L'intitulé "Juste mon opinion" s'applique à la politique, la philosophie, la religion, l'esthétisme, l'humour ... Mais "ça m'intéresse" aurait tout à fait convenu comme titre pour ce blog étant donné les nombreux autres thèmes abordés et les articles encyclopédiques : sur l'histoire, les sciences, etc, sans oublier les sports.
La plupart des articles sont issus de recherches sur le net et de lectures personnelles. Sources indiquées en fin d'article.
Après Epicure - De l'éthique à la politique
Épicure vivait avec une communauté d'amis (ouverte aux hommes libres, aux femmes –y compris prostituées- et aux esclaves) dans le Jardin (son école philosophique créée en 306 avant Jésus-Christ) près d’Athènes, en Grèce.
Il enseignait les moyens de parvenir au plaisir par la suppression des douleurs et des angoisses. Santé du corps et sérénité de l’esprit. Sa méthode consistait à identifier les besoins naturels et nécessaires, et de tempérer ou rejeter les autres, sources de frustration et de violences.
Bien qu’Épicure recommande de « vivre caché » et de ne pas s’impliquer dans la vie politique, ses successeurs, les philosophes épicuriens de l'époque romaine, les philosophes du siècle des Lumières ou les penseurs contemporains se sont progressivement orientés vers un épicurisme politique : un bien-être étendu à la société.
Quelle pourrait être la société idéale, aujourd'hui ou demain, selon les préceptes du sage antique ?
Au sommaire de cette compilation : - Préambule. Nous sommes mus par les sentiments. - Qu'est-ce que la beauté ? Réponse de l'éthologie. Et des dizaines d'exemples illustrés regroupés en quatre catégories : - Belles - Belles et sportives - Belles de la BD - Beaux gosses. Au format "livre papier glacé" sur : Lulu.com
Juste mon opinion 2014
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2014 ; au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion 2013
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2013 ; au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - 2012 - Second Semestre
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour le second semestre de l'année 2012 ; au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - 2012 - Premier semestre
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour le second semestre de l'année 2012 ; au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - Année 2011
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2011 au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - Année 2010
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2010 au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - Année 2009
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2009 au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - Année 2008
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2008 au format livre papier glacé.
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Juste mon opinion - Année 2007
Articles et commentaires du blog "Juste mon opinion" pour l'année 2007 au format livre papier glacé.
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Selon Robert Hare, les facteurs génétiques (la psychopathie a une hérédité estimée autour de 50 % selon de nombreuses études ; ), les facteurs biologiques (anomalies ou moindre fonctionnement dans des régions du cerveau comme l’amygdale impliquée dans la peur et l’empathie) et les facteurs psychologiques (manque profond d’empathie et de remords ;vision égocentrique du monde ; etc.) peuvent être modérés ou partiellement contrebalancés par les facteurs environnementaux.
Les articles consultés jusque-là parlent des individus étudiés en milieu carcéral dont l'environnement familial défavorisé a contribué à la fabrication du "sociopathe" : violent, inadapté, refusant les règles, etc., parce qu'il a vécu dans la pauvreté, l'abandon, l'alcoolisme, etc.
Mais qu'en est-il des milieux familiaux extrêmement favorisés ?
Ne pourrait-on pas identifier, en plus d'une certaine "consanguinité de caste" favorisant les facteurs génétiques, des structures éducatives favorisant l'émergence de psychopathes-sociopathes ?
L’environnement (familial, social, culturel) module l’expression de la prédisposition. Des expériences comme :
Des traumatismes précoces [MK Ultra ou assimilés], négligence [affective] ou abus [sexuels incestueux et/ou ritualisés] ;
Un milieu socio-économique extrêmement favorable [appartenance à "l'hyper-classe"] et/ou une faible socialisation [brassage social avec d'autres catégories socio-économiques plus pauvres] ;
Des interactions qui renforcent les comportements antisociaux.
Hare
insiste sur le fait que même une forte prédisposition
génétique/biologique ne suffit pas toujours : l’environnement peut
aggraver ou, dans une moindre mesure, atténuer les traits. Il distingue
parfois la « psychopathie » (plus innée) de la « sociopathie » (plus
influencée par l’environnement), bien que les termes soient souvent
utilisés de manière interchangeable.
J'émets l'hypothèse que les psychopathes se reproduisent entre eux et que l'éducation dominante de "l'hyper-classe" favorise le développement des sociopathes (parasites sociaux méprisant ceux qui n'appartiennent pas à leur caste).
Le pourcentage de la population souffrant d’un Trouble de la Personnalité Antisociale (TPA, ou ASPD en anglais) est estimé entre 1 % et 4 % en population générale, avec une moyenne souvent citée autour de 2-3 %.
Détails selon les études :
Prévalence vie entière : Elle varie généralement de 2 à 5 % selon les grandes enquêtes épidémiologiques (États-Unis et Royaume-Uni).
Chiffres plus précis :
Environ 3 % chez les hommes et 1 % chez les femmes (le trouble est 2 à 3 fois plus fréquent chez les hommes).
Certaines études américaines (comme NESARC) rapportent jusqu’à 3,6 % en population générale.
En France et au Canada, les estimations sont similaires (autour de 2-3 %).
