samedi 24 janvier 2026

Notre responsabilité: DONNER L'EXEMPLE de conversations constituantes

 La Constitution, c'est politique, ce n'est pas du droit ! Ne vous laissez pas intimider par les experts. Écrivons-la nous-mêmes dans un langage clair. Reprenons le contrôle de la création monétaire pour un avenir meilleur. Devenez constituant !


 

Des jeunes utilisent le maquillage comme arme contre la reconnaissance faciale

 

Dans plusieurs mouvements contestataires, des manifestants explorent le maquillage « anti-surveillance » pour échapper aux systèmes de reconnaissance faciale déployés par les autorités. Baptisé « CV Dazzle », ce style de maquillage abstrait, imaginé dès 2010 par l’artiste Adam Harvey pour perturber la vision des machines, connaît un regain d’intérêt parmi les militants urbains.

Récemment, des chercheurs de l’entreprise PeopleTec ont montré qu’une application subtile de maquillage — ciblant les zones clés du visage (arcs des sourcils, pont du nez, contours de la mâchoire) — suffit parfois à tromper les algorithmes sans recourir à des dessins extravagants ou visibles à l’œil nu. Cette approche contraste avec les techniques plus voyantes (CV Dazzle pur, maquillage Juggalo) qui attirent l’attention humaine et sont moins efficaces face aux modèles de reconnaissance modernes.
Mais le maquillage seul ne constitue pas une panacée. Les logiciels de reconnaissance actuels analysent de multiples indices — postures, vêtements, démarche — et peuvent compenser des masques faciaux partiels. Selon des experts, certains systèmes intègrent des couches invisibles (telles que l’analyse de l’image ou l’alpha transparency) pour identifier les visages même partiellement dissimulés.
Dans ce contexte, le Conseil de l’Europe appelle à une régulation stricte de la reconnaissance faciale afin de prévenir les atteintes aux droits humains : il suggère d’interdire certaines utilisations (notamment pour catégoriser les individus selon la couleur de peau ou l’âge) et d’encadrer les usages policiers du « live facial recognition » avec des critères de proportionnalité et de contrôle.
Ce recours ingénieux au maquillage met en lumière une forme de résistance numérique : quand les libertés publiques sous pression s’appuient sur l’inventivité technologique pour préserver l’anonymat dans l’espace public.
 

Un monde sans argent, ça donnerait quoi ? (Interview pour la chaîne "Un Meilleur Monde")

 

 

Source : https://rumble.com/v702ocs-un-monde-sans-argent-a-donnerait-quoi-interview-pour-la-chane-un-meilleur-m.html?e9s=src_v1_eh_us&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=ChloeFra

L'interview est aussi sur la chaîne "Une Meilleur Monde", ici : https://www.youtube.com/watch?v=i44VQj8sQSY

Les banques créent la monnaie d'une seule façon mais pour 3 usages particuliers. Au moyen d'un clavier d'ordinateur, qui permet de taper des chiffres dans le bilan de la banque (à gauche dans la colonne "Actif" et à droite dans la colonne "Passif") ... La monnaie (scripturale) est créée par les banques, toutes les banques, pour :
• Faire des crédits (qu'on appelle à tort des "prêts") aux "emprunteurs" (pour financer un appartement ou une voiture ou une maison ou une usine, ou autre)."
• Payer les salaires et les mega-bonus des banquiers qui font tout bien ce qu'on leur demande
• Spéculer en achetant des titres (dont de la dette d'Etat, ce qui s'appelle une obligation d'Etat, ou des bons du trésor, des reconnaissance de dettes aux particuliers, des actions, CDS, CDO, autres produits dérivés) et d'autres ACTIFS (immeubles, etc)

Les questions de Yann Yivinec :
- Qui es-tu ? Depuis quand réfléchis-tu à un monde sans argent basé sur le don ?
- Quel est ton parcours vis à vis de ce sujet ? Fais-tu partie d’une association, d’un mouvement ? As-tu écrit un livre ?
- Pourquoi changer de système économique et pourquoi une société sans argent ?
- Quels sont les facteurs qui te touchent le plus personnellement?( injustice, pauvreté, environnement,...)
- Comment vivent concrètement les gens dans la société que tu conçois:
- Comment s’organise la politique commune ? Y a-t-il des assemblées nationales ? Locales ?
- Comment s’organise l’accès aux logements ?
- Comment s’organise le travail ou la contribution au collectif ?
- Comment s’organise l'accès à la nourriture. Comment s’organise la production alimentaire?
- Comment s’organise l’éducation, la santé ? Les transports ?
- Comment s’organise la production des biens (vêtements, meubles, électroniques, …?
- Comment s’organise les loisirs ?Les vacances ?
- Comment y parvenir ? Comment conçois-tu la transition ?
- ...

Les métiers et les problèmes qui n'existeraient pas dans un monde sans argent :
• Les banque et leur contrôle sur le peuple et les États
• Le trading (spéculation) et les famines induites
• L'endettement des individus, qui induisent suicides et privation de liberté, des familles, des Etats (Grèce, CADTM), des pays du "Tiers monde" par FMI et Banque mondiale qui ne peuvent ainsi pas se développer et restent soumis à ceux qui possèdent et fabriquent la monnaie
• la corruption
• les meurtres pour de l'argent
• l'autocensure de peur de perdre son job et sa maison
• les suicides d'agriculteurs et d'autres professionnels qui sont endettés...
• ....

Source de mes réflexions sur le don :
Le jeu de la monnaie (origine : le jeu de la corbeille)
https://jeu-de-la-monnaie.org/

Alternatives à la monnaie nationale et supranationale :
• Les SEL (Système d'échange local), depuis 1994 en France
• La June, depuis mars 2017
• Les monnaies locales
• Application pour smartphone en cours d’élaboration : Équilibra
• SME : Système monétaire équilibré
• Don

Livres :
• Dette, 5000 ans d'histoire, David Graeber
• Les Secrets de la monnaie, Gérard Foucher
• Les secrets de Federal Reserve, Eustace Mullins
• Les confessions d'un assassin économique, John Perkins

Vidéos :
• Vidéo sur la création monétaire et l'histoire de la monnaie, avec Dieudonné et Chloé [13:39] :
https://chloeframmery.ch/la-creation-monetaire-avec-dieudo-archive-du-17-mai-2019
• Conférence du 27.06.19, avec François de Siebenthal, Gérard Faure et moi-même, sur la monnaie des banques :
https://vk.com/video531282202_456239623
• Gilets jaunes, Démocratie et Monnaie + BONUS à la fin !
https://youtu.be/KikKvFZJmgE
• Le système bancaire pour les nuls :
https://m.youtube.com/watch?v=MfsbbsUunng
• Mini Show (de Gérard Foucher) "A nos amis banquiers" :
https://youtu.be/XD6ysTuT7gc
• Le pouvoir des banques (sur le Média pour tous) :
https://lemediapourtous.fr/le-pouvoir-des-banques

