dimanche 27 janvier 2019

Le RIC n'est qu'une étape. Démonstration avec le texte "Pourquoi est-il vain de revendiquer RIC ?"

Pourquoi est-il vain de revendiquer RIC ?

Parce que cette mesure n’est pas un objectif, mais un moyen censé permettre d’atteindre des objectifs plus élevés. Parce qu’il ne faut pas confondre les fins avec les moyens et que cette mesure n’est pas une fin en soi.



Une nouvelle constitution, de nouvelles lois nous permettraient de nous protéger des puissants ? Voyons, ce sont justement les lois qui permettent à des vieillards milliardaires de nous maintenir dans cet état de servitude et de précarité. Bien que je ne sois pas un fanatique de Rousseau, cette citation, extraite du Contrat social me paraît pleine de bon sens : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir ». Le droit n’est, en effet, que ce qui permet à un pouvoir établi de façon pyramidale de relayer l’influence de ceux qui sont au sommet pour obliger ceux d’en bas à travailler pour ceux d’en haut. Et ce relai n’est rendu possible que par l’obéissance et la servilité à tous les étages. Le système repose donc sur l’obéissance et le droit, une obéissance plus ou moins consentie à des lois qui desservent la majorité au profit d’une minorité, et qui ont été fixées par le système lui-même en vue d’assurer sa pérennité.
Je vous le dis comme je le pense, au risque d’en choquer certains : le RIC est une revendication absurde qui n’a aucune chance d’aboutir. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas en changeant les lois que nous aurons le pouvoir, mais en prenant le pouvoir que nous pourrions éventuellement réécrire les lois, car celles-ci ne peuvent être écrites que par et pour ceux qui détiennent le pouvoir. Autrement dit, le RIC ne permettrait de redonner le pouvoir au peuple, qu’à condition que celui-ci ait déjà le pouvoir ! Ça n’a aucun sens. De plus, en aucune manière, le RIC ne remettrait en cause le système de domination basé sur l’argent dans lequel nous vivons. Tout au plus, il nous permettrait de devenir les auto-gestionnaires de notre propre asservissement, soumis, quoi qu’il en soi, à des impératifs capitalistes qui dépassent le simple cadre national.

D’autre part, pourquoi est-il vain d’avoir de telles revendications ? Parce qu’à vrai dire, il n’y a aucune revendication à avoir, aucune doléance à émettre, mais des objectifs à atteindre, car revendiquer, demander, c’est reconnaître implicitement que notre salut est assujetti au bon vouloir d’une tierce partie, c’est adopter d’emblée une position inférieure, en admettant implicitement que notre sort dépend d’une autorité de laquelle nous reconnaissons tout devoir attendre et à laquelle nous reconnaissons être subordonnés. Manifester en vue de demander au gouvernement qu’il accède à nos requêtes, c’est lui accorder un crédit qu’il ne devrait pas avoir, c’est lui concéder une légitimité qu’il ne mérite pas, lui accorder une confiance dont il n’est pas digne. Il faut être lucide : le pouvoir en place n’accédera JAMAIS à des revendications telles que le RIC, le rétablissement de l’ISF, ou l’augmentation substantielle du pouvoir d’achat. C’est être bien naïf que de croire une telle chose possible. Autant croire au père Noël.

Se révolter pour demander une augmentation du pouvoir d’achat est une attitude tout aussi contradictoire que celle d’un adolescent rebelle qui s’oppose en permanence à ses parents tout en demandant de l’argent de poche. Une telle attitude ne remet pas en cause l’autorité, mais au contraire, la légitime. Un beau jour, l’adolescent réalise qu’il peut gagner sa vie par lui-même sans rien demander à personne. Il réalise que pour voler de ses propres ailes, il lui faut conquérir sa liberté et son indépendance par lui-même. La liberté, ça ne se demande pas, ça se prend. Il en est de même pour le pouvoir. Les Gilets Jaunes n’obtiendront rien d’autre que ce qu’ils prendront par eux-mêmes. Rien ne leur sera donné.

