dimanche 21 juin 2026
samedi 20 juin 2026
Interventions psychologiques chez les personnes atteintes de trouble de la personnalité antisociale
Contexte
Les personnes souffrant de troubles de la personnalité antisociale (TPA) sont susceptibles de présenter des comportements délétères pour elles-mêmes et pour leur environnement social, et cela au détriment des lois. Ces personnes peuvent être malhonnêtes et agir agressivement sans réfléchir. Beaucoup d’entre elles abusent de drogues et d’alcool. Certains types d’interventions psychologiques, telles que les thérapies par la parole ou les thérapies cognitives, pourraient accompagner favorablement les personnes souffrant de TPA. Ces traitements visent à ajuster le comportement de la personne, à adapter sa façon de penser ou à l'aider à gérer son trouble du contrôle des impulsions, ses tendances à l'automutilation, aux abus de drogues et d'alcool ou de comportement négatif.
Cette revue est une mise à jour de celle publiée en 2010.
Problématique de la revue
Quels sont les effets des thérapies de types psycho-analytiques ou systémiques pour des adultes (18 ans et plus) atteints de TPA, par rapport au traitement habituel, à la liste d'attente ou à l’absence de traitement ?
Caractéristiques des études
Nous avons collecté des études considérées comme pertinentes jusqu'au 5 septembre 2019. Nous avons recensé 19 études pertinentes pour 18 interventions psychologiques différentes. Des données ont été rapportées pour 10 études impliquant 605 adultes (âgés de 18 ans et plus) avec un diagnostic de TPA, vivant dans la communauté, dans un cadre hospitalier ou pénitentiaire. Huit interventions rapportent les principaux critères de jugement envisagés dans la revue (agression, condamnations réitérées, fonctionnement général/social et effets défavorables observés), mais peu d'entre elles comportaient des données sur les participants atteints de TPA. Les études retenues comparaient une intervention psychologique aux traitements habituels (TH), appelés «thérapie de maintien» dans certaines études.
La plupart des études ont été menées au Royaume-Uni ou en Amérique du Nord et ont été subventionnés par les principaux conseils de la recherche de ces pays. Les études comprenaient plus de participants masculins (75 %) que féminins (25 %), dont l'âge moyen était de 35,5 ans. La durée des études varie de 4 à 156 semaines. La plupart des études (10 sur 19) ont utilisé des approches méthodologiques approximatives, ce qui rend les résultats obtenus incertains et ne permet pas de statuer sur l’efficacité des traitements dans nos conclusions.
Résultats principaux
Nous présentons ci-dessous les résultats de chaque étude comparative, lorsque des données étaient disponibles pour un critère de jugement primaire.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) associée au TH comparé au TH seul Il n’y avait de différence entre la TCC associée et le TH seul pour les critères agression physique ou les troubles du fonctionnement social mais les données probantes relevées dans cette étude restent incertaines.
Programme Counseling sur le mode de vie impulsive (Impulsive Lifestyle Counselling, ILC) associé au TH comparés au TH seul Aucune différence n’a été observée entre le programme ILC associé au TH et le TH pour les critères agression ou effets indésirables de décès de la personne ou d'incarcération mais les données probantes sont incertains.
Programme de Gestion des imprévus (Contingency management, CM) associé aux thérapies de maintien comparés aux thérapies de maintien seules. Le CM associé à la thérapie de maintien, par rapport à la thérapie de maintien, pourrait améliorer légèrement le fonctionnement social.
Programme de « Conduite en état d'ébriété » (CEE) associé à l’incarcération comparée à l’incarcération. Il n'y a pas de différence relevée entre les taux de CEE associé à l’incarcération et les cas d'incarcération à la suite d'une nouvelle condamnation (nouvelle arrestation), mais les données probantes sont très incertaines.
Thérapie des schémas (TdS) comparée aux TH. Les données probantes sont très incertaines quant à l'effet de la TdS par rapport aux TH dans le cadre des nouvelles condamnations. Certains éléments indiquent que, par rapport aux TH, la TdS pourrait améliorer un aspect du fonctionnement social : le délai d’admissibilité à la sortie sans surveillance. Il n'y avait pas de différence entre la TdS et les TH pour l’ensemble d’effets indésirables classés globalement comme des résultats négatifs, mais les critères de jugement obtenues sont incertaines.
La Thérapie de résolution de problèmes (TRP) associée à la psychoéducation (PE) comparée au TH. Il n'y avait pas de différence entre la TRP associée à la PE et la TH pour le niveau de fonctionnement social des participants, mais les données probantes sont très incertaines.
