mardi 31 octobre 2017

UE = USURE EUROPÉANISÉE

Pour préparer notre rencontre du week-end prochain à Nice, je vous propose de revoir quelques explications fondamentales sur ce que préparent les technocrates aux peuples européens, avenir rendu très visible à travers le "laboratoire esclavagiste de l'UE" en Grèce :

• La rencontre historique avec Myret Zaki à Genève (1M vues), sur les causes premières, économiques et institutionnelles, de la prétendue "crise" grecque :
« L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique » :
https://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM


• [BIENTÔT CHEZ NOUS] Pillage et dévastation volontaires en Grèce, au Portugal et à Chypre – L’UE est un carcan criminel d’usuriers : CORRUPTION généralisée et totale IMPUNITÉ chez les voleurs de pouvoir (baptisés «troïka»):
chouard.org/blog/2017/06/04/bientot-chez-nous-lue-est-un-carcan-criminel-dusuriers-pillage-et-devastation-volontaires-en-grece-au-portugal-et-a-chypre-corruption-generalisee-et-totale-impunite-chez-les-voleurs-de-pouv/

• [À qui sert la prétendue « Union européenne »] Stathis KOUVELAKIS : Après la capitulation de SYRIZA… l’asservissement total du peuple grec (et bientôt le nôtre):
http://chouard.org/blog/2016/08/05/a-qui-sert-la-pretendue-union-europeenne-stathis-kouvelakis-apres-la-capitulation-de-syriza-lasservissement-total-du-peuple-grec/

• Le gouvernement grec devrait reprendre, d’autorité et d’urgence, le droit de créer lui-même la monnaie dont son peuple a besoin :
http://chouard.org/blog/2015/03/15/le-gouvernement-grec-devrait-reprendre-dautorite-et-durgence-le-droit-de-creer-lui-meme-la-monnaie-dont-son-peuple-a-besoin/


Source : https://youtu.be/TLjq25_ayWM

lundi 30 octobre 2017

Le Moteur Stirling

Un moteur économique et écologique, mais interdit par les lobbys pétroliers avec la complicité des gouvernements des grands pays...



Source :  https://youtu.be/2QHHhTvuiuY

vendredi 27 octobre 2017

Padmavati : Ghoomar Song avec Deepika Padukone





Source : https://youtu.be/6cKErCWrb44

Escroquerie Réchauffement Climatique Anthropique ? … 400 articles scientifiques anti-« consensus » publiés en 2017

En 2017 plus de 400 articles scientifiques publiés soutiennent une position sceptique en ce qui concerne l’alarme sur le changement climatique
Un volume croissant de preuves scientifiques infirme le “consensus” sur la science du climat

Kenneth Richard

23 octobre 2017

Source: 
http://notrickszone.com/2017/10/23/400-scientific-papers-published-in-2017-support-a-skeptical-position-on-climate-alarm/#sthash.boGlnqLo.2YidXnts.dpbs

Pendant les 10 premiers mois de l’année 2017, 400 articles scientifiques ont été publiés doutant de la position voulant que le gaz carbonique (CO2) d’origine anthropique soit le facteur directeur de contrôle du thermostat du changement climatique… ou qui d’autre part, mettent en question l’efficacité des modèles de projection climatique et les positions liées au “consensus” généralement acceptées par les législateurs et les médias de masse.
Ces 400 nouveaux articles soutiennent la position disant qu’il y a des limites  et des incertitudes signifiantes inhérentes à notre compréhension du climat et des changements climatiques. La science du climat n’est en rien établie et définitive. Les températures modernes, les niveaux des mers et les évènements climatiques extrêmes ne sont ni inhabituels, ni sans précédents. Bien des régions de la planète sont maintenant plus froide qu’elles ne l’ont jamais été ces derniers 10 000 ans.
Des facteurs naturels tels que l’influence du soleil (106 articles), les oscillations océaniques multi-décennales comme les NAO, AMO/PDO, ENSO (37 articles), les variations de la couverture nuageuse sur des périodes de 10 ans et la variable interne générale, ont exercé une influence significative sur le temps et les conditions climatiques dans le passé et aujourd’hui. Ainsi, détecter un fort signal de forçage anthropique parmi le bruit de la variabilité naturelle non forcée peut par conséquent s’avérer très difficile.
Les politiques actuelles de remédiation, spécifiquement celles liées à la promotion des énergies renouvelables, sont souvent coûteuses, ineffectives et peut-être même détrimentales à l’environnement. D’un autre côté, un taux plus élevé de CO2 atmosphérique et un climat plus chaud fournissent des bénéfices à la biosphère terrestre (ex: planète plus verte favorisant de meileures récoltes).
En 2016 il y a eu 500 articles scientifiques révisés et analysés par les pairs publiés dans des journaux/magazines scientifiques, articles défiant le “consensus” sur la science climatique ( 500 peer-reviewed scientific papers published in scholarly journals (Part 1, Part 2, Part 3) ) Ceci correspond donc à plus de 900 articles en moins de 2 ans.
Ci-dessous vous trouverez les liens vers les listes de 400 articles ainsi qu’un guide pour la catégorisation de ces articles.
Skeptic Papers 2017 (1)
Skeptic Papers 2017 (2)
(Les parties 1 et 2 se trouvent sur la même page)
Part 1. Natural Mechanisms Of Weather, Climate Change  
Solar Influence On Climate (108)
ENSO, NAO, AMO, PDO Climate Influence (37)
Modern Climate In Phase With Natural Variability (13)
Cloud/Aerosol Climate Influence (8)
Volcanic/Tectonic Climate Influence (4)
The Theoretical Greenhouse Effect As Climate Driver (11)
Part 2. Unsettled Science, Failed Climate Modeling
Climate Model Unreliability/Biases/Errors and the Pause (24)
Failing Renewable Energy, Climate Policies (12)
Wind Power Harming The Environment, Biosphere (7)
Elevated CO2 Greens Planet, Produces Higher Crop Yields (5)
Warming Beneficial, Does Not Harm Humans, Wildlife (4)
Warming, Acidification Not Harming Oceanic Biosphere (15)
Decreases In Extreme, Unstable Weather With Warming (3)
Urban Heat Island: Raising Surface Temperatures Artificially (5)
No Increasing Trends In Intense Hurricanes (3)
No Increasing Trends In Drought/Flood Frequency, Severity (3)
Natural CO2, Methane Sources Out-Emit Human Source (4)
Miscellaneous (7)
Part 3. Natural Climate Change Observation, Reconstruction
Lack Of Anthropogenic/CO2 Signal In Sea Level Rise (27)
No Net Warming During 20th (21st) Century (11)
A Warmer Past: Non-Hockey Stick Reconstructions (50)
Abrupt, Degrees-Per-Decade Natural Global Warming (7)
A Model-Defying Cryosphere, Polar Ice (30)
Recent Cooling In The North Atlantic (7)
= = =
Voir notre dossier sur l’escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique (RCA)

