’infrastructures, ce sont vos entreprises qui gagnent les marchés à des prix trois fois supérieurs au coût nécessaire pour les réaliser. Ce sont vos compatriotes qui sont recrutés à des niveaux supérieurs, avec des salaires exorbitants. C’est votre matériel qui est utilisé. Lorsqu’elle est sous la forme de bourses, c’est dans votre économie que les étudiants dépensent l’argent reçu, etc. Je t’aurai bien conseillé quelques études qui mettent en exergue les effets négatifs de l’aide sur nos économies, mais je ne doute pas que tu les ais en ta possession.
Sur le nombre d’enfants, comme je l’ai dit plus haut, tes chiffres sont faux et ton analyse fragile. Tu devrais pourtant savoir, et c’est inscrit dans le séminaire de Géopolitique que tu as dû suivre à l’ENA ou à Sciences po, que la population est un facteur de richesses et fait partie des cinq attributs de la puissance, cf la Chine, l’Inde, le Nigéria, etc. Tu as dû certainement zapper ce cours, trop occupé à faire mumuse avec Brigitte.
Tiens, justement, Brigitte, parlons-en. Personne en Afrique ne te fait le reproche d’avoir cocufié un homme qui avait l’âge d’être ton père ⎼ qui t’a d’ailleurs aimablement accueilli sous son toit ⎼ avec une femme qui a l’âge d’être ta mère ? Certains diront que c’est indécent ou te qualifieront de traître, mais c’est ton choix et je le respecte ! Des mauvaises langues affirment même qu’elle te servirait de paravent pour, comme Philippot, exprimer tes orientations sexuelles. Certains diront que tu es pervers, ou que cette orientation sexuelle est "civilisationnelle", mais je m’en garderai bien. Que dire donc de ton libre choix de ne pas procréer ? Là encore, je me garderai bien de fouiner dans tes sous-vêtements, mais de grâce, laisses ceux de nos mères tranquille !!! Le plus drôle dans cette histoire c’est de voir la frénésie avec laquelle certains compatriotes et frères africains se délectent de tes propos condescendants et paternalistes, cherchant à noyer le poisson ou à en minimiser la portée. Certains le faisant naïvement, dans le but de ne pas égratigner leurs amis français, ou le souvenir de leur séjour en France ; tandis que d’autres, plus pervers, réagissent de la sorte de manière à préserver leurs « intérêts ». J’ai des amis français, de très bons amis d’ailleurs et j’ai un souvenir ému de mon court séjour dans ce pays. Donc, je n’ai aucunement de problème ni de haine vis-à-vis des français, mais plutôt avec l’Etat français dont nous ne supportons plus le mépris et l'inculture de ses dirigeants, notamment en ce qui concerne l'histoire de l'humanité.
Très cher Emmanuel, Tu devrais savoir que la pauvreté comme la richesse à l’échelle individuelle, nationale ou continentale sont cycliques ! L’Afrique a un jour régné sur le monde, souviens-toi, et son tour reviendra. Aussi, en toute fraternité, je t’invite à te repentir de tes propos et à nous présenter tes excuses afin que cette génération ne grandisse pas avec pareille humiliation.
En effet, quand notre tour adviendra, il ne plairait à personne que la même graine de revanche, qui a animé tes cousins germains allemands suite à l’humiliation de Nuremberg, n’ait germé dans les consciences de 2 milliards de noirs. Te voilà prévenu !

Bonne fête nationale Ton condisciple africain

Teubissi Noutsa Joël,
ancien élève de l'ENA [promotion CIP 2015]

samedi 22 juillet 2017

« RÉFORME » DES IMPÔTS : MACRON, PRÉSIDENT DES ULTRA RICHES – Osons causer

C’est déjà Noël pour les millionnaires ! Macron annonce sa réforme fiscale !
Suppression de la taxe d’habitation, paquet de clopes à 10 €, ISF… à qui profite la réforme des impôts de Macron ?.
►Les études sont formelles, les grands gagnants de cette réforme sont les ultra riches !
Découvrez comment Macron s’apprête à offrir des milliards aux millionnaires (suppression de ISF, taxe de 30% sur le capital) au mépris de toute efficacité économique.


Sources de la vidéo : https://youtu.be/Nl5eeqNBeyY

    [ COMPRENDRE LA REFORME FISCALE DE MACRON ]
http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Emmanuel-Macron-precise-le-calendrier-des-reformes-fiscales-et-economiques-1306889
        Cet article fait le point sur le calendrier des réformes fiscales annoncées par Macron. Ces réformes sont nombreuses. Nous allons en détailler les principales qui concernent les ménages.
Commençons par les baisses d’impôts.  Macron annonce d’abord qu’il supprimera la taxe d’habitation pour 80% des ménages les plus pauvres. Il y a ensuite la transformation de l’ISF en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui exclura dividendes, plus-values et autres revenus mobiliers, pour un coût de 3 milliards d’euros chaque année. Enfin, la flat tax sur le capital – imposer tous les revenus du capital à 30% – est à compter au titre des baisses d’impôts. Edouard Philippe la chiffre à 1.5 milliards annuels alors que beaucoup d’observateurs (dont le précédent ministre du budget Christian Eckert) pensent qu’elle coûtera 4 milliards d’euros chaque année.
Au titre des hausses d’impôts, il y a d’abord l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Vient ensuite la hausse du prix du tabac à 10 € le paquet. Et enfin, la hausse de 1.7 points de la CSG qui viendra compenser une baisse des cotisations sociales.