Par cette image quelque peu simpliste, je voudrais adresser un message aux Gilets Jaunes : il est temps de passer à l’âge adulte. Il est temps d’arrêter d’attendre quoi que se soit de nos maîtres. Il est temps d’agir en ayant conscience de notre propre force. Il est temps de voler de nos propres ailes. Il est temps de ne plus attendre quoi que ce soit qui ne viennent pas de nous. Il est temps de prendre en main notre propre destin et d’agir sans avoir de comptes à rendre à personne. Ce monde politico-médiatique et financier vit à nos dépens et nous avons autant besoin de cette caste de parasites que d’une sangsue qui nous pompe notre énergie vitale. N’oubliez pas que nous sommes les forces productives de ce pays et que le pouvoir en place a bien plus besoin de nous que nous n’avons besoin de lui.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le système s’évertue à nous faire croire que sans lui, rien n’est possible, que sans lui, nous serions perdus, que sans lui, nous ne sommes rien, en somme que nous n’avons le choix qu’entre lui ou le chaos. Il n’a de cesse de légitimer sa propre existence en nous forçant insidieusement à jouer à un jeu dont il a lui-même fixé les règles. En réalité, tout pouvoir est illusion et ne repose que sur l’illusion, celle qui consiste à nous faire croire qu’il est indispensable. Il est vain de vouloir combattre directement le système, car il est plus fort que nous. Il suffit de l’abandonner à son propre sort pour qu’il s’effondre de lui-même. Tout au plus, pouvons-nous l’aider à basculer au moment opportun dans le but de provoquer sa chute. Tout comme Satan (l’adversaire), le système se nourrit de toute opposition. S’opposer à Satan, c’est renforcer l’idée même d’opposition qui le caractérise. C’est l’aider à justifier son existence, c’est l’alimenter. Du latin diabolus : celui qui divise, le mot Diable est également porteur de cette même idée d’opposition. Le Diable ne vit que par et pour la division. Il est la division elle-même.

Comment ? On me dit qu’on ne peut se passer de l’argent-monnaie ? Que c’est impossible ? Et bien sachez que l’humanité a vécu plus longtemps sans argent qu’avec. Le pouvoir s’emploie justement à vous faire croire qu’il est impossible de faire autrement, qu’il est impossible de vivre autrement, que notre mode de vie occidental est le plus vertueux de tous alors qu’il est parmi les plus vils.
L’unique stratégie viable à long terme ne peut être basée que sur la désobéissance, le refus d’obtempérer, l’imprévisibilité, le refus de jouer le jeu, et sur l’abandon de toute démarche qui pourrait donner une quelconque légitimité au système. Dans cette perspective, il va sans dire qu’il ne faut pas voter, ne pas aller sur les plateaux de télé, n’accepter aucun débat avec les représentants du pouvoir. Nos dirigeants veulent l’affrontement avec les forces de l’ordre tout en prônant le dialogue avec eux, et ce, dans le but de détourner la colère populaire des vrais responsables en horizontalisant les luttes, et ainsi nous amener sur leur terrain favori, celui du débat. Ils veulent que le mouvement se structure et ait des représentants. Pourtant, le mouvement est déjà structuré. On n'organise pas des manifestations dans toute la France pendant des semaines sans avoir un minimum de structure. En réalité, ce qui gêne le pouvoir, c’est justement la nature spécifique de la structure du mouvement des Gilets Jaunes. Alors que la société est entièrement organisée de façon hiérarchique et pyramidale, le mouvement des Gilets Jaunes est, quant à lui, structuré en réseau. Il n’a pas de chef et ça leur pose un problème, car il est beaucoup plus difficile de contrôler une foule qu’un seul homme. Ils savent mieux que quiconque que le poisson pourrit toujours par la tête. Plus le mouvement sera structuré, en particulier de façon pyramidale, plus il sera prévisible, plus il donnera de prise au pouvoir, plus il sera vulnérable à l’ingénierie sociale. Il faut, en effet, toujours identifier la structure qui se dégage d’un phénomène pour être en mesure de prévoir son évolution. Restons imprévisibles ! Beaucoup ne comprennent rien au mouvement des Gilets Jaunes, et pour cause : il n’adopte pas la forme pyramidale à laquelle les gens serviles sont si habitués. La force du mouvement tient donc à son caractère éruptif, volcanique, mais aussi à cette structure réticulaire inhabituelle, sans doute favorisée par les réseaux sociaux. Le mouvement est subversif jusque dans sa structure.

