samedi 29 juin 2013

Un courrier de retraité

Alain Dubaquié
6, rue de Lion
Frontenay sur Dive
F-86330 SAINT JEAN DE SAUVES
France
Tel : 0549505784
Qui regrette d'avoir voté pour vous !
Monsieur le Président ,
J'espère que votre secrétariat va être submergé par le courrier des retraités !
Ceux qui sont en retraite de nos jours
n'ont pas travaillé 35h00 par semaine,
n'ont pas eu 5 semaines de congés payés,
20 jours de RTT,
n'ont pas commencé à travailler entre 22 et 25 ans,
et pour beaucoup, les retraités du privé, ont travaillé après 60 ans,
en ayant commencé à 16 ans voir moins !
Et, aujourd'hui ils devraient être pénalisés, quelle honte.
Ils ont largement cotisé.
Les retraités aident leurs enfants, petits-enfants,
le chômage touche tout le monde, les études sont de plus en plus chères,
et les grands-parents sont continuellement sollicités.
Alors STOP
Il y a des économies à faire dans ce pays, mais les énarques,
sont tellement loin des réalités quotidiennes...
Des amies à moi, ouvrières en couture,
touchent aujourd'hui 900 €/ mois
et les cas comme celui-là ne manquent pas..
Ces femmes dont il est question, vont devoir sauver la sécurité sociale,
dont profitent certains qui n'ont jamais cotisé ?
Des vieux retraités habitant de vieux logements mal isolés
vont devoir payer plus cher leur électricité
pendant que des étrangers en situation irrégulière
vont être logés et chauffés aux frais du contribuable.
Honte à vous, gens de gauche,
près du peuple soit disant.
> >
Je n'ai pas fait de grandes études,
mais je peux vous donner quelques solutions pour faire des économies :
> > Supprimer le SENAT qui ne sert à rien,

et que vous avez tant décrié quand vous n'en aviez pas le contrôle !
80% de ces gens ont largement dépassé l'âge de la retraite,
et continuent de percevoir des revenus indécents
pour dormir dans des sièges confortables !
Diviser par 2 le nombre des députés, cela suffirait. > Supprimer les budgets alloués par l'Etat à la presse quotidienne,
aux journaux télévisés, aux radios, qu'ils se financent avec la publicité
Supprimer la gratuité totale de l'ENA,
pour ceux qui accèdent à des postes de cadres dirigeants dans le privé,
ils devraient rembourser...
Supprimer les avantages donnés aux fonctionnaires en poste outre-mer,
et aux investisseurs tous les départements français devraient être égaux.
Aligner le système de retraite des fonctionnaires sur le système des privés,
vous qui parlez toujours de supprimer les privilèges.
Rétablir les 39 heures/semaine dans la fonction publique.
Supprimer les subventions aux multiples associations,
dont beaucoup sont, comme SOS racisme, des officines de la gauche..
On peut aussi supprimer les abattements d'impôts octroyés aux journalistes !
C'est un avantage injuste, mais c'est vrai qu'ils ont largement contribués
à l'arrivée au pouvoir de la gauche,
et qu'il faut donc les récompenser...mais : motus !..
Cet argent gaspillé sont NOS impôts, alors STOP !
Un peu plus de contrôles pour éviter les arrêts maladie de complaisance,
et réduire un peu le trou de la CPAM.
STOP aux primes allouées aux médecins
qui ne prescrivent pas trop de médicaments !
ils font tout simplement leur travail consciencieusement,
en évitant d'engraisser les grands laboratoires pharmaceutiques,
si bien défendus par Mme Bachelot,
HONTE à elle, prête à tout pour exister.
Passer des accords avec les dirigeants des pays du MAGREB,
pour que les Voyous étrangers, soient emprisonnés dans leur pays
pour la durée de leur peine, et ne soient pas à la charge de notre Pays.
Les prisons chez eux sont de vraies prisons
et non des centres de loisirs qui nous coûtent très cher.
STOP à l'AME véritable pompe aspirante !!
STOP aux voyages à l'étranger avec autant de ministres,
ces déplacements sont simplement des "remerciements"
des vacances offertes gracieusement...
les Retraités ont le temps d'aller en vacances, en week-end,
au cinéma, au restaurant, au club de sport (pour certains) et alors ?
ce n'est pas gratuit pour eux, et ils contribuent à l'économie du Pays,
et c'est encore sur cette population que l'on veut frapper !
les retraités propriétaires sont montrés du doigt !!
mais ils se sont privés toute leur vie
pour ne plus avoir de loyer à payer pendant leur retraite,
ils payent déjà sur leur logement, qu'ils ont remboursé en 15 ou 20 ans,
des impôts fonciers de plus en plus lourds...
il faut donc pénaliser les gens économes et travailleurs,
pour aider ceux qui ont profité des largesses de la société toute leur vie ?
Et maintenant il est question de les imposer sur un « loyer fictif »
mais n'est-ce pas déjà cela l'impôt foncier ?
Vous n'ignorez pas les tarifs d'hébergement des maisons de retraite
2200 euros et plus par mois,
Qui peut financer cela ?
Celles et ceux qui n'en n'ont pas les moyens
se retrouvent dans des mouroirs,
alors que les prisons sont de plus en plus luxueuses et gratuites !
La fameuse «relance» dont vous aviez le secret
se traduit aujourd'hui par une croissance zéro
en 2012 et aussi en 2013.
Diminuer le cout du travail ne couterait rien si l'on revenait
à 3 semaines de congés, mais ce sont les syndicats
qui vous ont fait roi et aujourd'hui ils vous tiennent,
alors vous amusez la galerie avec le mariage des homos
et le vote des étrangers....
Le remuménage autour d'une bande de petits voyous islamistes
est bien venu pour faire oublier que dans les sondages
votre côte est en chute libre.
Les français ne sont peut-être pas aussi cons que vous le pensiez !
Ne méprisez pas ce message et agréez, Monsieur le Président, mes salutations.
Cette lettre exprime ce qu'un très grand nombre de personnes
découvrent, pensent, et veulent dire haut et fort !
Hélas je suis sûr que son destinataire, principal intéressé,
s'en moquera, enfermé dans sa « normalitude »,
entouré de son gouvernement de pieds nickelés
et imbu de sa haute fonction de Président élu !