    [ L’ETUDE DE LA REFORME PAR L’OFCE ]
        L’Observatoire français des conjonctures économiques ,un laboratoire d’économie de Science Po Paris, a livré le 12 juillet son évaluation de la réforme des impôts proposée par Macron. Leur étude se base sur des modèles de simulation fiscale standards et intègre l’ensemble des mesures fiscales proposées, aussi bien la hausse du paquet de tabac que la baisse de l’ISF, pour en évaluer les effets sur la population. Le but est de montrer qui seront les grands gagnants et les grands perdants de ces réformes.
        La réponse est sans appel. Cette réforme bénéficiera surtout aux 10 % plus hauts revenus de France. Ils concentrent près de 43% des 9 milliards d’euros de baisse d’impôts. Parmi ces 10% aux plus hauts revenus, la réforme fiscale, nous disent les auteurs, profitera surtout aux 1 % et même au 0.1 % les plus riches. L’effet sur les classes moyennes et populaire est faible – elles gagneront autour de 25 € par mois. Les classes populaires elles, risquent d’être les grandes perdantes car elles concentrent beaucoup de fumeurs en leur sein. Avec l’augmentation du prix du tabac, les ménages populaires et fumeurs verront leur pouvoir d’achat diminuer fortement.  
        Ce graphique montrant les hausses et baisses d’impôts (autour de l’axe horizontal) selon la répartition des revenus est éloquent. Seul le dixième décile (D10),  c’est-à-dire les 10% des Français touchant les plus hauts revenus (D1 correspond aux 10% les plus pauvres), gagnera à la réforme de Macron.
tableau
Le lien vers l’étude de l’OFCE : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/pbrief25.pdf
Deux articles clairs en faisant la synthèse :
http://www.capital.fr/economie-politique/les-10-de-francais-les-plus-riches-capteront-46-des-baisses-d-impots-1236831
https://www.mediapart.fr/journal/economie/120717/emmanuel-macron-president-des-1-les-plus-riches

    [ COMPRENDRE POURQUOI LA REFORME DE L’ISF EST UN IMMENSE CADEAU POUR LES 0.1% LES PLUS RICHES ]
        La réforme de l’ISF que propose Macron vise à exclure du calcul de l’ISF tous les biens mobiliers, c’est-à-dire principalement les actions détenues. L’impôt sur la fortune deviendra donc un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ce changement va immensément avantager les grandes fortunes. En effet, l’étude de l’OFCE nous apprend que, parmi les personnes payant l’ISF, plus on est riches, moins on possède d’immobilier. Ainsi, pour les 0.1% les plus fortunés (28 000 foyers) qui possèdent en moyenne plus de 15 millions d’euros, c’est plus 14.2 millions qui disparaîtront du calcul de leur impôt sur la fortune en 2018. Merci Macron ! :)  
L’étude détaillée de l’OFCE sur cette mesure : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/OFCE-Fiche5-ISF-IFI-12-07.pdf
En savoir plus sur l’ISF :
http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/03/20/capital-l-impot-impossible_5097278_3234.html#cIUbQACbX0aXq2tt.99

    [ POURQUOI LA TAXE DE 30 % SUR LE CAPITAL EST UN CADEAU AUX 1% LES PLUS RICHES ]
        Macron propose de simplifier la taxation des revenus du capital – loyers, dividendes, plus-values, assurances vies. Pour cela, il remplacera tous les barèmes d’imposition existants par une taxe unique annoncée autour de 30%. Cette taxe se verra compensée par une hausse de 1.7 % de la CSG. Voilà la théorie.
        Sauf que derrière cette mesure de “simplification” se cache en réalité un autre formidable cadeau aux plus fortunés de notre pays. En effet, malgré les nombreuses niches fiscales, les revenus du capital étaient taxés de manière progressive. C’est à dire que les plus riches pouvaient payer jusqu’à 62% sur les dividendes qu’ils touchaient. Grâce à Macron, ils viennent d’obtenir une ristourne de 32 points ! Avouez que, parfois, la vie est belle !
Un article complet de Mediapart sur cette mesure et son inefficacité :
https://www.mediapart.fr/journal/economie/280517/quoi-servira-la-flat-tax-de-macron-sur-les-revenus-du-capital?onglet=full
La note de l’OFCE sur la flat tax : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2017/pbrief19.pdf

    [ POURQUOI CES CADEAUX AUX PLUS FORTUNES VONT PLOMBER LA CROISSANCE – L’ETUDE DU FMI ]
http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/06/15/les-inegalites-de-revenus-nuisent-a-la-croissance_4654546_3234.html
        Dans une étude de juin 2015, les économistes du FMI se sont penchés sur les effets des inégalités sur la croissance. Ils ont montré que plus les inégalités s’accroissent, plus la croissance ralentit. Leurs résultats sont limpides. Une hausse de 1% du revenu des 20% les plus riches d’une économie a un effet négatif sur la croissance. La réforme que Macron nous concotte, par les nombreux cadeaux qu’elle offre aux plus fortunés, a donc toutes les chances de plomber notre croissance. A l’inverse, la même étude montre qu’augmenter de 1% le revenu des 20% les plus pauvres augmente la croissance de 0.4 % ! On en aurait bien besoin ! :)