À noter : Ces chiffres concernent la population générale. Ils sont beaucoup plus élevés en milieu carcéral (jusqu’à 50 % chez les hommes détenus) ou chez les personnes ayant des problèmes de toxicomanie. Le trouble diminue souvent avec l’âge.
Le diagnostic nécessite une évaluation par un professionnel de santé mentale, car il repose sur des critères précis (comportements antisociaux persistants depuis l’adolescence, absence de remords, etc.). Si tu as des préoccupations personnelles ou pour quelqu’un d’autre, il est recommandé de consulter un psychiatre ou psychologue.
Le trouble de la personnalité antisociale
(TPAS), tout comme la plupart des troubles de la personnalité, est
extrêmement difficile à traiter. Le premier défi consiste à convaincre
une personne atteinte de ce trouble qu’elle a besoin d’un traitement.
En
termes simples, une personne atteinte de TPAS ne ressent pas de malaise
ou de gêne. En raison de leur manque d’empathie envers les autres et de
leur insensibilité à la souffrance, les personnes atteintes de TPAS ne
tiennent souvent pas compte des conséquences de leurs actes. Convaincues
qu’elles ne peuvent rien faire de mal et que leurs mensonges et
manipulations sont nécessaires pour obtenir ce qu’elles veulent, elles
ne ressentent généralement pas le genre de malaise qui pousserait les
personnes souffrant d’autres troubles de la personnalité à demander de
l’aide.
« Il n’y a aucune détresse
autre que celle de ne pas voir leurs besoins satisfaits ou d’éviter
d’être tenues pour responsables », déclare le Dr David M. Reiss, un
psychiatre exerçant en pratique privée à San Diego.
Cependant, il existe quelques circonstances spécifiques dans lesquelles une personne atteinte de TPA peut demander ou recevoir de l’aide :
Se
retrouver dans le système de justice pénale : Étant donné que certaines
personnes atteintes de TPA finissent en prison, elles peuvent recevoir
un traitement dans le système, bien que cela puisse être incohérent.
Avoir un problème de santé mentale
concomitant ou un trouble lié à l’usage de substances : Bien que les
personnes atteintes de TPA ne recherchent pas de traitement pour leur
TPA, elles souffrent souvent d’autres problèmes tels que l’anxiété, la dépression ou la consommation de substances.
Si
une personne souffre de TPA à part entière, sa structure de
personnalité ne peut pas vraiment changer, bien qu’il puisse y avoir des
progrès en termes de réduction des méfaits si la personne peut être
convaincue qu’il est dans son propre intérêt d’éviter certains
comportements et leurs conséquences, explique le Dr Reiss.
Certaines
personnes atteintes de TPA apprennent par elles-mêmes à imiter
l’empathie afin de l’utiliser de manière manipulatrice en cas de besoin.
Elles agissent comme si elles étaient empathiques, non pas parce
qu’elles le sont réellement ou dans le cadre d’un projet spécifique,
mais parce qu’elles ont appris que la vie est plus facile pour elles en
agissant de cette façon, explique Reiss.
Même
si quelqu’un recherche un traitement, aucun médicament ni aucune option
thérapeutique pour le TPA n’ont été systématiquement démontrés dans les
études comme étant efficaces pour traiter les symptômes ou les schémas
de pensée.
Cependant, des études ont
été menées sur le traitement des personnes atteintes de TPAS pour
d’autres problèmes médicaux ou symptômes qu’elles présentent en plus de
leur trouble de la personnalité, tels qu’une dépendance à une substance
ou une maladie psychiatrique coexistante.
Selon Robert Hare, la psychopathie s'explique par un mélange de facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Que signifient ces quatre facteurs ?
Selon Robert Hare, la psychopathie résulte d’une interaction complexe entre facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Il n’y a pas une cause unique, mais une combinaison où ces éléments s’influencent mutuellement.
Voici une explication claire de chacun de ces quatre facteurs, basée sur les écrits et positions de Hare (notamment dans Without Conscience et d’autres travaux) :
1. Facteurs génétiques Les gènes contribuent à une prédisposition. La psychopathie a une hérédité estimée autour de 50 % selon de nombreuses études : elle tend à se transmettre dans les familles, sans qu’il existe un « gène de la psychopathie » unique. Les facteurs génétiques influencent la structure et le fonctionnement de base du cerveau (par exemple, des variations affectant la régulation émotionnelle, la peur ou l’empathie). Hare souligne que ces éléments innés fournissent une partie des « briques de base » (comme une faible réactivité émotionnelle ou un manque d’empathie inné).
2. Facteurs biologiques Ils concernent le fonctionnement du cerveau et du système nerveux. Chez les psychopathes, on observe souvent : - Des anomalies ou un moindre fonctionnement dans des régions comme l’amygdale (impliquée dans la peur et l’empathie) ; - Des différences dans la réactivité physiologique (faible réponse au stress ou à la punition) ; - Des influences possibles pendant le développement fœtal ou néonatal (hormones, etc.).
Hare voit ces aspects biologiques comme une base « hardware » altérée qui rend l’individu moins sensible aux signaux émotionnels normaux. Ces facteurs sont en partie liés aux gènes, mais aussi à d’autres influences précoces.