vendredi 28 juin 2013

Legatum Institute's Prosperity Index (des pays les plus agréables où vivre)

Présentation du Legatum Institute
Based in London, the Legatum Institute (LI) is an independent non-partisan public policy organisation whose research, publications, and programmes advance ideas and policies in support of free and prosperous societies around the world.
At a time when democratic capitalism is on trial in many places around the world, we have a vision of a more prosperous world based on greater economic and political liberty balanced with personal and institutional responsibility. And as we are bearing witness to historic political changes in the Arab world and beyond, we are dedicated to the study of political and economic transitions and the promotion of open economies and democracy.
In an era of hyper-specialisation, our approach is a different one. We seek to lift ourselves out of our silos to think broadly about big issues of the day by engaging with gifted thinkers and practitioners from across disciplines. We strive to explore the foundations of prosperity though the lens of politics, economics, culture, and philosophy, and we believe that studying the past is crucial if we are to think sensibly about the future.

We advocate a humble and self-critical approach. Ideas and arguments need to be in a constant state of testing, sharpening, and adaptation. If capitalism is moral, then capitalists must act ethically, with wisdom and restraint. If limited government and free enterprise are keys to prosperity, then a vibrant civil society is essential, and each of us as individuals has a responsibility to serve others and our communities.
LI’s signature annual publication is the Legatum Prosperity Index™, a unique global assessment of national prosperity based on both wealth and wellbeing. LI is the co-publisher of Democracy Lab, a journalistic joint-venture with Foreign Policy Magazine dedicated to covering political and economic transitions around the world.
The Legatum Institute is based in London and an independent member of the Legatum Group, a private investment group with a 25 year heritage of global investment, allocating proprietary capital to businesses and to programmes that promote sustainable human development.