    [ LE FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE MACRON ]
https://www.mediapart.fr/journal/france/210517/macron-leaks-les-secrets-dune-levee-de-fonds-hors-norme?onglet=full

[ BONUS  COMPRENDRE A QUEL POINT LES ULTRA-RICHES N’ONT PAS BESOIN DE CADEAUX ]
    Ce tableau amalgame des études de l’INSEE de différentes périodes et les travaux de Piketty et Landais, deux économistes de renom ayant travaillé sur les très hauts revenus. Il n’est pas de la plus grande rigueur – des chiffres me manquent, des années se chevauchent – mais donnent un aperçu on ne peut plus clair de la situation.
TABLEAU SYNTHETIQUE INDIQUANT A QUEL POINT LE REVENU DES MEGA RICHES S’EST ACCRU CES DERNIERES ANNEES
Augmentation de la richesse des… 90 % les moins riches 1% les plus riches 0.1% les plus riches 0.01% les plus riches
1998-2005 +4% +19% +32% +40%
2004-2007 +9% +11% +20% +39%
2007-2011 +7% +23% +42.8%
Sources :
1998 – 2005 :
http://piketty.pse.ens.fr/files/Landais2007.pdf
http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2007/07/10/les-hauts-revenus-ont-explose-en-france-entre-1998-et-2005_933814_3224.html
2004 – 2007 :  https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373531?sommaire=1373536
2007 – 2011 : http://www.humanite.fr/les-tres-hauts-revenus-ne-connaissent-pas-la-crise-546442
https://www.insee.fr/fr/statistiques/1374587?sommaire=1374593

    [ BONUS 2 : LE DETAIL QUI TUE ]
https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373531?sommaire=1373536  
        L’INSEE a consacré une étude détaillée sur les très hauts revenus. Au milieu de plein d’informations intéressantes sur la hausse et la composition des revenus des plus fortunés se glisse un détail qui tue.
        La page 8 indique que un millionnaire sur quatre paie moins de 15% d’impôts au total ! :) OKLM ! :) Je sais pas quoi dire d’autre !



Commentaires d'Etienne Chouard : http://chouard.org/blog/2017/07/20/reforme-des-impots-macron-president-des-ultra-riches-osons-causer/

C’est une très bonne synthèse proposée ici par la jeune équipe d’Osons causer, utile car elle remonte à une cause première qui est L’ÉLECTION — et la corruption évidente des décideurs politiques rendue possible par cette procédure antidémocratique (procédure qui est, plus largement, la source même du « capitalisme »).
Il me semble pourtant que cette présentation percutante et stimulante gagnerait en poursuivant quelques minutes dans la recherche des causes vraiment PREMIÈRES, plus en amont encore, car on aurait alors plus de chances de régler nos (très graves) problèmes économiques et sociaux, en montrant que chaque scandale est la CONSÉQUENCE d’une corruption et d’une impunité POLITIQUE rendues possibles par NOTRE démission du processus constituant, notre renoncement à contrôler nous-mêmes les pouvoirs.
Je rappelle ici ma synthèse sur le « nécessaire procès citoyen de l’élection », qui compare point par point les (immenses) faiblesses de l’élection et, comme en miroir, les (immenses) forces du tirage au sort : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Necessaire_proces_de_l_election.pdf
Le vrai suffrage universel, c’est voter nous-mêmes nos lois.
Donc, tant que nous adorerons le faux « suffrage universel » (élire des maîtres parmi des candidats que l’on peut aider) comme une vache sacrée intouchable, nous resterons impuissants — et DONC exploités.
Mais, ce n’est PAS « la faute des autres » (des ultra riches, des usuriers ou des canailles politiciennes, par exemple), c’est la nôtre.
Il ne tient qu’à nous de tout changer.
Il suffit de nous concentrer sur la cause des causes.
#PasDeConstitutionSansCitoyensConstituants
Bon courage à tous, bande de virus
Étienne.
PS : en français, le mot RÉFORME signifie amélioration, changement en bien. Appeler « RÉFORME » les pires régressions, les plus brutales violences sociales des 1% contre les 99%, c’est une des mille inversions du langage qui servent aux crapules politiciennes (et publicitaires) à tromper la volonté des braves gens.
Pour y résister, penser à toujours mettre entre guillemets les mots menteurs, comme « réformes », « partenaires sociaux », « investisseurs », « citoyens », « démocratie », « constitution », « suffrage universel », etc.
L’élection DONNE des prises aux escrocs pour tromper nos volontés.
Alors que le tirage au sort RETIRE leurs prises aux escrocs.
Combien de temps encore les 99% vont-il défendre eux-mêmes LA procédure qui verrouille leur propre dépossession politique ?
#PasDeDémocratieSansTirageAuSort
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10155464790367317

vendredi 21 juillet 2017

Ville en transition

Le réseau des villes en transition est un mouvement social qui rassemble des groupes animant dans leur commune une initiative de transition, c'est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.
Ce mouvement s'inspire d'un exercice de descente énergétique locale, effectué en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l'université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume-Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plus de 460 initiatives officielles.
L'originalité du mouvement des initiatives de transition par rapport aux mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points. Tout d'abord, la vision de l'avenir est résolument optimiste, et les crises sont vues comme des occasions de changer radicalement la société actuelle. La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c'est cette dernière qui doit porter le changement. L'action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. C'est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apartisan et choisit généralement d'éviter les confrontations (manifestations…). Ensuite, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connaît le mouvement des villes en transition, mais elle suscite aussi des critiques, notamment sur le manque d'engagement politique.
Étant donné le succès assez large de la notion de « transition » dans le vocabulaire politique et institutionnel, il est important de distinguer le réseau des villes en transition (un mouvement social coordonné) par rapport aux autres acceptions plus vagues et plus générales comme la transition énergétique.