La thérapie comportementale dialectique (TCD) par rapport aux TH. Les résultats suggèrent que, par rapport aux TH, la TCD pourrait réduire le temps journalier d'automutilation, mais les données probantes sont très incertaines.
Gestion des risques psychosociaux (programme GRP "Resettle") par rapport aux TH. Il n'y a pas de différence significative relevée entre le GRP et les TH pour le nombre d'infractions signalées un an après la sortie de prison, ou pour le risque de décès pendant l'étude, bien que les données probantes soient très incertaines.
Conclusions
La présente revue montre qu’il n’y a pas suffisamment de données probantes de bonne qualité pour statuer sur une quelconque recommandation plutôt qu’une autre en faveur d’un traitement psychologique des personnes diagnostiquées avec un trouble de la personnalité antisociale.
Lire le résumé complet
Contexte
Le trouble de la personnalité antisociale (TPA)
est associé à une vulnérabilité de l’état mental, à la criminalité, à la
consommation de substances et à des difficultés sociales et
relationnelles. Cette revue met à jour les données issues de la revue de
Gibbon 2010 (version précédente de la revue actuelle).
Objectifs
Évaluer les bénéfices et les effets indésirables potentiels des interventions psychologiques pour les adultes atteints de TPA.
Stratégie de recherche documentaire
Les recherches ont été effectuées dans CENTRAL,
MEDLINE, Embase, 13 autres bases de données et deux registres d'essais
jusqu'au 5 septembre 2019. Nous avons également consulté des références
bibliographiques et contacté les auteurs des études pour cibler les
études relevées.
Critères de sélection
Essais contrôlés randomisés sur des adultes, où
les participants ayant reçu un diagnostic de TPA ou de trouble de la
personnalité dyssociale représentaient au moins 75 % de l'échantillon
aléatoirement obtenu pour recevoir une intervention psychologique, un
traitement habituel (TH), un groupe-contrôle sur liste d'attente ou
aucun traitement. Les principaux critères de jugement ont été
l'agression, la condamnation réitérée, le fonctionnement de l’état
général, le fonctionnement social et les effets défavorables.
Recueil et analyse des données
Nous avons suivi les procédures méthodologiques standard définies par Cochrane.
Résultats principaux
Cette revue comprend 19 études (huit nouvelles
pour cette mise à jour), comparant une intervention psychologique aux TH
(également appelée « thérapie de maintien » dans certaines études).
Huit des 18 interventions psychologiques ont fourni des données sur nos
principaux critères de jugement.
Quatre études se sont concentrées
exclusivement sur des participants atteints de TPA, et 15 sur des
sous-groupes de participants atteints de TPA. Des données étaient
disponibles pour seulement 10 études impliquant 605 participants.
Huit
études ont été menées au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, et une en
Iran, au Danemark et aux Pays-Bas. La durée des études varie de 4 à 156
semaines (médiane = 26 semaines). La plupart des participants (75%)
étaient des hommes ; l'âge moyen était de 35,5 ans. Onze études (58 %)
ont été financées par des conseils de recherche. Le risque de partialité
était élevé pour 13 % des critères, ambigu pour 54 % et faible pour 33
%.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) associée aux TH
par rapport aux TH seuls
Une étude relevée (52 participants) n'a pas trouvé des données
probantes indiquant une différence entre la TCC associée au TH et le TH
seul pour le critère agression physique (rapport des cotes (RC) 0,92, IC
à 95% 0,28 à 3,07 ; données probantes d’un niveau de confiance faible)
dans un contexte de suivi de patients externes, 12 mois après
l'intervention.
Une étude (39 participants) n'a pas trouvé des
données probantes indiquant une différence entre la TCC associée au TH
et le TH seul pour le fonctionnement social (différence moyenne (DM)
-1,60 points, IC à 95% -5,21 à 2,01 ; données probantes d’un niveau de
confiance très faible), mesurée par le questionnaire de fonctionnement
social (QFS ; fourchette = 0-24), pour les patients externes, 12 mois
après avoir bénéficié de l’intervention.
Programme Counseling sur le mode de vie impulsive (Impulsive Lifestyle Counselling, ILC) associé au TH comparés au TH seul
Une étude (118 participants) n'a pas trouvé des données probantes
indiquant une différence entre le programme ILC associé au TH et le TH
seul pour le critère agression (évaluée avec le questionnaire
d’agressivité de Buss-Perry (Aggression Questionnaire-Short Form)) pour
les patients externes à neuf mois après intervention (DM 0,07, IC à 95%
-0,35 à 0,49 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible).
