mardi 7 novembre 2017

De la fin d’un monde à la renaissance en 2050

Par Yves Cochet, Ancien ministre de l'environnement, président de l'institut Momentum

Alors que s’ouvrent les Journées d’été d’EE-LV à Dunkerque, l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet examine l’effondrement mondial imminent et la nécessité d’un projet décroissant.

De la fin d’un monde à la renaissance en 2050

Il y a trente-trois ans naissaient Les Verts, première organisation unifiée de l’écologie politique en France. Jusqu’à aujourd’hui, les représentants de ce parti, puis ceux de son successeur EE-LV, ont rempli presque tous les types de mandats aux fonctions électives des institutions républicaines. Pour rien, à peu de choses près. Sous l’angle écologique de l’état géo-bio-physique de la France - de l’Europe et du monde - avouons que l’état de santé de ces territoires ne cesse de se dégrader par rapport à celui de 1984, comme le montrent à l’envie les rapports successifs du Giec, du PNUE, du Programme géosphère-biosphère et autres publications internationales alarmistes les plus récentes. Sous l’angle social et démocratique, le constat est du même ordre : creusement des inégalités, accroissement de la xénophobie, raidissement des régimes politiques. Initialement munis d’une immense générosité intellectuelle et porteurs de la seule alternative nouvelle à la vieille gauche et à la vieille droite, les écologistes politiques ont aujourd’hui presque tout perdu, même leurs sièges. Ils apparaissent périmés, faute d’être présents au réel. Celui-ci a beaucoup changé depuis trente-trois ans, particulièrement par le passage du point de bascule vers un effondrement global, systémique, inévitable. Jadis, inspirés par le rapport Meadows ou les écrits de Bernard Charbonneau, René Dumont et André Gorz, nous connaissions déjà les principales causes de la dégradation de la vie sur Terre et aurions pu, dès cette époque et à l’échelle internationale, réorienter les politiques publiques vers la soutenabilité. Aujourd’hui, il est trop tard, l’effondrement est imminent.

Bien que la prudence politique invite à rester dans le flou, et que la mode intellectuelle soit celle de l’incertitude quant à l’avenir, j’estime au contraire que les trente-trois prochaines années sur Terre sont déjà écrites, grosso modo, et que l’honnêteté est de risquer un calendrier approximatif. La période 2020-2050 sera la plus bouleversante qu’aura jamais vécue l’humanité en si peu de temps. A quelques années près, elle se composera de trois étapes successives : 
- la fin du monde tel que nous le connaissons (2020-2030), 
- l’intervalle de survie (2030-2040), 
- le début d’une renaissance (2040-2050).

L’effondrement de la première étape est possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030. Une telle affirmation s’appuie sur de nombreuses publications scientifiques que l’on peut réunir sous la bannière de l’Anthropocène, compris au sens d’une rupture au sein du système-Terre, caractérisée par le dépassement irrépressible et irréversible de certains seuils géo-bio-physiques globaux. Ces ruptures sont désormais imparables, le système-Terre se comportant comme un automate qu’aucune force humaine ne peut contrôler. La croyance générale dans le libéral-productivisme renforce ce pronostic. La prégnance anthropique de cette croyance est si invasive qu’aucun assemblage alternatif de croyances ne parviendra à la remplacer, sauf après l’événement exceptionnel que sera l’effondrement mondial dû au triple crunch énergétique, climatique, alimentaire. La décroissance est notre destin.

La seconde étape, dans les prochaines années 30, sera la plus pénible au vu de l’abaissement brusque de la population mondiale (épidémies, famines, guerres), de la déplétion des ressources énergétiques et alimentaires, de la perte des infrastructures (y aura-t-il de l’électricité en Ile-de-France en 2035 ?) et de la faillite des gouvernements. Ce sera une période de survie précaire et malheureuse de l’humanité, au cours de laquelle le principal des ressources nécessaires proviendra de certains restes de la civilisation thermo-industrielle, un peu de la même façon que, après 1348 en Europe et pendant des décennies, les survivants de la peste noire purent bénéficier, si l’on peut dire, des ressources non consommées par la moitié de la population qui mourut en cinq ans. Nous omettrons les descriptions atroces des rapports humains violents consécutifs à la cessation de tout service public et de toute autorité politique, partout dans le monde. Certains groupes de personnes auront eu la possibilité de s’établir près d’une source d’eau et de stocker quelques conserves alimentaires et médicamenteuses pour le moyen terme, en attendant de réapprendre les savoir-faire élémentaires de reconstruction d’une civilisation authentiquement humaine.

Sans doute peut-on espérer que s’ensuive, autour des années 50 de ce siècle, une troisième étape de renaissance au cours de laquelle les groupes humains les plus résilients, désormais privés des reliques matérielles du passé, retrouvent tout à la fois les techniques initiales propres à la sustentation de la vie et de nouvelles formes de gouvernance interne et de politique extérieure susceptibles de garantir une assez longue stabilité structurelle, indispensable à tout processus de civilisation.