Les raisons

Le pic pétrolier

La production de pétrole à l'échelle d'une région suit une loi de distribution normale
Courbe théorique du pic de production

La notion de pic pétrolier n'exprime pas la fin des réserves de pétrole, mais traduit la fin du pétrole conventionnel bon marché. À l'échelle d'une région, la production de pétrole suit une courbe de distribution normale (voir le cycle d'exploitation d'un gisement), c'est-à-dire que la production croît rapidement, avant de s'infléchir, de passer par un plateau de production, pour suivre le mouvement inverse. Le pic pétrolier est la date à laquelle la courbe de production mondiale n'augmentera plus, traduisant le maximum de production atteint. À ce moment-là, et pour la première fois, la demande excèdera durablement la production, provoquant une hausse des prix qui s'intensifiera à mesure que la production décroîtra.
L'estimation de la date du pic pétrolier varie suivant les compagnies pétrolières, les institutions officielles et les associations d'étude du pic. Ces différences peuvent provenir d'une vision différente (vision économiciste dans laquelle la production suit la demande), d'une divergence sur la théorie (la notion même de pic pétrolier), de l'incertitude sur l'estimation de certaines données (les réserves sont des données géostratégiques) ou sur différents modes opératoires de calcul (prise en compte ou non du pétrole non conventionnel). De plus, la consommation, autre variable affectant le pic, est soumise à des évènements (externes ou issus de rétroactions), par exemple politiques ou économiques. Les différents pronostics vont donc du déni d'un pic pétrolier pour l'OPEP, à l'horizon 2020 pour la compagnie Total, ou en 2008 pour l'ASPO (association pour l'étude du pic du pétrole et du gaz naturel).

La « descente énergétique »

Les initiatives de « transition », qui nécessitent une descente énergétique (energy descent), s'intéressent aux réponses à apporter pour résister aux différentes crises, dont celle du « pic pétrolier ».
Aussi, plus que supporter le pic lui-même, l'enjeu est le futur énergétique dicté par la déplétion de pétrole. La tentation d'exploiter les gaz de schistes peut freiner les démarches de transition.
Le concept de « descente énergétique » (energy descent) est défini par Rob Hopkins comme « le déclin continu de l'énergie nette sur laquelle se base l'humanité, qui est le reflet de la montée énergétique qui a pris place depuis la révolution industrielle. La descente énergétique se réfère également au scénario d'un futur dans lequel l'humanité s'est adaptée avec succès au déclin des énergies fossiles disponibles et est devenue plus locale et autosuffisante. C'est un terme privilégié par ceux qui voient le pic énergétique comme une possibilité vers un changement positif, plutôt que comme un désastre inévitable ».
Avec son scénario, l'association négaWatt peut apporter un support théorique précieux au mouvement des territoires en transition.

Conséquences

Les pays dépendent du pétrole dans leur approvisionnement en énergie primaire qui en représente plus du tiers. Concernant la France, le pétrole compte pour 33 % de la consommation d'énergie primaire, et pour près de 44 % de la consommation énergétique finale (près de 70 % pour les énergies fossiles). Le pétrole a des propriétés et des qualités uniques qui dans nos sociétés le rendent indispensable dans un certain nombre de domaines, notamment ceux des transports et de la pétrochimie (matières plastiques, solvants, médicaments, fibres synthétiques, etc.). Ces propriétés rendent également le pétrole indispensable pour la fabrication et la mise en place d'énergies alternatives (construction de centrales, traitement et stockage des déchets nucléaires, construction d'éoliennes ou de panneaux solaires, etc.).

Les principes

Le mouvement des initiatives de transition s'intitulait à l'origine « villes en transition » (Transition Towns). Pour faire face à la diversité des différentes structures dont s'occupaient les différents groupes de transition (villes, villages, îles, districts, zones géographiques diverses, etc.), le mouvement a été renommé mouvement des « initiatives de transition » (Transition Initiatives).
«Le mouvement de transition est un mouvement international qui vise à inspirer, à catalyser et à soutenir les réponses des communautés face au pic pétrolier et au changement climatique. C'est un mouvement qui a une vision positive, centré sur l'élaboration et la mise en œuvre de solutions, qui développe différents outils pour construire de la résilience et de la joie dans le monde. De l'éveil des consciences et de la création de groupes locaux d'alimentation, à l'édition de monnaies locales et au développement de «plans B» pour leur communauté, les mouvements de transition cherchent à prendre la fin de «l'âge du pétrole» comme une immense opportunité : l'opportunité de repenser profondément la plupart de ce que nous considérons comme acquis.»
L'objectif de toute initiative de transition est de définir et mettre en œuvre un «plan d'action de descente énergétique» (PADE) propre à sa communauté, qui dessine une vision à 20 ans de ce que peut être un lieu de vie où la dépendance aux énergies fossiles est minimum et la résilience maximum. Pour ce faire, le PADE décrit, pour différents domaines comme l'alimentation, le transport ou la santé, les étapes de la transition permettant de remplir les objectifs fixés.
C'est dans le but d'aider les communautés souhaitant élaborer et mettre en place un PADE que le réseau des initiatives de transition a conceptualisé à partir des expériences des initiatives pionnières, un ensemble de principes directeurs formant une sorte de fondement théorique; un ensemble d'étapes qui structurent une initiative de transition dans le temps; ainsi qu'un ensemble de techniques pratiques.
Le concept de ville en transition est basé sur un ensemble de principes qui se veulent facilement compréhensibles, et qui le distinguent des autres mouvements alternatifs.