La solution est plutôt à chercher du côté d’une grève générale illimitée, d’un refus d’obtempérer à la moindre occasion, ou éventuellement d’opérations de sabotage ciblées, plutôt que par des manifestations « pacifiques » qui ont montré leurs limites. En cas de crise grave, les Gilets Jaunes ont tout intérêt à se rapprocher des agriculteurs et des éleveurs, et ce d’autant plus, que les uns comme les autres vivent essentiellement en milieu rural. Nous payons nos produits une fortune en magasin, alors que dans le même temps, les agriculteurs sont rétribués une misère pour ces mêmes produits. Passons-nous de tous les intermédiaires parasites. Favorisons l’entraide et l’échange de compétences à tous les niveaux. Faites-vous des amis, échangez vos coordonnées, recréez du lien social. Le système ne veut qu’une chose : que vous soyez seuls à déprimer devant votre télé et que vous consommiez. Si un camarade plombier me dépanne et qu’à mon tour, je lui rends service, nous sommes tous les deux gagnants. Pas d’argent, pas de contrat, pas de TVA, pas de marge abusive, plus d’intermédiaire parasite.

Il faut ainsi proposer, non pas des lois ou des constitutions, mais un autre mode de vie. Il est temps de proposer et de construire. C’est la clé. Posons les premières pierres d’un monde nouveau, et laissons mourir l’ancien. Je ne doute pas que certains d’entre vous me trouveront utopiste, mais je voudrais leur dire ceci : la véritable utopie consiste justement à croire que nous pouvons continuer à vivre ainsi dans ce monde entièrement dominé par l’argent. Un monde où règne la concurrence, la compétition, la cupidité, les impératifs de rendement, l’injustice, la misère et la guerre. Un tel monde n’a aucun avenir. Il va droit à la destruction. Le bilan n’est plus à faire : tarissement des ressources naturelles, disparition des espèces animales, pollution chimique de l’air, de l’eau, de la terre, agriculture intensive, armes de destruction massives, déchets radioactifs, accidents nucléaires, risque de conflit nucléaire mondial, esclavage par le salariat, stress, burn-outs, solitude, misère, dépression, etc.
Si vous avez cessé de croire qu’une autre façon de vivre est possible, c’est que le système a déjà gagné. Il vous a converti. Il vous a réduit à n’être qu’un simple rouage du système. Un bon petit soldat obéissant. Il y a pourtant de bonnes raison de croire qu’un nouveau monde vient de naître, ici, chez nous, en France. Certes, il n’en est encore qu’à un stade embryonnaire, mais il ne tient qu’à nous de le faire grandir. En effet, qu’ont fait les Gilets Jaunes sur ces ronds-points, si ce n’est être les acteurs d’une toute nouvelle façon de vivre ? Ces campements clandestins n’ont-ils pas été des lieux de partage, de fraternité, de solidarité, de chaleur humaine, d’entraide, de courage, de respect, de lien inter-générationnel, de lien social ? Une initiative qui a permis à certains de sortir de la solitude, à d’autres de cesser d’avoir honte de leur condition et de reprendre confiance en eux en réalisant qu’ils n’étaient pas seuls à souffrir. Certains ont même réveillonné, chanté ou dansé. Et tout ça, sans argent, sans loi, sans constitution, sans juge, sans police, sans administration officielle, et faut-il le rappeler, sans referendum d’initiative citoyenne. Il faut vraiment être inconscient pour oser ainsi remettre à l’endroit, tout ce qui était à l’envers ! C’est beau. Une communauté sans argent, sans salariat et sans état. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il ne s’agit pas d’une simple contestation sociale. Il faut bien mesurer la subversivité de ces occupations clandestines. Rien de tout cela n’est compatible avec le capitalisme. Ces communautés naissantes vont à l’encontre de tout ce que prône le monde moderne : consommation, individualisme, solitude, compétition, spoliation, exploitation, rendement, profits, etc. Il ne fait aucun doute que ce mouvement populaire éruptif préfigure une transformation profonde de la société. Et si vous me permettez de rêver un peu, j’y vois même le signe avant-coureur d’une nouvelle ère, le signe préfigurateur d’un nouvel âge d’or. Une révolte de nature bien plus spirituelle que matérielle, quand bien même a-t-elle été déclenchée par une problématique de pouvoir d’achat. Les Gilets Jaunes ne sont que les premières gouttes d’un acide qui s’apprête à ronger le capitalisme par la corrosion, et je l’espère, jusqu’à l’os. Cette initiative est, en tout cas, la preuve tangible qu’un autre monde est possible. Bien sûr, le chemin qui reste à parcourir est encore long, mais la voie est maintenant ouverte. N’est-il pas surprenant que ce mouvement fasse autant d’émules à l’étranger, qu’il soit repris à l’étranger, comme si les gens hors de France, pressentaient que le peuple français savait mieux n’importe quel autre peuple, le chemin à prendre en vue de recouvrer la liberté ? Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si l’emblème de la France est un coq, un animal de basse-cour, fier et dérangeant, qui annonce avant l’heure l’arrivée d’un jour nouveau. Par son chant, il devance le lever du soleil, qui j’en suis sûr, sera jaune vif.