mercredi 25 octobre 2017

Le Championnat de la victimisation




Un cirque politique

On pourrait croire qu'il s'agit d'un sketch de Dieudonné avec le sosie de Frédéric Haziza en "champion de la victimisation" mais non; cette scène s'est réellement passée début juillet 2017 lors d'une réunion de l'UNESCO. Faute d'un soutien en faveur d'Israël, son ambassadeur fait une fois de plus appel à la mémoire collective de l'humanité, c'est-à-dire à la Shoah, et inflige à ses détracteurs une minute de silence pour des événements datant d'il y a 70 ans, bien antérieurs au litige actuel : Hébron.

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a inscrit le 7 juillet 2017 sur la Liste du patrimoine mondial le « site de la Vieille ville d’Hébron/Al Khalil » et il « a simultanément été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril ». Lors du vote du Comité de l'Unesco qui a eu lieu à Cracovie, douze États se sont prononcés pour ce classement, six se sont abstenus et trois ont voté contre.
Cette décision a provoqué un tollé en Israël. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré à ce propos : L’Unesco a « estimé que le tombeau des Patriarches à Hébron est un site palestinien, ce qui veut dire non juif, et que c’est un site en danger » [...] « Pas un site juif ? Qui est enterré là ? Abraham, Isaac et Jacob. Sarah, Rebecca, et Léa. Nos pères et nos mères (bibliques) [...] Et le site est en danger ? Il n’y a que dans les endroits où Israël est présent, comme Hébron, que la liberté de religion est garantie pour tous. » Pour contrer cette décision, il a annoncé la création d'un « Musée du patrimoine juif à Hébron », qui sera financé par une réduction « d’un million de dollars du financement israélien destiné à l’ONU ».
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a de son côté salué le vote de l'Unesco comme « un succès dans la bataille diplomatique menée par les Palestiniens sur tous les fronts face aux pressions israéliennes et américaines ».

Mais tout le monde ne s'est pas laissé aller aux sentiments ...

Rappel des faits 

Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a déclaré vendredi [7 juillet 20107] la vieille ville d’Hébron, « zone protégée », en tant que site « d’une valeur universelle exceptionnelle ». 

La question de son inscription sur la liste du patrimoine mondial est l’enjeu d’un affrontement acerbe entre Israéliens et Palestiniens. Douze membres du Comité réuni à Cracovie, dans le sud de la Pologne, ont voté pour l’inscription, six se sont abstenus et trois ont voté contre. Vu l’abstention, la majorité requise était de dix voix.

Les votes pour inscrire des sites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO sont généralement effectués à main levée par tous les États membres. Mais trois pays – la Pologne, la Croatie et la Jamaïque – ont demandé un scrutin secret. Plusieurs États se sont opposés au vote à bulletin secret, conduisant à un échange musclé entre les délégués, et l’ambassadeur israélien Carmel Shama-Hacohen est parti du bureau du président de la session pour montrer le position d’Israël à ce sujet. Cette agitation s’est terminée après que le président de la session, un diplomate polonais, a appelé la sécurité.

Suite à ces résolutions anti-Israël, l'ambassadeur israélien a fait la déclaration suivante ; « On est réunis ici près de la plus large tombe des juifs, mais c’est aussi la plus profonde et la plus obscure des tombes que l’humanité n’ait jamais connues » a déclaré Carmel Shama-Hacohen en référence à la Pologne où s’est tenue cette année l’assemblée annuelle de l’UNESCO, avant de demander aux présents de se lever pour une minute de silence pour les six millions de juifs morts de l’Holocauste.

La représentante de la république cubaine est alors intervenue, accusant Shama-Hacoen de transformer l’assemblée en cirque politique ; avant de surenchérir en déclarant qu' »il ne revenait pas à l’ambassadeur israélien d’exiger une minute de silence et que dans ce cas, elle se permettrait à son tour de demander aux présents de l’observer à la mémoire de tous les Palestiniens morts à cause d’Israël ».

La réalité a dépassé la fiction !
Mais voilà quand même l'original : le sketch de Dieudonné 

 

Sourcehttps://youtu.be/hBi71i7zQ08

mardi 24 octobre 2017

Débat sur la vraie démocratie entre Etienne Chouard et Yvan Blot (version entière)



Source : https://youtu.be/s1QGXCGeFz0

Extrait : La fédération de communes (1min46)



Source : https://youtu.be/0OGuH5qmY9A

Démocratie ou anarchie ? Majorité ou unanimité ? [fil de discussion sur Facebook, groupe "Gentils Virus"]


Thème de la discussion

Dans la démocratie (inventée à Athènes), je crois que tous les citoyens étaient armés. Alors, pour éviter des conflits déséquilibrés, la minorité (des citoyens) se soumettait à la majorité (des citoyens) sans effusion de sang. Mais ne peut-on envisager un système qui aille au-delà de cette "majorité qui s'impose à la minorité" ? Ne peut-on rêver d'un consensus, de choix qui soient pris à l'unanimité ? Peut-être avec un découpage territorial le plus morcelé possible (par exemple : confédération de communes ou de quartiers). Il me semble que c'est le système politique anarchiste [sans pouvoir coercitif] qui va jusqu'au consensus; c'est aussi le système traditionnellement utilisé par les sociétés premières (dites péjorativement "primitives"). Est-ce qu'Etienne Chouard s'est déjà exprimé sur la différence entre démocratie et anarchie ? Sur la différence entre majorité et unanimité ?

