jeudi 8 janvier 2026

Philosophie anarchiste, libertaire ou conseilliste - Trois définitions tirées de l'encyclopédie en ligne Wikipédia

 

Compte tenu de la réponse comparative insatisfaisante (à mes yeux) de la part du LLM ChatGPT , autant accéder directement aux textes eux-mêmes pour saisir les nuances entre ces trois termes : "anarchiste", "libertaire" ou "conseilliste".

Pour aller à l'essentiel, pour faire simple (à défaut d'approfondir ces trois philosophies), voici les définitions données par l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Cela permettra aux lecteurs eux-mêmes d'en saisir individuellement les nuances.

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 Anarchisme

L'anarchisme, ou idéologie libertaire, regroupe plusieurs courants de philosophie politique développés depuis le XIXe siècle sur un ensemble de théories et de pratiques anti-autoritaires fondées sur la démocratie directe et ayant la liberté individuelle comme valeur fondamentale.

L'anarchisme, à la différence de l'anomie, ne prône pas l'absence d'ordre ni de règles, mais milite pour que son élaboration émane directement des individus concernés et non d'élus, à travers des mécanismes comme l'initiative citoyenne, le référendum ou encore le tirage au sort. Lorsqu'une élection est nécessaire, les anarchistes prônent le mandat impératif révocable comme alternative au mandat représentatif.

Fondé sur la négation du principe de domination d'un individu ou d'un groupe d'individus dans l'organisation sociale, l'anarchisme a pour but de développer une société sans État et sans classes sociales. Ce courant prône ainsi la coopération dans une dynamique d'autogestion. Contre l'oppression, l'anarchisme propose une société fondée sur la solidarité comme solution aux antagonismes, la complémentarité de la liberté de chacun et celle de la collectivité, l'égalité des conditions de vie et l'autogestion des moyens de production (conseils ouvriers, coopératives, mutuelles). Il s'agit donc d'un mode politique qui cherche non pas à résoudre les différences opposant les membres constituants de la société mais à associer des forces autonomes et contradictoires.

Le terme libertaire est couramment utilisé comme synonyme d'anarchiste, particulièrement dans le monde francophone à la suite de l'adoption des lois scélérates en France qui criminalisent l'utilisation du terme « anarchiste ».

Un mouvement pluriel

L'anarchisme est un mouvement pluriel qui embrasse l'ensemble des secteurs de la vie et de la société. Initialement théorisé par des penseurs socialistes, il est habituellement classé à la gauche voire l'extrême gauche du spectre politique bien qu'il refuse par essence de s'inscrire dans le cadre de la démocratie représentative. Concept philosophique, c’est également « une idée pratique et matérielle, un mode d’être de la vie et des relations entre les êtres qui naît tout autant de la pratique que de la philosophie ; ou pour être plus précis qui naît toujours de la pratique, la philosophie n’étant elle-même qu’une pratique, importante mais parmi d’autres ».

En 1928, Sébastien Faure, dans La Synthèse anarchiste, définit trois grands courants qui cohabitent tout au long de l'histoire du mouvement : 

Depuis, de nouvelles sensibilités se sont affirmées, telles le féminisme libertaire, l'écologie sociale (et son application, le municipalisme libertaire), l'anarcho-transhumanisme

En 2007, l'historien Gaetano Manfredonia propose une relecture de ces courants sur la base de trois modèles. 

Pour Vivien Garcia dans L'Anarchisme aujourd'hui (2007), l'anarchisme « ne peut être conçu comme un monument théorique achevé. La réflexion anarchiste n'a rien du système. […] L'anarchisme se constitue comme une nébuleuse de pensées qui peuvent se renvoyer de façon contingente les unes aux autres plutôt que comme une doctrine close ».

Selon l'historien américain Paul Avrich : « Les anarchistes ont exercé et continuent d'exercer une grande influence. Leur internationalisme rigoureux et leur antimilitarisme, leurs expériences d'autogestion ouvrière, leur lutte pour la libération de la femme et pour l'émancipation sexuelle, leurs écoles et universités libres, leur aspiration écologique à un équilibre entre la ville et la campagne, entre l'homme et la nature, tout cela est d'une actualité criante ». L'anarchisme s'inscrit en outre dans l'histoire des mouvements sociaux et de l'art en mobilisant divers symboles

Sourcehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme

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Libertaire

Le terme libertaire désigne les personnes, courants, mouvements, structures et organisations qui prônent la liberté individuelle comme valeur fondamentale, et qui de ce fait rejettent toute forme d'autoritarisme politique dans l'organisation sociale ou la vie privée.

