La proposition R-évoludroit de Valérie Bugault est surprenante en ce sens qu'elle s'inspire de modèles qui peuvent apparaître comme antagonistes puisqu'elle utilise :
- la démocratie directe ;
- l'élaboration des règlements des Groupements d'Intérêts (GI) par les membres eux-mêmes (c'est-à-dire l' "autonomie" au sens de Cornelius Castoriadis) ;
- le mandat impératif (avec possibilité de révoquer tous les élus qui ne respecteraient pas leur mandat) ;
- et la décentralisation du pouvoir (subsidiarité ascendante).
Autant d'éléments que l'on associe généralement à la démocratie authentique voire à l'anarchie (au sens moderne de Pierre-Joseph Proudhon).
Mais elle propose aussi des éléments empruntés à l'Ancien Régime (c'est-à-dire à la monarchie française d'avant la Révolution française)
- un "droit naturel" inspiré de saint Thomas d'Aquin ;
- un chef de l’État, arbitre et représentant national, qui n'est pas sans rappeler un "roi" élu ;
- un nombre de ministres limité à cinq ("faire le droit" = législatif ; "dire le droit" = judiciaire ; "défense policière et armée" = exécutif ; "fiscalité"/ajustement de la masse monétaire ; "langue française" = culture au sens étendu) qui ne sont pas sans rappeler les ministres du "Conseil du Roi" ;
- et les GI (groupements d'intérêts) et GGI (grands groupements d'intérêts) inspirés des corporations d'ancien régime.
Tout cela en rejetant le Parlement, la Constitution (chère à Étienne Chouard) et des penseurs comme Jean-Jacques Rousseau.
J'avoue que la conservation même d'un État avec son Chef de l’État heurte quelque peu ma sensibilité politique anarchiste et cela demande donc un approfondissement du sujet par la lecture détaillée de son livre ; notamment le rôle du ministre du "faire le droit".








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