Commentaires

Marcos Pouliquen Marcos  Cela me fait penser à l'organisation sociétale de la Gaule, avant l'avènement de l'ère romaine, qui régit toujours nos sociétés. Les Celtes ... ou les Vikings !

Guy Aton Guy  En sociocratie on parle de consentement ; pas de consensus : (extrait - voir le lien en-dessous) : "La prise de décision par consentement se différencie de la prise de décision par consensus : en consensus tout le monde dit « oui », en consentement, personne ne dit « non ». Cela sous-entend que lorsque l’on prend une décision par consentement, on ne va pas chercher la « meilleure solution » mais l’on va partir du principe qu’une bonne décision est celle qui respecte les limites de celles et ceux qui devront l’assumer, et qui ne compromet en rien la capacité de l’organisation à mener à bien sa mission. Le consentement implique qu’une décision ne peut être prise que lorsqu’il n’y a plus d’objection raisonnable à celle-ci. Tant qu’il y a des objections, l’ensemble du groupe est mobilisé pour bonifier la proposition"
Lien : https://colibris06azur.org/index.php/colibris-06/gouvernance/46-decision-par-consentement



Guy Aton Guy  Élément de réponse à ta question sur Étienne Chouard à la minute 15:53 lien ci-dessous:
https://www.youtube.com/watch?v=3TTCXLQn9xw&feature=youtu.be&t=15m53s



"Je pense qu'anarchiste et démocrate, c'est pareil.", dixit Étienne Choaurd

Cyril Colard Cyril  La démocratie est pour moi plus intéressante que l'anarchie. Ton système me semble entre les deux, des démocraties locales choisies et non subies.
 La principal différence, telle que j'en entends personnellement les principes, est que dans la démocratie, il y a la volonté forte de garder un peuple et une structure, là où l'anarchie laisse librement les structures et les peuples se faire d'eux-mêmes. Une démocratie va investir sur de la coercition; elle va tenter d'établir les règles pour que chacun puisse vivre en paix. L'anarchie va considérer que le meilleur système pour obtenir ce résultat est de laisser les individus libres de refuser les règles.

La démocratie, sous sa forme locale, permet de garder une diversité que la démocratie mondialiste ne permet pas (même si les deux ont leurs intérêts propres, et se combinent à merveille ). Mais si elle n'ouvre pas le dialogue ou si elle laisse des abus apparaître, elle donne lieu à des conflits entre groupes qui finissent par se marcher sur les pieds. Il est donc important de réfléchir aux mécanismes permettant de conserver les libertés individuelles ou des groupes locaux, tout en favorisant la jointure des différents groupes et les décisions collectives.
Laurent Gleyse Laurent  l'interview de Thinkerview peut te donner des réponses en ce sens ! Pour moi, il est clair que certaines formes d'anarchisme ont donné des modèles très démocratiques ! Jette un œil à ce qui ce passe au nord de la Syrie (dernier numéro du Monde Diplomatique ou reportage https://www.theguardian.com/tv-and-radio/2017/jul/24/accidental-anarchist-life-without-government-review-paradise-war-torn-syria). Il semble que Murray Bookchin se soit penché sur la question que tu abordes (le libertarisme communal).
Guy Aton Guy  Laurent  : municipalisme libertaire de Murray Bookchin.
Laurent Gleyse Laurent  Oui pardon, merci pour la rectification !

Chouard prend une leçon de démocratie par des pirates, des amérindiens et des serfs

Les 2 anthropologues Graeber et Clastres sur les sociétés primitives, Dupuis-Déri sur la vie au Moyen-âge et Rediker sur les pirates offrent de nouvelles perspectives sur la démocratie.

"La démocratie aux marges" de David Graeber.
"La société contre l'État" de Pierre Clastres.
"Démocratie : histoire politique d'un mot" de Francis Dupuis-Déri.
"Pirates de tous les pays" de Marcus Rediker.

Extrait de "Conférence d'Etienne Chouard, Bordeaux le 21 Aout 2014" www.youtube.com/watch?v=Nu5yZPqSFx0


Source https://youtu.be/PkJMhli6r-U

Qui se cache derrière l'indépendance de la Catalogne ?

Issu de la conférence de François Asselineau de l Union Populaire Républicaine : Les "Eurorégions" : Allons-nous laisser détruire les Nations ? disponible ici https://www.youtube.com/watch?v=bYZ-hsF3CSs



Source https://www.youtube.com/watch?v=bYZ-hsF3CSs

Citation d'Edward Snowden


Edward Joseph Snowden, né le à Elizabeth City, Caroline du Nord, est un informaticien américain, ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA), qui a révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques.
À partir du , Snowden rend publiques par l’intermédiaire des médias, notamment The Guardian et The Washington Post, des informations classées top-secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que les systèmes d’écoute sur internet des programmes de surveillance PRISM, XKeyscore, Boundless Informant et Bullrun du gouvernement américain et les programmes de surveillance Tempora, Muscular et Optic Nerve du gouvernement britannique. Pour justifier ses révélations, il a indiqué que son « seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui. ».
À la suite de ses révélations, Edward Snowden est inculpé le par le gouvernement américain sous les chefs d’accusation d’espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux.
S'exilant à Hong Kong en puis à Moscou, Edward Snowden obtient le l’asile temporaire en Russie. Le il obtient un droit de résidence pour trois ans en Russie.
Le , l’édition américaine du Guardian et le Washington Post se voient décerner le prix Pulitzer pour la publication des révélations sur le système de surveillance de la NSA, rendues possibles grâce aux documents fournis par Snowden.
Le 18 janvier 2017, la Russie prolonge son droit d'asile de trois ans (jusqu'en 2020).

