lundi 22 novembre 2010

Gaël Grimaud


Réunionnais installé à Toulouse, Gaël Grimaud est l’un des meilleurs combattants de la décennie. Du judo, il est passé au MMA, l’une des disciplines les plus spectaculaires.

Aviez-vous besoin de toujours plus de violence pour passer du judo au MMA ?

Pas du tout. Les gens qui me connaissent sont d’ailleurs très surpris que je me sois lancé dans le combat libre parce que je suis quelqu’un d’assez calme et doux. J’ai effectivement un long parcours de judoka, depuis l’âge de 7 ans, mais vers 25 ans, j’ai eu envie de découvrir de nouvelles techniques. Je suis passé au jiu-jitsu fighting, décroché un titre de champion d’Europe, et j’ai alors suivi mon copain Christophe Daffreville, lui aussi issu du judo, et qui était passé directement au combat libre. Aujourd’hui, je vis pleinement ma passion : je suis prof diplômé de MMA, que j’enseigne dans trois clubs et je peux combattre.

Sauf que vous n’avez pas le droit de combattre en France...

En effet, les compétitions et la diffusion sont interdites en France. Seul l’entraînement est autorisé. En France, je combats en pancrace, une discipline où les frappes au sol sont interdites. Les combats de MMA, eux, ont lieu à l’étranger : j’ai combattu en Allemagne, à Kansas City, en Russie, en Hollande...

A première vue, c’est la violence poussée à son paroxysme, parfois même dans des cages, comme dans les temps anciens...

Il ne faut pas résumer la discipline aux combats que l’on voit à la télé. Ceux qui sont filmés sont les plus performants, les Formule 1 des sports de combat, des professionnels. Dans les galas plus petits, ceux auxquels je participe, on ne voit pas tout ce sang. Nous ne sommes pas des sauvages : tout est contrôlé, par des médecins, il y a des catégories de niveau. Contrairement aux idées reçues, le MMA ne fait pas plus mal que d’autres disciplines. En boxe thaï, les coups de coude, de genou, sont très durs. Et en boxe anglaise, vous passez douze rounds à viser la tête de l’adversaire, et à encaisser des coups. J’ai eu moins de blessures en combat libre que pendant ma carrière de judo. Quant aux cages, elles sont essentiellement là pour empêcher le public de monter sur le ring.
Comment expliquez-vous l’engouement réunionnais pour ces sports ?

Les Réunionnais ont du caractère, c’est indéniable. Mais il ne faut surtout pas assimiler le pratiquant à un cagnard. Au contraire : le sport de combat n’est pas un truc de cagnard, parce que le judo, la boxe ou le free-fight exigent de savoir ravaler sa fierté, encaisser les coups, être rigoureux, ponctuel, respectueux des règles, de l’adversaire et de l’arbitre.

Vous avez lancé une marque de vêtements, Coq Batay. Pourquoi ce nom ?

Parce que cette expression réunionnaise dit tout en deux mots : sois fier, largue pas rien... Nous avons créé ça avec Matthieu et Christophe Dafreville et le nom est venu comme une évidence, complètement réunionnais et immédiatement compréhensible par les autres. C’est un message valable bien au-delà du sport de combat : pour moi, un plombier qui se lève tôt le matin pour nourrir sa famille, c’est un coq batay, comme un maçon qui trime sous le soleil ou un gars qui se prend la tête dans un bureau. Ça veut dire “lâche pas l’affaire” mais n’oublie pas les règles du jeu.

1 commentaire:

Je a dit…

Un entretien qui débouche sur une publicité.
Gaël Grimaud fait la promotion de sa marque de vêtements avec la complicité du journaliste.