lundi 22 juin 2026

Facteurs environnementaux favorisant le TPA (trouble de la personnalité antisociale)

Selon Robert Hare, les facteurs génétiques (la psychopathie a une hérédité estimée autour de 50 % selon de nombreuses études ; ), les facteurs biologiques (anomalies ou moindre fonctionnement dans des régions du cerveau comme l’amygdale impliquée dans la peur et l’empathie) et les facteurs psychologiques (manque profond d’empathie et de remords ;vision égocentrique du monde ; etc.) peuvent être modérés ou partiellement contrebalancés par les facteurs environnementaux.

Les articles consultés jusque-là parlent des individus étudiés en milieu carcéral dont l'environnement familial défavorisé a contribué à la fabrication du "sociopathe" : violent, inadapté, refusant les règles, etc., parce qu'il a vécu dans la pauvreté, l'abandon, l'alcoolisme, etc.

Mais qu'en est-il des milieux familiaux extrêmement favorisés ? 

Ne pourrait-on pas identifier, en plus d'une certaine "consanguinité de caste" favorisant les facteurs génétiques, des structures éducatives favorisant l'émergence de psychopathes-sociopathes ?

En paraphrasant un extrait l'article https://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2026/06/psychopathie-causes-et-therapie.html, voici ce que cela pourrait donner : 

L’environnement (familial, social, culturel) module l’expression de la prédisposition. Des expériences comme :

  • Des traumatismes précoces [MK Ultra ou assimilés], négligence [affective] ou abus [sexuels incestueux et/ou ritualisés] ;
  • Un milieu socio-économique extrêmement favorable [appartenance à "l'hyper-classe"] et/ou une faible socialisation [brassage social avec d'autres catégories socio-économiques plus pauvres] ;
  • Des interactions qui renforcent les comportements antisociaux.

Hare insiste sur le fait que même une forte prédisposition génétique/biologique ne suffit pas toujours : l’environnement peut aggraver ou, dans une moindre mesure, atténuer les traits. Il distingue parfois la « psychopathie » (plus innée) de la « sociopathie » (plus influencée par l’environnement), bien que les termes soient souvent utilisés de manière interchangeable.

J'émets l'hypothèse que les psychopathes se reproduisent entre eux et que l'éducation dominante de "l'hyper-classe" favorise le développement des sociopathes (parasites sociaux méprisant ceux qui n'appartiennent pas à leur caste). 

dimanche 21 juin 2026

Quel est le pourcentage de la population souffrant d'un TPA ?

 

Le pourcentage de la population souffrant d’un Trouble de la Personnalité Antisociale (TPA, ou ASPD en anglais) est estimé entre 1 % et 4 % en population générale, avec une moyenne souvent citée autour de 2-3 %.

Détails selon les études :

  • Prévalence vie entière : Elle varie généralement de 2 à 5 % selon les grandes enquêtes épidémiologiques (États-Unis et Royaume-Uni).
  • Chiffres plus précis :
    • Environ 3 % chez les hommes et 1 % chez les femmes (le trouble est 2 à 3 fois plus fréquent chez les hommes).
    • Certaines études américaines (comme NESARC) rapportent jusqu’à 3,6 % en population générale.
  • En France et au Canada, les estimations sont similaires (autour de 2-3 %).

À noter : Ces chiffres concernent la population générale. Ils sont beaucoup plus élevés en milieu carcéral (jusqu’à 50 % chez les hommes détenus) ou chez les personnes ayant des problèmes de toxicomanie. Le trouble diminue souvent avec l’âge.

Le diagnostic nécessite une évaluation par un professionnel de santé mentale, car il repose sur des critères précis (comportements antisociaux persistants depuis l’adolescence, absence de remords, etc.). Si tu as des préoccupations personnelles ou pour quelqu’un d’autre, il est recommandé de consulter un psychiatre ou psychologue.


Comment traiter le trouble de la personnalité antisociale ?