Pour aller plus loin :
• Pour créer une entreprise qui s'appelle "banque" en Suisse, il faut un capital de départ de 10 millions CHF puis la création monétaire ex nihilo se pratique à l'infini, avec pour "restrictions" fictives le ratio de liquidité des accords de Bâle III et les 2,5% de réserve fractionnaire (pour l'UE c'est 1% et pour les pays anglo-saxons c'est 0%), contournables par simples jeux d'écriture.
• Ordonnance fédérale sur les banques (voir Art. 4) :
https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1972/821_832_752/fr
• Création monétaire ex nihilo :
http://gerardfoucher.com/wp-content/uploads/2018/02/Creation_Monetaire_Banques_Commerciales_Les_Preuves_V8.4.pdf
• Système de réserves fractionnaires :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Système_de_réserves_fractionnaires
• Taux de réserves fractionnaires par pays :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Réserves_obligatoires_par_pays
• Accords de Bâle III (non contraignants, juste indicatifs) :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2le_III

Le Capitalisme :
• Voir le documentaire en 6 épisodes de 52 minutes, réalisé par Ilan Ziv • Écrit par Bruno Nahon, Ilan Ziv
France • 2014
https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/63959_0
• Le Capitalisme existe peu ou prou depuis l'invasion de l'Amérique par les européens (1492), a donc existé depuis 600 ans (sur 300 000 ans -homo sapiens, homme moderne), représente 2%o (pour mille) de l'histoire de l'humanité, soit 0,2% ou 1/5 page de livre de 100 pages (7 lignes sur 37 lignes).
La monnaie, c'est 2500 ans, soit moins de 1% de l'histoire de l'humanité.
• Le 1er bipède retrouvé date de 7 millions d'années
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Touma%C3%AF
• Le squelette de Lucy (australopithèque) date de 3,18 millions d'années
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Lucy_(australopith%C3%A8que)

Sites œuvrant pour la gratuité :
• Mouvement Civilisation sans argent : https://mouvement-csa.org
• MOCICA, le grand projet : https://mocica.org
• Pour rejoindre le groupe Facebook " Un Monde Gratuit " : https://www.facebook.com/groups/unmondegratuit/

La chanson de Yann Yvinec sur un monde sans argent : https://youtu.be/0snxQv_Frso

Le pouvoir de dire NON ! Commencer avec la révolution d’une personne (Ammon Hennacy)

 

La révolution d’une personne

Ammon Hennacy

Mouvement Travailleur Catholique

1954

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Septembre 2025

NdT : ce passage est tiré de “L’autobiographie d’un anarchiste catholique” de Ammon Hennacy, 1954. L’auteur a rejoint le mouvement Catholic Worker / Travailleur Catholique fondé en 1933 par Dorothy Day et Peter Maurin, en tant qu’anarchiste chrétien revendiqué. L’ensemble du mouvement travailleur Catholique, s’il tire ses principes fondamentaux des évangiles et de son interprétation radicale (racine) synthétisée dans “Le sermon sur la montagne” de Jésus reproduit dans les 4 évangiles (Matthieu, Marc, Jean et Luc), il est aussi très inspiré des principes anarchistes tels qu’énoncés par Pierre Kropotkine dans ses deux ouvrages référence du mouvement : “L‘entraide, facteur de l’évolution” et “Champs, usines et ateliers” (voir en dessous de l’article).

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Pourquoi vous, personne sensible, croyez maintenant que la guerre et la bombe atomique soient nécessaires?

Pourquoi les pauvres paysans de l’Est, qui ont rarement mangé à leur faim de leurs vies, ont-ils choisi de se battre contre nous ? Pourquoi le communisme attire t’il tant de personnes ? Est-ce parce que nous avons échoué en tant que chrétiens ?

Pourquoi sommes-nous dans cette panade ? Parce que nous avons recherché la sécurité en dehors de nous-mêmes au lieu d’accepter la responsabilité. Parce que nous avons laissé les affaires aux mains de politiciens, accepté leurs retraites, pensions et subsides corrupteurs et les promesses impossibles à tenir de prospérité.

Ma faute : pendant sept ans j’ai refusé de payer un impôt sur le revenu pour les guerres et les bombes. Je jeûne depuis cinq jours en pénitence de n’avoir pas su éveiller plus de monde sur le fait que la voie de Jésus et de Gandhi n’est pas celle de la bombe atomique. Cette guerre, comme les deux dernières, n’amènera ni paix ni liberté.

Que pouvons-nous faire maintenant ? Nous avons fait une révolution contre l’Angleterre (NdT : 1776 en Amérique) et nous ne sommes toujours pas libres. Les Russes ont fait une révolution contre le Tsar et ont maintenant une dictature encore plus forte. Il n’est pas trop tard pour faire une révolution qui veuille dire quelque chose, une qui durera ; votre révolution d’une seule personne. Il n’est pas trop tard pour être un être humain au lieu d’un être inexistant aveuglé par l’amour de l’argent.

Êtes-vous un producteur ou un parasite ? Pourquoi ne pas arrêter de voter pour tous ces politiciens ? Pourquoi ne pas REFUSER DE FABRIQUER TOUTES CES MUNITIONS POUR CES GUERRES ? Refuser d’aller à la guerre ?

Pourquoi payer des impôts pour votre propre destruction ?

= = =

Voir notre page Pierre Kropotkine

Anarchisme et christianisme sur Résistance 71

Anarchisme et Islam sur Résistance 71

Anarchisme et taoïsme sur Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

lundi 12 janvier 2026

Pierre-Joseph Proudhon. Le père de l'anarchisme

 

« Homme terreur », « le plus détesté de son siècle », les qualificatifs ne manquent pas pour peindre cet autodidacte à la pensée révolutionnaire. Proudhon milite en faveur de l’émancipation économique du peuple, et ses prises de position radicales lui valent la prison. Itinéraire d’un « enfant terrible du socialisme ».

« Eh bien ! Vous êtes démocrate ? – Non. – Quoi ! Vous seriez monarchique ? – Non (…) – Qu’êtes-vous donc ? – Je suis anarchiste. » Celui qui se présente de la sorte n’est pas un apôtre du chaos, mais un franc-tireur qui entend démolir pour mieux reconstruire. Qualifié d’« enfant terrible du socialisme », placardé « l’homme le plus détesté de son siècle », Proudhon est un critique impavide de l’inégalité et de l’autorité sous toutes ses formes. Paradoxal, à la fois subversif et conservateur, il cherche à bâtir un ordre politique, économique et social dont le leitmotiv est « Liberté, partout et toujours » : l’anarchie.