Vision positive

Le principe des visions se réfère au présupposé que l'on ne peut tendre vers un objectif seulement si l'on peut visualiser comment ce sera si l'on y parvient. Ces visions se trouvent au cœur du plan de descente énergétique, qui contient des actions étalées sur les vingt années à venir. Cette vision diffère des courants écologistes traditionnels qui dressent un avenir sombre qui a pour conséquence de déprimer les gens et de leur faire croire qu'ils sont impuissants à agir.

Inclusion

Les défis et les conséquences du pic pétrolier et du dérèglement climatique nécessitent la participation de la société dans son ensemble. Tous les secteurs d'activité et tous les acteurs de la ville sont concernés et mis à contribution pour concrétiser la transition : citoyens à l'origine de l'initiative, associations, organisations professionnelles, administrations, enfants, actifs et retraités, dans les domaines énergétiques et économiques conventionnels ou plus inattendus comme la santé, l'éducation, l'immobilier, le tourisme ou encore les ressources maritimes. Contrairement aux ONG et aux associations écologistes, les mouvements de transition placent leur action au cœur de la communauté, et ne visent pas une action de lobbying auprès des instances politiques (locales, nationales ou internationales) en vue de changer la législation.

Prise de conscience

Une des premières actions des villes en transition est de former le public aux enjeux du pic pétrolier et du dérèglement climatique. Les informations des médias sont souvent vagues et en dehors de la portée d'action du citoyen lambda, et sont souvent en contradiction avec les autres messages (qui présentent le modèle de développement actuel comme allant de soi, ou diffusant des publicités pour des voyages en avion).

Résilience

La résilience est la capacité des systèmes à retrouver leur équilibre après une perturbation. Dans le cadre des villes, la résilience est la capacité d'une ville à ne pas s'effondrer aux premiers signes d'une pénurie de pétrole ou de nourriture. La notion de résilience est différente de celle de soutenabilité, qui est la seule généralement mise en avant. Par exemple, une communauté qui récupère les déchets pour expédier au centre de tri réduit sa pression sur l'environnement, mais ne devient pas plus résiliente pour autant. Elle pourrait augmenter cette dernière en transformant localement ces déchets en matériaux d'isolation.

Compréhension psychologique

Une des principales barrières au passage à l'action est un sentiment d'impuissance, de solitude ou d'accablement que les catastrophes écologiques provoquent souvent. Le modèle des villes en transition utilise la compréhension de la psychologie en formulant une vision positive, en offrant des espaces rassurants où les personnes peuvent exprimer leurs craintes, et en valorisant les actions déjà effectuées en incluant dans le processus autant d'occasions de célébrer les succès que possible.
Les fondateurs du mouvement de transition analysent les raisons de l'inaction des gens conscients des dangers écologiques de leur mode de vie en faisant le parallèle entre la dépendance au pétrole et les études psychologiques des comportements face à la dépendance toxicologique.

Solutions crédibles et appropriées

Une fois que les dangers du pic pétrolier et du dérèglement climatique ont été révélés au public, les initiatives de Transition doivent laisser la possibilité aux gens de chercher des solutions pertinentes à une échelle appropriée, et ne pas se limiter aux solutions comme « éteindre les lumières en sortant de la pièce ». Ceci est très important car les gens ne conçoivent en général que deux types de réponses : la réponse individuelle chez soi, et la réponse gouvernementale à l'échelle nationale. Les initiatives de transition explorent le niveau intermédiaire, celui des communautés.

Influence de la permaculture

L'influence de la permaculture est prégnante dans le concept des villes en transition. Rob Hopkins, l'initiateur du mouvement, enseigne la permaculture depuis plus de 10 ans.
La permaculture est une science de conception visant la création de lieux de vie humains soutenables. Lorsqu'il découvrit la réalité du pic pétrolier, le premier réflexe de Rob Hopkins fut de se servir des principes de la permaculture pour organiser une réponse. Il s'appuya notamment sur les travaux de David Holmgren, cofondateur de la permaculture.
L'idée centrale des villes en transition, la résilience, est directement inspirée des écosystèmes naturels. En effet, ces derniers ont, contrairement à nos champs cultivés, la propriété d'être stables, diversifiés, de consommer un minimum d'énergie, d'être autonomes (cycles fermés) et de ne pas produire de pollution (grâce à la forte interconnexion de ses éléments : les déchets d'un système sont utilisés par d'autres systèmes). C'est un modèle parfait pour des systèmes humains devant drastiquement réduire leur consommation d'énergie et leur émissions de CO2 (et d'autres polluants).
L'apport de la permaculture est d'offrir une base philosophique ainsi que des principes généraux et des exemples concrets de mise en œuvre de systèmes basés sur les caractéristiques souhaitables des systèmes naturels.
Cependant la permaculture souffre de deux inconvénients, qui ont participé à la création des villes en transition. Tout d'abord, la permaculture a vu le jour en Australie, dans un contexte géographique de terres abondantes et de climat difficile. Ces deux points ont amené la permaculture à se focaliser sur la production de nourriture, et l'aménagement de terrains individuels (ou de petites communautés). Le mot permaculture vient d'ailleurs à l'origine de la contraction de permanent agriculture (agriculture soutenable), avant d'être redéfinie comme permanent culture (culture durable), sous le travail de David Holmgren. Deuxièmement, la permaculture est un concept difficile à expliquer facilement à la première personne venue (Rob Hopkins s'amuse à dire qu'il faut un tableau, des feutres, et quinze minutes pour dessiner des poules, des mares et des serres).
Ces deux points font dire à Rob Hopkins que les permaculteurs privilégient généralement une distanciation vis-à-vis de la majorité de la société (vivant dans des villes de moyenne et grande taille), en retournant à la campagne et aménageant leur terrain, plutôt que de choisir de transformer directement la société. Si la permaculture est cette première vision, les villes en transition seraient donc cette seconde facette complémentaire.