Ce type de sentences aussi brèves qu’un slogan peuvent entraîner une sensation de malaise chez le lecteur qui viendrait à se demander si la présente tribune n’est pas l’œuvre d’un psychopathe extrémiste qui se vautre dans la noirceur et le désespoir. Au contraire, débarrassés d’enjeux de pouvoir et de recherche d’effets, nous ne cessons d’agir pour tenter d’éviter la catastrophe et nous nous estimons trop rationnels pour être fascinés par la perspective de l’effondrement. Nous ne sommes pas pessimistes ou dépressifs, nous examinons les choses le plus froidement possible, nous croyons toujours à la politique. Les extrémistes qui s’ignorent se trouvent plutôt du côté de la pensée dominante - de la religion dominante - basée sur la croyance que l’innovation technologique et un retour de la croissance résoudront les problèmes actuels. Si notre prospective est la plus rationnelle et la plus probable, reste à en convaincre les militants d’EE-LV, les Français et tous nos frères et sœurs en humanité. La dissonance cognitive de nos sociétés empêche que ceci soit possible en temps voulu. Cependant, les orientations politiques déduites de cette analyse deviennent relativement faciles à décrire : minimiser les souffrances et le nombre de morts pendant les décennies à venir en proposant dès aujourd’hui un projet de décroissance rapide de l’empreinte écologique des pays riches, genre biorégionalisme basse-tech, pour la moitié survivante de l’humanité dans les années 40. Autrement dit, profiter de la disponibilité terminale des énergies puissantes et des métaux d’aujourd’hui pour forger les quelques outils, ustensiles et engins simples de demain (les années 30), avant que ces énergies et ces métaux ne soient plus accessibles. Sans surprise, hélas, notre perspective générale ne semble pas encore partagée par la majorité des écologistes qui tiennent leurs Journées d’été européennes à Dunkerque. Ainsi, la plénière finale du samedi 26 août est-elle en partie consacrée au «développement industriel» en Europe. Un élan vers le pire.

Source :  http://www.liberation.fr/debats/2017/08/23/de-la-fin-d-un-monde-a-la-renaissance-en-2050_1591503

lundi 6 novembre 2017

Le nombre de Dunbar

 

Robin Ian MacDonald Dunbar (né le à Liverpool) est un anthropologue britannique et un biologiste de l'évolution, spécialisé dans le comportement des primates. Il est connu pour avoir formulé le nombre de Dunbar, 148, une mesure de la « limite cognitive du nombre de personnes avec lesquelles un individu peut avoir des relations stables. »


Le nombre de Dunbar est le nombre maximum d'individus avec lesquels une personne peut entretenir simultanément une relation humaine stable. Cette limite est inhérente à la taille de notre cerveau impliqué dans les fonctions cognitives dites supérieures, le néocortex.

Ce nombre est estimé par l'anthropologue britannique Robin Dunbar entre 100 et 230 personnes1 et a une valeur admise en pratique de 150 personnes2,3,4.


Ce nombre provient d'une étude publiée en 1992 par le chercheur Robin Dunbar5. Dans cette étude, il analyse la taille du néocortex de différents primates et la compare au nombre d'individus de leurs groupes respectifs. Il a ainsi extrapolé ses résultats afin de déterminer un nombre maximum pour la taille d'un groupe d'humains. Ce nombre ne devrait donc théoriquement pas dépasser 150 individus. Au-dessus de ce nombre, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer le fonctionnement du groupe. Il faut ensuite passer à une hiérarchie plus importante, avec une structure et des règles importantes (on le voit par exemple à l'échelle d'un pays et de son gouvernement).

Dunbar indique par ailleurs que le langage que nous avons collectivement développé joue un rôle important dans notre capacité à entretenir des relations sociales avec environ 150 personnes. En effet, le fait de pouvoir parler à plusieurs individus simultanément permet d'établir des rapports efficaces et durables entre nous tous. En l'absence d'un tel outil de communication collective, chacun d'entre nous passerait la moitié de son temps à entretenir individuellement chacun de ses liens sociaux.

Différentes études ont retrouvé des résultats proches du nombre de Dunbar dans le comportement des utilisateurs de réseaux sociaux sur Internet, en particulier sur Twitter6 ou Facebook7.

D'autres études ont remis en question la pertinence d'une limite précise à ce nombre. L'intervalle de confiance à 95% serait trop étendu pour avancer un nombre précis.8


vendredi 3 novembre 2017

La Démocratie au Moyen Âge !

En dépit de la vague romantique qui, au XIXe siècle, va entreprendre une réhabilitation partielle et souvent mythique du récit "historique" de cette longue période (un millénaire) que les érudits de la Renaissance ont reléguée au rang de "Moyen-âge", l'imagerie commune en garde encore des idées complètement fausses : le Moyen-âge, pour beaucoup, c'est l'époque où le petit peuple, ignorant et analphabète, est soumis au dictat implacable d'un ordre politique militaire monarchique, et d'un ordre spirituel clérical séculaire et dogmatique ; c'est l'époque des seigneurs, de l'inquisition, des sorcières et des bûchers ; c'est l'époque des guerres incessantes, des croisades sanglantes et de la peste ; en résumé, c'est une époque obscure, sombre, "gothique". Voici ce que nous en dit Michel FRAGONARD :
« (...) l’histoire représente, au XIXe siècle, un enjeu "politique" essentiel (en témoigne d’ailleurs l’attention des gouvernements, dont l’action d’un Guizot, lui-même historien, est le meilleur exemple) : sa promotion est inséparable de l’affirmation du sentiment national, fruit à la fois de la Révolution française et des courants romantiques allemands ; et l’un des enjeux essentiels est la question des origines nationales. On comprend alors l’intérêt des historiens, initiateurs et propagateurs de cette conscience nationale, pour le Moyen-âge, aux fondements de la nation. Intérêt non dépourvu de considérations idéologiques : au moment où, en France, conscience nationale et aspiration démocratique sont intimement liées dans une mystique du "peuple" (notion combien ambiguë), l’œuvre d’Augustin Thierry (Récits des temps mérovingiens, Essais sur la formation et les progrès de l’histoire du Tiers État) est sous-tendue par une thèse historico-ethnique (les origines proprement "gauloises" du peuple français, à contre-pied d’une historiographie "aristocratique" insistant sur les origines franques). Dans cette quête historique d’un Moyen-âge où se trouvent les sources de la nation, l’exemple le plus illustre, en France, est celui de Michelet, qui consacre six volumes de sa monumentale Histoire de France (inachevée) au Moyen-âge et qui, dans ses autres ouvrages, revient régulièrement sur la période. »

Il nous suffit de voir à quoi ressemble ce mouvement culturel "gothique" né dans les années 1990, qui mêle à la fois l'imagerie mythique de ce Moyen-âge du XIXe siècle et les idées les plus noires que le quidam se fait de cette ère. Vêtus et maquillés de noir ou de sombre, visages tristes ou désespérés, véhicules "morts-vivants" d'un romantisme lui-même sombre et désenchanté.