3. Facteurs psychologiques Ils renvoient aux traits de personnalité, aux processus cognitifs et émotionnels internes. Cela inclut : - Un manque profond d’empathie et de remords ; - Une vision égocentrique du monde ; - Des difficultés à traiter les émotions (pauvreté affective) ; - Des patterns de pensée comme la manipulation, le charme superficiel ou l’impulsivité.
Ces traits ne sont pas seulement des symptômes : ils interagissent avec les facteurs biologiques (par exemple, un cerveau moins réactif renforce un style émotionnel détaché). Hare les décrit comme centraux dans le profil du « prédateur social ».
4. Facteurs environnementaux L’environnement (familial, social, culturel) module l’expression de la prédisposition. Des expériences comme : - Des traumatismes précoces, négligence ou abus ; - Un milieu socio-économique défavorable ou une socialisation pauvre ; - Des interactions qui renforcent les comportements antisociaux.
Hare insiste sur le fait que même une forte prédisposition génétique/biologique ne suffit pas toujours : l’environnement peut aggraver ou, dans une moindre mesure, atténuer les traits. Il distingue parfois la « psychopathie » (plus innée) de la « sociopathie » (plus influencée par l’environnement), bien que les termes soient souvent utilisés de manière interchangeable.
En résumé, selon Hare, la psychopathie émerge d’une interaction dynamique : les facteurs génétiques et biologiques fournissent une vulnérabilité de base (nature), tandis que les facteurs psychologiques et environnementaux (nurture) façonnent comment cette vulnérabilité se manifeste au cours du développement. Ce n’est ni purement « inné » ni purement « acquis », mais un mélange mal compris qui rend le trouble particulièrement résistant aux interventions classiques.
Ces idées sont étayées par des décennies de recherche, dont la PCL-R (Psychopathy Checklist-Revised) de Hare elle-même, qui mesure les traits sans prétendre en expliquer complètement l’origine. Pour une compréhension approfondie, ses livres comme Without Conscience restent des références.
Comment guérir un-e psychopathe ?
Il n’existe pas de guérison complète de la psychopathie chez l’adulte, selon Robert Hare et le consensus scientifique actuel. La psychopathie est un trouble de la personnalité profond, enraciné dans des facteurs biologiques, génétiques et neurodéveloppementaux, qui rend les traits centraux (manque d’empathie, absence de remords, égocentrisme, manipulation) très résistants au changement.
Hare lui-même et de nombreux experts soulignent que l’objectif réaliste n’est pas la « guérison » (élimination des traits), mais la gestion des comportements pour réduire les risques de violence, de récidive ou de dommages aux autres. Les psychopathes peuvent apprendre des stratégies de self-management, mais leur motivation intrinsèque est souvent faible (ils ne souffrent généralement pas de leur état et n’ont pas de désir de changer pour des raisons morales).
Approches de prise en charge (principalement en contexte judiciaire ou carcéral) - Programmes structurés de gestion des risques : Hare a co-développé avec Steve Wong les Guidelines for a Psychopathy Treatment Program. Ils se concentrent sur : - L’identification des facteurs personnels déclencheurs de comportements violents ou antisociaux. - L’apprentissage de compétences concrètes de prévention et de self-control. - Un plan de prévention de la rechute pour favoriser un mode de vie prosocial (sans viser à « créer » de l’empathie ou des remords).
- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et approches multimodales : Elles visent à modifier les patterns de pensée et de comportement (impulsivité, prise de décision). Elles sont parmi les plus prometteuses, bien que les résultats varient.
- Autres options : Thérapies de schéma, thérapies centrées sur la compassion (surtout chez les jeunes), ou environnements structurés (communautés thérapeutiques). Les médicaments (ex. : pour réduire l’agressivité ou l’impulsivité) peuvent aider sur des symptômes associés, mais ne traitent pas le cœur du trouble.
Important : Certaines études anciennes suggéraient que les thérapies classiques pouvaient aggraver les traits (en rendant les psychopathes plus habiles manipulateurs). Les données récentes sont plus nuancées : les traitements bien conçus et adaptés ne semblent pas empirer les choses et peuvent réduire les comportements problématiques, surtout s’ils sont intensifs et supervisés. Meilleurs résultats chez les enfants et adolescents Chez les jeunes présentant des traits « callous-unemotional » (précurseurs de la psychopathie), des interventions précoces familiales, comportementales et multimodales donnent de meilleurs espoirs. Elles peuvent réduire significativement ces traits et prévenir l’évolution vers une psychopathie adulte. Plus on intervient tôt, plus l’impact environnemental peut moduler l’expression des facteurs biologiques.
En résumé - Pas de cure : On ne « guérit » pas un psychopathe comme on guérit une infection. Les traits de base persistent souvent. - Gestion possible : Avec des programmes spécialisés, motivation externe (justice, incarcération) et suivi rigoureux, on peut diminuer les dommages causés. - Défis majeurs : Faible motivation, manipulation du thérapeute, taux d’abandon élevé et risque élevé de récidive.