Les étapes

Les étapes de la transition peuvent servir de guide de route à une nouvelle initiative de transition. Elles ont été élaborées pour maximiser les chances de succès d'une initiative, et la rendre plus efficace. Par exemple, la première expérience d'initiative de transition, initiée par Rob Hopkins et les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l'université de Kinsale, a commencé par la rédaction d'un plan d'action de descente énergétique. Mais la mise en œuvre de ce plan a échoué car il n'y avait pas eu de travail préparatoire pour initier les habitants et les politiques aux enjeux des crises à venir, et à l'importance d'un plan énergétique approprié. Se basant sur les retours d'expériences des premières initiatives de transition, douze étapes ont été définies. Cette section présente un résumé de certaines de ces étapes.

Former un groupe de pilotage temporaire

Le groupe de pilotage se compose d'environ six personnes, et permet d'initier une transition. Les personnes formant ce groupe doivent bien maîtriser (ou se former sur) les notions de pic pétrolier et de dérèglement climatique, ainsi qu'avoir une bonne idée du mouvement des initiatives de transition. Ce groupe va prendre en charge les étapes suivantes jusqu'à la création des groupes de travail. Une fois que quatre de ces groupes de travail seront formés, le groupe de pilotage sera dissout et recomposé à partir d'une personne de chaque groupe de travail. Le groupe de pilotage ne doit pas être trop grand pour pouvoir être efficace, mais doit contenir un minimum de personnes, pour que l'initiative ne repose pas que sur la volonté d'une ou deux personnes. Il est conseillé à au moins un membre de suivre une formation en permaculture, et il est nécessaire qu'au moins deux membres du groupe de pilotage suivent une formation aux initiatives de transition (uniquement en anglais à l'heure actuelle) pour que l'initiative soit reconnue officiellement.

Sensibiliser

La sensibilisation permet d'introduire les notions de pic pétrolier et de dérèglement climatique, ainsi que de descente énergétique et de résilience, à la communauté (grand public, décideurs économiques, instances politiques). Cette sensibilisation peut prendre plusieurs formes (articles de presse, interventions dans des écoles, etc.), mais c'est en général les projections avec conférence et débats qui sont privilégiées.
Les films ont l'avantage d'attirer un large public. Les films généralement choisis concernent le pic pétrolier, et dans une moindre mesure le dérèglement climatique. Les conférences permettent de compléter les informations (par exemple en introduisant les autres problématiques, car les documentaires se concentrent généralement sur un seul problème), de gagner en crédibilité, d'attirer plus de monde, et d'orienter le débat vers une vision positive et la recherche de solutions. Les débats permettent aux gens d'exprimer leurs angoisses au sujet de ce qu'ils ont appris, pour éviter qu'ils ne s'enferment dans le déni ou la dépression.

Organiser un « grand lancement »

Lorsque la communauté est suffisamment sensibilisée (ce qui prend en général de 6 mois à un an après la première projection) et que des contacts avec d'autres groupes (associations environnementales ou sociales, etc.) ont été liés, le groupe de pilotage organise le «grand lancement» (Great Unleashing). Cet événement mémorable va permettre de catalyser toutes les craintes et les attentes des gens pour trouver et mettre en œuvre des solutions. L'élan et l'énergie libérés pendant cet événement va permettre au mouvement de s'agrandir, en formant de nouveaux groupes.

Former des groupes de travail

Les groupes de travail se focalisent sur divers aspects de la vie quotidienne de la communauté : alimentation, déchets, énergie, éducation, jeunesse, économie, transports, eau, municipalité… Ces groupes ont leur propre façon de fonctionner. De manière générale, le déroulement d'une initiative de transition ne peut pas être contrôlé, car il dépend intrinsèquement des désirs, attitudes, façons de penser, de la communauté. Dans chaque groupe un membre est choisi, et l'ensemble de ces membres forme le nouveau groupe de pilotage, qui se réunit régulièrement pour faire le point. Le travail combiné des groupes doit permettre la rédaction d'un plan d'action de descente énergétique.