Une
étude (142 participants) n’a pas trouvé de données probantes indiquant
une différence entre le programme ILC associé au TH et le TH seul pour
les effets indésirables : décès (RC 0,40, IC à 95% 0,04 à 4,54 ; données
probantes d’un niveau de confiance très faible) ou incarcération (RC
0,70, IC à 95% 0,27 à 1,86 ; données probantes d’un niveau de confiance
très faible) pour les patients externes entre trois et neuf mois de
suivi.
Programme de Gestion des imprévus (Contingency management, CM)
associé aux thérapies de maintien comparés aux thérapies de maintien
seules
Une étude (83 participants) a trouvé des données probantes
indiquant que, comparé à la thérapie de maintien, le CM associé aux
thérapies de maintien pourrait améliorer le fonctionnement social,
mesuré par les scores familiaux/sociaux sur l’Indice de gravité d'une
toxicomanie (IGT ; fourchette = 0 (aucun problème) à 1 (problèmes
graves) ; DM -0,08, IC à 95% -0,14 à -0,02 ; données probantes d’un
niveau de confiance faible) pour les patients externes à six mois de
l’intervention proposée.
Programme « Conduite en état d'ébriété » (CEE) associé à l’incarcération
comparé à l’incarcération seule
Une étude (52 participants) n'a pas trouvé de données probantes
indiquant une différence entre le CEE associé à l'incarcération et
l'incarcération seule sur les taux de condamnation renouvelée (risque
relatif 0,56, IC -0,19 à 1,31 ; données probantes d’un niveau de
confiance très faible) pour les participants prisonniers à 24 mois.
Thérapie des schémas (TdS) par rapport au TH
Une étude (30 participants dans un hôpital psychiatrique
sécurisé, 87% avaient un diagnostic de TPA) n’a pas trouvé des données
probantes indiquant une différence entre la TdS et le TH au regard du
nombre de participants en situation de condamnation réitérée (RC 2,81,
IC à 95% 0,11 à 74,56, P = 0,54) à trois ans. La même étude a trouvé que
la TdS pourrait être plus susceptible d'améliorer le critère
fonctionnement social (évalué par le nombre moyen de jours avant que les
patients ne bénéficient d'une sortie sans surveillance (DM -137,33, IC à
95% -271,31 à -3,35) par rapport aux TH, et n’a pas trouvé de
différence entre les groupes pour le critère effets défavorables
généraux, classés comme le nombre de personnes subissant un résultat
négatif global sur une période de trois ans (RC 0,42, IC à 95% 0,08 à
2,19). Le niveau de confiance pour tous les critères de jugement était
très faible.
La Thérapie de résolution de problèmes (TRP) associée à la psychoéducation (PE) comparée au TH
Une étude (17 participants) n’a pas trouvé des données probantes
indiquant une différence entre la TRP associée à la PE et le TH pour le
critère se rapportant au niveau de fonctionnement social des
participants (DM -1,60 points, IC à 95% -5,43 à 2,23 ; données probantes
d’un niveau de confiance très faible) évalué avec le QFS six mois après
l'intervention.
La thérapie comportementale dialectique (TCD) par rapport aux TH
Une étude (données biaisées, 14 participants) a fourni des
données probantes d’un niveau de confiance très faible sur seule base du
récit des auteurs, que la TCD par rapport au TH pourrait réduire le
nombre de jours d'automutilation pour les patients externes deux mois
après l'intervention.
Gestion des risques psychosociaux (programme GRP "Resettle") par rapport aux TH
Une étude (données biaisées, 35 participants) n’a pas trouvé des
données probantes indiquant une différence entre le GRP et le TH pour un
certain nombre d'infractions officiellement enregistrées un an après la
sortie de prison. Elle n'a également pas trouvé de données probantes
indiquant une différence entre le GRP et le TH pour l'événement
indésirable du décès pendant la période d'étude (RC 0,89, IC à 95% 0,05 à
14,83, P = 0,94, 72 participants (90 % avaient un TPA), 1 étude,
données probantes d’un niveau de confiance très faible).
Conclusions des auteurs
Il existe très peu de données probantes sur les
effets des interventions psychologiques pour les adultes atteints de
troubles de la personnalité antisociale. Peu d'interventions ont abordé
les principaux critères de jugement de cette revue et, sur les huit qui
l'ont fait, seules trois (CM associé à la thérapie de maintien, TdS et
TCD) ont montré que l'intervention pouvait être plus efficace que
l’intervention-contrôle. Aucune intervention n'a fait état de données
probantes convaincantes de changement dans le comportement antisocial.