« J’eus le rare avantage, si c’en est un, de naître peuple […] de rester peuple. » Né le 15 janvier 1809 à Besançon, d’un père brasseur et d’une mère cuisinière, Pierre-Joseph Proudhon est l’un des rares socialistes d’origine plébéienne. De cette existence crottée de bouvier, il puise l’essence de sa pensée : « Tout ce que je sais, je le dois au désespoir. » Grâce à une bourse, il intègre à 10 ans le collège royal de Besançon, qu’il est contraint de quitter faute d’argent. L’autodidacte devient alors typographe, l’occasion de perfectionner son grec, son latin et son hébreu. Pendant une période de chômage, il fait un tour de France : de Paris à Toulon, le pays, régi par la monarchie de Juillet, est frappé d’inégalités économiques qui le révulsent autant qu’elles le confirment dans ses lectures de Fourier, Hegel et Smith. À 28 ans, il décroche son baccalauréat doté d’une bourse de l’Académie de Besançon. En trois mémoires, l’étudiant balaye les théories légitimant la propriété comme « droit absolu » et conclut à l’immoralité de cette « fiction légale ». « Je fais un ouvrage diabolique et qui m’effraie moi-même, j’en sortirai brillant comme un ange ou brûlé comme un diable. Priez pour moi », supplie-t-il. Son brûlot enflamme sa réputation : en 1840, Qu’est-ce que la propriété ? en fait le héraut du socialisme. Dénonçant le propriétaire qui rémunère l’ouvrier sans lui restituer le tribut de la « force collective », il crie au vol ! L’Académie maudit son philosophe, à l’heure où le gouvernement de Guizot, avec son slogan « Enrichissez-vous ! », célèbre un libéralisme économique outrancier. Seul Marx le défend, célébrant sa « science de l’économie » (La Sainte Famille, 1845).

Les deux hommes se sont d’ailleurs rencontrés à Paris, à l’été 1844. Marx, alors inconnu, souhaite devenir l’interlocuteur épistolaire de Proudhon pour enfin réaliser la « Sainte-Alliance » entre l’idéalisme à l’allemande et le socialisme à la française. Mais parole d’anarchiste, jamais Proudhon ne se fera « prophète d’une nouvelle religion ». Dès 1846, le clash des ego éclate : à la Philosophie de la misère de Proudhon, Marx riposte par Misère de la philosophie. Il qualifie l’anarchiste de « passéiste », de « petit-bourgeois ballotté constamment entre Capital et Travail ». Or, loin d’annoncer le Grand Soir, le Franc-Comtois élabore une « dialectique des antinomies » qui ne prétend pas résoudre les antagonismes de la société ; il s’agit pour lui de créer un « équilibre » entre le libéralisme et le communisme, accusé de « sacrifier l’individu sur l’autel de la communauté ». Contrairement à la pensée « dogmatique » de Marx, l’anti-autoritarisme de Proudhon séduit le libertaire russe Bakounine, qui le reconnaît comme le père véritable de l’anarchisme. À Lyon, Proudhon, devenu batelier, gravite autour de la galaxie socialiste avec, entre autres, Leroux, Cabet et Lamartine. Il forge son économie politique et fonde en 1849 une « Banque du peuple », à taux d’intérêt gratuit, qui périclite rapidement faute de crédits. Elle reste « sa plus glorieuse campagne ». En revanche, de compagne, le vieux garçon de 38 ans n’en a pas, jusqu’à ce que la mort de sa mère ne le résolve à… la remplacer ! Sans plus attendre, il demande en mariage Euphrasie Piégard, une inconnue croisée dans la rue, ouvrière de son état. Pendant deux ans, il la laisse sans nouvelles, « l’amour de la justice ne [pouvant] souffrir celui d’une femme ».

[...] Cet article est réservé aux abonnés
Source : https://www.philomag.com/articles/pierre-joseph-proudhon-le-pere-de-lanarchisme

Inspirations antagonistes ?


 

La proposition R-évoludroit de Valérie Bugault est surprenante en ce sens qu'elle s'inspire de modèles qui peuvent apparaître comme antagonistes puisqu'elle utilise : 

  • la démocratie directe ;
  • l'élaboration des règlements des Groupements d'Intérêts (GI) par les membres eux-mêmes (c'est-à-dire l' "autonomie" au sens de Cornelius Castoriadis) ;
  • le mandat impératif (avec possibilité de révoquer tous les élus qui ne respecteraient pas leur mandat) ;
  • et la décentralisation du pouvoir (subsidiarité ascendante).

Autant d'éléments que l'on associe généralement à la démocratie authentique voire à l'anarchie (au sens moderne de Pierre-Joseph Proudhon).

Mais elle propose aussi des éléments empruntés à l'Ancien Régime (c'est-à-dire à la monarchie française d'avant la Révolution française) 

  • un "droit naturel" inspiré de saint Thomas d'Aquin ;
  • un chef de l’État, arbitre et représentant national, qui n'est pas sans rappeler un "roi" élu ;
  • un nombre de ministres limité à cinq ("faire le droit" = législatif ; "dire le droit" = judiciaire ; "défense policière et armée" = exécutif ; "fiscalité"/ajustement de la masse monétaire ; "langue française" = culture au sens étendu) qui ne sont pas sans rappeler les ministres du "Conseil du Roi" ;
  • et les GI (groupements d'intérêts) et GGI (grands groupements d'intérêts) inspirés des corporations d'ancien régime.

Tout cela en rejetant le Parlement, la Constitution (chère à Étienne Chouard) et des penseurs comme Jean-Jacques Rousseau. 

J'avoue que la conservation même d'un État avec son Chef de l’État heurte quelque peu ma sensibilité politique anarchiste et cela demande donc un approfondissement du sujet par la lecture détaillée de son livre ; notamment le rôle du ministre du "faire le droit".  

 https://valeriebugault.fr/wp-content/uploads/2025/07/97823760407811.jpg

dimanche 11 janvier 2026

Stéphane Laborde et la Théorie Relative de la Monnaie

La TRM - Théorie Relative de la Monnaie

Une monnaie libre est une application rigoureuse de la Théorie Relative de la Monnaie, écrite en 2010 et complétée en 2014 par Stéphane Laborde.

 

4 libertés fondamentales

Stéphane Laborde pose 4 libertés économiques en tant qu'axiomes de la TRM.

  1. Liberté de choisir sa monnaie, son système monétaire.
  2. Liberté d’accéder aux ressources.
  3. La liberté de produire toute valeur économique.
  4. La liberté d’échanger, donc estimer, comptabiliser et afficher ces valeurs, “dans la monnaie”.

Ces libertés s'entendent - très important - au sens de la non-nuisance. La nature de cette liberté est développée par John Locke, conditionnée par la non-nuisance à soi-même et à autrui. S'il y a nuisance, il y a privation de liberté.

Remarquez que si vous trouvez qu'actuellement vous êtes privés d'une ou plusieurs de ces libertés, ou que vous vivez une nuisance sur l'un de ces points, c'est que vous ne faites pas l'expérience d'une économie libre.

Renouvellement des générations

Les humains du passé n'existent plus, les humains du futur n'existe pas encore
 

Un humain du passé n'existe plus, un humain du futur n'existe pas encore. Thomas Paine disait qu'il n'y avait pas plus éloignés que ces deux individus.

Les vivants qui arrivent en fin de vie (ev≈80ans), ont pu échanger avec des humains du passé (en rouge), mais n'échangeront jamais avec les humains du futur.
Les humains en début de vie n'ont jamais échangé avec les humains du passé, mais échangeront un jour avec les humains du futur (en jaune).
Seul les humains vivants (en vert) peuvent faire des échanges entre eux, il n'y a pas de raison que leurs échanges influent sur les générations futures, ni qu'ils soient impactés par les échanges des générations passées.

Égalité spatio-temporelle

Pour respecter les 4 libertés, il faut que chaque humain crée la même part de monnaie (la même portion).
Chaque génération crée la monnaie qu'elle utilise sans que cette monnaie ait un impact sur les générations futures.