Rédiger un Plan d'action de descente énergétique

Le Plan d'action de descente énergétique (Pade) se base sur les travaux des différents groupes et organise les résultats en une vision unifiée à moyen terme (15 à 20 ans) ainsi que les étapes à effectuer à certaines dates pour y parvenir. Le Pade se base également sur un état des lieux des ressources de la commune (circuits de distributions, ressources naturelles, etc.) et prend en compte la politique actuelle mise en place. Le premier Pade a été rédigé à l'université de Kinsale, mais il a été le premier élément de l'initiative de transition de la ville, et non pas son achèvement.
Le Pade n'est pas une fin en soit. Une fois rédigé, il faut le mettre en œuvre et prendre en compte les retours d'application (difficulté imprévue, changement de contexte politique, social ou économique…). C'est à ce moment seulement que commence véritablement la transition de la communauté vers un futur plus résilient.

Exemples d’actions concrètes

Concrètement, ce sont des projets diversifiés qui participent aux différentes expériences de transitions en cours, qu'ils soient ou non à l'initiative du groupe de pilotage. Ces projets peuvent concerner des sujets aussi différents que les transports, l'éducation, la santé, l'énergie où l'alimentation. S'ils ne sont pas déjà présents dans la communauté, ces projets sont initiés par les différents groupes de travail, en association avec des partenaires légitimes ou qualifiés, lorsqu'ils existent.

Économie

L'action qui a eu le plus grand retentissement pour la transition de Totnes est la création d'une monnaie locale, le «Totnes Pound». Une telle monnaie a pour but de relocaliser les échanges économiques, et d'éviter la fuite de la richesse.
De nombreuses monnaies locales existent, ainsi 66 systèmes de monnaie locale existent ou sont en projet en Allemagne et en Angleterre. Il existe en Suisse, le système du WIR depuis 1930 (1 700 millions d'euros d'échanges en 2007) et les BerkShares dans le Vermont (États-Unis) depuis 2006 (1 million de billets en circulation). Ces actions sont encouragées par les acteurs locaux : élus, banquiers, et bien sûr entreprises et commerçants. Un système existe en France, le Sol (pour solidaire) à Grenoble.
Des monnaies locales «fictives» existent également dans les Systèmes d'échange local (Sel). Ces systèmes permettent l'échange de biens ou de services sans passer par une monnaie réelle, seul un système de points étant mis en place pour pouvoir quantifier la valeur des échanges.

Alimentation

L'alimentation occidentale est fortement dépendante des énergies fossiles, et une transition dans ce domaine est donc inéluctable. La résilience dans le domaine de l'alimentation passe par une relocalisation et des modifications de la production agricole.
Ainsi des projets pourront avoir comme objectif de développer des potagers ruraux ou urbains, individuels ou collectifs (jardins familiaux, jardins communautaires), la plantation d'arbres (avec par exemple le projet de plantation de noyers à Totnes), ou le partage de graines, pour augmenter les savoirs, les pratiques et l'auto-production au sein de la communauté.
Concernant les circuits d'alimentation, les projets visent à relocaliser la production et à raccourcir les circuits de distribution. C'est le cas avec la création de marchés de producteurs, d'Association pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap) ou de coopératives d'achat.
Les pratiques agricoles doivent également évoluer vers une agriculture plus respectueuse vis-à-vis de l'environnement et moins consommatrice d'hydrocarbures (pétrole pour les pesticides et la mécanisation, gaz naturel pour les engrais minéraux). Les projets pourront se tourner vers la mise en place d'une agriculture biologique ou biodynamique. La permaculture, dont les principes sous-tendent le mouvement des villes en transition, offre également des solutions pertinentes en matière agricole.

Transports

Dans le domaine des transports, comme pour l'énergie qui est liée, l'action la plus efficace est d’éviter de consommer ou détruire des ressources. Le second est de transporter ou se déplacer par des moyens qui préservent mieux la nature. Les transports sur rail offrent une très bonne efficacité énergétique. On aboutit donc à 2 types d'initiatives :

Énergie

La consommation d'énergie est essentiellement la conséquence de choix dans tous les autres domaines. Ainsi, une agriculture biologique, le choix des transports en commun, de produits locaux et de saison diminue l'empreinte énergétique au niveau local comme global.
Le scénario négaWatt propose une réduction de l'empreinte énergétique sur la période 2000-2050 suivant trois axes : sobriété, efficacité énergétique et utilisation d'énergies renouvelables.

Autres

Le mouvement francophone

Tout comme la permaculture, les villes en transition se développent principalement dans les pays anglophones (Angleterre, États-Unis, Australie…). Pour remédier au manque de visibilité des initiatives de transition dans le monde francophone, un groupe de discussion, Objectif Résilience, a été créé en avril 2008. Ce groupe coordonne notamment des traductions, comme celle du guide des initiatives de transition . En mars 2009, le site francophone des villes en transition a été lancé, dont le but est de fournir de l'information ainsi qu'un service aux initiatives francophones. En France, les villes en transition ont acquis une plus grande visibilité depuis la parution d'un article dans le numéro de février 2009 du journal S!lence et de la parution du livre Antimanuel d'écologie d'Yves Cochet, qui y consacre une demi-douzaine de pages.