Dans l'ensemble, le niveau de confiance des données probantes était
faible ou très faible, ce qui signifie que nous avons une confiance très
limitée dans les estimations des effets d’interventions, rapportées
dans les études.
Les conclusions de cette mise à jour n'ont pas
changé par rapport à celles de la révision initiale, malgré l'ajout de
huit nouvelles études. Ces éléments soulignent le besoin permanent
d'études méthodologiquement rigoureuses pour obtenir des données
supplémentaires afin de guider le développement et l'application
d'interventions psychologiques pour les personnes souffrant de troubles
de la personnalité aiguë et pourrait suggérer qu'une nouvelle approche
est nécessaire.
Le trouble de la personnalité antisociale (TPA) est associé à une vulnérabilité de l’état mental, à la criminalité, à la consommation de substances et à des difficultés sociales et relationnelles. Cette revue met à jour les données issues de la revue de Gibbon 2010 (version précédente de la revue actuelle).
Objectifs
Évaluer les bénéfices et les effets indésirables potentiels des interventions psychologiques pour les adultes atteints de TPA.
Stratégie de recherche documentaire
Les recherches ont été effectuées dans CENTRAL, MEDLINE, Embase, 13 autres bases de données et deux registres d'essais jusqu'au 5 septembre 2019. Nous avons également consulté des références bibliographiques et contacté les auteurs des études pour cibler les études relevées.
Critères de sélection
Essais contrôlés randomisés sur des adultes, où les participants ayant reçu un diagnostic de TPA ou de trouble de la personnalité dyssociale représentaient au moins 75 % de l'échantillon aléatoirement obtenu pour recevoir une intervention psychologique, un traitement habituel (TH), un groupe-contrôle sur liste d'attente ou aucun traitement. Les principaux critères de jugement ont été l'agression, la condamnation réitérée, le fonctionnement de l’état général, le fonctionnement social et les effets défavorables.
Recueil et analyse des données
Nous avons suivi les procédures méthodologiques standard définies par Cochrane.
Résultats principaux
Cette revue comprend 19 études (huit nouvelles pour cette mise à jour), comparant une intervention psychologique aux TH (également appelée « thérapie de maintien » dans certaines études). Huit des 18 interventions psychologiques ont fourni des données sur nos principaux critères de jugement.
Quatre études se sont concentrées exclusivement sur des participants atteints de TPA, et 15 sur des sous-groupes de participants atteints de TPA. Des données étaient disponibles pour seulement 10 études impliquant 605 participants.
Huit études ont été menées au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, et une en Iran, au Danemark et aux Pays-Bas. La durée des études varie de 4 à 156 semaines (médiane = 26 semaines). La plupart des participants (75%) étaient des hommes ; l'âge moyen était de 35,5 ans. Onze études (58 %) ont été financées par des conseils de recherche. Le risque de partialité était élevé pour 13 % des critères, ambigu pour 54 % et faible pour 33 %.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) associée aux TH par rapport aux TH seuls
Une étude relevée (52 participants) n'a pas trouvé des données probantes indiquant une différence entre la TCC associée au TH et le TH seul pour le critère agression physique (rapport des cotes (RC) 0,92, IC à 95% 0,28 à 3,07 ; données probantes d’un niveau de confiance faible) dans un contexte de suivi de patients externes, 12 mois après l'intervention.
Une étude (39 participants) n'a pas trouvé des données probantes indiquant une différence entre la TCC associée au TH et le TH seul pour le fonctionnement social (différence moyenne (DM) -1,60 points, IC à 95% -5,21 à 2,01 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible), mesurée par le questionnaire de fonctionnement social (QFS ; fourchette = 0-24), pour les patients externes, 12 mois après avoir bénéficié de l’intervention.
Programme Counseling sur le mode de vie impulsive (Impulsive Lifestyle Counselling, ILC) associé au TH comparés au TH seul
Une étude (118 participants) n'a pas trouvé des données probantes indiquant une différence entre le programme ILC associé au TH et le TH seul pour le critère agression (évaluée avec le questionnaire d’agressivité de Buss-Perry (Aggression Questionnaire-Short Form)) pour les patients externes à neuf mois après intervention (DM 0,07, IC à 95% -0,35 à 0,49 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible).
Une étude (142 participants) n’a pas trouvé de données probantes indiquant une différence entre le programme ILC associé au TH et le TH seul pour les effets indésirables : décès (RC 0,40, IC à 95% 0,04 à 4,54 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible) ou incarcération (RC 0,70, IC à 95% 0,27 à 1,86 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible) pour les patients externes entre trois et neuf mois de suivi.