“Building a More Prosperous World Through Liberty and Responsibility”

Source : http://www.li.com/about/about-li

Classement des pays 

Classement général :
1-Norvège
2-Danemark
3-Suède
4-Australie
5-Nouvelle-Zélande

Economie :
1-Suisse
2-Norvège
3-Singapour

Opportunité d'entreprendre :
1-Danemark
2-Suède
3-Finlande

Gouvernance :
1-Suisse
2-Nouvelle-Zélande
3-Danemark

Education :
1-Nouvelle-Zélande
2-Australie
3-Canada

Santé :
1-Luxembourg
2-Etats-Unis
3-Suisse

Sécurité :
1-Islande
2-Norvège
3-Finlande

Liberté individuelle :
1-Canada
2-Nouvelle-Zélande
3-Australie

Cohésion sociale :
1-Norvège
2-Danemark
3-Australie


Source : http://www.prosperity.com/

mardi 25 juin 2013

Milon de Crotone


Milon de Crotone (qui a vécu au VIe siècle avant J.-C.) est un athlète grec qui était le plus célèbre lutteur de l'antiquité. Son nom est encore proverbial pour sa force extraordinaire.

Il était un natif très honoré de Crotone (en Calabre), une colonie grecque dans le sud de l'Italie. En 535 avant J.-C., Pythagore de retour de Sybaris préfère s'installer à Crotone, toujours sur le golfe de Tarente, en Calabre, car la ville a un culte pour Apollon et une école de médecine célèbre. Milon de Crotone, six fois champion aux jeux Olympiques, et prêtre d'Héra Lacinia, épouse sa fille, Myïa. Grâce à Milon, l'influence de Pythagore s'étend et ses 300 disciples (dont Milon) administrent la cité. Il fonde son école à Crotone en 532 avant J.-C., qui est une communauté, voire quasiment une secte, à la fois philosophique, scientifique, politique, religieuse, initiatique. Ce qui montre que Milon n'était pas qu'un homme de muscle mais aussi un intellectuel.

En 510 avant J.-C., une révolution populaire à Sybaris (dans le sud de l'Italie), sous la conduite d'un orateur démocrate, Télys, massacre des pythagoriciens, et 500 aristocrates, se réfugient à Crotone. Une guerre s'ensuit entre Sybaris et Crotone, recommandée par Pythagore. Milon mena l'armée des 100 000 aristocrates de Crotone à la victoire sur les 300 000 Sybarites présents. Cette armée massacra à son tour la population et rasa Sybaris.

Milon de Crotone En 6 Jeux olympiques et en 7 Jeux Pythiques (deux événements organisés tous les quatre ans), Milon remporta le concours de lutte et dans d'autres concours grecs nationaux (9 titres aux jeux néméens et 10 titres aux jeux isthmiques), il avait remporté 32 compétitions de lutte. La postérité le tient pour le meilleur athlète (au sens de combattant) de l'Antiquité. Selon la légende, Milon portait sur ses épaules un veau depuis le jour de sa naissance jusqu'à ce qu'il devienne un gros bœuf. Il est également dit qu'il avait porté un bœuf sur ses épaules en faisant le tour du stade d'Olympie. Il eut une fois l'occasion de faire un bel usage de sa force. Un jour qu'il écoutait les leçons de Pythagore, le plafond de la salle où l'auditoire était assemblé menaçait de s'effondrer, il le soutint à lui seul, donnant aux auditeurs le temps de se retirer et se sauva ensuite après eux.

Milon de CrotoneSelon le récit traditionnel de sa mort, Milon malgré son vieillissement essaya de fendre avec ses mains un tronc d'arbre et se coinça la main dedans; il le tint captif jusqu'à ce qu'il fut attaqué et dévoré par les loups. Un joli récit, mais la réalité est moins belle. Cependant, après la guerre contre Sybaris en 508 avant J.-C., Crotone se divisa sur le partage du butin. Craignant que les terres fussent données aux pythagoriciens, le peuple de Crotone mena une fronde contre eux. Les choses s'envenimèrent quand Cylon, se présenta comme la voie du peuple. Attisant la peur et la jalousie de la foule, il lança la populace à l'assaut contre les pythagoriciens et détruisit la plus brillante école de mathématiques jamais vue qui se trouvait dans la maison de Milon de Crotone où étaient réunis 40 pythagoriciens. Les bâtiments furent incendiés et Pythagore et plusieurs de ses disciples dont Milon y périrent. Deux seulement réussissent à se sauver.