 

Le trouble de la personnalité antisociale (TPAS), tout comme la plupart des troubles de la personnalité, est extrêmement difficile à traiter. Le premier défi consiste à convaincre une personne atteinte de ce trouble qu’elle a besoin d’un traitement.

En termes simples, une personne atteinte de TPAS ne ressent pas de malaise ou de gêne. En raison de leur manque d’empathie envers les autres et de leur insensibilité à la souffrance, les personnes atteintes de TPAS ne tiennent souvent pas compte des conséquences de leurs actes. Convaincues qu’elles ne peuvent rien faire de mal et que leurs mensonges et manipulations sont nécessaires pour obtenir ce qu’elles veulent, elles ne ressentent généralement pas le genre de malaise qui pousserait les personnes souffrant d’autres troubles de la personnalité à demander de l’aide.

« Il n’y a aucune détresse autre que celle de ne pas voir leurs besoins satisfaits ou d’éviter d’être tenues pour responsables », déclare le Dr David M. Reiss, un psychiatre exerçant en pratique privée à San Diego.

Cependant, il existe quelques circonstances spécifiques dans lesquelles une personne atteinte de TPA peut demander ou recevoir de l’aide :

  • Se retrouver dans le système de justice pénale : Étant donné que certaines personnes atteintes de TPA finissent en prison, elles peuvent recevoir un traitement dans le système, bien que cela puisse être incohérent.
  • Avoir un problème de santé mentale concomitant ou un trouble lié à l’usage de substances : Bien que les personnes atteintes de TPA ne recherchent pas de traitement pour leur TPA, elles souffrent souvent d’autres problèmes tels que l’anxiété, la dépression ou la consommation de substances.

Si une personne souffre de TPA à part entière, sa structure de personnalité ne peut pas vraiment changer, bien qu’il puisse y avoir des progrès en termes de réduction des méfaits si la personne peut être convaincue qu’il est dans son propre intérêt d’éviter certains comportements et leurs conséquences, explique le Dr Reiss.

Certaines personnes atteintes de TPA apprennent par elles-mêmes à imiter l’empathie afin de l’utiliser de manière manipulatrice en cas de besoin. Elles agissent comme si elles étaient empathiques, non pas parce qu’elles le sont réellement ou dans le cadre d’un projet spécifique, mais parce qu’elles ont appris que la vie est plus facile pour elles en agissant de cette façon, explique Reiss.

Même si quelqu’un recherche un traitement, aucun médicament ni aucune option thérapeutique pour le TPA n’ont été systématiquement démontrés dans les études comme étant efficaces pour traiter les symptômes ou les schémas de pensée.

Cependant, des études ont été menées sur le traitement des personnes atteintes de TPAS pour d’autres problèmes médicaux ou symptômes qu’elles présentent en plus de leur trouble de la personnalité, tels qu’une dépendance à une substance ou une maladie psychiatrique coexistante.

Sourcehttps://tremplinsante.net/comment-traiter-le-trouble-de-la-personnalite-antisociale/

Psychopathie : cause(s) et thérapie (?)


Selon Robert Hare, la psychopathie s'explique par un mélange de facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Que signifient ces quatre facteurs ?

Selon Robert Hare, la psychopathie résulte d’une interaction complexe entre facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Il n’y a pas une cause unique, mais une combinaison où ces éléments s’influencent mutuellement.

Voici une explication claire de chacun de ces quatre facteurs, basée sur les écrits et positions de Hare (notamment dans Without Conscience et d’autres travaux) :

1. Facteurs génétiques
Les gènes contribuent à une prédisposition. La psychopathie a une hérédité estimée autour de 50 % selon de nombreuses études : elle tend à se transmettre dans les familles, sans qu’il existe un « gène de la psychopathie » unique. Les facteurs génétiques influencent la structure et le fonctionnement de base du cerveau (par exemple, des variations affectant la régulation émotionnelle, la peur ou l’empathie). Hare souligne que ces éléments innés fournissent une partie des « briques de base » (comme une faible réactivité émotionnelle ou un manque d’empathie inné).