Gouvernance par consentement

Décision par consentement

[Extrait du guide des outils pour agir publié par la Fondation Nicolas Hulot et réalisé en partenariat avec L’Université du Nous.]

1. Définition

La gestion par consentement est la pratique de décision collective associée à la sociocratie, un modèle organisationnel issu des théories systémiques qui a émergé en Hollande dans les années 70 sous l’impulsion de Gerard Endenburg. Il vise à favoriser l’expression et la responsabilité des membres de l’organisation à travers notamment la co-décision dans une relation d’équivalence au pouvoir. Ce dernier point introduit une forme d’organisation construite en cercles qui délimitent les différents périmètres d’autorité d’une organisation. La prise de décision par consentement se différencie de la prise de décision par consensus : en consensus tout le monde dit « oui », en consentement, personne ne dit « non ». Cela sous-entend que lorsque l’on prend une décision par consentement, on ne va pas chercher la « meilleure solution » mais l’on va partir du principe qu’une bonne décision est celle qui respecte les limites de celles et ceux qui devront l’assumer, et qui ne compromet en rien la capacité de l’organisation à mener à bien sa mission. Le consentement implique qu’une décision ne peut être prise que lorsqu’il n’y a plus d’objection raisonnable à celle-ci. Tant qu’il y a des objections, l’ensemble du groupe est mobilisé pour bonifier la proposition. Ainsi, les objections permettent de révéler les limites avec lesquelles le groupe devra composer et indiquent donc l’espace de liberté dont le cercle dispose. L’affectation des personnes à leurs fonctions ou la délégation d’une mission peut également se réaliser par consentement. On utilise alors un second processus sociocratique appelé «l’élection sans candidat » qui, par définition, permet d’ouvrir une grande diversité d’opportunité au groupe puisqu’au départ il est possible d’élire chacun des membres de l’organisation. Elle permet de mettre en lumière les qualités requises pour le poste et de valoriser les richesses humaines disponibles.

LE FACILITATEUR

À la différence de l’animateur qui emmène un groupe vers un objectif à atteindre, le rôle du facilitateur est de dérouler les différentes étapes proposées dans le processus de décision. Qu’il soit ou non membre, il n’a pas de pouvoir sur le groupe. Il n’est pas plus responsable que les autres membres du groupe de la qualité du résultat obtenu.

LE SECRÉTAIRE

Dans le cercle, le secrétaire assure un relevé des décisions et de la matière qui ont émergé de la séance. Durant les prises de décisions, il seconde le facilitateur en notant les propositions, amendements, objections et bonifications. Il est également celui qui remplace le facilitateur lorsque ce dernier est impliqué directement dans une phase du processus. Par exemple, pendant que le facilitateur est concentré sur le traitement d’une objection qu’il a posée, il peut demander au secrétaire d’assurer la facilitation du processus et la reprendra ensuite. Les rôles de facilitateurs et de secrétaires sont attribués par le processus de l’élection sans candidat afin de donner toute la légitimité nécessaire à ceux qui assureront ces missions.

CIRCULATION DE LA PAROLE

S’il est socialement extrêmement simple de se répartir la nourriture contenue dans un plat, il est beaucoup moins naturel de se répartir la parole. À défaut d’une plus grande sagesse collective, les processus régissent la circulation de celle-ci et le facilitateur peut, selon les étapes du processus ou les circonstances, proposer différentes façons de la distribuer :
  • Parole tournante : le facilitateur lance la parole à sa droite ou sa gauche. Chacun s’exprime à son tour. Si quelqu’un n’est pas prêt, il peut passer. Le facilitateur reviendra vers lui une fois le tour terminé.
  • Parole au centre : pour inviter chacun à s’exprimer sur le sujet lorsque bon lui semble. À noter que cette pratique demande de la discipline pour rester centré sur le sujet de départ et ne pas réagir à ce que la personne précédente a exprimé.
  • Parole libre : permet de libérer la circulation de la parole. Celles et ceux qui souhaitent s’exprimer le font. On utilise ce terme en cercle dans l’intention de ne pas rentrer en débat. Chacun s’exprime pour nourrir le centre, c’est à dire pour faire avancer le groupe dans le processus de décision.

L’ÉCOUTE DU CENTRE

Écouter le centre, c’est écouter attentivement ce qui émerge du groupe au-delà de l’expression de chacun de ses membres. Si l’on considère que chaque personne a sa vérité et que personne ne détient LA vérité, alors le cercle sera d’autant plus riche que chacun dispose d’une facette de la résolution de la problématique qui est au centre.
L’écoute du centre invite ainsi chacun à écouter ce que l’autre a à offrir dans une posture de coopération, en lâchant son point de vue (potentiellement divergeant) sur la question et en essayant d’entrevoir en quoi ce qui est dit peut servir le sujet commun.
L’écoute du centre repose sur l’implication de chacun à nourrir le centre, c’est-à-dire d’aller lors de son tour de parole, écouter « ce qui est juste » en soi, participer de façon active, précise, argumentée de sorte à éclairer, apporter de la matière à la construction commune.

2. Mise en œuvre avec deux outils : l'élection sans candidat et la gestion par consentement

A. LA GESTION PAR CONSENTEMENT

0. Préparation de la proposition

  • Écoute du centre : chacun est invité à formuler les éléments importants relatifs au point traité. Cette phase peut prendre la tournure d’une discussion ouverte, cela peut être un temps à part entière.
  • Élaboration de la proposition : déterminer le sujet, la problématique, les arguments.
    Il est conseillé de faire une proposition simple au départ, qui sera transformée par intelligence collective au travers du processus de gestion par consentement.
    Deux possibilités sont offertes :
    • le facilitateur peut demander à une personne de formuler une proposition,
    • quelques personnes peuvent constituer un groupe d’amélioration qui va plancher sur l’élaboration écrite et argumentée de la proposition.
  • Présentation de la proposition : une personne est « porteuse » de la proposition, une seule proposition est traitée à la fois.

