vendredi 23 novembre 2012

A quoi bon travailler ?

Transferts sociaux locaux et retour à l'emploi

Denis Anne et Yannick L'Horty

À l'inverse des prestations sociales ayant un cadre national et légal, les transferts locaux et facultatifs demeurent mal connus. Pour pallier cette insuffisance, on a recensé, dans dix villes et pour six configurations familiales types, l'ensemble des prestations locales dont les conditions d'attribution sont explicites, à l'exclusion des aides sans barème précis et de celles réservées à certaines catégories (jeunes, personnes âgées, chômeurs, travailleurs handicapés). Pour un ménage sans revenu qui bénéficierait de la totalité des prestations auxquelles il a droit, ces transferts représentent, en moyenne, près d'un cinquième des ressources et ils accroissent de plus d'un quart celles qu'il tire des transferts nationaux. Les barèmes d'attribution de ces aides varient considérablement, suivant le type de prestation et la localité. Malgré ces fortes disparités, la priorité accordée à l'enfance est un trait commun à ces prestations locales : elles sont partout beaucoup plus élevées, et plus régulières, pour les ménages avec enfants. Très sensibles au premier enfant et moins au deuxième ou au troisième, elles amplifient l'effet des transferts nationaux en faveur des familles avec enfants. La mise en couple diminue donc le niveau de vie, l'arrivée d'un premier enfant l'augmente, celle des suivants n'exerce aucun effet sensible. Dans toutes les villes, ces prestations sont stables avec le revenu d'activité jusqu'au plafond du RMI, alors que les prestations nationales et légales sont très décroissantes. Au-delà du RMI, les prestations locales et extra-légales diminuent fortement avec des effets de seuil parfois brutaux alors que les prestations nationales deviennent moins décroissantes. Aussi les prestations locales augmentent-elles considérablement la durée du travail minimale pour que l'emploi apporte un gain monétaire à celui qui l'occupe : sur la base d'un emploi rémunéré au Smic, il faut, en moyenne, travailler 13 heures de plus chaque semaine ...

Source : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?id=992&reg_id=0


Analyse de l'économiste Jacques Marseille




Source : Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007, édition Perrin, pages 64-65

1 commentaire:

Je a dit…

Si on ramène les revenus sociaux décrits ci-dessus (aides nationales et locales) en nombre de parts (en termes fiscaux):

- un célibataire sans enfant (1 part) touche 25 heures de SMIC par semaine ;
- chaque personne d'un couple sans enfant (2 parts) touche 17 heures de SMIC par semaine ;
- une famille monoparentale avec un enfant (1,5 parts) touche près de 27 heures de SMIC par part (un peu plus de 40 heures sur le graphique);
- un couple avec un enfant (2,5 parts) reçoit entre 16 et 17 heures de SMIC à la semaine par part;
- un couple avec deux enfants (3 parts) 15 heures par part (presque 45 heures au total)
- un couple avec trois enfants (3,5 parts) moins de 12 heures de SMIC par semaine pour chaque part.

En conclusion : la situation le plus "attractive" est celle de la famille monoparentale !