Source http://taigong788.skyrock.com/3067710507-Milon-de-Crotone.html
Voir les  images de Milon de Crotone, le célèbre athlète disciple de Pythagore qui aura marqué son époque.

samedi 22 juin 2013

La femme est [l'esclave] de l'humanité

Une jeune fille est donc en train de passer quatre mois dans une geôle. Quatre mois. Son crime? Avoir montré ses seins en public. Pour soutenir une autre jeune fille, Amina, qui avait publié une photo d’elle seins nus sur internet. Amina, elle, est aussi en prison, et bien peu ont le courage de la soutenir, comme si elle avait commis un crime honteux. Où sommes-nous? Dans l’Espagne franquiste? Dans la Russie médiévale? Dans la France de Louis XIV? Non: en 2013, en Tunisie. Pas loin, les Européens bronzent tranquillement à Djerba ou font du shopping à Monastir. 

Amina a encore de la chance. Elle n’a pas été lapidée, comme le demandait un sympathique prêcheur salafiste, car les hommes sont nettement moins miséricordieux qu’Allah. Elle n’a pas été pendue à une grue à seize ans pour le crime d’avoir flirté, comme en Iran. Elle n’a pas été enterrée jusqu’à la taille et lapidée pour le crime d’avoir été violée, donc pour avoir attenté à l’honneur des hommes, comme au Pakistan. Elle n’a pas été aspergée d’acide sulfurique pour le crime de n’avoir pas été assez voilée, comme au Cachemire. Elle n’a pas été abattue par ses frères pour le crime d’avoir aimé un homme dont ils ne voulaient pas, comme un peu partout. Elle n’a pas été supprimée dans le ventre de sa mère pour le crime d’être une fille, comme en Inde. Elle n’a pas été assassinée pour le crime d’avoir voulu éduquer des filles, comme en Afghanistan. On n’a pas applaudi celui qui l’a brûlé vive, comme on l’a fait à Vitry sur Seine pour l’assassin de la jeune Sohane.
Car voilà ce que risquent, dans le monde, des centaines de millions de femmes, qui n’ont droit à la vie et à l’estime que si elles se conforment à la loi patriarcale, et se cantonnent dans leur rôle d’utérus réservé, servant à enfanter de préférence des mâles. En vérité, le sort des femmes dans le monde est à peu près celui des esclaves, à cette différence près qu’elles sont parfois entourées de marques de respect si elles se soumettent à cet esclavage. Et le fait que certaines le revendiquent ne change rien à l’affaire. La servitude volontaire est une vieille histoire. On finit toujours par se raconter ce dont on a besoin pour se persuader qu’on n’est pas un esclave. 
  
La phrase dont Amina accompagnait sa photo résume avec une parfaite lucidité la condition du corps féminin : mon corps m’appartient et il n’est l’honneur de personne. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Dans les sociétés patriarcales (c’est-à-dire presque toutes, mais certaines le sont à des degrés insupportables), le corps de la femme ne lui appartient pas. C’est un objet symbolique, investi par l’honneur masculin. C’est-à-dire par la honte. Ce corps que les hommes désirent, ils en ont honte aussi, alors il leur faut le cacher, le voiler, l’enfermer, et s’il s’exhibe, le punir, l’enfouir, le supprimer parfois. Dans la tête de millions d’hommes, et singulièrement dans les sociétés musulmanes, mais pas seulement, se déroule cette opération délirante : mon désir est aussi ma honte. Celle qui se prête au désir est une pute. Ou alors, une mère de famille, enveloppée de voiles funèbres, cachée, enfermée. Une telle relation n’est rien d’autre qu’une névrose. Des centaines de millions d’hommes vivent leurs relations aux femmes dans cette névrose, dans cette folie. Personne ne peut être heureux ainsi. De telles relations n’engendrent que frustration et violence. La liberté, l’égalité sont les conditions de l’amour.  