1. Clarifications : est-ce clair ? Est-ce que je comprends ?

Chaque participant pose des questions en vue de comprendre la proposition dans son ensemble. C’est le porteur qui répond et clarifie les éléments de la proposition. L’objectif est d’ôter tout doute ou possible interprétation erronée de la proposition, cependant le porteur ne répond pas aux « pourquoi ? ». Il ne s’agit pas à ce stade d’exprimer ce que l’on ressent vis-à-vis de la proposition (phase 2).

2. Ressentis : en quoi la proposition vient satisfaire mes besoins, ceux du projet par rapport à l’organisation ?

Chacun exprime ce que la proposition lui évoque. C’est à ce stade qu’un maximum d’informations peuvent être exposées afin de nourrir le proposeur pour lui permettre d’amender la proposition en phase 3.
Le proposeur tente d’avoir une écoute large, de saisir la température globale de ce qui se dégage au centre.

3. Amendements

Le proposeur est invité, sur la base de ce qu’il a entendu, à, éventuellement :
  • Reclarifier la proposition.
  • Amender la proposition : proposer des modifications (ajouts, retraits).
  • Retirer la proposition s’il s’avère qu’elle n’est pas pertinente. En cas de retrait, le processus reprend à la phase 0 avec une nouvelle proposition.

4. Formuler les objections

Les objections ne sont pas des préférences, des avis, d’autres propositions, c’est ce que l’on considère comme des limites pour soi et pour la mise en œuvre du projet.
  • Le facilitateur fait un tour pour savoir si les membres du groupe ont des objections. Dans un premier temps, ils sont juste invités à dire si « oui » ou « non » ils ont une objection. S’il n’y a que des « non », la proposition est adoptée, aller directement en célébration. S’il y a des objections, elles sont écoutées et traitées une à une. La formulation d’une objection n’est pas la formulation de la solution à celle-ci. Le facilitateur se centre sur l’obtention de la formulation de l’objection. Il note les objections au tableau avec le prénom de la personne qui les porte. Émettre une objection, c’est s’en défaire comme quelque chose de personnel pour en faire la richesse du groupe. Une objection est un véritable cadeau pour le groupe : elle va lui permettre d’aller plus loin en explorant des parties de la proposition encore inexplorées.
  • Le facilitateur teste les objections D’abord, identifier si une objection annule la proposition. Si c’est le cas, retour en 0. Le facilitateur n’a pas le pouvoir de dire si l’objection est raisonnable ou non. Il peut seulement poser des questions afin d’aider celui qui porte l’objection à le déterminer.
Une objection est raisonnable si :
  • Elle invite à une bonification de la proposition par l’intelligence collective du groupe.
  • Elle élimine la proposition, en la rendant impossible à réaliser (on gagne du temps en passant à une autre proposition).
  • Elle est argumentée de manière claire.
  • Elle n’est pas une manière détournée, consciemment ou non, d’exprimer une préférence ou une autre proposition.

5. Bonifications

Le facilitateur traite les objections une par une. Les objections posées au centre sont celles du groupe. La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. Le facilitateur s’assure régulièrement de vérifier que l’objection se lève auprès de la personne qui l’a émise. Si une solution lève l’objection d’une personne, celle-ci en informe le groupe.
Après un tour de levée d’objections, le facilitateur s’assure que de nouvelles ne sont pas apparues. Lorsqu’il n’y a plus d’objection, il y a consentement mutuel, la proposition est adoptée.

Les étapes du processus de 'gestion par consentement'


B. L’ÉLECTION SANS CANDIDAT

0. Définition : fonction, critères, mandat (effectué par le groupe)

Le secrétaire écrit ce qui émerge sur un tableau afin que les informations soient visibles de tous. Il peut reformuler mais il ne censure, ni n’interprète ce qui est proposé.
  • Définir la fonction
    Il s’agit de clarifier les missions afférentes au poste. Quelles tâches ? Quelles responsabilités ? Quel périmètre d’action ? La fonction est généralement déterminée en amont. Une écoute du centre suivie d’une gestion par consentement peut permettre au groupe de l’établir.
  • Lister les critères de choix
    Chacun exprime, selon son point de vue, quels seraient les critères pour remplir la fonction déterminée. Les critères peuvent être contradictoires. Ils pourront être la base de l’argumentation qui suivra, mais pas de façon restrictive. Cela permet une écoute globale par le groupe.
  • Définir le mandat
    Combien de temps ? Quelles conditions ? (Rémunération, nombre d’heures...).

1. Voter

Chacun vote sur un papier collant, écrit son nom et pour qui il vote : « moi X... je vote pour Y... ».
Ce n’est pas un vote à « bulletin secret », il est inutile de plier le bulletin de vote.
Le secrétaire récupère les papiers et les transmet au facilitateur.

2. Dépouillement

Le facilitateur lit à voix haute les résultats, il demande à chaque personne les raisons de son choix : « X... tu as voté pour Y..., peux-tu nous dire pourquoi ? ».
Chacun, au fur et à mesure du dépouillement, va argumenter son choix au groupe, va mettre en avant les qualités qu’il voit en la personne proposée et les raisons pour lesquelles elle pourrait remplir la fonction attendue.
Au tableau, le secrétaire inscrit le nom de la personne proposée et aligne en face le ou les papiers collants.

3. Report de voix

« À l’écoute des arguments : qui souhaite reporter sa voix ? »
À l’invitation du facilitateur, et à l’écoute des arguments évoqués lors du dépouillement, chacun peut, s’il le souhaite, reporter sa voix vers une autre personne ayant été proposée en 2. Ce n’est pas obligatoire.
La personne qui effectue un report argumente son réajustement. Si une personne n’obtient plus de voix à la fin de cette étape, elle ne sera plus éligible pour la suite du processus.