Olivier L.G.

24 commentaires:

Je a dit…

Le RIC n'est qu'une étape; un compromis entre régime "représentatif" et démocratie directe. Mais ce n'est pas encore la démocratie/l'anarchie telle que décrite dans ce texte.

Je a dit…

C'est ainsi que Condorcet l'avait conçu : le RIC n'aurait dû être que provisoire, le temps d'éduquer les foules politiquement illettrées; dans le but de passer ensuite à la démocratie directe, sans chef, c'est-à-dire à l'anarchie (au sens étymologique : sans hiérarchie). Hélas, ni l'un (le RIC) ni l'autre (l'éducation politique populaire) n'a à ce jour été mis en place en France.

Anonyme a dit…

Je serais prêt à signer tout de suite pour le RIC, si c'était possible, car en effet, c'est mieux que rien. Mais malheureusement, je ne crois pas que ça arrive un jour.

Olivier L.G.

Je a dit…

C'est un rapport de force : celui du "pot de fer" (l’État et les banques) contre le "pot de terre" (le peuple producteur de richesses mais dépouillé par l’État et les banques).

Anonyme a dit…

Quoi qu'il soit possible d'atteindre, je pense en tout cas, qu'il faut avoir un idéal, le plus élevé possible. Il ne faut jamais s'interdire de rêver.

Olivier L.G.

Anonyme a dit…

Il s'agit en effet d'un rapport de force, et dans cette perspective, revendiquer me paraît illusoire.

Olivier L.G.

Je a dit…

Je partage votre rêve (je suis devenu anarchiste depuis que je m'intéresse vraiment à la politique) et je contribue modestement à aller dans cette direction (la seule viable pour l'humanité sur le long terme, me semble-t-il) par l'éducation de mes frères et sœurs humains. L'auditoire de personnes intéressées était (euphémisme) très restreint jusqu'à récemment. Mais le soulèvement des Gilets Jaunes est véritablement porteur d'espoir.

Je a dit…

Reste maintenant à concrétiser. Il y a deux voies complémentaires : celle d'Etienne Chouard (et d'autres) pour l'éducation populaire (conférences, ateliers constituants, etc) et celle de Sylvain Baron pour essayer de mettre en place un gouvernement provisoire en sollicitant toutes sortes de personnes (y compris parmi les militaires).

Anonyme a dit…

Je ne connais pas la littérature anarchiste, mais il se pourrait bien que je anarchiste, au moins dans l'esprit.

Olivier L.G.

Je a dit…

Vous l'êtes complètement !

Je a dit…

Proudhon, Kropotkine, Bakounine, pour les pionniers, Graeber, Chomsky, Bookchin, pour les contemporains, sont quelques pistes de lecture.

Anonyme a dit…

Seule la seconde option me parait réalisable, et encore. Je crois que nous pouvons aussi compter sur le fait que le capitalisme est en bout de course. Le système produit de plus en plus de gens atteints psychologiquement : dépression, burn-out, glissement sociopathique (policiers), narcissisme, etc. Et, il n'est pas exclu non plus que d'autres évènements se produisent (crash boursier, guerre ou autre).

Olivier L.G.

Je a dit…

La prise du pouvoir par les armes me semble inévitable, à terme, si les démarches de Sylvain Baron (et autres) ne réussissent pas. Cela implique une guerre civile, hélas. Car si on met en place des communautés parallèles, comme ce fut le cas en Allemagne après la crise de 1920, dans les années 1930, avec des monnaies locales et l'autosuffisance de nombreuses communes, l’État viendra détruire tout cela; tout ce "manque à gagner".