Que dire alors de l'idée que l'on se fait au sujet de la politique au Moyen-âge ? A l'évocation d'une démocratie au Moyen-âge, la plupart vont faire les yeux ronds et se dire "Mais de quoi parle-t-il ?". Moyen-âge et démocratie sont deux termes que la plupart considèrent antinomiques. Or, la réalité est bien différente. La démocratie était plus vivace durant la majeure partie du Moyen-âge et de la Renaissance, qu'elle ne le fut depuis la Révolution. En fait, c'est la Révolution qui va éteindre un ensemble de pratiques démocratiques populaires qui perdurera parfois jusqu'au XVIIIe siècle.

Ce que je découvre, en parcourant l'excellent livre de Francis Dupuis-Déri « Démocratie. Histoire politique d'un mot aux États-Unis et en France », est entre autre une déconstruction radicale de ce Moyen-âge obscurantiste que l'élite contre révolutionnaire et le "siècle des Lumières" a durablement imprimé dans nos esprits. Permettez-moi de partager avec vous les quelques passages de ce livre qui nous éclairent sur cette activité démocratique vivace au Moyen-âge.

« Au Moyen-âge et pendant la Renaissance européenne, des milliers de villages disposaient d'une assemblée d'habitants où se prenaient en commun les décisions au sujet de la collectivité. Les "communautés d'habitants", qui disposaient même d'un statut juridique, ont fonctionné sur le mode de l'autogestion pendant des siècles. Les rois et les nobles se contentaient de gérer les affaires liées à la guerre ou à leurs domaines privés, d'administrer la justice et de mobiliser leurs sujets par des corvées. Les autorités monarchiques ou aristocratiques ne s'ingéraient pas dans les affaires de la communauté, qui se réunissait en assemblée pour délibérer au sujet d'enjeux politiques, communaux, financiers, judiciaires et paroissiaux[1]. »

Voilà déjà qui tranche avec les images d'une monarchie omnipotente et omniprésente, gérant, en collaboration avec l’Église, tous les faits et gestes de leurs sujets. En réalité, l'aristocratie nobiliaire avait bien d'autres chats à fouetter que de s'occuper des affaires du peuple, et elle laissait donc volontiers à ses gens le soin de s'occuper de leurs propres affaires. Le peuple disposait donc de fait d'une large autonomie, autrement plus grande que nous n'en disposons actuellement sous le régime prétendument représentatif. Et cette autonomie s'étendait sur des domaines importants et essentiels, comme nous allons le voir.

« On discutait ainsi des moissons, du partage de la récolte commune ou de sa mise en vente, de la coupe de bois en terre communale, de la réfection des ponts, puits et moulins, de l'embauche de l'instituteur, des bergers, de l'horloger, des gardes-forestiers, parfois même du curé, des gardiens lorsque sévissaient les brigands, les loups ou les épidémies. On y désignait ceux qui serviraient dans la milice, on débattait de l'obligation d'héberger la troupe royale ou de l'utilité de dépêcher un notable pour aller soumettre à la cour des doléances au nom de la communauté. »




Imaginez que, dans votre ville ou votre commune, de nos jours, vous puissiez, par le biais d'une assemblée communale publique, décider en commun de la répartition de la récolte commune ou de sa mise en vente (alors qu'aujourd'hui, les paysans - souvent les "serfs" modernes de l'industrie agro-alimentaire - se voient imposer leurs quotats de production, les prix de vente, le cahier des charges et jusqu'aux semences qu'ils peuvent utiliser), la réfections ou l'édification des ouvrages d'art (routes, voiries communales, ponts, éoliennes, barrages, écluses, etc.), décider de qui, parmi les habitants, servira dans la police municipale (qui est maintenant un corps centralisé au service de l’État, et non du peuple). Impensable, n'est-ce pas ? Pourtant, les assemblées d'habitants étaient dynamiques.

« Il y avait environ dix assemblées par an, parfois une quinzaine. Elles se déroulaient sous les arbres (le chêne), au cimetière, devant ou dans l'église, ou encore dans un champ. Bref, dans un lieu public, car il était interdit de tenir l'assemblée dans un lieu privé, pour éviter les magouilles. Une étude statistique de quelque 1500 procès-verbaux indique que ces assemblées comptaient en moyenne 27 participants, soit une représentation d'environ 60% des foyers des communautés, et pouvaient même accueillir jusqu'à quelques centaines d'individus, dont 10 à 20% de femmes. Mais à l'époque, dix personnes suffisaient pour former "un peuple" et tenir une assemblée. La participation à l'assemblée était obligatoire et une amende était imposée aux absents quand l'enjeu était important. Un quorum des deux tiers devait alors être respecté pour que la décision collective soit valide, par exemple celle d'aliéner une partie des biens communs de la communauté (bois ou pâturage). Il était si important que la communauté s'exprime que même lorsque la peste a frappé dans la région de Nîmes, en 1649, l'assemblée a été convoquée dans la campagne sur les deux rives d'une rivière, pour permettre de réunir à la fois les personnes ayant fui la ville et celles qui y étaient restées. En général, le vote était rapide, à main levée, par acclamation ou selon le système des "ballote" distinguant les "pour" des "contre" par des boules noires et blanches. Lorsque la décision était importante, les noms des personnes votantes étaient portés au procès-verbal. »

