dimanche 20 septembre 2015

Paul Henri Thiry d'Holbach

Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach (en allemand : Paul Heinrich Dietrich von Holbach), né le à Edesheim et mort le à Paris, est un savant et philosophe matérialiste d’origine allemande et d’expression française.



Biographie


Château de Heeze, Kasteel Heeze te Heeze de 1733 détenue par François Adam d'Holbach. Paul Henri Thiry Holbach a hérité du château en 1750.
Issu d'une riche famille catholique, d'Holbach naît au n°4 de la Ludwigstrasse à Edesheim, ville du Palatinat, aujourd'hui en Rhénanie-Palatinat. Son père est Johann Jacob Dietrich (1672-1756), un viticulteur, et sa mère Catherine Jacobina Holbach (1684-1743). Le grand-père maternel, Johannes Jacobus Holbach († 1723) est teleonarius et civis, des princes-évêques de Spire, Henri-Hartard de Raville et Damien de Schönborn-Buchheim.
Il est confié à son oncle maternel François-Adam, baron d'Holbach, seigneur de Heeze, Leende et autres Lieux (v. 1675–1753) qui avait émigré à Paris en 1713 et travaillait comme courtier en valeurs mobilières. Après la mort de son oncle, Paul-Henri devient seigneur de Heeze, Leende et Zesgehuchten, dans le Brabant, et propriétaire du château de Heeze.
En 1744, il est inscrit en tant que Paulus Holbach Baro Palatinus à l'université de Leyde, où il étudie le droit et les sciences naturelles. Il revient à Paris en 1748, est naturalisé français et devient avocat au Parlement de Paris. Il réside d'abord dans la rue Saint-Nicaise, puis à partir de 1759 dans un palais à cinq étages au n° 8 de la rue Royale Saint-Roch (aujourd'hui la rue des Moulins).
Le vendredi 11 décembre 1750, il a épousé une fille de son cousin, Basile Geneviève Suzanne d'Aine (1728-1754) (cousin au second degré). Sa première femme est morte peu de temps après la naissance en 1754 de leur premier enfant, Nicolas Paul François (* 1753). Deux ans plus tard, il épousa grâce à une "dispense" du pape, la sœur de sa défunte épouse, Charlotte Suzanne d'Aine (1733-1814), avec qui il eut quatre enfants.
Il a eu notamment un fils: Charles-Marius (1757-1832) et deux filles: Amélie-Suzanne (* 13 janvier 1759) et Louise Pauline (19 décembre 1759-1830). D'Holbach a vécu dans sa propriété Le Château de Grand-Val (Sucy-en-Brie) et à Paris.

Château du Grand Val, façade sur le parc. En possession de Mme Suzanne d’Aine (belle-mère). Carte illustrée de 1907.
Il a fait quelques voyages avec Frédéric Melchior Grimm dans le sud de la France; le premier, après la mort de sa première femme en 1754, et l'autre, en 1765; Parmi ses autres voyages, il alla en Angleterre à plusieurs reprises et à Contrexéville dans les Vosges. Contrexéville était alors une région connue pour ses sources thermales.
Paul Henri Thiry d'Holbach a assisté aux cours de chimie et de démonstrations de Guillaume-François Rouelle de Jardin du Roi. Soit dit en passant, a ainsi fait Denis Diderot.
D'Holbach participe à l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert à partir de 1751 et rédige des articles traitant de métallurgie, géologie, médecine, de minéralogie et de chimie.
À partir de 1760, il commence à rédiger des ouvrages philosophiques, souvent sous un nom d’emprunt ou sous celui d’un mort (Jean-Baptiste Mirabaud, secrétaire perpétuel de l’Académie, abbé Bernier, Boulanger, etc.) pour éviter les ennuis avec le pouvoir, car ses écrits sont anticléricaux, antichrétiens et explicitement athées, matérialistes et fatalistes (c’est-à-dire qu’il pense que la nécessité est à la base des actions des hommes, comme elle est à la base du « mouvement » de la nature).
D'Holbach est l’un des premiers auteurs ouvertement athées (Jean Meslier fut sans doute son unique prédécesseur), sans concession à un déisme (Voltaire) ou un panthéisme. Il meurt à quelques mois de la prise de la Bastille, alors qu’il est un des acteurs du siècle des Lumières.
D’Holbach employait plusieurs personnes célèbres pour la rédaction de ses ouvrages. Certains de ses ouvrages ont été revus et corrigés par Diderot, c’est le cas du Système de la nature que Diderot annotera ensuite et complétera par un dernier chapitre intitulé Abrégé du code de la nature. Diderot écrit enfin un résumé complet, chapitre par chapitre, de l’ouvrage sous le nom de Le vrai sens du système de la nature (publié dans l’édition de 1820).
Savant reconnu, d'Holbach est membre des académie de Berlin (1752), de Mannheim (1766), de Saint-Pétersbourg (1780), entre autres. Franc-maçon, il était un invité régulier de la loge des Neuf Sœurs . Il se marie une première fois, sur l’insistance de ses amis, et devient veuf rapidement. Amoureux de sa belle-sœur Charlotte-Suzanne d'Aine (morte le 16 juin 1814 à quatre-vingt-un ans), il l’épouse, grâce à une "licence" obtenue de l’Église, moyennant finances. Ils eurent deux garçons et deux filles. L’aîné sera conseiller au parlement, le second capitaine de dragons. Une des filles s’est mariée avec le marquis de Chastenay et l’autre avec un comte de Nolivos.


