vendredi 30 novembre 2012

Lilith


Selon la Kabbale juive, Lilith (en hébreu : לילית) est, en Éden, la première femme et la première compagne d’Adam, avant Ève.
Il s’agit peut-être du plus ancien mythe de révolte féminine.

Étymologie et origines

On peut retracer trois grandes origines au nom de Lilith.
  • La première origine est sumérienne : ki-sikil lil-là signifie « la jeune femme aérienne » (soit ki-sikil « la jeune femme » et lil-là « aérien ») parce qu'elle vivait dans un arbre.
  • La seconde origine, l'akkadien lil-itu, est un emprunt du sumérien lil « vent », et en particulier de NIN.LIL « Dame du vent », déesse du vent du Sud (et épouse d’Enlil), auquel est accolé le mot itud « lune ».
  • La troisième origine est hébraïque, mais ici, deux hypothèses coexistent.
    • laïla « la nuit »;
    • lou'a « la gueule ».
Ainsi, le mot hébreu לילית, Lilit, qui prend en akkadien la forme Lilītu, est un prénom féminin de racine proto-sémitique LYL « Nuit », qui signifie littéralement « la femme de la nuit » ou « démon ». Toutefois, sur des inscriptions cunéiformes, Lilit et Līlītu font référence à des esprits du vent apportant la maladie.


Représentation de la Déesse Inanna avec sa couronne de la steppe et ses attributs.

La première mention du personnage de Lilith remonte au mythe Nanne et l'arbre huluppu, relaté dans la tablette XII du mythe Gilgamesh, Enkidur et le Kur. Cette tablette, qui date de 2000 av. J.-C., a été retrouvée à Ur, cité mésopotamienne actuellement en Irak, dont serait originaire Abraham selon la tradition de la Torah, de l'Ancien Testament et du Coran. Son texte fut publié en 1930 par C.J. Gadd, du British Museum. C'est le premier texte retrouvé faisant état d'une ki-sikil (« jeune femme ») lil-là (« aérienne »), qui vivait dans un arbre (l'huluppu, assimilé au saule) sur les bords de l'Euphrate, arbre que la déesse Inanna sauva des eaux en le plantant dans son jardin sacré à Uruk. C'est l'assimilation de ce mythe par la culture sémitique qui donna lieu ensuite aux exploitations connues sous le nom de Lilith (notamment dans le Talmud de Babylone). Cette tablette n'attribue aucun caractère maléfique à cette ki-sikil lil-là. En effet, comme on a pu l'observer pour d'autres mythes, les sémites babyloniens et hébreux ont repris des éléments de la culture sumérienne pour leur faire subir une assimilation au cours de laquelle les noms ont subi des transformations et les personnages ont reçu des attributs nouveaux. C'est ainsi que ki-sikil lil-là devient Lilith (démon femelle) en hébreu, puis Lilitû ou Ardat Lili en babylonien. C'est au cours de cette appropriation que Lilith devient, dans le récit hébreu, la première femme avant Ève.
Considérée comme un démon dévorateur, elle est liée à une déesse mère. Démon dévorateur, déesse-serpent, déesse ailée (donc alliant les caractères chtonien et aérien), Lilith correspond pour Marija Gimbutas à la déesse mère dont on retrouve la trace depuis le paléolithique supérieur. On la retrouverait également dans la « déesse aux serpents » de la civilisation minoenne, mais également sous les traits d’Isis, la déesse ailée de l’Égypte ancienne. Elle aurait été reprise par la tradition juive aux temps de la captivité de Babylone. Aux temps bibliques, elle est une représentation symbolique du matriarcat préexistant au patriarcat.
[réf. nécessaire]
L'Ancien Testament fut rédigé entre -700 et 400, durant l'asservissement des Hébreux cananéens par les Babyloniens. C'est sous cette forme que le mythe de Lilith s'est transmis et développé pendant plus de 2 500 ans. Ce n'est qu'au XIXe siècle après J.-C. que Grotenfeld et les assyriologues et sumérologues ont mis au jour les emprunts mythologiques des peuplades sémitiques à la culture sumérienne. Le cas le plus célèbre de ce phénomène est le mythe du Déluge, histoire dont on sait maintenant qu'elle date de 3500 ans av. J.-C., bien avant que n'apparaisse la tribu des Hébreux, dont la première trace remonte à -1 200 sur les stèles de Mérenptah. C'est dans cette même optique que S. N. Kramer met en évidence dans son livre que sept poèmes sumériens parlant de Gilgamesh ont servi de trame à l'Épopée de Gilgamesh écrite 1 000 ans plus tard par les Babyloniens.
Les représentations de ce personnage sont très variables, et parfois contradictoires, selon les récits et les cultures : Lilith est parfois aérienne, parfois chtonienne, voire aquatique et dévoratrice. Dotée d’une sexualité illimitée et d’une fécondité prolifique, tout en étant symbole de frigidité et de stérilité, épouse, fille et double du diable, elle rassemble, dans la culture judéo-chrétienne, les côtés négatifs attribués à la féminité archaïque, celle qui ne peut être l’épouse de l’homme. Elle a connu de multiples avatars, jusqu’à la Lolita de Nabokov.

Histoire de Lilith selon les sources

Dans la Bible

Le livre de la Genèse propose deux récits de la création de la femme :
  • Dans le premier, l'homme et la femme sont créés sous l'appellation adam(a), qui signifie aussi « humanité » ou « terre » en hébreu (Gen. I, 27 : « Dieu créa l’Homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu, il les créa mâle et femelle »).
  • Dans le second, où elle trouve son nom d’Ève, la femme est conçue à partir d’une côte prise sur le corps d’Adam . Ce récit est visiblement plus ancien que le premier et proviendrait de la source yahwiste avant l'exil à Babylone (avant l'an -587).
Aussi, très tôt, les rabbins ont-ils tenté de résoudre la contradiction entre ces deux passages. Reprenant certaines légendes sémites, ces rabbins y ont vu la preuve de l’existence d’une « autre première femme ». Mais Lilith n'est pas nommée dans la Genèse. Le terme se trouve cependant dans différentes versions de la Bible comme la TOB, la Bible de Jérusalem, la Bible Darby et la Bible d’André Chouraqui pour désigner un « être nocturne ».
Dans les versions de la Bible où Lilith est nommée, le nombre d’occurrences dépend de la traduction. Là où certaines versions nomment expressément Lilith (ou Lilit), d'autres traduisent la même appellation par spectre de la nuit, onocentaure, chat-huant, hibou ou chouette.
Par exemple, dans le Livre d’Isaïe, chapitre XXXIV, verset 14, Lilith apparaît dans un contexte particulièrement sinistre, lors de la chute du royaume d’Edom, dans un désert de poix, parmi les ronces, les orties et les chardons.

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