Si vous êtes confronté à une personne psychopathe (proche, collègue, etc.), la priorité est souvent la protection personnelle et la mise en place de limites claires plutôt que d’essayer de la « soigner ». Consultez des professionnels spécialisés en psychiatrie légale ou en troubles de la personnalité pour une évaluation (via la PCL-R de Hare, par exemple).
Pour plus de détails, les ouvrages de Hare (Without Conscience) ou des ressources scientifiques récentes restent des références solides. Si vous avez un contexte précis (adulte, jeune, personnel…), je peux affiner la réponse.
Les personnes souffrant de troubles de la
personnalité antisociale (TPA) sont susceptibles de présenter des
comportements délétères pour elles-mêmes et pour leur environnement
social, et cela au détriment des lois. Ces personnes peuvent être
malhonnêtes et agir agressivement sans réfléchir. Beaucoup d’entre elles
abusent de drogues et d’alcool. Certains types d’interventions
psychologiques, telles que les thérapies par la parole ou les thérapies
cognitives, pourraient accompagner favorablement les personnes souffrant
de TPA. Ces traitements visent à ajuster le comportement de la
personne, à adapter sa façon de penser ou à l'aider à gérer son trouble
du contrôle des impulsions, ses tendances à l'automutilation, aux abus
de drogues et d'alcool ou de comportement négatif.
Cette revue est une mise à jour de celle publiée en 2010.
Problématique de la revue
Quels
sont les effets des thérapies de types psycho-analytiques ou
systémiques pour des adultes (18 ans et plus) atteints de TPA, par
rapport au traitement habituel, à la liste d'attente ou à l’absence de
traitement ?
Caractéristiques des études
Nous avons
collecté des études considérées comme pertinentes jusqu'au 5 septembre
2019. Nous avons recensé 19 études pertinentes pour 18 interventions
psychologiques différentes. Des données ont été rapportées pour 10
études impliquant 605 adultes (âgés de 18 ans et plus) avec un
diagnostic de TPA, vivant dans la communauté, dans un cadre hospitalier
ou pénitentiaire. Huit interventions rapportent les principaux critères
de jugement envisagés dans la revue (agression, condamnations réitérées,
fonctionnement général/social et effets défavorables observés), mais
peu d'entre elles comportaient des données sur les participants atteints
de TPA. Les études retenues comparaient une intervention psychologique
aux traitements habituels (TH), appelés «thérapie de maintien» dans
certaines études.
La plupart des études ont été menées au
Royaume-Uni ou en Amérique du Nord et ont été subventionnés par les
principaux conseils de la recherche de ces pays. Les études comprenaient
plus de participants masculins (75 %) que féminins (25 %), dont l'âge
moyen était de 35,5 ans. La durée des études varie de 4 à 156 semaines.
La plupart des études (10 sur 19) ont utilisé des approches
méthodologiques approximatives, ce qui rend les résultats obtenus
incertains et ne permet pas de statuer sur l’efficacité des traitements
dans nos conclusions.
Résultats principaux
Nous
présentons ci-dessous les résultats de chaque étude comparative, lorsque
des données étaient disponibles pour un critère de jugement primaire.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) associée au THcomparé au TH seul Il n’y avait de différence entre la
TCC associée et le TH seul pour les critères agression physique ou les
troubles du fonctionnement social mais les données probantes relevées
dans cette étude restent incertaines.
Programme Counseling sur le mode de vie impulsive (Impulsive Lifestyle Counselling, ILC) associé au TH comparés au TH seul
Aucune différence n’a été observée entre le programme ILC associé au TH
et le TH pour les critères agression ou effets indésirables de décès de
la personne ou d'incarcération mais les données probantes sont
incertains.
Programme de Gestion des imprévus (Contingency management, CM)
associé aux thérapies de maintien comparés aux thérapies de maintien
seules. Le CM associé à la thérapie de maintien, par rapport à
la thérapie de maintien, pourrait améliorer légèrement le fonctionnement
social.
Programme de « Conduite en état d'ébriété » (CEE) associé à l’incarcération comparée à l’incarcération. Il n'y a pas de différence
relevée entre les taux de CEE associé à l’incarcération et les cas
d'incarcération à la suite d'une nouvelle condamnation (nouvelle
arrestation), mais les données probantes sont très incertaines.
Thérapie des schémas (TdS) comparée aux TH. Les données
probantes sont très incertaines quant à l'effet de la TdS par rapport
aux TH dans le cadre des nouvelles condamnations. Certains éléments
indiquent que, par rapport aux TH, la TdS pourrait améliorer un aspect
du fonctionnement social : le délai d’admissibilité à la sortie sans
surveillance. Il n'y avait pas de différence entre la TdS et les TH pour
l’ensemble d’effets indésirables classés globalement comme des
résultats négatifs, mais les critères de jugement obtenues sont
incertaines.
La Thérapie de résolution de problèmes (TRP) associée à la psychoéducation (PE) comparée au TH.
Il n'y avait pas de différence entre la TRP associée à la PE et la TH
pour le niveau de fonctionnement social des participants, mais les
données probantes sont très incertaines.
La thérapie comportementale dialectique (TCD) par rapport aux TH. Les
résultats suggèrent que, par rapport aux TH, la TCD pourrait réduire le
temps journalier d'automutilation, mais les données probantes sont très
incertaines.