4. Proposition

Le facilitateur va demander au groupe si quelqu’un a une proposition de personne parmi les nominés. Cette proposition sera le départ d’un processus de gestion par consentement afin d’élire la personne qui sera proposée. La proposition peut concerner toute personne ayant au moins une voix après le tour 4. À ce stade, se remémorer le changement de paradigme proposé par l’élection sans candidat : n’est pas recherchée la meilleure personne, mais celle qui saura répondre à la fonction spécifiée.

5. Émettre les objections

Le facilitateur fait un tour en s’adressant à chacun pour savoir s’il y a des objections à ce que la personne proposée soit élue à la fonction. Dans un premier temps, est juste évalué le nombre d’objections. Le facilitateur ne s’adresse pas encore à la personne proposée, elle sera consultée en dernier.
S’il y a des objections, elles sont écoutées. Le secrétaire les note au tableau avec le prénom de celui qui les porte.
Les objections ne sont pas formulées contre la personne, elles ne marquent pas le fait d’une préférence pour une autre personne.

6. Bonifications

La facilitateur, en fonction du nombre d’objections et leur variété, a la possibilité de :
  • retourner en 4. et demander si quelqu’un a une autre proposition afin de voir si une autre personne proposée serait plus à même d’être élue avec moins d’objections à lever.
  • Traiter les objections.
    Le facilitateur traite les objections une par une. Les objections sont devenues celles du groupe.
    La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. Le facilitateur s’assure régulièrement de voir si l’objection se lève auprès de la personne qui l’a émise. Si une solution lève l’objection d’une personne, celle-ci en informe le groupe. Quand toutes les objections sont levées, le facilitateur s’adresse enfin à la personne proposée et lui demande si elle émet une objection à être élue
    • si « non », la proposition est adoptée, aller en célébration
    • si « oui », traiter l’objection. Si l’objection argumentée ne peut pas être levée : retourner en 4. Lorsqu’il n’y a plus d’objection, il y a consentement mutuel. La personne est élue !

Célébration

Pour marquer le fait que l’élection a été prise en consentement mutuel, se féliciter pour cette étape franchie en groupe. Au groupe de définir la manière dont il va célébrer cela (applaudissements, repas, fête...).

Les étapes du processus 'élection sans candidat'



Sources : « La démocratie se meurt, vive la sociocratie », Gilles Charest, Centro Esserci, 2007.

dimanche 22 octobre 2017

Le président de Goldman Sachs annonce qu’il va falloir annuler le Brexit « d’une façon ou d’une autre »


L’ancien Commissaire européen à la concurrence, ancien directeur général de l’OMC, actuel président de l’European Policy Center et actuel président de Goldman Sachs International a diffusé le tweet suivant suite à la victoire du Brexit au référendum britannique :
« La jeune génération au Royaume-Uni a été sacrifiée, tout ça à cause d’une déformation des faits et des conséquences. D’une façon ou d’une autre, ce résultat doit être annulé. »

RAPPELS SUR PETER SUTHERLAND

Extrait de la notice Wikipedia de Peter Sutherland
Peter Sutherland, né le 25 avril 1946 à Foxrock dans le comté de Dun Laoghaire-Rathdown, est une personnalité des affaires et un homme politique irlandais.

Il est président de l’European Policy Centre, de Goldman Sachs International (depuis 1995), de BP (British Petroleum) (1997-2009), et aussi de la section Europe de la Commission Trilatérale (2001-2010). Il est aussi directeur non exécutif de la Royal Bank of Scotland.

De 1985 à 1989, il a été en poste à Bruxelles en tant que commissaire responsable de la politique de concurrence. Entre 1989 et 1993, Peter Sutherland a été président de Allied Irish Banks. Il fut directeur général du GATT et de l’OMC de 1993 à 1995.

Peter Sutherland est aussi le représentant honoraire pour l’Union européenne du Transatlantic Policy Network.

Dans sa fonction comme envoyé spécial des Nations Unies Peter Sutherland a proposé aux États de l’Union européenne de « miner » ou « affaiblir leur homogénéité nationale ».
Source : http://www.bbc.com/news/uk-politics-18519395 ]
Il a été membre du comité directeur du groupe Bilderberg.
[ Source : http://www.bilderbergmeetings.org/former-steering-committee… ]
[ Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Sutherland ]

Le fondateur du christianisme serait ... Paul de Tarse

Bien que ce soit saint Pierre que la tradition chrétienne considère comme "le premier évêque de Rome" (et donc le premier pape de l’Église catholique), c'est saint Paul de Tarse qui serait historiquement le fondateur du christianisme [au sens de propagation de la croyance parmi les non-Juifs]. 

Voir le débat autour de cette hypothèse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_de_Tarse#R.C3.B4le_de_Paul_dans_la_fondation_du_christianisme


Paul de Tarse ou saint Paul, portant aussi le nom juif de Saul qui se prononce « Shaoul » ([ʃaul]) (né probablement à Tarse en Cilicie au début du Ier siècle et mort vers 67 - 68 à Rome), est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des « Douze ». Il est citoyen romain de naissance et juif pharisien. Le Nouveau Testament le présente comme un persécuteur des disciples de Jésus jusqu'à sa rencontre mystique avec le Christ, vers 32-36, mais la réalité de ces persécutions fait débat dans l'historiographie moderne, tout comme l'emploi du terme de « conversion » à son propos.
Au cours des années 40, Paul fonde plusieurs Églises dans le territoire de la Turquie actuelle, et effectue un deuxième voyage missionnaire en Asie Mineure et en Grèce. Dans les années 50 et 60, tout en poursuivant sa mission itinérante, il adresse un certain nombre de lettres à ces nouvelles Églises.
Ces lettres, dites « épîtres pauliniennes », sont les documents les plus anciens du christianisme. Toutes ont été écrites avant les Évangiles. Elles représentent l'un des fondements de la théologie chrétienne, en particulier dans le domaine de la christologie, mais aussi, d'un point de vue historique, une source majeure sur les origines du christianisme.