2. Facteurs biologiques
Ils concernent le fonctionnement du cerveau et du système nerveux. Chez les psychopathes, on observe souvent :
- Des anomalies ou un moindre fonctionnement dans des régions comme l’amygdale (impliquée dans la peur et l’empathie) ;
- Des différences dans la réactivité physiologique (faible réponse au stress ou à la punition) ;
- Des influences possibles pendant le développement fœtal ou néonatal (hormones, etc.).

Hare voit ces aspects biologiques comme une base « hardware » altérée qui rend l’individu moins sensible aux signaux émotionnels normaux. Ces facteurs sont en partie liés aux gènes, mais aussi à d’autres influences précoces. 

3. Facteurs psychologiques
Ils renvoient aux traits de personnalité, aux processus cognitifs et émotionnels internes. Cela inclut :
- Un manque profond d’empathie et de remords ;
- Une vision égocentrique du monde ;
- Des difficultés à traiter les émotions (pauvreté affective) ;
- Des patterns de pensée comme la manipulation, le charme superficiel ou l’impulsivité.

Ces traits ne sont pas seulement des symptômes : ils interagissent avec les facteurs biologiques (par exemple, un cerveau moins réactif renforce un style émotionnel détaché). Hare les décrit comme centraux dans le profil du « prédateur social ». 

4. Facteurs environnementaux
L’environnement (familial, social, culturel) module l’expression de la prédisposition. Des expériences comme :
- Des traumatismes précoces, négligence ou abus ;
- Un milieu socio-économique défavorable ou une socialisation pauvre ;
- Des interactions qui renforcent les comportements antisociaux.

Hare insiste sur le fait que même une forte prédisposition génétique/biologique ne suffit pas toujours : l’environnement peut aggraver ou, dans une moindre mesure, atténuer les traits. Il distingue parfois la « psychopathie » (plus innée) de la « sociopathie » (plus influencée par l’environnement), bien que les termes soient souvent utilisés de manière interchangeable.
 

En résumé, selon Hare, la psychopathie émerge d’une interaction dynamique : les facteurs génétiques et biologiques fournissent une vulnérabilité de base (nature), tandis que les facteurs psychologiques et environnementaux (nurture) façonnent comment cette vulnérabilité se manifeste au cours du développement. Ce n’est ni purement « inné » ni purement « acquis », mais un mélange mal compris qui rend le trouble particulièrement résistant aux interventions classiques.

Ces idées sont étayées par des décennies de recherche, dont la PCL-R (Psychopathy Checklist-Revised) de Hare elle-même, qui mesure les traits sans prétendre en expliquer complètement l’origine. Pour une compréhension approfondie, ses livres comme Without Conscience restent des références.

 

 Comment guérir un-e psychopathe ?

Il n’existe pas de guérison complète de la psychopathie chez l’adulte, selon Robert Hare et le consensus scientifique actuel. La psychopathie est un trouble de la personnalité profond, enraciné dans des facteurs biologiques, génétiques et neurodéveloppementaux, qui rend les traits centraux (manque d’empathie, absence de remords, égocentrisme, manipulation) très résistants au changement.

Hare lui-même et de nombreux experts soulignent que l’objectif réaliste n’est pas la « guérison » (élimination des traits), mais la gestion des comportements pour réduire les risques de violence, de récidive ou de dommages aux autres. Les psychopathes peuvent apprendre des stratégies de self-management, mais leur motivation intrinsèque est souvent faible (ils ne souffrent généralement pas de leur état et n’ont pas de désir de changer pour des raisons morales).
 

Approches de prise en charge (principalement en contexte judiciaire ou carcéral)
- Programmes structurés de gestion des risques : Hare a co-développé avec Steve Wong les Guidelines for a Psychopathy Treatment Program. Ils se concentrent sur :
  - L’identification des facteurs personnels déclencheurs de comportements violents ou antisociaux.
  - L’apprentissage de compétences concrètes de prévention et de self-control.
  - Un plan de prévention de la rechute pour favoriser un mode de vie prosocial (sans viser à « créer » de l’empathie ou des remords).

- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et approches multimodales : Elles visent à modifier les patterns de pensée et de comportement (impulsivité, prise de décision). Elles sont parmi les plus prometteuses, bien que les résultats varient.

- Autres options : Thérapies de schéma, thérapies centrées sur la compassion (surtout chez les jeunes), ou environnements structurés (communautés thérapeutiques). Les médicaments (ex. : pour réduire l’agressivité ou l’impulsivité) peuvent aider sur des symptômes associés, mais ne traitent pas le cœur du trouble. 

Important : Certaines études anciennes suggéraient que les thérapies classiques pouvaient aggraver les traits (en rendant les psychopathes plus habiles manipulateurs). Les données récentes sont plus nuancées : les traitements bien conçus et adaptés ne semblent pas empirer les choses et peuvent réduire les comportements problématiques, surtout s’ils sont intensifs et supervisés.

Meilleurs résultats chez les enfants et adolescents

Chez les jeunes présentant des traits « callous-unemotional » (précurseurs de la psychopathie), des interventions précoces familiales, comportementales et multimodales donnent de meilleurs espoirs. Elles peuvent réduire significativement ces traits et prévenir l’évolution vers une psychopathie adulte. Plus on intervient tôt, plus l’impact environnemental peut moduler l’expression des facteurs biologiques.

En résumé
- Pas de cure : On ne « guérit » pas un psychopathe comme on guérit une infection. Les traits de base persistent souvent.
- Gestion possible : Avec des programmes spécialisés, motivation externe (justice, incarcération) et suivi rigoureux, on peut diminuer les dommages causés.
- Défis majeurs : Faible motivation, manipulation du thérapeute, taux d’abandon élevé et risque élevé de récidive.

Si vous êtes confronté à une personne psychopathe (proche, collègue, etc.), la priorité est souvent la protection personnelle et la mise en place de limites claires plutôt que d’essayer de la « soigner ». Consultez des professionnels spécialisés en psychiatrie légale ou en troubles de la personnalité pour une évaluation (via la PCL-R de Hare, par exemple).

Pour plus de détails, les ouvrages de Hare (Without Conscience) ou des ressources scientifiques récentes restent des références solides. Si vous avez un contexte précis (adulte, jeune, personnel…), je peux affiner la réponse. 

Stérilisation de masse. L'essai 2013-2014 au Kenya sous couvert de vaccination

 

 

Source : https://www.facebook.com/reel/1415811020354477

L'Aurore Rouge (1985), Serge Monast

 

 


Source
: https://www.facebook.com/reel/1330326335726290

samedi 20 juin 2026

Interventions psychologiques chez les personnes atteintes de trouble de la personnalité antisociale

Contexte

Les personnes souffrant de troubles de la personnalité antisociale (TPA) sont susceptibles de présenter des comportements délétères pour elles-mêmes et pour leur environnement social, et cela au détriment des lois. Ces personnes peuvent être malhonnêtes et agir agressivement sans réfléchir. Beaucoup d’entre elles abusent de drogues et d’alcool. Certains types d’interventions psychologiques, telles que les thérapies par la parole ou les thérapies cognitives, pourraient accompagner favorablement les personnes souffrant de TPA. Ces traitements visent à ajuster le comportement de la personne, à adapter sa façon de penser ou à l'aider à gérer son trouble du contrôle des impulsions, ses tendances à l'automutilation, aux abus de drogues et d'alcool ou de comportement négatif.

Cette revue est une mise à jour de celle publiée en 2010.

Problématique de la revue

Quels sont les effets des thérapies de types psycho-analytiques ou systémiques pour des adultes (18 ans et plus) atteints de TPA, par rapport au traitement habituel, à la liste d'attente ou à l’absence de traitement ?