Ainsi, le peuple, au Moyen-âge, parvenait à s'autogérer sur tout un ensemble de domaines considérés non comme "privés", mais comme publics, car, à l'inverse de nous, les "modernes" atomisés par une culture du chacun pour soi (la culture individualiste que nous devons à l'origine aux physiocrates du XVIIIe siècle et à leurs successeurs libéraux et capitalistes du XIXe et du XXe siècle), nos ancêtres "médiévaux" avaient conscience de l'interdépendance mutuelle dans laquelle ils étaient, et la majeure partie des ressources produites par la terre étaient considérées comme un ensemble de richesses communes, non comme des richesses privées. Cela n'empêchait pas le commerce, l'artisanat, ni même une certaine forme d'industrie. Ils parvenaient, en dépit de leurs intérêts individuels, à s'entendre et à gérer eux-mêmes ces ressources en commun, chose qui nous semblent aujourd'hui hors de portée - il suffit, pour s'en convaincre, de voir les commentaires récurrents qui décrient l'apathie populaire et considère, aujourd'hui, la masse comme incapable de débattre et de décider communément de ses propres intérêts. Ainsi, il serait impossible aux hommes "modernes" de ce XXIe siècle de faire ce que les paysans "incultes" du Moyen-âge faisaient couramment ? Si cela est vrai, pouvons-nous encore parler de "progrès de la modernité" ? Ne devrions-nous pas plutôt faire le terrible constat de la régression imposée par cette "modernité" ?

« La démocratie médiévale, bien vivante alors, mais aujourd'hui si méconnue, permettait au peuple de traverser de longs mois sans contact direct avec des représentants de la monarchie, une institution qui offrait finalement très peu de services à sa population composée de sujets, non de citoyens. En d'autres termes : un territoire et une population pouvaient être soumis à plusieurs types de régimes politiques simultanément, soit un régime autoritaire (monarchie pour le royaume, aristocratie pour la région) et un régime égalitaire (démocratie locale ou professionnelle). »

On rêverait, de nos jours, de disposer de cette autonomie et de ce régime égalitaire, rien qu'au niveau local de nos villes ou de nos communes. Or, même cela nous est refusé, et cette simple idée fait se dresser un mur de défit et de mépris qui, au Moyen-âge ou à la Renaissance, aurait donné lieu à une "jacquerie", une révolte justifiée du peuple contre l'oppression d'un pouvoir par trop dictatorial et jugé tyrannique. En Espagne, les autorités gouvernementales ont mis leurs institutions judiciaires en marche pour détruire cette expérience unique d'autogestion réussie dans la petite ville andalouse de Marinaleda, dont le succès jette une lumière crue sur l'échec de la politique libérale nationale. Décidément, les "élites" libérales, de gauche comme de droite, n'aiment pas la démocratie, et ils le montrent de façon brutale. Cet événement récent montre ce qui se produisit à la Révolution et qui signa durablement le glas de l'expérience démocratique populaire.

« Les communautés d'habitants et les guildes de métiers perdent peu à peu de leur autonomie politique non pas en raison d'un dysfonctionnement de leurs pratiques démocratiques, qui se poursuivent dans certains cas jusqu'au XVIIIe siècle, mais plutôt en raison de la montée en puissance de l’État, de plus en plus autoritaire et centralisateur. [...] Or, si la démocratie locale peut bien s'accommoder d'un roi et même l'honorer, c'est dans la mesure où il se contente de rendre justice et de vivre surtout des revenus de ses domaines. De nouveaux prélèvements fiscaux et l'élargissement de la conscription militaire sont perçus dans les communautés comme le résultat de mauvaises décisions du roi ou de ses conseillers, et comme une transgression inacceptable et révoltante des coutumes et des droits acquis. L'assemblée d'habitants est alors un espace où s'organise la résistance face à cette montée en puissance de l’État. »

Voilà ce que l'élite contre-révolutionnaire - les "patriotes" et les "pères fondateurs" du XVIIIe siècle, ont très bien compris, et voilà pourquoi ils se sont attachés à décrier cette population agissante. Jugeons donc de cette sentence de ce procureur de la république qui est contre Babeuf dans un procès en trahison - et l'accuse par ailleurs d'être un "anarchiste" :

« Qui oserait calculer tous les terribles effets de la chute de cette masse effrayante de prolétaires, multipliée par la débauche, par la fainéantise, par toutes les passions, et par tous les vices qui pullulent dans une nation corrompue, se précipitant tout à coup sur la classe des propriétaires et des citoyens sages, industrieux et économes ? Quel horrible bouleversement que l'anéantissement de ce droit de propriété, base universelle et principale d'ordre social ! Plus de propriété ! Que deviennent à l'instant les arts ? Que devient l'industrie ?[2] »

Que voulait Babeuf ? Selon lui, la société était divisée en deux classes aux intérêts opposés, soit l'élite et le peuple. Chacune voulait la république, mais l'une la voulait bourgeoise et aristocratique, tandis que l'autre entendait l'avoir faite populaire et démocratique. Populaire et démocratique ? Vous n'y pensez pas !



L'interdiction de s'assembler est alors justifiée par un discours qui relève de l'agoraphobie politique : on présente les assemblées comme tumultueuses et contrôlées par les pauvres. En 1784, l'intendant de Bourgogne explique ainsi que : « ces assemblées où tout le monde est admis, où les gens les moins dociles font taire les citoyens sages et instruits, ne peuvent être qu'une source de désordre ». Le ton est donné. Ce genre de discours, nous ne le connaissons que trop bien. Pourtant, l'historien Antoine Follian écrit qu'il « n'y a probablement pas plus de ''tumultes'' au XVIIIe siècle qu'au XVIe siècle. Soit les autorités s'offusquent de choses qui n'en valent pas la peine, soit ce n'est qu'un prétexte pour servir une politique de resserrement des assemblées sur les ''notables'' ».