Pierre (saint Pierre dans certaines Églises chrétiennes), de son vrai nom Simon ou Simon Bar-Jona (ou Barjona, le révolutionnaire en araméen ou « fils de Jonas » selon la tradition chrétienne), aussi appelé Kephas (« le roc » en araméen) ou Simon-Pierre, est un Juif de Galilée ou de Gaulanitide, connu pour être l'un des disciples de Jésus de Nazareth. Il est répertorié parmi les apôtres au sein desquels il semble avoir tenu une position privilégiée du vivant de Jésus avant de devenir, après la mort de ce dernier, l’un des dirigeants majeurs des premières communautés paléochrétiennes. Il est né vraisemblablement au tournant du Ier siècle av. J.-C. et serait mort selon la tradition chrétienne vers 64-70 à Rome. Les historiens soulignent le caractère très incertain de la date et des circonstances de sa mort et doutent de la pertinence du lieu traditionnellement retenu pour son exécution.
La tradition chrétienne en fait le premier évêque de Rome et l'Église catholique revendique sa succession apostolique pour affirmer une primauté pontificale — que lui contestent les autres confessions au sein de la chrétienté — et dont l'actuel pape est le représentant.
Il a suscité un grand nombre d'œuvres artistiques, en particulier dans l'Occident latin.

"Anarchisme chrétien", est-ce un oxymore ?

Depuis que j'ai écouté Étienne Chouard expliquer le sens véritable, étymologique, du mot "démocratie" ("demos", le peuple", "kratos" pouvoir ; c'est-à-dire : le peuple commande), je m'intéresse à ses formes historiques. Cela m'a permis de comprendre :
- que nos républiques françaises successives n'étaient que des oligarchies (marchandes, industrielles, bancaires);
- et, paradoxalement, que les peuples appelés péjorativement "primitifs" sont en fait les seuls vrais démocrates, et même mieux que des démocrates (où la majorité s'impose à la minorité, au besoin par la force ); ce sont des anarchistes : pas de chef avec un pouvoir coercitif.

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Après avoir étudié la démocratie (où le tirage au sort des magistrats parmi les citoyens tient un rôle essentiel), je me suis intéressé à l'anarchisme politique né en même temps que la société industrielle, en réaction au capitalisme.

Mais, pour compliquer les choses, c'est un mouvement pluriel qui embrasse l'ensemble des secteurs de la vie et de la société.

En 1928, Sébastien Faure, dans La Synthèse anarchiste, définit quatre grands courants qui cohabitent tout au long de l'histoire du mouvement :
• l'individualisme libertaire qui insiste sur l'autonomie individuelle contre toute autorité ;
• le socialisme libertaire qui propose une gestion collective égalitaire de la société ;
• le communisme libertaire, qui de l'aphorisme « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » créé par Louis Blanc, veut économiquement partir du besoin des individus, pour ensuite produire le nécessaire pour y répondre ;
• l'anarcho-syndicalisme, qui propose une méthode, le syndicalisme, comme moyen de lutte et d'organisation de la société.

Depuis, de nouvelles sensibilités se sont affirmées, telles l'anarcha-féminisme, l'anarchisme chrétien ou l'écologie sociale.  Liste non exhaustive !

En 2007, l'historien Gaetano Manfredonia propose une relecture de ces courants sur base de trois modèles.
• Le premier, « insurrectionnel », englobe autant les mouvements organisés que les individualistes qui veulent détruire le système autoritaire avant de construire, qu’ils soient bakouniniens, stirneriens ou partisans de la propagande par le fait.
• Le second, « syndicaliste », vise à faire du syndicat et de la classe ouvrière, les principaux artisans tant du renversement de la société actuelle, que les créateurs de la société future. Son expression la plus aboutie est sans doute la Confédération nationale du travail pendant la révolution sociale espagnole de 1936.
• Le troisième est « éducationniste réalisateur » dans le sens où les anarchistes privilégient la préparation de tout changement radical par une éducation libertaire, une culture formatrice, des essais de vie communautaires, la pratique de l'autogestion et de l'égalité des sexes, etc. Ce modèle est proche du gradualisme d'Errico Malatesta et renoue avec « l’évolutionnisme » d'Élisée Reclus.

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Dans cet article, je vais m'intéresser à l'anarchisme chrétien. Et plus particulièrement, je vais exposer pourquoi il me semble difficile de concilier le concept d'anarchisme ("ni dieu, ni maître") à celui de christianisme ("un seul Dieu, un seul maître").



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Récemment, j'ai eu la chance de dialoguer avec un internaute (se présentant sous le pseudonyme de Madinx Imaginal ou encore d'Anarchriste) qui se réclamait justement de l'anarchisme chrétien. J'ai voulu en savoir plus car lui-même précisait qu'il était chrétien catholique ;  ce qui sous-entend un attachement total, inconditionnel, à l'Écriture Sainte, à  la Tradition apostolique et au Magistère de Pierre

Après de nombreuses circonvolutions (cet internaute faisant un tantinet preuve de prosélytisme), j'ai réussi à obtenir de sa part un article issu de son blog Anarchrisme : http://anarchrisme.blog.free.fr/index.php?post%2F2011%2F07%2F20%2FL%C3%A9gitimit%C3%A9-de-l%E2%80%99anarchisme
Ci-dessous, j'ai intercalé les commentaires que j'ai ensuite rédigés, paragraphe par paragraphe.

"Que ce soit parmi les catholiques ou les anarchistes, beaucoup de difficultés de compréhension proviennent de la confusion des termes État, gouvernement, société. Dans son ouvrage les lois internes de la société, le père Luigi Sturzo fait le meilleur exposé catholique que j'ai jamais lu sur la question. Il montre que l’État n'est qu'une forme de gouvernement. Quand on cherche à analyser la position des anarchistes (en particulier des anarcho-syndicalistes), on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'autre chose que de corps de gouvernement décentralisés et autonomes. C'est une forme de gouvernement. La confusion naît de ce que quelques écrivains anarchistes font du mot gouvernement un synonyme d’État; ils expriment leur refus catégorique de croire au gouvernement alors qu'ils veulent parler de l’État."