Caractéristiques des études

Nous avons collecté des études considérées comme pertinentes jusqu'au 5 septembre 2019. Nous avons recensé 19 études pertinentes pour 18 interventions psychologiques différentes. Des données ont été rapportées pour 10 études impliquant 605 adultes (âgés de 18 ans et plus) avec un diagnostic de TPA, vivant dans la communauté, dans un cadre hospitalier ou pénitentiaire. Huit interventions rapportent les principaux critères de jugement envisagés dans la revue (agression, condamnations réitérées, fonctionnement général/social et effets défavorables observés), mais peu d'entre elles comportaient des données sur les participants atteints de TPA. Les études retenues comparaient une intervention psychologique aux traitements habituels (TH), appelés «thérapie de maintien» dans certaines études.

La plupart des études ont été menées au Royaume-Uni ou en Amérique du Nord et ont été subventionnés par les principaux conseils de la recherche de ces pays. Les études comprenaient plus de participants masculins (75 %) que féminins (25 %), dont l'âge moyen était de 35,5 ans. La durée des études varie de 4 à 156 semaines. La plupart des études (10 sur 19) ont utilisé des approches méthodologiques approximatives, ce qui rend les résultats obtenus incertains et ne permet pas de statuer sur l’efficacité des traitements dans nos conclusions.

Résultats principaux

Nous présentons ci-dessous les résultats de chaque étude comparative, lorsque des données étaient disponibles pour un critère de jugement primaire.

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) associée au TH comparé au TH seul Il n’y avait de différence entre la TCC associée et le TH seul pour les critères agression physique ou les troubles du fonctionnement social mais les données probantes relevées dans cette étude restent incertaines.

Programme Counseling sur le mode de vie impulsive (Impulsive Lifestyle Counselling, ILC) associé au TH comparés au TH seul Aucune différence n’a été observée entre le programme ILC associé au TH et le TH pour les critères agression ou effets indésirables de décès de la personne ou d'incarcération mais les données probantes sont incertains.

Programme de Gestion des imprévus (Contingency management, CM) associé aux thérapies de maintien comparés aux thérapies de maintien seules. Le CM associé à la thérapie de maintien, par rapport à la thérapie de maintien, pourrait améliorer légèrement le fonctionnement social.

Programme de « Conduite en état d'ébriété » (CEE) associé à l’incarcération comparée à l’incarcération. Il n'y a pas de différence relevée entre les taux de CEE associé à l’incarcération et les cas d'incarcération à la suite d'une nouvelle condamnation (nouvelle arrestation), mais les données probantes sont très incertaines.

Thérapie des schémas (TdS) comparée aux TH. Les données probantes sont très incertaines quant à l'effet de la TdS par rapport aux TH dans le cadre des nouvelles condamnations. Certains éléments indiquent que, par rapport aux TH, la TdS pourrait améliorer un aspect du fonctionnement social : le délai d’admissibilité à la sortie sans surveillance. Il n'y avait pas de différence entre la TdS et les TH pour l’ensemble d’effets indésirables classés globalement comme des résultats négatifs, mais les critères de jugement obtenues sont incertaines.

La Thérapie de résolution de problèmes (TRP) associée à la psychoéducation (PE) comparée au TH. Il n'y avait pas de différence entre la TRP associée à la PE et la TH pour le niveau de fonctionnement social des participants, mais les données probantes sont très incertaines.

La thérapie comportementale dialectique (TCD) par rapport aux TH. Les résultats suggèrent que, par rapport aux TH, la TCD pourrait réduire le temps journalier d'automutilation, mais les données probantes sont très incertaines.

Gestion des risques psychosociaux (programme GRP "Resettle") par rapport aux TH. Il n'y a pas de différence significative relevée entre le GRP et les TH pour le nombre d'infractions signalées un an après la sortie de prison, ou pour le risque de décès pendant l'étude, bien que les données probantes soient très incertaines.

Conclusions

La présente revue montre qu’il n’y a pas suffisamment de données probantes de bonne qualité pour statuer sur une quelconque recommandation plutôt qu’une autre en faveur d’un traitement psychologique des personnes diagnostiquées avec un trouble de la personnalité antisociale.