Parfois, le rejet des principes démocratiques sont moins virulents, tout en étant pourtant suffisamment catégoriques pour en rejeter l'idée même. Ainsi Bresson écrit dans ses Réflexions sur les bases d'une constitution, par le citoyen[3] :

« Je sais fort bien ce qu'est une république démocratique ; mais je ne peux concevoir une constitution démocratique pour un pays qui ne peut être une république démocratique. Dans une république démocratique, le peuple en corps a le débat des lois, adopte ou rejette la loi proposée, décide la paix ou la guerre, juge même dans certaines circonstances. Cela est impossible, physiquement impossible en France ; ainsi la France ne peut être une république démocratique : c'est mentir à la nature même des choses que de la nommer ainsi[4]. »

De l'autre côté de l'Atlantique, dans les États-Unis émergeant de leur propre révolution, d'autres expriment la même idée, pour les mêmes raisons, ainsi par exemple le fédéraliste Noah Webster qui explique :

« Dans un gouvernement parfait, tous les membres d'une société devraient être présents, et chacun devrait donner son suffrage dans les actes législatifs, par lesquels il sera lié. Cela est impraticable dans les grands États ; et même si cela l'était, il est très peu probable qu'il s'agisse du meilleur mode de législation. Cela a d'ailleurs été pratiqué dans les États libres de l'Antiquité ; et ce fut la cause de malédictions innombrables. Pour éviter ces malédictions, les modernes ont inventé la doctrine de la représentation, qui semble être la perfection du gouvernement humain. »

On voit bien, aujourd'hui, la damnation à laquelle nous a mené, en un peu plus de deux siècles de "perfection du gouvernement humain", la représentation ! Son bilan à lui seul réduit en miettes les sophismes des pères fondateurs et révèle surtout que leur dialectique avait essentiellement pour vocation le service de leurs intérêts de classe sociale dominante, et que ces arguments étaient très certainement fondés... pour décrier l'aristocratie bourgeoise !

De nos jours, les mêmes sophismes et les mêmes raisonnements antidémocratiques, exprimant une agoraphobie politique (détestation de la démocratie dite "directe") culturellement imposée depuis deux siècles à l'inconscient collectif, se retrouvent jusque dans la conception populaire qui, comme par une sorte de syndrome de Stockholm collectif, se fait elle-même, parfois, défenseur de cette rhétorique qui peut se résumer en quatre points, comme le synthétise Francis Dupuis-Déri dans son livre :

« 1) le "peuple", poussé par ses passions, serait déraisonnable en matière politique et ne saurait gouverner pour le bien commun. »

Je ne dirais pas les choses autrement au sujet des gouvernements prétendument représentatifs et de cette "élite" oligarchique qui nous gouverne depuis deux siècles. Pour le dire autrement : "c'est c'ui qui dit qui est" (désolé, mais c'est vraiment là qu'on en est !).

« 2) conséquemment, des démagogues prendraient inévitablement le contrôle de l'assemblée par la manipulation. »

En conséquence, des lobbys financiers et industriels prennent inévitablement le contrôle de l'assemblée par la corruption et la manipulation, tandis que les démagogues divisent les peuples dans de faux enjeux politiques de façade, laissant libre court en coulisses aux magouilles politiques les plus scandaleuses.

« 3) l'agora deviendrait inévitablement un lieu où les factions s'affrontent et la majorité impose sa tyrannie à la minorité, ce qui signifie généralement qu'en démocratie (directe), les pauvres, presque toujours majoritaires, opprimeraient les riches, presque toujours minoritaires. »

L'agora devient le lieu où des factions s'affrontent sur des enjeux factices (au travers les affrontement des partis politiques pour accéder ou conserver le pouvoir), permettant toujours aux minorités (généralement les plus riches) de l'emporter sur la majorité (généralement les plus pauvres ou les moins bien nantis).

« 4) enfin, la démocratie directe peut être bien adaptée au monde antique et à une cité, mais elle n'est pas adaptée au monde moderne, où l'unité de base est la nation, trop nombreuse et dispersée pour permettre une assemblée délibérante. »

Dès lors, l'oligarchie (travestie en pseudo démocratie "moderne") est bien adaptée au gouvernement des États modernes libéraux, et toute forme de démocratie, même locale, est une entrave inacceptable à la main mise des marchés sur les ressources et à l'exploitation des travailleurs actifs, toujours majoritaires, par la minorité rentière passive, toujours minoritaire. Francis Dupuis-Déri est très clair sur un point essentiel :

« L'idée et l'idéal de "république" a déterminé en grande partie la formation du régime électoral libéral que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de "démocratie". Donc, l'idée de "démocratie" n'a pas joué de rôle déterminant dans l'instauration des démocraties modernes libérales pour la simple et bonne raison que les patriotes les plus influents et leurs partisans étaient animés par un idéal républicain. La république représentait le régime modèle de patriotes notoires [...]. »

C'est donc dire - et là je m'adresse tout spécialement à vous, amis français (je suis Belge) : la république fut, a toujours été, et est encore l'enterrement définitif de tout projet de vraie démocratie. En ne cessant, comme une antienne, de vous référer à "la République"[5], vous vous faites défenseur d'un régime qui dès l'origine et à toutes les époques fut instauré pour empêcher la démocratie et imposer le dictat d'une minorité possédante sur une majorité possédée. Si j'étais Français, je ne militerais donc certainement pas pour une "VIeme République", mais bien pour une "Première Démocratie".

Au minimum, il nous faut reconquérir cette précieuse et vitale autonomie communale que même la vile engeance monarchique accordait aux gueux que furent nos ancêtres, et que nous refusent avec force nos prétendus représentants "démocratiquement élus" (cherchez l'erreur). Si nous ne nous en montrons pas capables, alors que la malédiction de la tyrannie oligarchique et ploutocratique continue à s'abattre implacablement sur nous et qu'elle étouffe à jamais nos plaintes et nos cris !

Nous pourrons alors à nouveau aller crever dans les tranchées en chantant avec Jacques Brel « Oui not' Monsieur, oui not' bon maître ».
Comme en '14...

Morpheus




[1] Henry Bardeau, "De l'origine des assemblées d'habitants", Droit romain : du mandatum pecuniae - Droit français : les assemblées générales des communautés d'habitants en France du XIIIe siècle à la Révolution, Paris, Arthur Rousseau, 1893, p. 63.
[2] Gérard Walter, op. cit., p. 230-231.
[3] Où l'on peut voir que l'idée de Etienne Chouard n'a rien de neuf et fut bel et bien menée - et tuée dans l'œuf - au moment de la Révolution.
[4] Jean-Baptiste Marie-François Bresson, op. cit., p. 2-3.
[5] Prenez donc, s'il vous plait, un peu de recul et montrez-vous, juste un moment, autocritique, et vous verrez à quel point ce mot de "république" vous empoisonne l'esprit et obscurcit ce que votre discernement pourrait éclairer.