Tout à fait d'accord avec le premier paragraphe dont j'ai retenu cet extrait : "Luigi Sturzo [...] montre que l’État n'est qu'une forme de gouvernement. Quand on cherche à analyser la position des anarchistes, on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'autre chose que de corps de gouvernement décentralisés et autonomes."

"En démocratie, l’État est le gouvernement par mode de représentation. Mais rien n'oblige un catholique à croire qu'un peuple doive nécessairement être gouverné par des représentants. Le catholique est libre de préférer tel ou tel mode de gouvernement, comme le montre clairement saint Thomas [d'Aquin] dans le traité de la loi de La Somme Théologique. Dans la question 90, article 3, saint Thomas affirme : Une loi, à proprement parler, regarde d’abord et avant tout l’ordre du bien commun. Ordonner quoi que ce soit au bien commun appartient soit à tout le peuple, soit à quelqu’un qui est le représentant de tout le peuple. D’où il appartient, soit à tout le peuple, soit à un personnage public qui à la charge de tout le peuple, de faire des lois, car dans toutes les autres matières, ordonner toute chose à la fin concerne celui à qui la fin appartient."

Au début du deuxième paragraphe, il y a un mot qui peut être discuté : "En démocratie l’État est le gouvernement par mode de représentation." C'est le mot "démocratie". Peut-être vaudrait-il mieux écrire "république"; d'autant plus que la représentation actuelle, celle de l'élection, donne des pouvoirs de décisions aux élus; alors que dans une démocratie, le représentant n'est qu'un porte-parole; il ne prend pas de décision en son nom propre.
Deuxième paragraphe toujours, une citation éclairante de saint Thomas : "Il appartient, soit à tout le peuple, soit à un personnage public qui à la charge de tout le peuple, de faire des lois." Ainsi donc, l'individu catholique peut s'accommoder soit de la démocratie, soit de la monarchie (en passant par l'oligarchie, je suppose) pourvu que cela soit pour le bien commun et/ou le respect du dogme catholique. 
Dans ma représentation, la patriarcat, la hiérarchie verticale étaient des caractéristiques du catholicisme [de l’Église catholique], et donc très difficilement compatibles avec un gouvernement horizontal/démocratique.
 
"Les anarchistes pensent que tout le peuple constitué en communauté devrait s’occuper des tâches de gouvernement au lieu de recourir à l’intermédiaire d’un État distant et centralisé. La citation de saint Thomas prouve qu’une telle conviction n’a rien d’hérétique. Un chrétien peut certainement être anarchiste. Quant au gouvernement procédant du péché, saint Augustin distingue entre gouvernement de coercition et gouvernement de direction. Il dit que le premier résulte du péché mais non le second, parce que l’homme est un être social. On pourrait dire que les anarchistes soutiennent le gouvernement de direction (aide mutuelle) mais rejettent le gouvernement de coercition (État)."

D'accord avec le troisième paragraphe. C'est bien la coercition le problème des gouvernements qu'ils soient marxistes, libéraux/consuméristes, fascistes , théocratiques ou autres.

"Notre Seigneur nous apprit à prier ainsi : « Que votre règne arrive sur la terre comme au ciel. » En d’autres termes plus le gouvernement terrestre se rapproche de l’ordre des choses du ciel, plus il est chrétien. Je crois fermement, sans savoir si c’est réalisable ou non, que la société anarchiste est plus proche de cet idéal que n’importe quelle autre forme de gouvernement. Comme le chrétien vit dans l’espérance, nous pouvons en faire le but que nous travaillons à réaliser, même si cela parait aussi peu pratique que le calvaire."

Extrait d’une lettre de Robert Ludlow, rédacteur en chef du Catholic Worker, à Dorothy Day, vers 1936, cité in La longue solitude, mémoire de Dorothy Day, éditions du Cerf, 1955.



Quatrième et dernier paragraphe : "plus le gouvernement terrestre se rapproche de l’ordre des choses du ciel, plus il est chrétien." C'est là où cela m'inquiète (si l'on veut lier les deux concepts "anarchisme" et "catholicisme") car au Ciel, il y a Dieu puis toute une hiérarchie d'archanges, anges et multiples autres catégories (neuf classes réparties en trois degrés). 
Pas vraiment horizontal/démocratique ! 
Je l'associerai plutôt à la monarchie absolue si je devais faire une analogie politique. Un "bon roi" peut-être mais un roi tout-puissant tout de même.
D'ailleurs, le gouvernement terrestre qui se rapproche le plus de "l’ordre des choses du ciel", celui qui est le plus chrétien  (au sens de catholique apostolique et romain), c'est celui du Vatican.  
Le Vatican est une monarchie absolue et élective : le pape est élu à la majorité qualifiée (2/3 des voix) lors du conclave (collège exclusivement constitué d'hommes : les évêques et cardinaux), et règne à vie en principe, mais il peut aussi renoncer/abdiquer. Le Vatican peut également se définir comme une théocratie dans la mesure où son existence, son fonctionnement et son action sont dominés par un impératif religieux.
Ainsi, le pape dispose du pouvoir absolu (exécutif, législatif et judiciaire).

En conclusion, "l'anarchisme catholique" est un oxymore, n'en déplaise à mon interlocuteur.

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Mais peut-être que des formes anciennes du christianisme (antérieures à l’institution d'une Église très hiérarchisée) permettent de s'approcher de l'anarchisme. Cet anarchisme serait toutefois issu d'individus "hétéronomes" ("qui reçoivent leurs règles de quelqu'un d'autre; Dieu/Jésus-Christ en l'occurrence) et non d'individus autonomes (au sens étymologique : "qui écrivent leurs règles eux-mêmes").

La définition qu'on trouve dans l'encyclopédie en ligne fait effectivement référence à d'anciennes communautés spirituelles :

L'anarchisme chrétien entend formuler et actualiser la plupart des questionnements des premières sociétés chrétiennes, en référant parfois jusqu'à l'expérience des communautés esséniennes pour justifier ses options spirituelles et politiques.

Pour en savoir plus  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ess%C3%A9niens