 
Notes de traduction

Post-édition effectuée par Guillaume Duboisdindien et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

Citation
Gibbon S, Khalifa NR, Cheung NH-Y, Völlm BA, McCarthy L. Psychological interventions for antisocial personality disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews 2020, Issue 9. Art. No.: CD007668. DOI: 10.1002/14651858.CD007668.pub3.

Source https://www.cochrane.org/fr/evidence/CD007668_psychological-treatments-people-antisocial-personality-disorder

 

Trouble de la personnalité antisociale

 


Le trouble de la personnalité antisociale (en abrégé : TPA ou TPAS) est un trouble de la personnalité[1],[2] caractérisé par un schéma persistant de comportement et d'attitudes qui viole les droits des autres[3],[4]. Les personnes atteintes de ce trouble peuvent manifester de l'irrespect envers les normes sociales, être manipulatrices[5], impulsives et souvent incapables de se conformer aux règles. Elles peuvent aussi éprouver peu de remords[6],[7] pour leurs actions, ce qui peut conduire à des comportements criminels[8],[9] ou destructeurs.

Les symptômes incluent : manque d'empathie[10],[11] pour les autres, comportement impulsif[11] et irresponsable, manipulation[5] et la tromperie[12], « comportement défi »[13] (parfois associé au TDAH, au TSA et/ou à une déficience intellectuelle)[14] qui peuvent rendre les soins difficiles[15] et tendance à violer les droits des autres sans se soucier des conséquences.

Ce trouble est souvent diagnostiqué chez les adultes, mais certains signes peuvent se manifester dans l'enfance ou l'adolescence. Il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale pour un diagnostic et une prise en charge appropriée. Selon Robert Hare, la différence entre psychopathie et sociopathie peut s'expliquer par l'origine du trouble[16]. La sociopathie s'explique par l'environnement social alors que la psychopathie s'explique par un mélange de facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Selon David Lykken, les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques particulières comme l'impulsivité ou l'absence de peur, qui les conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d'intégrer les normes sociales. Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus réglé ; leur trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou au contraire très développée).

Description

La sociopathie est considérée comme un trouble de la personnalité dont le critère principal d'identification est la capacité limitée, pour les personnes montrant les symptômes du trouble, à ressentir les émotions humaines, aussi bien à l'égard d'autrui qu'à leur propre égard. C'est ce qui peut dans certains cas expliquer leur manque d'empathie lorsqu'ils sont confrontés à la souffrance des autres, traduisant une incapacité à ressentir l'émotion associée. Ce qui n'est pas systématique puisque, tout comme pour les psychopathies, il existe d'autres formes de sociopathies plus empathiques : l'individu comprend l'émotion mais n'agit pas au regard de normes (qu'il ne valide pas). Les individus atteints de trouble de la personnalité antisociale ont souvent des problèmes avec les figures d'autorité[17].

D'autres approches, notamment en éthologie appliquée à l'espèce humaine, introduisent des distinctions fondées sur le but recherché par le ou la sociopathe. Certains chercheurs (dont Konrad Lorenz, ainsi que beaucoup de comportementalistes américains) estiment que les personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence ne le font pas forcément par manque d'émotion ou d'empathie (les séducteurs et les manipulateurs n'en manquent pas), mais par choix narcissique, en vertu du principe du plus grand plaisir et/ou de la plus grande facilité ou rentabilité. D'autres spécialistes de l'éthologie humaine, toutefois, tels Boris Cyrulnik, nuancent ces points de vue[18].

Un comportement de recherche du risque et d'usage de drogues peut aussi être un moyen d'échapper à un vide émotionnel intérieur. La rage dont font preuve certains sociopathes, de même que l'anxiété associée à certaines formes de trouble de personnalité antisociale, peuvent être vues comme la limite de la capacité à ressentir des émotions. Le diagnostic du trouble de la personnalité antisociale est plus courant chez les hommes que chez les femmes même si on dénombre plusieurs cas chez les femmes depuis quelques années[19].

La recherche sur le sujet a montré que les individus ayant un réel trouble de la personnalité antisociale sont indifférents à la possibilité de leur propre douleur physique ou d'une quelconque peine, et ne montrent aucun signe de crainte lorsqu'ils sont menacés de souffrance[20].