Programme de Gestion des imprévus (Contingency management, CM) associé aux thérapies de maintien comparés aux thérapies de maintien seules
Une étude (83 participants) a trouvé des données probantes indiquant que, comparé à la thérapie de maintien, le CM associé aux thérapies de maintien pourrait améliorer le fonctionnement social, mesuré par les scores familiaux/sociaux sur l’Indice de gravité d'une toxicomanie (IGT ; fourchette = 0 (aucun problème) à 1 (problèmes graves) ; DM -0,08, IC à 95% -0,14 à -0,02 ; données probantes d’un niveau de confiance faible) pour les patients externes à six mois de l’intervention proposée.
Programme « Conduite en état d'ébriété » (CEE) associé à l’incarcération comparé à l’incarcération seule
Une étude (52 participants) n'a pas trouvé de données probantes indiquant une différence entre le CEE associé à l'incarcération et l'incarcération seule sur les taux de condamnation renouvelée (risque relatif 0,56, IC -0,19 à 1,31 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible) pour les participants prisonniers à 24 mois.
Thérapie des schémas (TdS) par rapport au TH
Une étude (30 participants dans un hôpital psychiatrique sécurisé, 87% avaient un diagnostic de TPA) n’a pas trouvé des données probantes indiquant une différence entre la TdS et le TH au regard du nombre de participants en situation de condamnation réitérée (RC 2,81, IC à 95% 0,11 à 74,56, P = 0,54) à trois ans. La même étude a trouvé que la TdS pourrait être plus susceptible d'améliorer le critère fonctionnement social (évalué par le nombre moyen de jours avant que les patients ne bénéficient d'une sortie sans surveillance (DM -137,33, IC à 95% -271,31 à -3,35) par rapport aux TH, et n’a pas trouvé de différence entre les groupes pour le critère effets défavorables généraux, classés comme le nombre de personnes subissant un résultat négatif global sur une période de trois ans (RC 0,42, IC à 95% 0,08 à 2,19). Le niveau de confiance pour tous les critères de jugement était très faible.
La Thérapie de résolution de problèmes (TRP) associée à la psychoéducation (PE) comparée au TH
Une étude (17 participants) n’a pas trouvé des données probantes indiquant une différence entre la TRP associée à la PE et le TH pour le critère se rapportant au niveau de fonctionnement social des participants (DM -1,60 points, IC à 95% -5,43 à 2,23 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible) évalué avec le QFS six mois après l'intervention.
La thérapie comportementale dialectique (TCD) par rapport aux TH
Une étude (données biaisées, 14 participants) a fourni des données probantes d’un niveau de confiance très faible sur seule base du récit des auteurs, que la TCD par rapport au TH pourrait réduire le nombre de jours d'automutilation pour les patients externes deux mois après l'intervention.
Gestion des risques psychosociaux (programme GRP "Resettle") par rapport aux TH
Une étude (données biaisées, 35 participants) n’a pas trouvé des données probantes indiquant une différence entre le GRP et le TH pour un certain nombre d'infractions officiellement enregistrées un an après la sortie de prison. Elle n'a également pas trouvé de données probantes indiquant une différence entre le GRP et le TH pour l'événement indésirable du décès pendant la période d'étude (RC 0,89, IC à 95% 0,05 à 14,83, P = 0,94, 72 participants (90 % avaient un TPA), 1 étude, données probantes d’un niveau de confiance très faible).
Conclusions des auteurs
Il existe très peu de données probantes sur les effets des interventions psychologiques pour les adultes atteints de troubles de la personnalité antisociale. Peu d'interventions ont abordé les principaux critères de jugement de cette revue et, sur les huit qui l'ont fait, seules trois (CM associé à la thérapie de maintien, TdS et TCD) ont montré que l'intervention pouvait être plus efficace que l’intervention-contrôle. Aucune intervention n'a fait état de données probantes convaincantes de changement dans le comportement antisocial. Dans l'ensemble, le niveau de confiance des données probantes était faible ou très faible, ce qui signifie que nous avons une confiance très limitée dans les estimations des effets d’interventions, rapportées dans les études.
Les conclusions de cette mise à jour n'ont pas changé par rapport à celles de la révision initiale, malgré l'ajout de huit nouvelles études. Ces éléments soulignent le besoin permanent d'études méthodologiquement rigoureuses pour obtenir des données supplémentaires afin de guider le développement et l'application d'interventions psychologiques pour les personnes souffrant de troubles de la personnalité aiguë et pourrait suggérer qu'une nouvelle approche est nécessaire.
