samedi 24 janvier 2026

Des jeunes utilisent le maquillage comme arme contre la reconnaissance faciale

 

Dans plusieurs mouvements contestataires, des manifestants explorent le maquillage « anti-surveillance » pour échapper aux systèmes de reconnaissance faciale déployés par les autorités. Baptisé « CV Dazzle », ce style de maquillage abstrait, imaginé dès 2010 par l’artiste Adam Harvey pour perturber la vision des machines, connaît un regain d’intérêt parmi les militants urbains.

Récemment, des chercheurs de l’entreprise PeopleTec ont montré qu’une application subtile de maquillage — ciblant les zones clés du visage (arcs des sourcils, pont du nez, contours de la mâchoire) — suffit parfois à tromper les algorithmes sans recourir à des dessins extravagants ou visibles à l’œil nu. Cette approche contraste avec les techniques plus voyantes (CV Dazzle pur, maquillage Juggalo) qui attirent l’attention humaine et sont moins efficaces face aux modèles de reconnaissance modernes.
Mais le maquillage seul ne constitue pas une panacée. Les logiciels de reconnaissance actuels analysent de multiples indices — postures, vêtements, démarche — et peuvent compenser des masques faciaux partiels. Selon des experts, certains systèmes intègrent des couches invisibles (telles que l’analyse de l’image ou l’alpha transparency) pour identifier les visages même partiellement dissimulés.
Dans ce contexte, le Conseil de l’Europe appelle à une régulation stricte de la reconnaissance faciale afin de prévenir les atteintes aux droits humains : il suggère d’interdire certaines utilisations (notamment pour catégoriser les individus selon la couleur de peau ou l’âge) et d’encadrer les usages policiers du « live facial recognition » avec des critères de proportionnalité et de contrôle.
Ce recours ingénieux au maquillage met en lumière une forme de résistance numérique : quand les libertés publiques sous pression s’appuient sur l’inventivité technologique pour préserver l’anonymat dans l’espace public.
 

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