Gestion des risques psychosociaux (programme GRP "Resettle") par rapport aux TH.
Il n'y a pas de différence significative relevée entre le GRP et les TH
pour le nombre d'infractions signalées un an après la sortie de prison,
ou pour le risque de décès pendant l'étude, bien que les données
probantes soient très incertaines.
Conclusions
La présente
revue montre qu’il n’y a pas suffisamment de données probantes de bonne
qualité pour statuer sur une quelconque recommandation plutôt qu’une
autre en faveur d’un traitement psychologique des personnes
diagnostiquées avec un trouble de la personnalité antisociale.
Lire le résumé complet
Contexte
Le trouble de la personnalité antisociale (TPA)
est associé à une vulnérabilité de l’état mental, à la criminalité, à la
consommation de substances et à des difficultés sociales et
relationnelles. Cette revue met à jour les données issues de la revue de
Gibbon 2010 (version précédente de la revue actuelle).
Objectifs
Évaluer les bénéfices et les effets indésirables potentiels des interventions psychologiques pour les adultes atteints de TPA.
Stratégie de recherche documentaire
Les recherches ont été effectuées dans CENTRAL,
MEDLINE, Embase, 13 autres bases de données et deux registres d'essais
jusqu'au 5 septembre 2019. Nous avons également consulté des références
bibliographiques et contacté les auteurs des études pour cibler les
études relevées.
Critères de sélection
Essais contrôlés randomisés sur des adultes, où
les participants ayant reçu un diagnostic de TPA ou de trouble de la
personnalité dyssociale représentaient au moins 75 % de l'échantillon
aléatoirement obtenu pour recevoir une intervention psychologique, un
traitement habituel (TH), un groupe-contrôle sur liste d'attente ou
aucun traitement. Les principaux critères de jugement ont été
l'agression, la condamnation réitérée, le fonctionnement de l’état
général, le fonctionnement social et les effets défavorables.
Recueil et analyse des données
Nous avons suivi les procédures méthodologiques standard définies par Cochrane.
Résultats principaux
Cette revue comprend 19 études (huit nouvelles
pour cette mise à jour), comparant une intervention psychologique aux TH
(également appelée « thérapie de maintien » dans certaines études).
Huit des 18 interventions psychologiques ont fourni des données sur nos
principaux critères de jugement.
Quatre études se sont concentrées
exclusivement sur des participants atteints de TPA, et 15 sur des
sous-groupes de participants atteints de TPA. Des données étaient
disponibles pour seulement 10 études impliquant 605 participants.
Huit
études ont été menées au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, et une en
Iran, au Danemark et aux Pays-Bas. La durée des études varie de 4 à 156
semaines (médiane = 26 semaines). La plupart des participants (75%)
étaient des hommes ; l'âge moyen était de 35,5 ans. Onze études (58 %)
ont été financées par des conseils de recherche. Le risque de partialité
était élevé pour 13 % des critères, ambigu pour 54 % et faible pour 33
%.
Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) associée aux THpar rapport aux TH seuls
Une étude relevée (52 participants) n'a pas trouvé des données
probantes indiquant une différence entre la TCC associée au TH et le TH
seul pour le critère agression physique (rapport des cotes (RC) 0,92, IC
à 95% 0,28 à 3,07 ; données probantes d’un niveau de confiance faible)
dans un contexte de suivi de patients externes, 12 mois après
l'intervention.
Une étude (39 participants) n'a pas trouvé des
données probantes indiquant une différence entre la TCC associée au TH
et le TH seul pour le fonctionnement social (différence moyenne (DM)
-1,60 points, IC à 95% -5,21 à 2,01 ; données probantes d’un niveau de
confiance très faible), mesurée par le questionnaire de fonctionnement
social (QFS ; fourchette = 0-24), pour les patients externes, 12 mois
après avoir bénéficié de l’intervention.
Programme Counseling sur le mode de vie impulsive (Impulsive Lifestyle Counselling, ILC) associé au TH comparés au TH seul
Une étude (118 participants) n'a pas trouvé des données probantes
indiquant une différence entre le programme ILC associé au TH et le TH
seul pour le critère agression (évaluée avec le questionnaire
d’agressivité de Buss-Perry (Aggression Questionnaire-Short Form)) pour
les patients externes à neuf mois après intervention (DM 0,07, IC à 95%
-0,35 à 0,49 ; données probantes d’un niveau de confiance très faible).
Une
étude (142 participants) n’a pas trouvé de données probantes indiquant
une différence entre le programme ILC associé au TH et le TH seul pour
les effets indésirables : décès (RC 0,40, IC à 95% 0,04 à 4,54 ; données
probantes d’un niveau de confiance très faible) ou incarcération (RC
0,70, IC à 95% 0,27 à 1,86 ; données probantes d’un niveau de confiance
très faible) pour les patients externes entre trois et neuf mois de
suivi.
Programme de Gestion des imprévus (Contingency management, CM)
associé aux thérapies de maintien comparés aux thérapies de maintien
seules
Une étude (83 participants) a trouvé des données probantes
indiquant que, comparé à la thérapie de maintien, le CM associé aux
thérapies de maintien pourrait améliorer le fonctionnement social,
mesuré par les scores familiaux/sociaux sur l’Indice de gravité d'une
toxicomanie (IGT ; fourchette = 0 (aucun problème) à 1 (problèmes
graves) ; DM -0,08, IC à 95% -0,14 à -0,02 ; données probantes d’un
niveau de confiance faible) pour les patients externes à six mois de
l’intervention proposée.