Le flux monétaire doit suivre le flux de la vie humaine, individuellement et collectivement. Pour y parvenir, la croissance monétaire (création de nouvelle monnaie) est une simple fonction logarithmique de l'espérance de vie.

La formule

DU=c(M/N)
La part que chaque être humain crée (DU) est une portion, un coefficient (c) de la moyenne de la masse monétaire par membre (M/N).
Ce coefficient c, avec la fonction logarithmique sur l'espérance de vie, est proche de 10% par an. Elle ne privilégie pas les plus jeunes, ni les plus âgés.

Remarquez qu'une espérance de vie à 70 ans ou à 90 ans ne fait varier que très peu ce taux de croissance ; il faudrait une espérance de vie de 30 ans ou de 120 ans pour avoir une différence significative.

NOTA : le DU doit donc être réévalué régulièrement. Les développeurs de la Ğ1 ont décidé de le faire 2 fois par an, aux équinoxes. Et pour obtenir une meilleure symétrie au long d'une vie humaine, le calcul logarithmique du taux de croissance se fait sur une demi espérance de vie, soit 40 ans. Ce sont les choix humains qui ont été faits avec Stéphane Laborde pour la première monnaie libre, une autre monnaie libre pourrait en choisir d'autres.

Convergence des comptes

Chaque créateur créant la même quantité de monnaie, leurs comptes se rapprochent relativement. Un peu comme une différence d'âge qui devient de moins en moins sensible avec le temps.

Plus d'informations

La TRM.

Pour en savoir plus vous pouvez lire la Théorie Relative de la Monnaie. Ce livre écrit par Stéphane Laborde est disponible en ligne : http://trm.creationmonetaire.info/

La TRM en détail.

Emmanuel Bultot, docteur en mathématiques, a publié « la TRM en détail », une revisite de la Théorie Relative de la Monnaie depuis un nouveau point de vue, très bien réalisée et vivement recommandée.

La TRM pour les enfants.

David Chazalviel, ingénieur informatique, a réalisé « la TRM pour les enfants » une explication de la TRM interactive plus facile à comprendre.

En vidéo

Une vidéo explicative de la TRM en 1 h 15.

Source de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=PdSEpQ8ZtY4

La Ğ1

La Ğ1 (la "June") est la première MONNAIE LIBRE de l'histoire de l'humanité.
Conformément à la Théorie Relative de la Monnaie (TRM), elle est cocréée sans dette, et à parts égales, entre tous les êtres humains de toutes les générations présentes et à venir, sous la forme d'un "paquet" de monnaie, une quantité de Ğ1 (une quantité de "junes"), appelée DIVIDENDE UNIVERSEL (DU).

Oui c'est déjà écrit sur d'autres pages, mais nous aimons bien le redire ;-).

Les enfants sont des êtres humains à part entière, ils peuvent participer à la création monétaire en créant tous les jours leur part de monnaie ! Ces comptes créateurs sont dans les mains de leurs parents, cela pose donc des questions de société (les parents vont-ils utiliser cette création monétaire à leur guise ? ce compte créateur va-t-il servir à certifier d'autres comptes ?...), mais pas des questions de création monétaire.

Le DUğ1

Pour la monnaie libre Ğ1 le DU est calculé tous les semestres (182.625 jours) le coefficient est donc de 4,88% par semestre, et il est réparti sur tous les jours.
Tous les jours, chaque cocréateur crée une petite portion de Dividende Universel.
La masse monétaire de départ étant à zéro, le premier DU a été fixé arbitrairement à 10 Ğ1 par jour, et depuis il augmente.

La formule adaptée

La formule de calcul du DUğ1 est : DUt+1 = DUt + (c2 × (M/N)t / 182.625)
Ce calcul est fait tous les six mois (182,625 jours) il tient compte de l'évolution du nombre de membres pendant la phase d'installation de la monnaie.

La blockchain

La technologie blockchain a été choisie pour sa simplicité de mise en place, sa sécurisation et sa décentralisation.
Contrairement aux idées reçues ce n'est pas la blockchain qui consomme de l'énergie, mais la preuve de travail.
Pour la Ğ1 l'algorithme a été conçu pour consommer vraiment très peu d'énergie, un ordinateur de la taille d'un paquet de cigarette suffit pour calculer les blocs, bien loin des immenses fermes à bitcoin.

La toile de confiance

La monnaie étant créée sur les comptes des utilisateurs membres, il faut s'assurer que chacun ne possède qu'un seul compte créateur de monnaie.

Pour respecter la décentralisation et ne donner le pouvoir à aucun organisme, ce sont les membres eux-mêmes qui identifient les autres membres

Le livre

Le livre est disponible en vente en ligne, mais également librement sur le site http://trm.creationmonetaire.info/ Ou en PDF sur https://www.econologie.com/fichiers/partager3/1319653067F3tO5k.pdf

Des conventions de Citoyens pour la démocratie (par Jacques Testart)

 
Voici un des textes proposés en lecture par Etienne Chouard sur son site Plan C , texte signé par Jacques Testart, chercheur à l'I.N.S.E.R.M. (Procréation naturelle et artificielle dans l'espèce humaine) et auteur, entre autres, de L'humanitude au pouvoir. Comment les citoyens peuvent décider du bien commun, ed. du Seuil, 2015.
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MiniatureLa participation ne doit pas se réduire à l’information des citoyens. Il faut que des “gens ordinaires” soient complètement informés des enjeux des projets techniques, scientifiques, d’aménagement et d’innovation afin d’élaborer des avis indépendants des intérêts particuliers.

Une méthodologie pour des “conventions de citoyens” est proposée par la Fondation Sciences Citoyennes, en tant que projet législatif. Partant d’expériences conduites dans différents pays, cette démarche se déroule en plusieurs phases : organisation d’un comité de pilotage pluraliste comprenant des spécialistes de la question posée, choix d’un panel de citoyens, formation de ceux-ci, débats, et production d’avis à l’usage des décideurs.

La participation ne se réduit pas à l’information

La participation ne se réduit pas à l’information ou même à la concertation car le citoyen doit être un acteur, pas un spectateur, et il ne suffit pas que le public “participe à un débat” pour prétendre qu’il choisit son avenir alors qu’il n’a pas réellement participé à la décision. De véritables leurres démocratiques sont souvent agités par le pouvoir politique pour résoudre les contradictions entre les projets qu’il veut imposer et les choix de la société, particulièrement à propos d’innovations technologiques. Ainsi, que ce soit pour la culture de plantes transgéniques, le tracé d’une autoroute, l’implantation d’un incinérateur, l’escamotage des déchets nucléaires, la dissémination de produits potentiellement dangereux, le pouvoir local ou national promet “d’informer” le public et de le “consulter”. Ces démarches, outre le fait qu’elles interviennent presque toujours alors que les décisions ont déjà été prises, ont peu à voir avec une participation effective. Elles utilisent les arguments d’autorité des “experts” officiels et ignorent les divergences entre savoirs technoscientifiques comme la pluralité des analyses provenant de savoirs non techniques. De plus, les élus de bonne foi restent incomplètement informés tant leurs compétences sont débordées par les avancées rapides de la techno science et ils ne peuvent alors que faire écho aux arguments portés par des groupes d’intérêt puissants, c’est-à-dire presque toujours pencher du côté de l’acceptation de l’innovation.