Le lieu de sépulture de d'Holbach dans l'église Saint-Roch (Paris)

D'Holbach le salonnier

Il tenait table ouverte tous les jeudis et dimanches, ces dîners étaient très renommés, pour ses amis parmi lesquels Buffon, d’Alembert, J-J. Rousseau, Helvétius, Mercier, Naigeon (son éditeur), Marmontel, La Harpe, Marie-Thérèse Geoffrin, Louise d'Épinay, Sophie d'Houdetot et des étrangers tels Melchior Grimm, Adam Smith, David Hume, Laurence Sterne, Ferdinando Galiani, Cesare Beccaria, Joseph Priestley, Horace Walpole, Edward Gibbon, David Garrick (pour l’essentiel cités dans la rapide biographie du second éditeur du Système de la nature, édition publiée en 1820). Au cours des réceptions, des articles de l’Encyclopédie sont préparés et rédigés. D’Holbach lui-même en rédige 376.

Œuvre


Paul Henri Thiry d’Holbach.
D’Holbach place l’homme raisonnable au centre de tout et base sa philosophie sur la nature. Son but est de détacher la morale de tout principe religieux pour la déduire des seuls principes naturels. Dans sa synthèse, Système de la nature, il développe une position matérialiste, fataliste et surtout ouvertement athée, contre toute conception religieuse ou déiste.
La publication de son Système de la nature eut un énorme retentissement : le gouvernement le défère au Parlement qui condamne le livre, le 18 août 1770, à être brûlé au pied du grand escalier du palais. La Contagion sacrée est aussi brûlée, en même temps que quatre autres de ses ouvrages. De nombreux livres vont être ensuite publiés pour réfuter les thèses du Système de la nature :
  • Bergier : Examen du matérialisme, ou Réfutation du système de la nature, 1771
  • Denesle, M. : Préjugés des anciens et des nouveaux philosophes sur l’âme humaine, Paris, 1775
  • Castillon, de Berlin : Observations sur le système de la nature
  • Jean-Baptiste Duvoisin publie trois ouvrages en 1775, 1778 et 1780 pour réfuter, ainsi que Holland, Guillaume Rochefort (en 1771) ou Saint-Martin (en 1775).
  • Voltaire le critique de manière ambiguë. Il fait l’éloge du livre, en critique le style et fait deux articles de réfutation (Dieu et Style) dans son Dictionnaire philosophique sans contester le fatalisme.
Dans la bibliographie donnée dans l’édition de 1820 du Système de la nature, cinquante ouvrages lui sont attribués, avec, en plus, une participation à l’Histoire philosophique de l’Inde par l’abbé Raynal.
Parmi eux, outre les ouvrages philosophiques et de théologie critique, se trouvent des titres concernant la chimie (Traité du soufre), de physique, de métallurgie, de géologie (l’Art des mines et un essai sur l’Histoire naturelle des couches de la terre, traduits de Lehmann, 1759), mais aussi de politique et de droit (Principes de la législation universelle, Amsterdam, 1773).

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