Sources http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/la-democratie-au-moyen-age-145371
et  http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/12/20/la-democratie-au-moyen-age/

Commentaire d'un internaute (utilisant le pseudonyme "epicure") à propos de la démocratie

Vu sur La Démocratie au Moyen Âge !

La république démocratique est bien l’aboutissement de l’idée de démocratie, c’est à dire que le peuple décide de tous les étages du pouvoir.
D’ailleurs il y a beaucoup de confusions dans ces discours antirépublicains, et en fait des contre vérités.
Les libéraux n’ont jamais tenu la république pour modèle politique, mais uniquement la démocratie libérale censitaire (révolution française et américaine, ainsi que grande bretagne), 1789 n’a pas abouti à l’abolition de la monarchie, juste à sa transformation libérale.
Si les états-unis ont été une république, c’est que coupé de la grande bretagne ils se sont retrouvé sans famille royale légitime.
C’est al gauche révolutionnaire qui amené l’idée de république, basé sur des idées universalistes, dont babeuf faisait parti, qui amena l’idée de suffrage universel, en lieu et place de la confiscation par la bourgeoisie de la démocratie par le suffrage censitaire.
C’est la gauche révolutionnaire qui a posé une nouvelle déclaration des droits de l’homme plus sociale et universaliste que celle des bourgeois, et écrit la constitution la plus démocratique jamais écrite en France, mais trop démocratique.
C’est donc cette idée de république démocratique la vrai révolution, la rupture totale avec à la fois l’ancien régime et le nouvel ordre bourgeois, qui va servir de référence à de nombreux mouvements en europe et même en france pendant le 19ème siècle.
Mais ce sont les bourgeois qui vont prendre le pouvoir à chaque nouveau changement de régime, et pervertir la république pour servir leurs intérêts.
Il ne faut pas oublier que les débuts de al troisième république ont été chapeauté par des royalistes qui n’ont pu s’entendre sur la personnalité du souverain à mettre sur le trône, et que de nombreux dirigeants de cette nouvelle république étaient déjà dans les couloirs des régimes non républicains, Thiers en premier. La troisième république a été avant tout à ses débuts un compromis entre les diverses factions politiques de la bourgeoisie, républicaines ou pas. On retrouve la même position avec le royaliste De Gaulle qui préfère une république de compromis plutôt qu’une mauvaise monarchie qui ne pourrait assoir sa légitimité.
Du coup le mot république veut dire beaucoup de choses, parfois tout et son contraire.
En fait c’est pas la république qu’il faut remettre en question, mais bien la démocratie libérale si on regarde bien, qui est en fait l’organisation d’un pouvoir oligarchique depuis ses fondements. Le suffrage universel n’est pas consubstantiel au libéralisme, il lui est étranger (universalisme contre particularisme) dans ses fondements, il suffit de lire certains libéraux historiques pour se rendre compte de leur rejet de la démocratie.
C’est pourquoi il faut bien militer pour une autre république, une vrai république, démocratique, c’est le seul moyen de se libérer de l’oligarchie bourgeoise.

30 citations d'Epicure

1- "Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien."

Une sagesse qui fait écho, dans notre monde moderne, à la "sobriété heureuse" de Pierre Rabhi.

2- "A propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage résultera-t-il si je ne le satisfais pas ?"

C'est une citation qui peut surprendre lorsqu'on se réfère à l'idée péjorative qui a été véhiculée par les chrétiens sur les épicuriens (des "pourceaux"). De plus, spontanément, on est tenté de répondre à cette question que l'on va ressentir de la frustration. Mais l'épicurien est un sage et c'est l'hédoniste à court terme qui est excessif. Cette phrase permet de réfléchir avant d'agir instinctivement afin de distinguer ce qui est nécessaire et ce qui ne l'est pas. C'est très éclairant dans notre société de consommation de masse.

3- "Chacun de nous quitte la vie avec le sentiment qu'il vient à peine de naître."

Alors, ne gaspillons pas notre vie en actions inutiles, en désirs vains.

4- "Habitue-toi à penser que la mort n'est rien par rapport à nous."

N'aie pas peur des dieux, ni même de la mort. Vis !

5- "Il faut parvenir à observer ce qui est agréable et ce qui ne l'est pas, sans aucun choix : simplement observer."

Pas simplement ce qui est agréable à court terme, car cela implique de conquérir sans cesse et avidité de quoi combler ce désir. Il est important de songer à ce qui peut être reproductible, et si possible facilement. Souvent, ce sont les choses simples qui sont les plus importantes.

6- "Il est impossible d'être en accord avec soi-même dans l'ignorance de soi."

Cette citation renvoie au "Connais-toi toi-même" du temple de Delphes et à la réflexion d'Albert Dupontel dans la vidéo suivante : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2017/11/albert-dupontel-sur-la-television.html

7- "Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple."

8- "Il est plus doux de donner que de recevoir."

9- "Dissimule ta vie."

Je connaissais la devise "Vivre caché" d’Épicure.

10- "A vrai dire le bonheur dépend de causes corporelles…procurées par l'action de corps étrangers sur le nôtre."

C'est toute la conception matérialiste (au sens philosophique) d’Épicure, loin des superstitions de l'époque où de celles qui perdurent depuis deux millénaires de domination des religions monothéistes. Il est dans la lignée de Démocrite d'Abdère lui-même disciple de Leucippe.

11- "Il ne faut pas tant regarder ce que l'on mange que celui avec lequel on mange."

L'amitié et, par extension, la communauté d'amis, tiennent une place très importante dans la philosophie d'Epicure.

12- "La démocratie est avant tout inventive de questionnement. Elle pose en tout cas comme problème global celui du questionnement."