Celle qui montre son cul ou qui vend la passe au coin du bois et celle qui cache son corps parce qu’il appartient à l’homme sont en réalité la même. Leur corps est la chose instrumentalisée pour le désir de l’autre. Le consentement n’y change rien. Ceux qui traitent les femmes libres de putes se trompent d’objet, si se prostituer, c’est aliéner son corps à l’autre. 

Mon corps m’appartient et il n’est l’honneur de personne. Les femen mènent le bon combat. Le corps féminin qu’elles montrent est le corps libre, non le corps exclusivement soumis au désir masculin. Ce n’est pas la nudité de la publicité. Si elles gênent, c’est parce qu’elles montrent que leur corps peut être nu sans honte et sans équivoque. Bien sûr le corps féminin est désirable, mais elles veulent séparer ce désir de la marchandise ou de la sujétion patriarcale. Elles peuvent aussi le donner au désir, mais si elles le veulent, quand elles le veulent.

Je m’étonne toujours que l’on évoque tant d’injustices dans le monde, tant de cruautés et tant de tyrannies, en accordant si peu d’attention à la cruauté et à l’esclavage dont est victime la moitié de l’humanité. Et beaucoup de ceux qui se plaignent d’être victimes de la tyrannie n’en tyrannisent pas moins les femmes. Le degré d’évolution d’une civilisation se mesure à la place qu’elle accorde aux femmes. Celles qui leur dénient les mêmes droits qu’aux hommes se condamnent elles-mêmes. L’Arabie saoudite est un modèle parfait de petit enfer patriarcal, qui repose sur l’esclavage, l’hypocrisie bigote et une cruauté médiévale. Et c’est cette conception de l’Islam que nos excellents amis saoudiens exportent partout dans le monde.

Ce ne sont pas les quelques petits ridicules épisodiques d’une poignée de féministes occidentales qui peuvent en quoi que ce soit invalider ce constat. Tout combat engendre ses excès. Les excès de certains féministes, qu’on épingle parfois, ne sont rien auprès de l’immensité de l’injustice, de la souffrance infligée aux femmes dans le monde. Que faisons-nous à la moitié de l’humanité? 

[...]

Source : http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/06/20/la-femme-est-le-negre-de-l-humanite.html

vendredi 21 juin 2013

10 députés en colère : "Abolissons nos privilèges !"

Ce n'est qu'un début, continuons le débat ! Tandis que le Parlement accouche, non sans peine, d'une loi sur la moralisation de la vie politique, dix députés en colère s'engagent dans "le Nouvel Observateur". "Osons rénover l'Assemblée !" lancent ces élus lucides qui ont compris que les petits arrangements avec la morale républicaine n'ont que trop duré.
Le temps presse. Jamais la défiance à l'égard de la représentation nationale n'a été aussi profonde : selon un sondage réalisé en pleine affaire Cahuzac, 77% des Français considéreraient que leurs élus sont "malhonnêtes". Le jugement, suggéré par le questionnaire de l'institut OpinionWay, est évidemment outrancier. Mais, pour le modifier en profondeur, il conviendrait sans doute de corriger une bonne fois pour toutes les mille et un avantages dont jouissent nos élus.
Lutte contre les conflits d'intérêts, transparence du patrimoine, abolition du régime spécial des retraites, fin de l'exonération fiscale de l'indemnité de frais de mandat, suppression de la réserve parlementaire... Nos dix élus, de droite comme de gauche, suggèrent des solutions concrètes. Ils vont beaucoup plus loin que la "moralisation" proposée par le gouvernement […]

Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne : "Publions les augmentations de patrimoine"

"Notre patrimoine est soumis à un contrôle, les citoyens pourront désormais le consulter, mais rien ne pourra être publié. Or l'opacité crée les fantasmes quand la transparence permet de lutter contre le populisme. Je propose de publier les augmentations de patrimoine entre le début et la fin du mandat parlementaire. Autant on peut évoquer l'atteinte à la vie privée si on publie tout le patrimoine au moment de l'élection, autant on doit rendre des comptes si on s'enrichit durant l'exécution du mandat.
Un parlementaire est soumis au contrôle du juge, d'une haute autorité, mais également de l'opinion publique. L'enrichissement peut simplement provenir d'un héritage ou d'autres activités. Ce n'est pas seulement un problème de légalité, mais aussi d'éthique. Est-ce acceptable, par exemple, qu'un député reçoive des jetons de présence à un conseil d'administration d'une entreprise cotée en Bourse ?"