Tenir compte des points de vue des simples citoyens

C’est pourquoi, dès que des controverses éclatent sur l’intérêt et les conséquences d’une technologie, ce qui est de plus en plus fréquent, les autorités devraient collecter et discuter les points de vue des simples citoyens, au-delà du cercle des experts statutaires. Bien sûr, pour qu’il soit argumenté, l’avis des citoyens doit se nourrir des informations les plus complètes possibles. C’est pourquoi il faut définir une méthodologie permettant de recueillir les avis de citoyens “naïfs” (non spécifiquement impliqués dans la controverse) mais bien éclairés grâce à des informations complètes et contradictoires. Les bases pour une telle procédure ont été proposées, il y a 20 ans, par le Danemark sous l’appellation “conférence de citoyens” (CdC), mais, malgré plusieurs dizaines de CdC recensées dans de nombreux pays, la méthodologie reste empirique et sujette à de larges variations au point que l’on confond souvent les diverses procédures disponibles, par exemple en assimilant conférence de citoyens à conférence de consensus 1. Or, la crédibilité des CdC exige que des règles claires en garantissent l’objectivité et la pertinence. C’est seulement à ce prix qu’on pourrait obtenir des responsables politiques qu’ils prennent en compte les résultats des CdC au moment de faire les lois et règlements.

Conventions de citoyens : un projet de loi

A l’initiative de la Fondation Sciences Citoyennes (FSC), une méthodologie précise a été élaborée pour que des gens ordinaires puissent fournir des avis éclairés, permettant aux élus d’apprécier complètement une innovation avant d’en promouvoir l’usage. Nous avons d’abord analysé des expériences internationales de CdC, puis nous avons défini des conditions pour que des profanes élaborent librement une position bien informée et représentative de l’intérêt commun. C’est pour rompre avec l’ambiguïté de procédures variées s’autoproclamant “conférence de citoyens” que nous avons adopté la dénomination “convention de citoyens”, pour laquelle nous proposons aujourd’hui un projet législatif 2. Selon ce projet de loi (fortement résumé ici) la sélection d’une quinzaine de citoyens, profanes par rapport au sujet en délibération et dénués de conflit d’intérêts, est effectuée au hasard mais en assurant une grande diversité (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région d’origine, sensibilité politique,…). La conférence de citoyens combine une formation préalable (où les citoyens étudient) avec une intervention active (où les citoyens interrogent) et un positionnement collectif (où les citoyens discutent en interne puis avisent). Le prix à payer pour cet exercice démocratique est de le limiter à un petit nombre de personnes plutôt que de consulter la population entière. Le panel de citoyens est composé de personnes volontaires, mais après tirage au sort sur les listes électorales, afin d’éviter la présence de porteurs d’intérêts ou de convictions déjà acquises. Si ces porteurs d’intérêts sont absents du panel citoyen de la CdC, par souci d’approcher l’intérêt commun, ils peuvent y intervenir comme experts, ce qui est légitime et nécessaire. En effet, l’intérêt commun n’est pas la moyenne des intérêts particuliers capables de se faire entendre.

Plusieurs phases dans la démarche

Pour assurer le respect de la procédure, un comité d’organisation (dans notre proposition il serait placé, soit au Conseil Economique et Social, soit au Parlement) lance un appel d’offres pour l’organisation matérielle de la Convention, nomme le comité de pilotage, et recueille des cahiers d’acteurs présentés par toute personne physique ou morale souhaitant témoigner ou argumenter une position. Le comité de pilotage comprend des spécialistes de la question posée représentant le pluralisme des opinions sur cette question. C’est par consensus qu’il établit le programme de formation des citoyens, sélectionne les cahiers d’acteurs, et distribue une documentation comprenant les positions contradictoires dans cette controverse. La première session de formation présente aux citoyens les connaissances disponibles, de la façon la plus neutre possible. Puis, une seconde session présente la question en termes d’enjeux contradictoires. Un facilitateur, psychosociologue engagé par le comité qui est le seul interlocuteur permanent du groupe, assure le lien entre les citoyens et le comité de pilotage, sans intervenir dans l’objet du débat. Après cette formation, les citoyens dirigeront une réunion publique afin de compléter leur savoir (ils décident alors eux-mêmes des questions à traiter et des personnes à interroger). Immédiatement après, ils délibèrent pour établir leurs recommandations, soit par consensus, soit en rédigeant des opinions dissidentes. Toute la procédure doit être filmée, à l’exception des moments de délibération, et les films sont accessibles au public. De plus, toute convention de citoyens fait l’objet d’une évaluation par deux experts désignés par le comité d’organisation. L’objectivité de la procédure est ainsi recherchée à la fois par le tirage au sort du panel, par une formation assurée hors de toute influence (anonymat des citoyens) et par le consensus obtenu sur le programme de formation, lequel est pourtant établi au sein d’un comité de pilotage riche d’opinions diverses.