Diagnostic

DSM-5

En 2013, la cinquième version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) fait une révision des critères du trouble. Là où la version précédente présentait un âge minimum diagnostique de 15 ans, cette version l'élève à 18 ans. De plus, elle inclut un trouble bipolaire dans les comportements antisociaux exclusifs, alors que la version plus ancienne mentionne la schizophrénie ou un épisode maniaque spécifiquement[21].

Les critères du DSM-5 sont donc les suivants :

A. Mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui qui survient depuis l’âge de 15 ans, comme en témoignent au moins trois des manifestations suivantes :

  1. Incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, comme l’indique la répétition de comportements passibles d’arrestation.
  2. Tendance à tromper pour un profit personnel ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des escroqueries.
  3. Impulsivité ou incapacité à planifier à l’avance.
  4. Irritabilité et agressivité, comme en témoigne la répétition de bagarres ou d’agressions.
  5. Mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d’autrui.
  6. Irresponsabilité persistante, indiquée par l’incapacité répétée d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières.
  7. Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui.

B. Âge au moins égal à 18 ans.

C. Manifestations d’un trouble des conduites débutant avant l’âge de 15 ans.

D. Les comportements antisociaux ne surviennent pas exclusivement pendant l’évolution d’une schizophrénie ou d’un trouble bipolaire.

CIM-10

Le chapitre V de la Classification internationale des maladies (CIM-10) offre un ensemble de critères pour diagnostiquer le trouble de la personnalité dyssociale[22],[17]. Le trouble de la personnalité dyssociale (F60.2), habituellement remarqué à cause d'une disparité flagrante entre le comportement et les normes sociales usuelles, est caractérisé par :

  • Dédain froid envers les sentiments des autres,
  • Attitude flagrante et permanente d'irresponsabilité et d'irrespect des règles, normes sociales et engagements pris,
  • Incapacité à maintenir des relations durables, bien que n'ayant aucune difficulté à les établir,
  • Tolérance très faible à la frustration et seuil faible à la décharge de l'agressivité, y compris par la violence,
  • Incapacité à ressentir la culpabilité ou à profiter de l'expérience, en particulier des punitions,
  • Tendance marquée à rejeter la faute sur les autres, ou à rationaliser des excuses plausibles, pour des comportements amenant le sujet en conflit avec la société.

Il peut aussi y avoir une irritabilité permanente associée. Un trouble comportemental pendant l'enfance et l'adolescence, quoique parfois absent, peut renforcer le diagnostic.

Diagnostic différentiel

Plusieurs conditions coexistent communément avec le trouble de la personnalité antisociale[23]. Elles incluent :

Lorsqu'elles sont combinées à l'alcoolisme, les individus peuvent montrer, lors de tests neurologiques, des déficits fonctionnels frontaux plus grands que ceux associés à chaque condition[24].

Causes

La cause du trouble n'est pas connue, mais des facteurs biologiques et génétiques pourraient être en cause[25],[26]. Robbins (1996) a découvert une incidence plus élevée des caractéristiques sociopathes et de l'alcoolisme chez les pères d'individus atteints du trouble de la personnalité antisociale. Il a aussi découvert que, dans une même famille, les hommes avaient une incidence plus élevée, tandis que les femmes, en revanche, montraient une incidence plus élevée du trouble de somatisation[17]. Bowlby (1944) a observé une relation entre le trouble de la personnalité antisociale et la distanciation maternelle pendant les cinq premières années de la vie. Les Glueck (1968) ont observé que les mères d'enfants développant le trouble montraient généralement une absence de discipline cohérente et d'affection, et une tendance anormale à l'alcoolisme et à l'impulsivité. Ces facteurs contribuent tous à l'échec de la création et du maintien d'une relation familiale stable établissant une structure et des limites au comportement[17].