13- "L'amitié fait le tour du monde et nous convie tous à nous réveiller pour la vie heureuse."

14- "Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse."

Épicure est un hédoniste en cela que le plaisir est la seule chose qui compte pour être heureux. Néanmoins, il distingue les plaisirs simples à obtenir (ceux qui sont naturels et nécessaires) de ceux qui procurent davantage de déplaisirs que de plaisirs pour les assouvir. Cela renvoie à la citation n°2 : "A propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage résultera-t-il si je ne le satisfais pas ?"

15- "L'habitude de régimes de vie simples rend l'homme résolu."

16- "L'homme qui a l'âme en paix n'est importun ni à lui-même ni aux autres."

17- "L'homme qui ne se contente pas de peu ne sera jamais content de rien."

Voici un critique de l'hédonisme sans borne, et une cinglante opposition à notre société de surconsommation.

18- "L'interdiction de parvenir."

19- "Malheureux en commun, par égard l'un pour l'autre, dans l'abandon de nos bonheurs solitaires, nous étions devenus un vrai couple."

Un véritable épicurien ne vit pas en couple. Ce n'est pas naturel au-delà de deux ou trois années [dans la nature], parce que nécessaire seulement le temps que la progéniture devienne autonome.

20- "Mon cœur est saturé de plaisir quand j'ai du pain et de l'eau."

Un éloge de la sobriété heureuse aujourd'hui revendiquée par Pierre Rabhi.  

21- "Ne fais rien dans ta vie, qui te fasse redouter que ton voisin en prenne connaissance."

22- "Nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse."

Confer citation n°14.

23- "Nul n'est besoin de faire de la terre un paradis : elle en est un. À nous de nous adapter pour l'habiter."

Une phrase incroyablement moderne quand on entend Nicolas Hulot révéler (en citant l'Académie des Sciences des États-Unis d'Amérique) que 50% des espèces animales et végétales ont disparu de la Terre en quarante années à peine, au moins en partie à cause de l'humanité, et que cela s'apparente à la sixième grande extinction (la dernière étant celle qui a effacé les dinosaures, il y a 65 millions d'années).  

24- "On ne peut pas être sans crainte quand on inspire la crainte."

25- "Dépêchons-nous de succomber à la tentation avant qu'elle s'éloigne."

Je suis surpris qu’Épicure ait écrit ceci. Cela me fait plutôt penser à Oscar Wilde : "La meilleure façon de se débarrasser d'une tentation, c'est d'y céder."   

26- "Seul celui qui peut se passer de la richesse est digne d'en jouir."

26- "Si tu souris, c'est moitié pour ton visage, moitié pour celui d'autrui. La paix, c'est comme un sourire."

27- "Tout, d'un seul coup, le donner, le lui donner, le lui planter entre les mains dans un éclat de rire, dans une générosité triomphale."

28- "C'est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort."

29- "L'âme vile est enflée d'orgueil dans la prospérité et abattue dans l'adversité."

30- "Toute amitié doit être recherchée pour elle-même, elle a cependant l'utilité pour origine."


Source : http://www.linternaute.com/citation/auteur/epicure/26095/

Extraits d'un débat sur un réseau social à propos du terme "démocratie"

Premier extrait

Vous avez tout à fait raison ! Il est fondamental de définir clairement ce qu'est la démocratie ! La définition que j'utilise est la définition étymologique, celle d'Aristote dans "Les Politiques" (livre écrit il y a 2300 ans), définition qui est rappelée par un contemporain, feu Cornelius Castoriadis (http://www.castoriadis.org/fr/default.asp?sw=1366), ou encore par Etienne Chouard qui a un certain succès sur Internet en France (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/). 

Étymologiquement, la démocratie c'est "Demos", le peuple, "Kratos", le pouvoir. Dans une démocratie, le peuple a le pouvoir, tout le temps. Chaque citoyen est adulte politiquement et vote lui-même les lois auxquelles il obéira ensuite. 

Mais le régime dans lequel nous vivons (en France, aux États-Unis, au Canada, etc.), n'est pas une démocratie. Nous sommes dans une république où les individus sont des enfants politiques qui, lors des élections, transfèrent leur pouvoir politique à un élu (on pourrait dire un "maître", un "papa", une "maman") qui peut être plus ou moins autoritaire, ou en apparence plus ou moins bienveillant. 

Aux États-Unis, ce sont 535 sénateurs et représentants qui décident les lois pour 300 millions de personnes. Il n'y a pas si longtemps, en France, c'était 800 ou 900 députés et sénateurs qui décidaient des lois pour plus de 60 millions de personnes. Aujourd'hui, dans l'Union Européenne, ce sont 28 personnes (commissaires européens) qui décident des principales lois (économiques et sociales) pour 510 millions de personnes. 

Alors, je suis d'accord avec vous quand vous écrivez que l'âge sociétal peut être comparé à l'âge d'un humain. Je ne pourrais pas être aussi précis que vous ("16 ans pour la France") mais en tout cas j’acquiesce : un électeur est un enfant politique. 

Dans nos régimes dit "représentatifs" (je préfère le terme "électifs"), il n'y a pas de démocratie. Emmanuel-Joseph Sieyès (https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel-Joseph_Siey%C3%A8s), l'un des pères fondateurs de la république française le disait clairement : la France ne saurait être un régime démocratique. C'est la même chose pour toutes les républiques qui se prétendent des démocraties alors qu'elles n'en sont pas. 

Les individus du peuple perdent leur pouvoir à chaque élection. Les seuls "adultes politiques" dans notre système sont les élus. Et en plus, ils sont tellement corruptibles (mais c'est un autre débat)...

Deuxième extrait

"Quelles sont les sociétés les plus âgées selon vous et pourquoi le sont-elles ?" 

