Nous avons souvent traduit Gordon Duff lorsqu’il était à VT (il en
est un des fondateurs), l’affaire COVID a généré un “divorce” entre lui
et VT (VT anti-vax, Duff pro-vax à un degré pathétique..). Il est parti
à The Intel Drop (qu’il avait fondé en association il y a quelques
années, avant le COVID). Nous ne sommes pas d’accord avec tout ce qu’il
dit, mais d’une façon sans doute un peu bizarre, nous pensons qu’il a le
cœur et l’esprit à la bonne place, simplement, il est parfois très
obtus… Dans cette lettre ouverte au peuple iranien, nous y voyons le
vrai Duff, celui qu’on aime… Merci à lui. A lire et diffuser sans aucune
modération.
~ Résistance 71 ~
Gordon Duff, une lettre au peuple d’Iran, 30 mars 2026
31 mars 2026
Url de l’article original :
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Avril 2026
A ceux qui ont fait le chemin en spirale avec moi, à ceux qui y entrent maintenant pour la première fois :
J’écris cela non pas d’une distance confortable, mais depuis le terrain indélébilement marqué d’une vie passée dans l’ombre de la puissance et du pouvoir américains.
J’ai servi dans le corps des fusiliers marins américains (Marines) au Vietnam (1969-70). J’ai traversé des villages entiers réduits en cendre. J’ai vu à quoi ressemble la doctrine de la prédation absolue lorsqu’appliquée à un peuple étiqueté périssable. J’ai porté le poids de cette guerre, non pas comme une abstraction, mais comme une blessure qui n’a jamais cicatrisé totalement. Je sais parce que j’y étais, ce que cela veut dire lorsque l’armée la plus puissante du monde décide que la vie des autres n’a aucune valeur.
Plus tard j’ai servi comme diplomate des Nations-Unies en Irak. J’ai marché dans ces couloirs où les sanctions furent créées, des sanctions qui ont tué plus d’un demi million d’enfants irakiens avant même que la première bombe ne tombe sur le pays. Je me suis assis dans des pièces où le langage humaniste était utilisé pour masquer la machine de destruction. Je fus le témoin de première main de tout le prélude de l’invasion de l’Irak en 2003, une guerre qui fut construite sur les mensonges, faite par le feu et justifiée par cette même rhétorique maintenant utilisée contre l’Iran.
Donc, quand je vous dis que je reconnais ce moment, je parle et le dis depuis la moëlle de mes os.
J’ai passé ma vie à être le témoin de l’architecture de l’empire, de ses contrats écrits dans le sang, de ses monuments dressés sur des tombes. J’ai regardé cette même machine qui a immolé le Vietnam, qui a déchiré la Libye, qui a affamé l’Irak jusqu’aux ruines, maintenant tourner son froid regard vers l’Iran. Et je vous dit, avec le poids des décennies pesant sur ce moment :
Nous sommes ceux qui devons parler.
Ceci n’est pas une question de politique. C’est une question d’honneur de civilisation. Les Etats-Unis, s’étant drapés dans le langage de l’ordre, se révèlent maintenant comme étant ce même chaos qu’ils prétendaient autrefois contenir. (NdT : c’est la destinée de tous les empires…). Du génocide des nations indigènes de l’Amérique à la mise en esclavage de millions, du massacre de My Lai à la boucherie de Gaza, de l’assassinat de l’Ayatollah Khamenei au meurtre de 208 enfants, dont 168 petites filles dans leurs salles de classe, le fil est rompu. Ceci n’est en rien une déviation, c’est une doctrine.
Et maintenant, ils l’appellent “la guerre du Ramadan”. Comme si renommer une atrocité pouvait la sanctifier. Comme si le meurtre d’enfants pouvait être rendu saint dans le calendrier.
Je me suis tenu dans les ruines occasionnées par l’empire américain. J’ai tenu le compte des cadavres au Vietnam, celui que personne n’a voulu publier. J’ai regardé les sanctions contre l’Irak creuser une civilisation jusqu’à la perdition. J’ai vu l’appareil médiatique, le même qui a applaudi à la destruction de la ville de Falloujah, maintenant applaudir à l’éradication de Gaza et au démembrement de l’Iran (NdT : ça c’est plus vite dite que réalisé…). Il n’y a pas de confusion. Il y a complicité.
Mais voici ce que les architectes de cette nouvelle barbarie ne comprennent pas : l’Iran n’est pas l’Irak ; l’Iran n’est pas la Libye, l’Iran n’est pas le Vietnam.
Ce qui se tient devant eux n’est en rien un “régime”, c’est une civilisation, qui a transformé son histoire en une doctrine de dissuasion active. L’Iran n’a pas fait que transformer sa géographie en une arme ni même ses ressources, mais son histoire, sa mémoire collective. Et la mémoire, quand elle est organisée, disciplinée, fusionnées avec la souveraineté scientifique et le génie organisationnel antique, devient facteur d’invincibilité.