Programme « Conduite en état d'ébriété » (CEE) associé à l’incarcérationcomparé à l’incarcération seule
Une étude (52 participants) n'a pas trouvé de données probantes
indiquant une différence entre le CEE associé à l'incarcération et
l'incarcération seule sur les taux de condamnation renouvelée (risque
relatif 0,56, IC -0,19 à 1,31 ; données probantes d’un niveau de
confiance très faible) pour les participants prisonniers à 24 mois.
Thérapie des schémas (TdS) par rapport au TH
Une étude (30 participants dans un hôpital psychiatrique
sécurisé, 87% avaient un diagnostic de TPA) n’a pas trouvé des données
probantes indiquant une différence entre la TdS et le TH au regard du
nombre de participants en situation de condamnation réitérée (RC 2,81,
IC à 95% 0,11 à 74,56, P = 0,54) à trois ans. La même étude a trouvé que
la TdS pourrait être plus susceptible d'améliorer le critère
fonctionnement social (évalué par le nombre moyen de jours avant que les
patients ne bénéficient d'une sortie sans surveillance (DM -137,33, IC à
95% -271,31 à -3,35) par rapport aux TH, et n’a pas trouvé de
différence entre les groupes pour le critère effets défavorables
généraux, classés comme le nombre de personnes subissant un résultat
négatif global sur une période de trois ans (RC 0,42, IC à 95% 0,08 à
2,19). Le niveau de confiance pour tous les critères de jugement était
très faible.
La Thérapie de résolution de problèmes (TRP) associée à la psychoéducation (PE) comparée au TH
Une étude (17 participants) n’a pas trouvé des données probantes
indiquant une différence entre la TRP associée à la PE et le TH pour le
critère se rapportant au niveau de fonctionnement social des
participants (DM -1,60 points, IC à 95% -5,43 à 2,23 ; données probantes
d’un niveau de confiance très faible) évalué avec le QFS six mois après
l'intervention.
La thérapie comportementale dialectique (TCD) par rapport aux TH
Une étude (données biaisées, 14 participants) a fourni des
données probantes d’un niveau de confiance très faible sur seule base du
récit des auteurs, que la TCD par rapport au TH pourrait réduire le
nombre de jours d'automutilation pour les patients externes deux mois
après l'intervention.
Gestion des risques psychosociaux (programme GRP "Resettle") par rapport aux TH
Une étude (données biaisées, 35 participants) n’a pas trouvé des
données probantes indiquant une différence entre le GRP et le TH pour un
certain nombre d'infractions officiellement enregistrées un an après la
sortie de prison. Elle n'a également pas trouvé de données probantes
indiquant une différence entre le GRP et le TH pour l'événement
indésirable du décès pendant la période d'étude (RC 0,89, IC à 95% 0,05 à
14,83, P = 0,94, 72 participants (90 % avaient un TPA), 1 étude,
données probantes d’un niveau de confiance très faible).
Conclusions des auteurs
Il existe très peu de données probantes sur les
effets des interventions psychologiques pour les adultes atteints de
troubles de la personnalité antisociale. Peu d'interventions ont abordé
les principaux critères de jugement de cette revue et, sur les huit qui
l'ont fait, seules trois (CM associé à la thérapie de maintien, TdS et
TCD) ont montré que l'intervention pouvait être plus efficace que
l’intervention-contrôle. Aucune intervention n'a fait état de données
probantes convaincantes de changement dans le comportement antisocial.
Dans l'ensemble, le niveau de confiance des données probantes était
faible ou très faible, ce qui signifie que nous avons une confiance très
limitée dans les estimations des effets d’interventions, rapportées
dans les études.
Les conclusions de cette mise à jour n'ont pas
changé par rapport à celles de la révision initiale, malgré l'ajout de
huit nouvelles études. Ces éléments soulignent le besoin permanent
d'études méthodologiquement rigoureuses pour obtenir des données
supplémentaires afin de guider le développement et l'application
d'interventions psychologiques pour les personnes souffrant de troubles
de la personnalité aiguë et pourrait suggérer qu'une nouvelle approche
est nécessaire.
Notes de traduction
Post-édition effectuée par Guillaume Duboisdindien
et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine
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Citation
Gibbon S, Khalifa NR, Cheung NH-Y, Völlm BA, McCarthy L.
Psychological interventions for antisocial personality disorder.
Cochrane Database of Systematic Reviews 2020, Issue 9. Art. No.:
CD007668. DOI: 10.1002/14651858.CD007668.pub3.
Ce trouble est souvent diagnostiqué chez les adultes, mais certains signes peuvent se manifester dans l'enfance ou l'adolescence. Il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale pour un diagnostic et une prise en charge appropriée. Selon Robert Hare, la différence entre psychopathie et sociopathie peut s'expliquer par l'origine du trouble[16].