Laurent Wauquiez, député UMP de Haute-Loire : "Supprimons le régime de retraite"

"Le régime de retraite des parlementaires a évolué sous la précédente législature et s'est rapproché du niveau national, mais il existe toujours un système de cotisations et de prestations dérogatoire au régime de droit commun. Dans la période actuelle, si les politiques ne s'appliquent pas à eux-mêmes ce qu'ils demandent aux Français, ils n'ont aucune chance d'avoir la moindre crédibilité. Je suis donc pour l'alignement complet sur le régime de droit commun et basta !
Je suis opposé au régime spécial des parlementaires comme je suis contre les régimes spéciaux d'EDF ou de la SNCF. Il faut un système unique avec un régime unique et une caisse unique. Il s'agirait d'un système de retraite par points que chaque Français acquerrait tout au long de sa carrière, permettant ainsi de sauvegarder notre retraite par répartition."

Bruno Le Maire, députe UMP de l'Eure : "Démissionnons de la haute fonction publique"

"Le Parlement n'est pas conforme à la diversité de la société française. 38% des députés sont issus de la fonction publique. Cela doit changer : notre pays n'a pas vocation à être dirigé par une promo de l'ENA. Il faut obliger tous les hauts fonctionnaires à remettre leur démission lorsqu'ils deviennent parlementaires. Pourquoi seulement les hauts fonctionnaires ? D'abord parce je considère que ce sont eux qui doivent donner l'exemple. Ensuite, un haut fonctionnaire est garant de l'indépendance de l'Etat, or s'engager en politique signifie avoir des obligations partisanes.
Cette incompatibilité existe dans la plupart des pays européens, en Grande-Bretagne et en Allemagne, notamment. Pourquoi les hauts fonctionnaires ne prendraient-ils aucun risque alors que des millions de Français doivent en prendre tous les jours ? C'est pourquoi, en octobre dernier, j'ai moi-même remis ma démission du corps des conseillers des affaires étrangères."

Gérald Darmanin, député UMP du nord : "Encadrons l'achat des permanences"

"Il faut clarifier la question de la permanence parlementaire, ce local qui permet au député de recevoir ses administrés dans sa circonscription. Cette permanence peut être louée. Les loyers sont alors payés par l'IRFM, l'indemnité de représentation et de frais de mandats, qui couvre les dépenses liées à notre activité. Mais cette permanence peut aussi être achetée, ce qui n'est pas idiot si cela permet de faire des économies à l'arrivée.
Or, dans ce cas, le député devient lui-même propriétaire et certains l'achètent pourtant avec leur IRFM. On n'a pas à se constituer un patrimoine avec l'argent public ! Je propose donc d'autoriser l'achat d'une permanence uniquement avec ses deniers personnels, comme cela est mon cas, ou de rendre obligatoire sa cession à l'Assemblée nationale à la fin du mandat si elle a été financée au moyen de l'IRFM."

François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique : "Contrôlons les lobbys"

"On vit dans une situation confuse : le statut des lobbys présents à l'Assemblée nationale n'est pas clair. Il y a d'abord le problème des lobbyistes qui circulent librement au Palais-Bourbon. Il faut limiter leurs possibilités de déplacement en son sein et rendre publique la liste des lobbyistes autorisés à y pénétrer. Il y a également le problème des colloques organisés de A à Z par des lobbys dans l'enceinte de la représentation nationale avec le concours de députés.
Le souci est triple : les lobbys donnent souvent à croire que c'est l'Assemblée nationale elle-même qui organise le colloque, la salle mise à disposition est quasiment gratuite alors que l'entrée peut être payante et il y a un risque évident de conflit d'intérêts pour les députés. Là encore, la solution est la transparence. A chaque organisation de colloque, il faut dire qui organise, à quel prix et dans quel but."