Dans un premier temps, libertaire était plus particulièrement un synonyme d'anarchiste, utilisé pour se référer à ce courant de philosophie politique développé depuis le XIXe siècle sur un ensemble de théories et de pratiques antiautoritaires et autogestionnaires, basées sur la démocratie directe. Joseph Déjacque crée ce néologisme en 1857 pour affirmer le caractère égalitaire et social de l'anarchisme naissant. Les anarchistes français s'y rallient à la suite de l'entrée en vigueur des lois scélérates.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les termes « anarchiste » et « libertaire » commencent à être utilisés différemment. « Anarchiste » désignant ceux qui veulent abolir l'État, le capitalisme et les religions, tandis que « libertaire » est utilisé plus largement dans les nouveaux mouvements sociaux, la contre-culture et les expériences militantes alternatives et anti-autoritaires. Cependant les deux sensibilités se réfèrent aux mêmes racines idéologiques.

Il est également souvent employé dans des contextes culturels et médiatiques pour désigner une attitude ou une posture individualiste, privilégiant la liberté personnelle et parfois déconnectée de toute dimension politique ou sociale concrète. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Libertaire 

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Conseillisme

Le communisme de conseils ou conseillisme est un courant du mouvement ouvrier révolutionnaire se réclamant du socialisme et/ou du marxisme (mais qui est opposé au courant « léniniste » du marxisme). L'objectif est la prise du pouvoir révolutionnaire par la classe prolétarienne à travers des conseils ouvriers (aussi nommés « conseils de travailleurs »). Cette idée est généralement l'objectif proclamé par le mouvement communiste, mais les conseillistes reprochent aux léninistes (marxistes-léninistes, staliniens, trotskistes, maoïstes...) d'être porteurs d'un « communisme de parti », dans lequel un parti d'avant-garde confisque le pouvoir au détriment de l'auto-organisation ouvrière (substitutisme).

Les conseils de travailleurs fonctionnent selon les principes de la démocratie directe. Ils peuvent rassembler l'ensemble des travailleurs dans des assemblées de base. Si ces conseils comportent des élus, alors ces assemblées sont mandatés via un mandat impératif, doivent rendre compte de leurs activités devant l'assemblée, et sont révocables à tout moment par l'assemblée. Ces conseils incarnent une forme de démocratie au sein de la sphère productive économique et politique, où les producteurs ont saisi les moyens de productions. Pour le communisme de conseils, ces conseils ouvriers révolutionnaires sont des moyens qui contribuent à mettre fin au mode de production capitaliste et qui contribuent aussi au dépérissement de l’État.

Parmi ses principales références historiques, on y trouve par exemple la Commune de Paris (1871), des idées du luxemburgisme en Allemagne, des idées de la gauche communiste germano-hollandaise, les conseils ouvriers (ou soviets) et paysans en Russie en 1905 et 1917 (et notamment les comités d'usines), la tentative de République alsacienne des conseils en 1918, l'expérience des conseils de travailleurs de Turin et en Italie du nord en 1919-1920 (Biennio rosso), les conseils de travailleurs lors de la révolution allemande en 1918-1919, la révolution sociale espagnole de 1936, les conseils en Hongrie en 1956, les formes de conseils de travailleurs durant le Printemps de Prague (1968) en Tchécoslovaquie, ou encore la révolte sociale de Mai 68 en France.

Parmi les théoriciens les plus connus du communisme de conseils, il y a des penseurs marxistes comme Anton Pannekoek, Karl Korsch, Herman Gorter, Otto Rhüle et Paul Mattick. En France, des personnalités comme le marxologue Maximilien Rubel, le théoricien Guy Debord, le résistant et militant marxiste Henri Simon et le philosophe Cornelius Castoriadis se sont également réclamés du communisme de conseils. Des anarchistes comme Gustav Landauer et Erich Mühsam, qui ont l'un et l'autre participé à la République des conseils de Bavière en 1919, se sont également déclarés partisans des conseils ouvriers.

La question de l'organisation révolutionnaire diffère selon les courants, mouvements et auteurs du communisme de conseils, certains étant soient plutôt fortement dans le spontanéisme ou alors d'autres plutôt « pro-parti » politique. Cependant, l'objectif reste le même : le rejet du parlementarisme et de l'électoralisme, la critique de la bureaucratie, et l'idée que la révolution socialiste doit être menée et coordonnée principalement par les conseils de travailleurs démocratiques. 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseillisme 

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