Liste des initiatives francophones

Voici la liste de quelques initiatives francophones de transition.
Belgique 
France (pour la liste complète, voir ce site : http://www.transitionfrance.fr/
Suisse 
Québec 

Mouvements similaires ou proches

D'autres mouvements ont traité les mêmes problématiques que le mouvement des villes en transition, c'est le cas notamment de l'association Oil Depletion Analysis Centre  au Royaume-Uni et l'ONG Post Carbon Institute  aux États-Unis. Ces organismes ont rédigé des guides pour aider les municipalités à affronter le pic pétrolier, respectivement Preparing for Peak Oil  et Post Carbon Cities Guidebook .
Ces guides viennent en aide aux élus qui ont signé le Protocole de Rimini pour leur permettre de l'appliquer dans leur ville.
Lorsqu'une ville est déjà le siège de plusieurs associations environnementales, la difficulté est de travailler en partenariat avec ces initiatives, en leur faisant comprendre que l'initiative des villes en transition n'est pas en concurrence, mais peut servir de cadre plus général dans lequel l'expertise et la connaissance de ces associations ont toute leur place. Des associations comme Les Amis de la Terre, ATTAC ou des initiatives comme Slow Food ou le réseau Cocagne sont des partenaires privilégiés pour une initiative de transition.

Décroissance

Le mouvement de la décroissance (ou de l'après-développement) est en France celui qui pourrait se rapprocher le plus des initiatives de transition. Les points communs sont en effet nombreux : décroissance énergétique, relocalisation de l'économie, diminution de l'empreinte écologique, réappropriation des savoirs et des techniques, simplicité volontaire
Dans certaines villes, le mouvement pour la décroissance est à l'origine de nombre d'initiatives (association pour le maintien d'une agriculture paysanne, système d'échange local, groupes d'achats solidaires de l'agriculture paysanne, etc.) dans la droite ligne du concept des villes en transition.
Les différences entre la décroissance et l'initiative des villes en transition sont à peu près les mêmes qu'avec les autres mouvements, et se retrouve dans les principes évoqués précédemment. Premièrement, la décroissance ne développe pas une vision positive aussi poussée que celle des villes en transition et tient plus de l'utopie que de la vision pragmatique et subordonnée à un calendrier d'actions.
Les positions des mouvements décroissants vis-à-vis des instances politiques diffèrent également. En effet, soit les mouvements y sont intégrés (avec la création d'un parti pour la décroissance), soit ils se trouvent dans une position de confrontation (manifestations, désobéissance civile, position anarchiste, etc.). La décroissance ne possède également pas la philosophie permaculturelle sous-jacente dans les initiatives de transition, notamment la compréhension des écosystèmes naturels et leur transposition à des systèmes anthropiques.
Les villes en transition ne sont donc pas la transposition anglo-saxonne de la « décroissance française » mais ces différences ne masquent pas les profondes ressemblances de ces mouvements, appelés à collaborer.

Économie sociale et solidaire

Les solutions économiques et écologiques mises en place par le mouvement des villes en transition s'inscrivent dans la mouvance de l'économie sociale et solidaire, solutions alimentaires via les circuits courts et les AMAP, solutions énergétiques via les coopératives d'énergies renouvelables , la mise en place de monnaies complémentaires, la gestion des biens communs suivant les principes de solidarité, collaboration, coopération qui sous-tendent l'ESS.

Autres

  • La « transition énergétique » s'inscrit généralement dans une perspective d'économie circulaire et « écologiquement efficiente » (avec par exemple le recyclage complet des déchets, et l'usage d'écomatériaux) ;
  • La transition évoque souvent aussi une nouvelle forme du travail des métiers plus orientés vers l'utilité écologique et sociale et non sur la seule augmentation de la production ;
  • La « transition énergétique » appelle aussi une transition vers une économie de la fonctionnalité.
  • Elle s'insère plus largement dans la « transition écologique et sociale » que certaines collectivités intègrent peu à peu comme objectif et nouveau modèle de développement (La Région Nord-Pas-de-Calais dispose ainsi d'une Commission « Transformation écologique et sociale », présidée par Jean-François Caron, qui peut notamment appuyer une transition énergétique sur des scénarios alternatifs produit par « Virage énergie » avec comme enjeux « se préparer au pic pétrolier, se passer rapidement du nucléaire, lutter contre le dérèglement climatique ». La Région Île-de-France développe des actions de « conversion écologique ») ;
  • Jeremy Rifkin a théorisé dans les années 2000 le concept d'une 3ème révolution industrielle, bâtie sur 5 piliers qui nécessitent et permettent une transition énergétique, mais la voiture (électrique ou à hydrogène) reste un élément central de son système ;
  • Lester Brown propose une économie solaire (où l'énergie est d'origine photovoltaïque, éolienne, ou fournie par des moteurs à hydrogène, tout en développant le vélo…). Il propose un « plan B » (réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre) ; via un nouveau modèle énergétique et une taxe carbone à mettre en place entre 2010 et 2020, pour une « 3° transition énergétique » (la 1re étant le passage du bois au charbon du XIXe siècle, et la 2de le passage du charbon au pétrole au XXe siècle) ;
  • Serge Latouche va dans le même sens dans son traité de la décroissance sereine en proposant une a-croissance « solaire ».
  • La notion de transition a donné lieu en France à la création d'un « Collectif pour une transition citoyenne » s'appuyant sur une dizaine de mouvements citoyens actifs dans de nombreux secteurs d'activité (agriculture, finance, éducation, énergie, économie, bien-être social, insertion, démocratie, accompagnement du changement)
  • Un festival de la transition a été organisé en 2012 et 2013 à Cluny.

Critiques

Plusieurs critiques ont été émises à l'encontre du mouvement des initiatives de transition. Ces critiques ont donné lieu à des réponses de la part de Rob Hopkins.

Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_en_transition