La sociopathie s'explique par l'environnement social alors que la
psychopathie s'explique par un mélange de facteurs psychologiques,
biologiques, génétiques et environnementaux. Selon David Lykken,
les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques
particulières comme l'impulsivité ou l'absence de peur, qui les
conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d'intégrer les
normes sociales.
Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus réglé ; leur
trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social
défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou au contraire très développée).
Description
La sociopathie est considérée comme un trouble de la personnalité
dont le critère principal d'identification est la capacité limitée, pour
les personnes montrant les symptômes du trouble, à ressentir les émotions humaines, aussi bien à l'égard d'autrui qu'à leur propre égard. C'est ce qui peut dans certains cas expliquer leur manque d'empathie lorsqu'ils sont confrontés à la souffrance
des autres, traduisant une incapacité à ressentir l'émotion associée.
Ce qui n'est pas systématique puisque, tout comme pour les
psychopathies, il existe d'autres formes de sociopathies plus
empathiques : l'individu comprend l'émotion mais n'agit pas au regard de
normes (qu'il ne valide pas). Les individus atteints de trouble de la
personnalité antisociale ont souvent des problèmes avec les figures
d'autorité[17].
D'autres approches, notamment en éthologie
appliquée à l'espèce humaine, introduisent des distinctions fondées sur
le but recherché par le ou la sociopathe. Certains chercheurs (dont Konrad Lorenz, ainsi que beaucoup de comportementalistes
américains) estiment que les personnes adoptant des comportements de
prédation et/ou de violence ne le font pas forcément par manque
d'émotion ou d'empathie (les séducteurs et les manipulateurs n'en manquent pas), mais par choix narcissique, en vertu du principe du plus grand plaisir et/ou de la plus grande facilité ou rentabilité. D'autres spécialistes de l'éthologie humaine, toutefois, tels Boris Cyrulnik, nuancent ces points de vue[18].
Un comportement de recherche du risque et d'usage de drogues peut
aussi être un moyen d'échapper à un vide émotionnel intérieur. La rage dont font preuve certains sociopathes, de même que l'anxiété
associée à certaines formes de trouble de personnalité antisociale,
peuvent être vues comme la limite de la capacité à ressentir des
émotions. Le diagnostic du trouble de la personnalité antisociale est
plus courant chez les hommes que chez les femmes même si on dénombre
plusieurs cas chez les femmes depuis quelques années[19].
La recherche sur le sujet a montré que les individus ayant un
réel trouble de la personnalité antisociale sont indifférents à la
possibilité de leur propre douleur physique ou d'une quelconque peine,
et ne montrent aucun signe de crainte lorsqu'ils sont menacés de
souffrance[20].
Diagnostic
DSM-5
En 2013, la cinquième version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5)
fait une révision des critères du trouble. Là où la version précédente
présentait un âge minimum diagnostique de 15 ans, cette version l'élève à
18 ans. De plus, elle inclut un trouble bipolaire dans les comportements antisociaux exclusifs, alors que la version plus ancienne mentionne la schizophrénie ou un épisode maniaque spécifiquement[21].
Les critères du DSM-5 sont donc les suivants :
A. Mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui
qui survient depuis l’âge de 15 ans, comme en témoignent au moins trois
des manifestations suivantes :
Incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent
les comportements légaux, comme l’indique la répétition de comportements
passibles d’arrestation.
Tendance à tromper pour un profit personnel ou par plaisir, indiquée
par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des
escroqueries.
Impulsivité ou incapacité à planifier à l’avance.
Irritabilité et agressivité, comme en témoigne la répétition de bagarres ou d’agressions.
Mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d’autrui.
Irresponsabilité persistante, indiquée par l’incapacité répétée
d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières.
Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui.
Le chapitre V de la Classification internationale des maladies (CIM-10) offre un ensemble de critères pour diagnostiquer le trouble de la personnalité dyssociale[22],[17].
Le trouble de la personnalité dyssociale (F60.2), habituellement
remarqué à cause d'une disparité flagrante entre le comportement et les
normes sociales usuelles, est caractérisé par :
Dédain froid envers les sentiments des autres,
Attitude flagrante et permanente d'irresponsabilité et d'irrespect des règles, normes sociales et engagements pris,
Incapacité à maintenir des relations durables, bien que n'ayant aucune difficulté à les établir,
Tolérance très faible à la frustration et seuil faible à la décharge de l'agressivité, y compris par la violence,
Incapacité à ressentir la culpabilité ou à profiter de l'expérience, en particulier des punitions,
Tendance marquée à rejeter la faute sur les autres, ou à
rationaliser des excuses plausibles, pour des comportements amenant le
sujet en conflit avec la société.
Il peut aussi y avoir une irritabilité permanente associée. Un
trouble comportemental pendant l'enfance et l'adolescence, quoique
parfois absent, peut renforcer le diagnostic.
Diagnostic différentiel
Plusieurs conditions coexistent communément avec le trouble de la personnalité antisociale[23]. Elles incluent :
Lorsqu'elles sont combinées à l'alcoolisme,
les individus peuvent montrer, lors de tests neurologiques, des
déficits fonctionnels frontaux plus grands que ceux associés à chaque
condition[24].