Post-édition effectuée par Guillaume Duboisdindien et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr
Citation
Trouble de la personnalité antisociale
Le trouble de la personnalité antisociale (en abrégé : TPA ou TPAS) est un trouble de la personnalité[1],[2] caractérisé par un schéma persistant de comportement et d'attitudes qui viole les droits des autres[3],[4]. Les personnes atteintes de ce trouble peuvent manifester de l'irrespect envers les normes sociales, être manipulatrices[5], impulsives et souvent incapables de se conformer aux règles. Elles peuvent aussi éprouver peu de remords[6],[7] pour leurs actions, ce qui peut conduire à des comportements criminels[8],[9] ou destructeurs.
Les symptômes incluent : manque d'empathie[10],[11] pour les autres, comportement impulsif[11] et irresponsable, manipulation[5] et la tromperie[12], « comportement défi »[13] (parfois associé au TDAH, au TSA et/ou à une déficience intellectuelle)[14] qui peuvent rendre les soins difficiles[15] et tendance à violer les droits des autres sans se soucier des conséquences.
Ce trouble est souvent diagnostiqué chez les adultes, mais certains signes peuvent se manifester dans l'enfance ou l'adolescence. Il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale pour un diagnostic et une prise en charge appropriée. Selon Robert Hare, la différence entre psychopathie et sociopathie peut s'expliquer par l'origine du trouble[16]. La sociopathie s'explique par l'environnement social alors que la psychopathie s'explique par un mélange de facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Selon David Lykken, les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques particulières comme l'impulsivité ou l'absence de peur, qui les conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d'intégrer les normes sociales. Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus réglé ; leur trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou au contraire très développée).
Description
La sociopathie est considérée comme un trouble de la personnalité dont le critère principal d'identification est la capacité limitée, pour les personnes montrant les symptômes du trouble, à ressentir les émotions humaines, aussi bien à l'égard d'autrui qu'à leur propre égard. C'est ce qui peut dans certains cas expliquer leur manque d'empathie lorsqu'ils sont confrontés à la souffrance des autres, traduisant une incapacité à ressentir l'émotion associée. Ce qui n'est pas systématique puisque, tout comme pour les psychopathies, il existe d'autres formes de sociopathies plus empathiques : l'individu comprend l'émotion mais n'agit pas au regard de normes (qu'il ne valide pas). Les individus atteints de trouble de la personnalité antisociale ont souvent des problèmes avec les figures d'autorité[17].
D'autres approches, notamment en éthologie appliquée à l'espèce humaine, introduisent des distinctions fondées sur le but recherché par le ou la sociopathe. Certains chercheurs (dont Konrad Lorenz, ainsi que beaucoup de comportementalistes américains) estiment que les personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence ne le font pas forcément par manque d'émotion ou d'empathie (les séducteurs et les manipulateurs n'en manquent pas), mais par choix narcissique, en vertu du principe du plus grand plaisir et/ou de la plus grande facilité ou rentabilité. D'autres spécialistes de l'éthologie humaine, toutefois, tels Boris Cyrulnik, nuancent ces points de vue[18].
Un comportement de recherche du risque et d'usage de drogues peut aussi être un moyen d'échapper à un vide émotionnel intérieur. La rage dont font preuve certains sociopathes, de même que l'anxiété associée à certaines formes de trouble de personnalité antisociale, peuvent être vues comme la limite de la capacité à ressentir des émotions. Le diagnostic du trouble de la personnalité antisociale est plus courant chez les hommes que chez les femmes même si on dénombre plusieurs cas chez les femmes depuis quelques années[19].
La recherche sur le sujet a montré que les individus ayant un réel trouble de la personnalité antisociale sont indifférents à la possibilité de leur propre douleur physique ou d'une quelconque peine, et ne montrent aucun signe de crainte lorsqu'ils sont menacés de souffrance[20].
Diagnostic
DSM-5
En 2013, la cinquième version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) fait une révision des critères du trouble. Là où la version précédente présentait un âge minimum diagnostique de 15 ans, cette version l'élève à 18 ans. De plus, elle inclut un trouble bipolaire dans les comportements antisociaux exclusifs, alors que la version plus ancienne mentionne la schizophrénie ou un épisode maniaque spécifiquement[21].
Les critères du DSM-5 sont donc les suivants :
A. Mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui qui survient depuis l’âge de 15 ans, comme en témoignent au moins trois des manifestations suivantes :
- Incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, comme l’indique la répétition de comportements passibles d’arrestation.
- Tendance à tromper pour un profit personnel ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des escroqueries.
- Impulsivité ou incapacité à planifier à l’avance.
- Irritabilité et agressivité, comme en témoigne la répétition de bagarres ou d’agressions.
- Mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d’autrui.
- Irresponsabilité persistante, indiquée par l’incapacité répétée d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières.
- Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui.
B. Âge au moins égal à 18 ans.
C. Manifestations d’un trouble des conduites débutant avant l’âge de 15 ans.
D. Les comportements antisociaux ne surviennent pas exclusivement pendant l’évolution d’une schizophrénie ou d’un trouble bipolaire.
CIM-10
Le chapitre V de la Classification internationale des maladies (CIM-10) offre un ensemble de critères pour diagnostiquer le trouble de la personnalité dyssociale[22],[17]. Le trouble de la personnalité dyssociale (F60.2), habituellement remarqué à cause d'une disparité flagrante entre le comportement et les normes sociales usuelles, est caractérisé par :
- Dédain froid envers les sentiments des autres,
- Attitude flagrante et permanente d'irresponsabilité et d'irrespect des règles, normes sociales et engagements pris,
- Incapacité à maintenir des relations durables, bien que n'ayant aucune difficulté à les établir,
- Tolérance très faible à la frustration et seuil faible à la décharge de l'agressivité, y compris par la violence,
- Incapacité à ressentir la culpabilité ou à profiter de l'expérience, en particulier des punitions,
- Tendance marquée à rejeter la faute sur les autres, ou à rationaliser des excuses plausibles, pour des comportements amenant le sujet en conflit avec la société.
Il peut aussi y avoir une irritabilité permanente associée. Un trouble comportemental pendant l'enfance et l'adolescence, quoique parfois absent, peut renforcer le diagnostic.
Diagnostic différentiel
Plusieurs conditions coexistent communément avec le trouble de la personnalité antisociale[23]. Elles incluent :
- les troubles anxieux ;
- les états dépressifs ;
- les troubles du contrôle des impulsions ;
- les troubles liés à une substance ;
- les troubles de somatisation ;
- les troubles de la personnalité borderline ;
- les troubles de la personnalité histrionique ;
- les troubles narcissiques ;
- le trouble de la personnalité sadique[23].
Lorsqu'elles sont combinées à l'alcoolisme, les individus peuvent montrer, lors de tests neurologiques, des déficits fonctionnels frontaux plus grands que ceux associés à chaque condition[24].
Causes
La cause du trouble n'est pas connue, mais des facteurs biologiques et génétiques pourraient être en cause[25],[26]. Robbins (1996) a découvert une incidence plus élevée des caractéristiques sociopathes et de l'alcoolisme chez les pères d'individus atteints du trouble de la personnalité antisociale. Il a aussi découvert que, dans une même famille, les hommes avaient une incidence plus élevée, tandis que les femmes, en revanche, montraient une incidence plus élevée du trouble de somatisation[17]. Bowlby (1944) a observé une relation entre le trouble de la personnalité antisociale et la distanciation maternelle pendant les cinq premières années de la vie. Les Glueck (1968) ont observé que les mères d'enfants développant le trouble montraient généralement une absence de discipline cohérente et d'affection, et une tendance anormale à l'alcoolisme et à l'impulsivité. Ces facteurs contribuent tous à l'échec de la création et du maintien d'une relation familiale stable établissant une structure et des limites au comportement[17].
Génétiques
Les études sur les adoptions confirment le rôle des facteurs génétiques comme environnementaux dans le développement du trouble. Les études sur les jumeaux indiquent aussi une part d'héritabilité du comportement antisocial et ont montré que les facteurs génétiques sont plus importants chez les adultes que chez les enfants ou les adolescents antisociaux, pour lesquels les facteurs environnementaux sont prédominants[17],[16].
Un gène qui a montré un potentiel particulier dans sa corrélation avec le trouble de la personnalité antisociale est celui qui code pour la monoamine oxydase A (MAO-A), une enzyme qui décompose les neurotransmetteurs monoamines tels que la sérotonine et la noradrénaline. Diverses études examinant la relation entre ce gène et le comportement ont suggéré que certaines variantes du gène, qui entraînent une production réduite de MAO-A (comme les allèles 2R et 3R de la région promotrice), sont associées à un comportement agressif chez les hommes[19],[21].
Cette association est également influencée par les expériences négatives vécues tôt dans la vie. Les enfants possédant une variante à faible activité (MAOA-L) qui ont vécu des circonstances négatives sont plus susceptibles de développer un comportement antisocial que ceux avec la variante à haute activité (MAOA-H)[24],[27]. Même en éliminant les interactions environnementales (par exemple, les abus émotionnels), une petite association entre MAOA-L et les comportements agressifs et antisociaux persiste[28].