Barbara Pompili, députée EELV de la Somme : "Réformons l'assurance-chômage"

"A l'issue de leur mandat, les députés issus du secteur privé sont protégés car ils conservent une part décroissante de leur indemnité pendant trois ans. Mais ils sont aussi complètement abandonnés alors qu'ils ont dû démissionner avant d'entrer à l'Assemblée nationale. Il faut donc revoir tout le système en créant un statut du député, qui donne des droits, forme à des métiers et valide les acquis d'expérience.
Sans cela, le salarié qui a quitté sa PME et a fait deux mandats entre 40 et 50 ans ne retrouvera jamais de travail, sauf à jouer le jeu du copinage pour être recasé par un ami dans une collectivité publique ou dans une entreprise liée à un parti politique. Cela explique que les fonctionnaires, qui peuvent se mettre en disponibilité, et les professions libérales, qui peuvent continuer d'exercer, sont surreprésentés à l'Assemblée nationale. Avec cette réforme, on pourra mieux représenter la société française, mais aussi lutter contre le cumul des mandats dans le temps."

Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne : "Fiscalisons les frais de mandat"

"Chaque mois, un député reçoit une indemnité parlementaire soumise à l'impôt sur le revenu, ainsi que l'IRFM qui, elle, n'est pas fiscalisée car pas considérée comme un revenu. Or personne n'est capable d'expliquer précisément à quoi elle sert. Le "Guide du député" précise uniquement : "L'IRFM recouvre l'ensemble des frais afférents à l'exercice du mandat parlementaire." Il n'y a aucune règle et on s'interroge souvent lorsqu'on achète un livre ou on déjeune avec des journalistes.
Il y a une sorte de non-dit savamment entretenu qui crée légitimement la suspicion dans l'opinion. Je propose de mettre fin à cette hypocrisie en versant l'IRFM dans l'indemnité parlementaire. Le député se retrouverait face à sa seule responsabilité politique individuelle. Quant à la collectivité, elle y gagnerait car les deux sommes seraient ainsi fiscalisées, voire, pourquoi pas, abaissées à la moyenne de la rémunération des parlementaires européens."

Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis : "Clarifions les groupes d'amitié"

"Les groupes d'amitié sont le lieu d'une diplomatie parlementaire en lien avec un pays. Il en existe plus de 150 à l'Assemblée. Ils sont utiles parce qu'ils permettent notamment de faire passer des messages qui peuvent être compliqués à exprimer pour l'exécutif. En revanche, ils souffrent d'un manque de transparence. La répartition des parlementaires au sein de ces groupes est d'abord le résultat d'une négociation entre les partis politiques qui se répartissent ainsi les pays.
Il faut mettre fin à cette opacité comme à l'opacité de la stratégie de chacun des groupes. La solution serait de rendre obligatoire la déclaration de toute initiative d'un membre d'un groupe d'amitié. Enfin, il convient de faire la lumière sur la répartition des dotations entre les différents groupes : pourquoi certains bénéficient de la possibilité de faire des voyages et d'autres non ?"

Barbara Romagnan, députée PS du Doubs : "Adoptons le mandat parlementaire unique"

"Je regrette d'abord que la loi sur le non-cumul des mandats, qui interdira de détenir à la fois un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale, ne rentre pas en application avant 2017. Mais je pense surtout qu'il faut aller plus loin en adoptant le mandat parlementaire unique. On est de gauche, on prétend partager les richesses et on ne partage même pas le pouvoir. Ce serait un outil majeur de renouvellement de la classe politique.
Il s'agit également d'un enjeu démocratique : quand on cumule des mandats, on doit déléguer à d'autres élus ou à des fonctionnaires qui n'ont pas été désignés par les électeurs. Enfin, il convient de souligner le risque patent de conflit d'intérêts : alors qu'un parlementaire est censé représenter l'intérêt général, un élu local se doit de défendre les intérêts de sa collectivité. On ne me fera jamais croire que deux personnes pour gérer deux mandats, ce n'est pas mieux qu'une seule."

Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes : "Publions la réserve parlementaire"

"La réserve parlementaire est une somme allouée aux députés et aux sénateurs qui peuvent la donner à qui ils veulent. Certains parlementaires pouvaient recevoir jusqu'à plusieurs millions d'euros. Avec le changement de majorité au Sénat, puis à l'Assemblée nationale, elle vient d'évoluer. A l'Assemblée, il s'agit désormais d'une somme fixe de 110.000 euros par député. Mais on ne sait toujours pas comment et surtout pourquoi elle est utilisée.
Le ministère de l'Intérieur effectue un contrôle préalable de légalité, mais les députés peuvent toujours la verser à des associations proches d'eux ou à des communes de leur bord politique. Il faut donc instaurer une publication obligatoire de son utilisation, qui doit être vérifiée par une instance ad hoc. Je ne connais pas d'autres sommes publiques allouées aux élus dont la justification de l'utilisation n'est pas exigée." 
Propos recueillis par Julien Martin - Le Nouvel Observateur

Sourcehttp://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20130619.OBS3816/l-appel-de-10-deputes-en-colere-nous-avons-trop-de-privileges.html

Abolition des privilèges : droite et gauche en colère contre dix députés

La démarche de dix députés de droite et de gauche - qui appellent, dans le Nouvel Observateur, à abolir les privilèges des parlementaires - a provoqué la colère de nombreux élus de tous bords. Sur RFI, Jean-François Copé a ainsi jugé "populiste ou démagogique" la proposition de Laurent Wauquiez de supprimer les régimes spéciaux des retraites des députés et sénateurs.

"Depuis un an, la majorité de gauche fait la nuit du 4 août tous les jours." Le groupe socialiste à l’Assemblée n’a visiblement pas apprécié la démarche de dix députés de droite et de gauche qui, dans le Nouvel Observateur, appellent, chacun avec leurs arguments, à "abolir les privilèges" des parlementaires. "C'est du poujadisme ignorant", a rétorqué mercredi le groupe socialiste dans un communiqué. Pas mieux pour le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui a lancé dans les couloirs du Palais-Bourbon, selon des propos rapportés par Le Monde : "Je commence à en avoir ras le bol de ces députés qui se font une réputation sur le dos des autres!"

Dans son communiqué, le groupe socialiste rappelle par ailleurs  les mesures prises en la matière par l’Assemblée nationale depuis un an : "réduction de 30% du salaire du président, des ministres et des présidents des deux assemblées, plafonnement du nombre des collaborateurs dans les cabinets ministériels, réduction du budget de l'Elysée", baisse de 10% de l'indemnité de frais de mandat des députés ou encore réforme du système de la réserve parlementaire. Les élus de la majorité insistent aussi sur les réformes en cours d'élaboration, en particulier le projet de loi sur la transparence de la vie politique, actuellement en débat à l'Assemblée, et celui sur le cumul des mandats, qui sera examiné début juillet.
Même son de cloche pour le député PS de Paris, Christophe Caresche, sur Twitter :

Une "vague terrible de démagogie"

A l’UMP aussi, l'initiative des dix députés passent mal, même si ceux-ci démentent tout appel. Il s'agit simplement de verbatims compilés sur le sujet. Il faut dire que parmi les dix députés figurent trois UMP : Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez et Gérald Darmanin. Sur RFI, le président de l'UMP Jean-François Copé a regretté  "le caractère populiste ou démagogique" de la proposition de Laurent Wauquiez de supprimer les régimes spéciaux des retraite des parlementaires. Une proposition qui "n'a pas l'air très appréciée" au sein de l'UMP, a ajouté le député-maire de Meaux.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, s'était déjà déclaré mercredi opposé à tout changement du régime de retraite des députés, attaquant ceux qui se livrent dans ses rangs au "concours du plus vertueux", dans une lettre adressée aux députés UMP.

Également interrogé sur la proposition du vice-président de l’UMP sur BFMTV, le député UMP des Yvelines Henri Guaino a pour sa part dénoncé une "vague terrible de démagogie qui déferle sur le pays et sur l’Assemblée". "C'est une bonne manière de se faire de la pub sur le dos des uns et des autres", a quant à lui déclaré sur i-Télé le député de l’Oise Eric Woerth.

Lire aussi l'interview de Bruno Le Maire : "La France n'a pas vocation à être gouvernée par des énarques"

Source : http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Abolition-des-privileges-droite-et-gauche-en-colere-contre-dix-deputes-614553