La CdC apparaît aujourd’hui, et après de nombreuses expériences mondiales, capable de produire des avis précieux à l’usage des décideurs mais aussi des autres citoyens. En effet, quelle position plus crédible pour tout un chacun dans le doute que les analyses produites par quelques uns qui sont absolument ses semblables et autant que lui hors des conflits d’intérêts ? Et quelle meilleure garantie contre l’enkystement dans la fonction qu’un panel de citoyens renouvelé pour chaque consultation ? Les observateurs des conférences de citoyens se sont étonnés de la capacité de personnes candides à délibérer sur des sujets complexes, en se dégageant des enjeux seulement locaux et immédiats pour proposer des solutions souvent ignorées par les spécialistes, et rarement entendues des instances politiques. On est loin de l’hypothèse d’un “public irrationnel” qui serait incapable d’apprécier les effets réels de la techno science… Ainsi peut-on, le temps d’un essai d’humanité, transformer en citoyen responsable le “gogo” que nous sommes tous au jour le jour 3. Pourvu qu’elles soient médiatisées, ces procédures améliorent aussi la compétence de toute la population et peuvent rétablir la confiance vis-à-vis des scientifiques et de leurs propositions. Comment faire entrer ces procédures dans l’ordre juridique et politique, pour que les dirigeants, mieux informés des enjeux des technologies et des attentes de la population, puissent tenir compte de ces recommandations ? Afin de sortir des leurres démocratiques pour aller vers une véritable participation, les recommandations de la CdC doivent faire l’objet d’un débat parlementaire où toute divergence des élus avec les recommandations des citoyens devra être motivée. Car la démocratie participative ne peut devenir crédible aux yeux des citoyens que si les élus prennent en compte les avis émis. Ainsi pourrait-on mieux faire fonctionner les institutions, et fournir aux élus un outil pour apprécier toutes les facettes d’une innovation avant d’en promouvoir l’usage. Il existe d’autres procédures possibles : jury citoyen, sondage délibératif, atelier scénario 4. À ce jour, le Débat Public (DP) est, en France, la seule procédure “participative” régie par la loi (depuis 2002) et donc assez bien codifiée. Sa gestion dépend de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) qui crée des commissions particulières (CPDP) pour chaque thème mis en débat. Les thèmes soumis au DP sont très nombreux (des dizaines chaque année), car ils portent sur des projets essentiellement locaux (surtout urbanisation), alors que la CdC est surtout destinée à traiter des problèmes globaux concernant l’humanité (plantes génétiquement modifiées, nanos, nucléaire, bioéthique, etc.). On notera que c’est seulement dans la CdC que les informations données aux citoyens sont dosées par le comité de pilotage de telle façon qu’une option particulière ne soit pas favorisée et que les diverses positions connues trouvent place auprès du panel de citoyens (ce résultat est recherché par le consensus sur le programme d’information proposé aux citoyens, consensus obtenu malgré la pluralité délibérée du comité de pilotage). Par ailleurs, les avis de la CdC sont rédigés par les citoyens eux-mêmes qui y expriment aussi leurs dissensus, alors que le “bilan” d’un DP se veut neutre et est dressé par un rédacteur nommé par la CNDP. Il est évidemment facile pour les décideurs “d’oublier” les points qui ne leur conviennent pas dans un rapport lui-même déjà subjectif puisque rédigé par un rédacteur qui s’efforce de “ne pas prendre position”. Sans vouloir opposer CdC et DP dont les objets sont souvent différents, il nous paraît fondamental de privilégier les procédures qui réduisent le poids décisionnel des experts comme les pressions du lobbying, et se concluent par des propositions claires, rédigées et portées par les citoyens eux-mêmes. Il n’est pas question d’organiser des CdC pour savoir où faire passer l’autoroute ou si on construit un pont sur la rivière…Là, le DP a certainement sa place pourvu qu’il ne soit pas l’occasion de manipulations, ce qui paraît difficile quand les enjeux sont importants. Mais les CdC sont incomparables quand il s’agit de décider de choix de société car le tirage au sort est un retour aux sources de la démocratie, laquelle est renforcée par l’exigence de pluralité des “expertises” délivrées et discutées.

L’intérêt de la CdC est dans sa capacité à proposer les solutions qui conviennent le mieux au bien commun (sur des enjeux plus anthropologiques que locaux) et elle constitue la procédure la plus propice pour cela. Cette dernière affirmation n’est pas gratuite : il n’y a pas équivalence de toute les propositions qui prétendent assurer la “participation”. Par exemple l’auteur de l’initiative ne devrait pas être aussi son organisateur et en plus son pilote, toutes fonctions cumulées par le DP mais séparées dans la CdC qui recherche l’objectivité par une cascade de responsabilités (organisateur/ comité d’organisation/ comité de pilotage/ panel de citoyens). La FSC défend le tiers-secteur de la recherche parce que nous croyons aux capacités de jugement, de proposition, et d’équité des citoyens de base ainsi qu’ils le démontrent quand ils s’organisent en associations d’intérêt public. Avec la CdC apparaît un quatrième partenaire pour l’élaboration de la norme : outre les experts, les politiques et la société civile organisée (associations), elle donne toute sa place aux citoyens “ordinaires” (mais acceptant cette tâche d’intérêt collectif).

Des extensions possibles

Deux extensions de ce modèle seraient ultérieurement possibles. On pourrait tenir simultanément plusieurs conventions de citoyens sur le même thème dans plusieurs pays (avec un comité de pilotage indépendant dans chaque pays participant) et vérifier ainsi la convergence des souhaits des citoyens du monde, convergence qu’on peut supposer supérieure à celle de leurs responsables politiques respectifs… L’autre extension serait thématique en élargissant le recours à ces procédures hors des controverses technologiques, vers des thèmes éthiques ou même politiques. C’est une véritable révolution des pratiques qui est en jeu avec cette formule pour aider démocratiquement la décision des élus. Il s’agit aujourd’hui de passer un cap difficile de cette utopie en faisant inscrire les CdC dans la Constitution, condition pour garantir leur prise en compte effective… Et donc de convaincre les parlementaires que face à la complexité croissante des évaluations, ils ne peuvent se suffire d’expertises incomplètes, souvent tendancieuses et peu conformes aux intérêts des populations.

À voir
Cet article a été écrit pour l’Encyclopédie du Développement Durable qui est disponible à l’adresse suivante : http://www.encyclopedie-dd.org/Des-conventions-de-citoyens-pour

  1. La conférence de consensus n’est pas une procédure participative mais un débat entre experts afin de proposer la meilleure solution à un problème technique(“bonnes pratiques”),par exemple en obtenant un consensus de chirurgiens sur un protocole opératoire.
  2. Voir https://sciencescitoyennes.org/projet-de-loi-concernant-les-conventions-de-citoyens/
  3. Voir Le vélo, le mur et le citoyen, Ed Belin, 2006.
  4. Y Sintomer :Le pouvoir au peuple, Ed La Découverte, 2007.

Les livres et conseils de lecture d'Etienne Chouard

Résumé

Militant du Référendum d'initiative Citoyenne (RIC) depuis 13 ans, Etienne Chaouard s'est imposé comme une référence des Gilets Jaunes. Ce professeur d'économie et de gestion est un des chantres de la démocratie directe. Dans ce livre, LA CAUSE COMMUNE, l'auteur développe ses idées principales sur la constitution (les citoyens doivent écrire leur constitution pour instituer eux-mêmes leur puissance politique), les élections (l'élection infantilise les citoyens et porte au pouvoir les pires) et le capitalisme (le capitalisme est la conséquence économique d'une dépossession politique).
Dans un style limpide et pédagogique, ce premier livre d'Etienne Chouard est un véritable manifeste pour un citoyen constituant.

 

 

 

Amis lecteurs et lectrices, Avez-vous déjà lu la Constitution ? Pourtant, elle conditionne nos vies à un point que nous n'imaginons pas. C'est pourquoi nous invitons chacun(e) à un exercice singulier : la lire pour l'annoter, l'amender, la transformer... Mieux encore, nous vous proposons de l'écrire vous-mêmes, à partir du projet qu’Étienne Chouard a lancé en 2005. En effet, Écrire nous-mêmes la Constitution est le fruit de plus de dix années d'engagement, d'échanges sur une plateforme collaborative ouverte à tous, et d'animation d'ateliers constituants à travers la France et à l'étranger, où les participants découvrent avec enthousiasme qu'ils peuvent s'essayer et s'impliquer dans la rédaction d'une nouvelle Constitution, pour une société plus juste.
L'enjeu est là, immense. Ce livre se présente ainsi : la Constitution de 1958 en page de gauche ; le projet participatif de nouvelle Constitution en page de droite ; des espaces pour que vous puissiez rédiger, améliorer, inventer, et devenir ainsi constituants. Le parcours proposé, à la fois initiation et pratique, a pour but d'instituer notre puissance politique, en route, comme le dit Étienne, non vers la VIème République mais la Ière Démocratie.
Patrick Pasin Editeur 

Sourcehttps://www.decitre.fr/auteur/394863/Etienne+Chouard


 « Nous ne sommes pas en démocratie ! » est le premier manifeste de La Relève et La Peste dans lequel Étienne Chouard met en lumière les limites de notre système électoral. Ce texte vous permet de mieux comprendre comment notre système d’élection est bridé par nature en facilitant abus et corruptions.