Je a dit…

Vous devriez lire "L'insurrection qui vient", publié en 2007, par le Comité Invisible. L’État a accusé Julien Coupat d'en être l'auteur. Vu ce que vous écrivez, vous auriez pu en être un co-auteur.

Anonyme a dit…

Je crois aussi qu'il y a une crise de la verticalité. Cela fait plus de deux siècles qu'on nous parle d'égalité, alors que c'est contradictoire avec un système hiérarchisé. Le système est truffé de contradictions, et il est probable qu'il meurt de ses contradictions.

Olivier L.G.

Je a dit…

Oui, quand les Révolutionnaires bourgeois ont renversé le despotisme de la monarchie absolue (en prenant les armes, un ou deux ans après qu'une augmentation d'impôt ne provoque une soulèvement), ils ont simplement pris la place des aristocrates héréditaires au sommet de la hiérarchie mais sans supprimer la hiérarchie.

Je a dit…

Oui, quand les Révolutionnaires bourgeois ont renversé le despotisme de la monarchie absolue (en prenant les armes, un ou deux ans après qu'une augmentation d'impôt ne provoque une soulèvement), ils ont simplement pris la place des aristocrates héréditaires au sommet de la hiérarchie mais sans supprimer la hiérarchie.

Anonyme a dit…

Oui, c'est une hiérarchie sans sacré (hiéros = sacré). Elle est donc privée de sa substance, ce qui me fait dire qu'elle risque de ne pas durer.

Olivier L.G.

Anonyme a dit…

Je jetterai un coup d'œil sur le texte dès que j'aurai le temps.

Olivier L.G.

Anonyme a dit…

Les Gilets Jaunes sont pour beaucoup des gens qui ont entre 40 et 50 ans, c'est à dire des gens qui ont connu un semblant d'éducation, un monde sans internet, sans téléphone portable, et un monde où il y avait encore un peu de liberté. La jeunesse d'aujourd'hui est souvent conformiste, molle, arrogante, et narcissique. Le degré de conditionnement atteint aujourd'hui est sans précédent. Dans dix ans, plus rien ne sera possible, tout sera verrouillé. Une fenêtre de tir se présente à nous en ce moment, et il ne faut pas la rater. Nous n'aurons pas de seconde chance.

Olivier L.G.

Je a dit…

Le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome, sorti en 1970 ou 72 donne exactement la même date que vous annoncez pour le début de l'effondrement : 2030.

Anonyme a dit…

D'où l'intérêt de commencer à établir des communautés résilientes. Des paysans allemands ont sans doute traversé la guerre sans être inquiétés, et en entendant le bruit des bombes au loin.

Olivier L.G.

Je a dit…

Autosuffisance alimentaire, pour commencer. Oui.

Anonyme a dit…

J’ai lu le texte que vous m’avez indiqué. En effet, c’est très proche de ce que j’ai écrit. Le texte est néanmoins plus complet et surtout beaucoup plus long, et sans doute plus littéraire. Ma publication n’était qu’une synthèse d’un texte beaucoup plus long, en cours de rédaction, que j’ai finalement renoncé à publier, car je sais pertinemment que l’immense majorité des gens ne lit pas plus d’une demie page (vous êtes une exception). La dernière partie de « l’insurrection qui vient » m’a particulièrement intéressé, dans la mesure où elle propose des solutions concrètes. Je pense, en effet, que nous sommes arrivés au point où, malheureusement, nous n’avons pas d’autre choix que celui d’être radical. Je me suis intéressé de près à la question de l’autonomie, il y a quelques années, et les conclusions auxquelles je suis parvenu sont aussi très proches, cependant, n’ayant pas vraiment d’expérience de terrain, ce texte m’a éclairé sur des points concrets et précis de stratégies à employer. N’ayant été influencé en aucune manière par les mouvements anarchistes (que je n’ai jamais fréquenté), le fait d’arriver à des conclusions aussi proches me fait dire que mes réflexions ne sont pas dénuées de sens. D’un point de vue objectif, je pense que l’essentiel est dit quant au constat et à la démarche à suivre, cependant, je pense que sur le plan personnel, il y a une forme de nihilisme, au sens ou Nietzsche l’entendait, dans cet idéal révolutionnaire et cet espoir d’ « un grand soir » qui est partagé par beaucoup d’anarchistes ou de marxistes, mais c’est là une question philosophique qui nous amènerait trop loin. Merci en tout cas pour votre suggestion.

Olivier L.G.