Le gène qui code le transporteur de la sérotonine (SLC6A4), élément génétique largement étudié pour ses associations avec d'autres troubles mentaux, est un autre gène d'intérêt dans le comportement antisocial et les traits de personnalité. Les études d'association génétique ont suggéré que l'allèle court "S" est associé à un comportement antisocial impulsif et au TPAS dans la population carcérale[29].
Signes précurseurs potentiels
Bien que le trouble ne puisse être diagnostiqué formellement avant l'âge adulte, il existe trois signes précurseurs du trouble, connus sous le nom de triade Macdonald, qui peuvent être détectés chez certains enfants. Ces signes sont des périodes inhabituellement longues d'énurésie, la cruauté envers les animaux, et la pyromanie[17]. Il est impossible de savoir quelle proportion d'enfants montrant ces signes développent plus tard le trouble de la personnalité antisociale, mais ces signes sont souvent trouvés dans le passé des adultes diagnostiqués.
La valeur prédictive de ces signes ne peut pas être établie sans évaluation du nombre d'enfants qui ne développent pas le trouble. Ces signes sont actuellement inclus dans le DSM-IV sous la rubrique du trouble comportemental. Un enfant qui montre les signes précurseurs du trouble de la personnalité antisociale peut être diagnostiqué comme ayant un trouble comportemental ou un trouble de défiance oppositionnel. Cependant, tous ces enfants ne développent pas le trouble[réf. nécessaire].
Épidémiologie
Le trouble de la personnalité antisociale est diagnostiqué chez 3 à 30 % des patients en psychiatrie[30],[23]. Une enquête nationale utilisant les critères du DSM-III-R a montré que 5,8 % des hommes et 1,2 % des femmes risquaient de développer le trouble à n'importe quel moment de leur vie[31]. Dans les établissements pénitentiaires, le pourcentage est estimé à un maximum de 75 %. Les estimations de fréquence calculées d'après les critères de diagnostic clinique donnent des résultats variant entre 3 et 30 % suivant les caractères prédominants des populations étudiées, comme les populations carcérales (qui incluent des criminels violents). De même, la fréquence du trouble est plus élevée chez les sujets suivant un traitement de sevrage de l'alcool ou d'autres drogues que dans le reste de la population, ce qui suggère un lien entre la dépendance et le trouble[32].
Traitements
Des recherches concernant la personnalité antisociale ont été effectuées et indiquent des résultats positifs par l'intermédiaire de thérapies[27]. Certaines études suggèrent que ce trouble n'interfère pas significativement avec le traitement concernant des troubles mentaux autres que la personnalité antisociale comme l'abus de substances[28], bien que d'autres travaux montrent le contraire[29]. La schémathérapie est conseillée pour traiter le trouble de la personnalité antisociale[33].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Antisocial personality disorder » (voir la liste des auteurs).
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vendredi 19 juin 2026
Nuances entre sociopathie, antipathie, psychopathie et perversion narcissique ?
Quelles sont les différences entre sociopathie, antipathie, psychopathie et perversion narcissique ?
- faible ou absence d'empathie émotionnelle ;
- charme superficiel ;
- manipulation calculée ;
- absence de culpabilité ou de remords ;
- mensonge fréquent ;
- froideur affective ;
- tendance à utiliser les autres comme des moyens pour parvenir à ses fins.
- comportement plus impulsif ;
- difficultés à respecter les règles sociales ;
- colère plus visible ;
- relations affectives parfois possibles avec un petit cercle de proches ;
- parcours souvent marqué par un environnement familial ou social difficile.
- psychopathe : plus froid, calculateur, contrôlé ;
- sociopathe : plus impulsif, explosif, désorganisé.
- non-respect des droits d'autrui ;
- tromperie ;
- impulsivité ;
- agressivité ;
- irresponsabilité ;
- mépris des normes sociales ;
- absence de remords après avoir causé du tort.
- dévalorise et rabaisse autrui ;
- manipule pour conserver du pouvoir ;
- fait porter la responsabilité de ses actes aux autres ;
- pratique parfois le « gaslighting » (faire douter quelqu'un de sa perception de la réalité) ;
- a besoin de dominer psychologiquement ;
- manque d'empathie envers la souffrance qu'elle provoque.
- Antipathie : je ne t'apprécie pas.
- Perversion narcissique : expression non officielle décrivant une dynamique de domination et de manipulation.
- Sociopathie : terme informel associé à un profil antisocial plus impulsif.
- Psychopathie : profil antisocial plus froid, calculateur et émotionnellement détaché.








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