Source : https://www.senscritique.com/livre/Nous_ne_sommes_pas_en_democratie/28970987 

Conseils de lecture d’Étienne Chouard 

(notés lors de visionnages d'entretiens) 
 
* David Graeber – 5000 ans d'histoire de la dette
* David Graeber – La démocratie aux marges
* David Graeber – Bureaucratie
* Jean-Jacques Rousseau – Du contrat social
* Jean-Jacques Rousseau – Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
* Jean-Jacques Rousseau – Discours sur les sciences et les arts
* Piotr Kropotkine – L'entraide
* Piotr Kropotkine – Morale anarchiste
* Piotr Kropotkine – La conquête du pain
* AlainPropos sur le pouvoir
* Jean-Paul MaratL'ami du peuple
 
Source : https://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2018/09/conseils-de-lecture.html 
 

Propositions de lecture d’Étienne Chouard  

(sur son site personnel)
 
Livres sur le tirage au sort et la démocratie 
 
 
Et pour finir : Jacques Testart, « Des conventions de Citoyens pour la démocratie » (1835−1840)
 
Livres à connaître sur la monnaie
 

 
Source : https://www.chouard.org/lectures/
 

samedi 10 janvier 2026

Le Plan C d'Etienne Chouard

Le plan C

Pour une Constitution Citoyenne écrite par et pour les Citoyens

Une démocratie digne de ce nom, ça s’institue.
Et jamais des élus ne le feront. Jamais. À cause du conflit d’intérêts.
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
Seuls les citoyens eux-mêmes sont légitimes et aptes à écrire une vraie Constitution.
Quand les politiciens modifient la Constitution, c’est un crime : ils volent la souveraineté qui ne leur appartient pas.

Source : https://www.chouard.org/

Qui est Étienne Chouard ?

Je vous propose de prendre personnellement nos problèmes quotidiens à la racine et de réfléchir nous-mêmes à l’institution d’une vraie démocratie : et la racine d’une démocratie digne de ce nom, ce n’est pas l’élection — élection qui est par définition aristocratique (choisir le meilleur, aristos), donc oligarchique — la seule racine de la démocratie, c’est le tirage au sort.

Depuis le débat référendaire sur le TCE (un puissant révélateur !), j’ai réalisé, avec d’autres citoyens, d’une part, l’importance de nos institutions dans notre vie de tous les jours et d’autre part, l’état de décrépitude dans lequel nous laissons se dégrader ces règles supérieures, par indifférence paresseuse le plus souvent.

L’approche institutionnelle m’apparaît désormais comme une clef de lecture universelle pour décrypter l’actualité et cette clef me permet de découvrir certaines sources profondes du malheur des hommes.

Ce blog nous permet d’échanger, de confronter nos points de vue, de les rapprocher (ou pas)… C’est un outil pour notre « cerveau collectif » qui est en train de naître, depuis une dizaine d’années, grâce à l’hyper connexion que permet la technologie moderne.

Source : https://www.chouard.org/a-propos-qui-est-etienne-chouard/

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=MtLH-S-3WUs

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=oN5tdMSXWV8

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=qxSA012JL1M

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=DROqR_7EKvs

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=rPKZKvQzhik

jeudi 8 janvier 2026

Lois de 1893 et 1894 sur l'anarchisme dites "Lois scélérates"

 

Dans l'article Philosophie anarchiste, libertaire ou conseilliste - Trois définitions tirées de l'encyclopédie en ligne Wikipédia proposant la comparaison des termes "anarchisme", "libertaire" et conseillisme", il est fait deux fois référence aux "lois scélérates" ; par exemple dans cet extrait :

Le terme libertaire est couramment utilisé comme synonyme d'anarchiste, particulièrement dans le monde francophone à la suite de l'adoption des lois scélérates en France qui criminalisent l'utilisation du terme « anarchiste »

Mais que sont ces "lois scélérates" ?

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Les lois de 1893 et 1894 sur l'anarchisme, plus connues sous le nom de « lois scélérates », sont trois lois votées en France sous la Troisième République et visant à réprimer le mouvement anarchiste français. Elles incarnent la dernière forme de censure légale et de répression à large échelle visant explicitement une opinion politique en France et sont, de ce fait, controversées dès leur origine. Elles ont été définitivement abrogées en .

À la suite de ces lois, les anarchistes français, puis francophones, vont très largement s'emparer du mot « libertaire » pour s'identifier et poursuivre leurs activités, notamment éditoriales. Ainsi, dès , La Revue anarchiste devient La Revue libertaire

Contexte

Multiplication des attentats anarchistes

Durant les années 1880 et 1890 plusieurs attentats terroristes sont organisés par des anarchistes sur le territoire français. Le mouvement promeut à partir de 1881 la stratégie de la propagande par le fait.

Le mouvement est alors européen. En Allemagne, l'empereur Guillaume Ier est victime de deux tentatives d'assassinat de la part d'anarchistes. Le chancelier Otto von Bismarck prend prétexte de ces événements pour faire promulguer par le Reichstag des lois « anti-socialistes ». De même, en Russie, le tsar Alexandre II est assassiné par un groupuscule anarchiste, Narodnaïa Volia (« La liberté du peuple »), le . En réaction à cela, son fils et successeur, Alexandre III, ordonne la création d'une nouvelle police de sécurité, l'Okhrana.

Mis à part quelques faits isolés, c'est à partir de 1892 que commence la véritable période des attentats qui visent à déstabiliser le pouvoir en attaquant directement ses détenteurs. C'est une série d'attentats à la bombe, perpétrés par Ravachol à partir du , qui déclenche la vague de terrorisme anarchiste. L'évènement le plus célèbre est l'attentat au sein de l'Assemblée nationale, perpétré le par Auguste Vaillant. Lançant une bombe depuis la tribune à la chambre des députés, il fait plusieurs blessés. Le , le président de la République Sadi Carnot est assassiné à Lyon par un jeune anarchiste italien, Sante Geronimo Caserio. Ces événements suscitent l'inquiétude de l'opinion publique et de la presse, des journaux républicains radicaux aux feuilles conservatrices, qui en appellent à des mesures d'exception.

Tension du climat politique

En France, des lois anti-anarchistes sont proposées durant les années qui suivent les insurrections communalistes de 1870-1871 ; aussi, plusieurs attentats sont alors attribués au mouvement anarchiste. Les trois lois proposées à la Chambre des députés visaient à prévenir de nouveaux attentats.

L'expression « lois scélérates » est notamment popularisée par Francis de Pressensé, Émile Pouget et Léon Blum (qui signe « un juriste ») dans un pamphlet publié en 1899, Les Lois scélérates de 1893-1894.

Contenu des lois

« Je ne connaissais pas ces gens-là, au moment du vote. Manifestement, je consacrerai tous mes efforts pour faire abolir ces lois »

— Ludovic Trarieux, Président de la Ligue des Droits de l'Homme, À propos des lois scélérates qu'il avait fait voter en 1894 (Conférence de 1898) .