Génétiques

Les études sur les adoptions confirment le rôle des facteurs génétiques comme environnementaux dans le développement du trouble. Les études sur les jumeaux indiquent aussi une part d'héritabilité du comportement antisocial et ont montré que les facteurs génétiques sont plus importants chez les adultes que chez les enfants ou les adolescents antisociaux, pour lesquels les facteurs environnementaux sont prédominants[17],[16].

Un gène qui a montré un potentiel particulier dans sa corrélation avec le trouble de la personnalité antisociale est celui qui code pour la monoamine oxydase A (MAO-A), une enzyme qui décompose les neurotransmetteurs monoamines tels que la sérotonine et la noradrénaline. Diverses études examinant la relation entre ce gène et le comportement ont suggéré que certaines variantes du gène, qui entraînent une production réduite de MAO-A (comme les allèles 2R et 3R de la région promotrice), sont associées à un comportement agressif chez les hommes[19],[21].

Cette association est également influencée par les expériences négatives vécues tôt dans la vie. Les enfants possédant une variante à faible activité (MAOA-L) qui ont vécu des circonstances négatives sont plus susceptibles de développer un comportement antisocial que ceux avec la variante à haute activité (MAOA-H)[24],[27]. Même en éliminant les interactions environnementales (par exemple, les abus émotionnels), une petite association entre MAOA-L et les comportements agressifs et antisociaux persiste[28].

Le gène qui code le transporteur de la sérotonine (SLC6A4), élément génétique largement étudié pour ses associations avec d'autres troubles mentaux, est un autre gène d'intérêt dans le comportement antisocial et les traits de personnalité. Les études d'association génétique ont suggéré que l'allèle court "S" est associé à un comportement antisocial impulsif et au TPAS dans la population carcérale[29].

Signes précurseurs potentiels

Bien que le trouble ne puisse être diagnostiqué formellement avant l'âge adulte, il existe trois signes précurseurs du trouble, connus sous le nom de triade Macdonald, qui peuvent être détectés chez certains enfants. Ces signes sont des périodes inhabituellement longues d'énurésie, la cruauté envers les animaux, et la pyromanie[17]. Il est impossible de savoir quelle proportion d'enfants montrant ces signes développent plus tard le trouble de la personnalité antisociale, mais ces signes sont souvent trouvés dans le passé des adultes diagnostiqués.

La valeur prédictive de ces signes ne peut pas être établie sans évaluation du nombre d'enfants qui ne développent pas le trouble. Ces signes sont actuellement inclus dans le DSM-IV sous la rubrique du trouble comportemental. Un enfant qui montre les signes précurseurs du trouble de la personnalité antisociale peut être diagnostiqué comme ayant un trouble comportemental ou un trouble de défiance oppositionnel. Cependant, tous ces enfants ne développent pas le trouble[réf. nécessaire].

Épidémiologie

Le trouble de la personnalité antisociale est diagnostiqué chez 3 à 30 % des patients en psychiatrie[30],[23]. Une enquête nationale utilisant les critères du DSM-III-R a montré que 5,8 % des hommes et 1,2 % des femmes risquaient de développer le trouble à n'importe quel moment de leur vie[31]. Dans les établissements pénitentiaires, le pourcentage est estimé à un maximum de 75 %. Les estimations de fréquence calculées d'après les critères de diagnostic clinique donnent des résultats variant entre 3 et 30 % suivant les caractères prédominants des populations étudiées, comme les populations carcérales (qui incluent des criminels violents). De même, la fréquence du trouble est plus élevée chez les sujets suivant un traitement de sevrage de l'alcool ou d'autres drogues que dans le reste de la population, ce qui suggère un lien entre la dépendance et le trouble[32].

Traitements

Des recherches concernant la personnalité antisociale ont été effectuées et indiquent des résultats positifs par l'intermédiaire de thérapies[27]. Certaines études suggèrent que ce trouble n'interfère pas significativement avec le traitement concernant des troubles mentaux autres que la personnalité antisociale comme l'abus de substances[28], bien que d'autres travaux montrent le contraire[29]. La schémathérapie est conseillée pour traiter le trouble de la personnalité antisociale[33].

Notes et références

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