Causes
La cause du trouble n'est pas connue, mais des facteurs biologiques et génétiques pourraient être en cause[25],[26]. Robbins (1996) a découvert une incidence plus élevée des caractéristiques sociopathes et de l'alcoolisme
chez les pères d'individus atteints du trouble de la personnalité
antisociale. Il a aussi découvert que, dans une même famille, les hommes
avaient une incidence plus élevée, tandis que les femmes, en revanche,
montraient une incidence plus élevée du trouble de somatisation[17].
Bowlby (1944) a observé une relation entre le trouble de la
personnalité antisociale et la distanciation maternelle pendant les cinq
premières années de la vie. Les Glueck (1968) ont observé que les mères
d'enfants développant le trouble montraient généralement une absence de
discipline cohérente et d'affection, et une tendance anormale à
l'alcoolisme et à l'impulsivité. Ces facteurs contribuent tous à l'échec
de la création et du maintien d'une relation familiale stable
établissant une structure et des limites au comportement[17].
Génétiques
Les études sur les adoptions confirment le rôle des facteurs
génétiques comme environnementaux dans le développement du trouble. Les études sur les jumeaux
indiquent aussi une part d'héritabilité du comportement antisocial et
ont montré que les facteurs génétiques sont plus importants chez les
adultes que chez les enfants ou les adolescents antisociaux, pour
lesquels les facteurs environnementaux sont prédominants[17],[16].
Un gène
qui a montré un potentiel particulier dans sa corrélation avec le
trouble de la personnalité antisociale est celui qui code pour la monoamine oxydase A (MAO-A), une enzyme qui décompose les neurotransmetteurs monoamines tels que la sérotonine et la noradrénaline.
Diverses études examinant la relation entre ce gène et le comportement
ont suggéré que certaines variantes du gène, qui entraînent une
production réduite de MAO-A (comme les allèles 2R et 3R de la région promotrice), sont associées à un comportement agressif chez les hommes[19],[21].
Cette association est également influencée par les expériences
négatives vécues tôt dans la vie. Les enfants possédant une variante à
faible activité (MAOA-L) qui ont vécu des circonstances négatives sont
plus susceptibles de développer un comportement antisocial que ceux avec
la variante à haute activité (MAOA-H)[24],[27].
Même en éliminant les interactions environnementales (par exemple, les
abus émotionnels), une petite association entre MAOA-L et les
comportements agressifs et antisociaux persiste[28].
Le gène qui code le transporteur de la sérotonine
(SLC6A4), élément génétique largement étudié pour ses associations avec
d'autres troubles mentaux, est un autre gène d'intérêt dans le
comportement antisocial et les traits de personnalité. Les études
d'association génétique ont suggéré que l'allèle court "S" est associé à
un comportement antisocial impulsif et au TPAS dans la population
carcérale[29].
Signes précurseurs potentiels
Bien que le trouble ne puisse être diagnostiqué formellement avant
l'âge adulte, il existe trois signes précurseurs du trouble, connus sous
le nom de triade Macdonald, qui peuvent être détectés chez certains enfants. Ces signes sont des périodes inhabituellement longues d'énurésie, la cruauté envers les animaux, et la pyromanie[17].
Il est impossible de savoir quelle proportion d'enfants montrant ces
signes développent plus tard le trouble de la personnalité antisociale,
mais ces signes sont souvent trouvés dans le passé des adultes
diagnostiqués.
La valeur prédictive de ces signes ne peut pas être établie sans
évaluation du nombre d'enfants qui ne développent pas le trouble. Ces
signes sont actuellement inclus dans le DSM-IV sous la rubrique du trouble comportemental.
Un enfant qui montre les signes précurseurs du trouble de la
personnalité antisociale peut être diagnostiqué comme ayant un trouble
comportemental ou un trouble de défiance oppositionnel. Cependant, tous
ces enfants ne développent pas le trouble[réf. nécessaire].
Épidémiologie
Le trouble de la personnalité antisociale est diagnostiqué chez 3 à 30 % des patients en psychiatrie[30],[23].
Une enquête nationale utilisant les critères du DSM-III-R a montré que
5,8 % des hommes et 1,2 % des femmes risquaient de développer le trouble
à n'importe quel moment de leur vie[31].
Dans les établissements pénitentiaires, le pourcentage est estimé à un
maximum de 75 %. Les estimations de fréquence calculées d'après les
critères de diagnostic clinique donnent des résultats variant entre 3 et
30 % suivant les caractères prédominants des populations étudiées,
comme les populations carcérales (qui incluent des criminels violents).
De même, la fréquence du trouble est plus élevée chez les sujets suivant
un traitement de sevrage de l'alcool ou d'autres drogues que dans le reste de la population, ce qui suggère un lien entre la dépendance et le trouble[32].
Traitements
Des recherches concernant la personnalité antisociale ont été
effectuées et indiquent des résultats positifs par l'intermédiaire de
thérapies[27].
Certaines études suggèrent que ce trouble n'interfère pas
significativement avec le traitement concernant des troubles mentaux
autres que la personnalité antisociale comme l'abus de substances[28], bien que d'autres travaux montrent le contraire[29]. La schémathérapie est conseillée pour traiter le trouble de la personnalité antisociale[33].
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