Une série de trois lois est votée dans l'urgence afin de lutter contre ces actions anarchistes qui visaient à déstabiliser des pans de la société :

  1. Le , soit deux jours après l'attentat d'Auguste Vaillant visant les députés, c'est Antonin Dubost (1844-1921), ministre de la Justice dans le gouvernement de Jean Casimir-Perier qui soumet à la Chambre des députés un ensemble de mesures pour sauvegarder « la cause de l’ordre et celle des libertés publiques ». C'est une modification de la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui ne punissait que la provocation directe ; désormais la provocation indirecte, l'apologie, est elle aussi punie et un juge peut ordonner la saisie et l'arrestation préventive. Le texte de la première des trois lois est adopté le par 413 voix contre 63.
  2. La seconde loi est discutée le , à peine quatre jours après avoir été déposée. Elle concerne les associations de malfaiteurs et vise particulièrement les groupes anarchistes, alors nombreux et très actifs. C'est une loi qui vise à pouvoir inculper tout membre ou sympathisant sans faire de distinction. Elle encourage également la dénonciation : « Les personnes qui se seront rendues coupables du crime, mentionné dans le présent article seront exemptes de peine si, avant toute poursuite, elles ont révélé aux autorités constituées l’entente établie ou fait connaître l’existence de l’association. » Elle est votée le .
  3. La troisième loi, promulguée au Journal officiel le , est sans doute la plus marquante pour les anarchistes puisqu'elle les vise directement, en les nommant et en leur interdisant tout type de propagande. C'est à la suite de cette loi que de nombreux journaux anarchistes comme Le Père peinard, qui avait déjà été saisi avant, sont interdits. Cette loi permet une véritable répression de l’anarchisme, des milliers de perquisitions et d'arrestations débouchent, notamment sur le Procès des Trente.

Réaction politique

Position de Jean Jaurès

À l'occasion de la découverte de fonds venant de haut lieu chez un anarchiste, de retour de Carmaux où des grèves ont eu lieu depuis 1892, Jean Jaurès se lance dans un discours à la Chambre, le , où il dénonce la politique répressive du gouvernement ; la censure du Père peinard, « consacré presque tout entier à injurier les députés socialistes » ; le « deux poids deux mesures » qu'illustre la censure imposée aux journaux et aux députés socialistes, tandis que sont tolérés les discours également contestataires de certains catholiques (Albert de Mun, l'article « La Bombe » dans La Croix de Morlay, les articles de La Croix ou l'article du Père Marie-Antoine publié dans L'Univers puis dans L’En-dehors et titré « Le Christ et la Dynamite ») ; enfin, l'usage des agents provocateurs :

« C’est ainsi que vous êtes obligés de recruter dans le crime de quoi surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère et dans l’anarchie de quoi surveiller l’anarchie. (Interruptions au centre. — Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)

Et il arrive inévitablement que ces anarchistes de police, subventionnés par vos fonds, se transforment parfois — comme il s’en est produit de douloureux exemples que la Chambre n’a pas pu oublier — en agents provocateurs. »

Et d'évoquer un certain Tournadre, actif lors des grèves de 1892, qui avait proposé aux ouvriers de Carmaux des fonds pour acheter de la dynamite et éventuellement de s'enfuir ensuite en Angleterre ; or, selon Jaurès, alors que Tournadre avait répondu aux ouvriers qu'il avait des « amis capitalistes à Paris », les perquisitions menés chez Tournadre à Carmaux avaient mené à la découverte de deux lettres, l'une du baron de Rothschild, l'autre de la duchesse d'Uzès. Malgré ce discours, la Chambre vota dans une large majorité la confiance au gouvernement.

Position de Léon Blum

Le , dans La Revue blanche, Léon Blum, sous la signature de « Un juriste », publie un texte intitulé Comment ont été faites les Lois Scélérates. Il les critique vivement, considérant le danger qu'elles soient instrumentalisées par un gouvernement antidémocratique. Ainsi, ces lois « permettent au premier « gouvernement fort » qui surviendra de tenir pour nulle la loi de 1881 [sur la liberté de la presse], loi incomplète, mais libérale et sensée dans son ensemble, et l’une des rares lois républicaines de la République. Elles abrogent les garanties conférées à la presse en ce qu’elles permettent la saisie et l’arrestation préventive ; elles violent une des règles de notre droit public en ce qu’elles défèrent des délits d’opinion à la justice correctionnelle ; elles violent les principes du droit pénal en ce qu’elles permettent de déclarer complices et associés d’un crime des individus qui n’y ont pas directement et matériellement participé ; elles blessent l’humanité en ce qu’elles peuvent punir des travaux forcés une amitié ou une confidence, et de la relégation un article de journal ».

Application

Des séries de listes nominatives sont dressées afin de répertorier les individus soupçonnés de sympathies libertaires, de même les « sans domicile fixe » sont fichés et catégorisés.

Même si les actions violentes ont continué quelque peu, les activistes étant rentrés dans une logique de vengeance, la propagande par le fait a, après quelque temps, pratiquement disparu, à la suite de cette répression violente. Cependant l'anarchisme lui-même, sous d'autres formes, a continué de se manifester dans la société française, par exemple au travers de mouvements syndicaux.

Ces lois conduisent à la fermeture des journaux anarchistes, à de nombreuses arrestations, à la dissolution des organisations libertaires et à l'interdiction pour la presse en général de diffuser de la « propagande anarchiste ». Elles furent largement critiquées à l'étranger comme en France, y compris par des opposants au mouvement libertaire, et finissent progressivement par faire l'unanimité contre elles au sein de la classe politique française, ce qui conduira à leur abrogation en 1992. Elles incarnent la dernière forme de censure légale et de répression à large échelle visant explicitement une opinion politique en France et sanctionnant sa libre expression.

Postérité

Expression

En raison du symbole qu'elles ont représenté durant un siècle d'existence, des références à ces lois ou des expressions comme « le retour des lois scélérates » sont régulièrement utilisées dans les médias ou par des acteurs de la vie politique française afin de qualifier des propositions de lois ou lois nouvelles, qu'ils jugent liberticides. 

Abrogation en 1992

Seule la loi du , qui visait explicitement les menées anarchistes, fut finalement abrogée le avec l'entrée en vigueur de l'article 372 de la loi relative à l'institution du nouveau Code pénal votée le 16 décembre 1992.

Maintien de certaines dispositions

La loi du 12 décembre 1893 relative à l'apologie du terrorisme instaure le délit de presse du même nom, en modifiant l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Il faisait donc à ce titre l'objet d'une procédure particulière propre aux infractions instituées par cette loi. Aujourd'hui et depuis 2014, ce délit est réprimé par l'article 421-2-5 du Code pénal, est donc soumis à la procédure pénale de droit commun, et son champ d'application a été étendu puisqu'il se matérialise désormais par des comportements, des actes, des discours, des écrits exprimés ou des images diffusées publiquement, et ce quel que soit le support. Ces dispositions ne ciblent toutefois plus spécifiquement l'idéologie libertaire.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_de_1893_et_1894_sur_l%27anarchisme