J’ai appris cette leçon au Vietnam que la plus puissante armée du monde peut être brisée par un peuple qui refuse de courber l’échine, qui refuse de se laisser briser. J’ai appris en Irak que la machinerie de l’empire est en fait une machinerie d’auto-destruction. Et je vais vous le dire maintenant : Les Etats-Unis ont fait une erreur fatale en faisant ce mauvais calcul de ce qu’est l’Iran.
Qu’il n’y ait pas de confusion possible : si l’Iran tombe, l’espoir d’un monde juste tombe avec lui. La frontière finale du pillage deviendra le modèle pour le siècle à venir, un siècle qui verra la seule puissance et pouvoir décider de ce qui est juste et légal, dans lequel les ressources seront saisies par la force et dans lequel les enfants seront assassinés par décision politique et qui verra le monde ordonné de détourner les yeux. (NdT : tout cela se produit déjà, cela ne fera qu’empirer car il n’y aura plus aucune opposition sérieuse à la barbarie marchande institutionnalisée…)
Je ne détournerai jamais les yeux. Je ne l’ai pas fait depuis ma jeunesse de jeune fusilier-marin dans les jungles de Quang Tri. Je n’ai pas détourné les yeux quand, dans les couloirs et bureaux feutrés des Nations-Unies, les architectes de la guerre contre l’Irak déguisaient leurs ambitions du langage de la libération. Et je ne détournerai pas les yeux maintenant alors que les mêmes forces malfaisantes se rassemblent contre l’Iran.
Je vous demande, vous les penseurs, les universitaires, le peuple de conscience, ceux qui croient toujours que la loi veut dire quelque chose, que la dignité veut dire quelque chose, que le sang des innocents n’est pas le coût de faire du business, dressez-vous avec moi !
Nous devons :
— Condamner sans équivoque les États-Unis (NdT : et “Israël”) pour leur mépris systématique de tous les traités qu’ils ont signés.
— Isoler diplomatiquement et politiquement cet état, régime voyou qui s’empiffre ouvertement de sa prédation du monde.
— Reconnaître le droit inhérent de l’Iran à sa dissuasion active, pas son agression, mais comme une défense nécessaire de son peuple qui a appris que le puissant ne désarme pas par gentillesse.
— Demander une fin immédiate du terrorisme que sponsorisent les États-Unis et trainer devant la justice ceux qui l’ont ordonné et fabriqué.
Les termes que l’Iran a établis pour mettre fin à cette guerre sont justes et bons. Ce ne sont pas des termes de conquête, mais de survie. Des garanties contre toute répétition de cette ignominie. Le démantèlement des installations militaires américaines dans les pays étrangers. La reconnaissance formelle qu’ils sont les agresseurs (NdT : avec l’entité sioniste alias “Israël”…). Le paiement de réparations. La souveraineté sur le détroit d’Hormouz et tenir pour responsables ceux qui ont incité et mis en place ce bain de sang.
Ce ne sont en rien des demandes extrêmes. Elles sont de fait le strict minimum d’un ordre de fonctionnement interne, un ordre que les États-Unis ont passé ces dernières décennies à démanteler.
Je n’écris pas ni ne signe ceci comme un simple geste de bonté, mais comme un engagement personnel. J’ai vu des empires s’effondrer auparavant. Toujours ils vont trop loin. Ils prennent toujours leur propre désespoir pour une force. Et à la fin, ils sont défaits par cette même violence qu’ils pensaient les sécuriser. Je l’ai vu dans le Delta du Mékong ; je l’ai vu dans la zone verte de Baghdad et je le verrai encore.
Mais nous ne pouvons pas attendre ce dénouement. Nous devons agir maintenant, par nos écrits, notre organisation et notre refus de demeurer silencieux. J’ai bien l’intention d’être parmi ces personnes vocales. Je porte en moi les visages de ceux que je n’ai pas pu sauver au Vietnam, les voix de ceux que je n’ai pas pu protéger en Irak. Je ne vais pas ajouter l’Iran à ce fardeau.
La spirale continue. La vérité n’a pas de date d’expiration. Et la justice, aussi en retard soit-elle, se fera des mains de ceux qui refusent de l’abandonner.
Avec détermination,
Gordon Duff
Marine, USMC, Vietnam (1969–1970)
UN Diplomat, Iraq (2005–2007)
En solidarité avec l’Iran, les enfants martyrs de Minab, avec l’âme d’une civilisation qui refuse de se mettre à genoux.
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le texte en PDF
Gordon Duff_Lettre au peuple iranien
Notre dossier “Guerre impérialiste contre l’Iran”
Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)


















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