Paradoxalement (en termes de technologie), ce sont peut-être les sociétés premières (dites péjorativement "primitives") qui sont les plus mûres, les plus "adultes politiquement" : avec de la démocratie directe, des chefs sans pouvoir coercitif, etc. Pierre Clastres (anthropologue français) en a décrit quelques-unes dans "La société contre l’État" : https://www.infokiosques.net/IMG/pdf/la_societe_contre_letat-MN-44pA5-brochure-2.pdf).

jeudi 2 novembre 2017

Déjà - 32 000€ sur vos comptes en banque

Chère lectrice, cher lecteur,

Ici Olivier Perrin, avec un message urgent.

J’ai travaillé d’arrache pied sur cette lettre qui est peut-être une des plus importantes que j’ai jamais écrite.

Elle est plus importante que :

  • Les risques de confiscation de votre assurance-vie ;

  • La grande crise bancaire européenne ou même ;

  • L’interdiction programmée de l’argent liquide.

À l’heure où j’écris ces lignes, ce sont déjà 448 milliards d’euros qui se sont volatilisés de vos comptes en banque depuis l’an 2000 (et surtout depuis 2008)... Et vous allez voir que la méthode est simple mais terriblement efficace et vicieuse... Et elle s’accélère !!

C’est comme si l’État avait doublé vos impôts depuis près de 20 ans... Mais sans vous le dire. Et surtout sans que vous ne vous en rendiez compte... Encore.

Le problème c’est que ces centaines de milliards d’euros n’ont pas été utilisés pour construire des routes ou des hôpitaux, pour aider les plus faibles ou améliorer les services de l’État... Non, tout cet argent a servi non seulement à renflouer des banquiers gangsters mais à les enrichir ainsi que les puissants qu’ils servent.

Surtout, ces milliards contribuent au déséquilibre mortel de notre société au bord de l’implosion. Comme vous allez voir dans cette lettre, plus ils vous prennent, plus ils sont obligés de vous prendre. C’est la course folle de la dette qui s’accélère sans cesse et qui s’est transformé en guerre à mort.

C’est une guerre où la sécurité financière et physique de votre famille est en jeu mais il en va aussi de votre indépendance et de votre liberté.

Naissance des 1%

Il y avait 229 milliardaires dans le monde entier il y a 20 ans. Ils sont 1940 cette année selon le classement du magazine Forbes... C’est presque 10 fois plus.

Mais surtout leur nombre a doublé depuis la crise et la fortune cumulée des milliardaires dans le monde est aujourd’hui estimée à 7 700 milliards de dollars.

Si l’on ajoute à ce groupe les fortunes qui possèdent plus de 100 millions de dollars de patrimoine (ou centa-millionaires), ce sont 40 000 milliards de dollars qui sont détenus par ces ultra-riches...

Mais d’où sortent-ils tout cet argent ?

Ce n’est pas compliqué, cette élite s’est accaparé toute la richesse créée depuis la fin du XXe siècle.

Le graphique ci-dessous représente l’augmentation des revenus selon votre richesse : en 1980, les ménages les plus pauvres voyaient leurs revenus augmenter davantage que ceux des plus riches... Mais en 2014 c’est l’inverse : la presque totalité de la création de richesse est captée... non par les riches mais les super riches. 


 
Il est probable que vous ressentiez au quotidien ce hold-up généralisé face à la débauche et les excès de cette nouvelle élite prête à tout pour accumuler et exhiber le plus de richesses possible.

Pourtant les chiffres et les médias qui les reprennent la bouche en cœur semblent dire le contraire...

Vous n’auriez jamais été aussi riche et la France si prospère... Le PIB n’arrête pas de croître ainsi que votre richesse.

Selon la comptabilité nationale, le patrimoine moyen d’un ménage s’élevait a 229 000€ en l’an 2000 contre 377 000 aujourd’hui.

Cela représente une augmentation de 65%.

C’est certes faible par rapport aux 750% de hausse des milliardaires mais ce n’est pas rien...

Le seul gagnant de la hausse du marché immobilier, c’est l’État

Si l’on exclut les 1% les plus riches, la part de l’immobilier est passé de 50% à 70% de votre patrimoine... C’est normal, les prix de l’immobilier ont doublé depuis l’an 2000, pas les placements financiers et de loin (le CAC40 n’a pas encore retrouvé ses niveaux de l’an 2000).

C’est très important car la richesse immobilière est presqu’exclusivement constituée des résidences principales (à 90%). Votre maison a en moyenne doublé de valeur depuis l’an 2000... Mais c’est toujours la même maison.

Franchement, vous préfèreriez que votre maison ne vaille pas un centime de plus qu’en l’an 2000. Cela vous ferait économiser beaucoup d’impôts et vous permettrait de la transmettre bien plus facilement...

Le jour où vous voulez déménager, votre prochaine résidence vaudra elle aussi 2 fois plus cher et vous paierez beaucoup plus de frais de transfert et de notaire. Vous serez obligé de vous loger plus modestement ou de vous saigner un peu plus... plus votre résidence prend de la valeur moins vous pouvez vous reloger le jour où vous la vendez.

C’est la belle arithmétique de l’État et du banquier : vous gagnez plus mais cela vaut moins !

L’augmentation de la valeur immobilière de votre patrimoine est de la poudre aux yeux car les maisons elles, n’ont pas changé.

-32 000€ sur votre épargne financière

Autant votre patrimoine immobilier est stable tant que vous ne cherchez pas à en changer ou à le transmettre, autant votre patrimoine financier se fait tailler des croupières.

En ôtant les 1% les plus riches des comptes nationaux, les ménages ont vu leur épargne financière stagner entre l’an 2000 et fin 2015 en prenant en compte l’inflation officielle (1,4% en moyenne selon l’INSEE).

Mais les chiffres de l’inflation française sont connus pour être une vaste mascarade.

L’INSEE estime par exemple que les coûts du logement, charges et entretien compris, sont de 14% de vos revenus... Le revenu moyen des ménages en France est de 2100€, cela voudrait dire que l’on dépenserait 300€ pour son logement charges et entretien compris... Sauf que le loyer moyen en France est de 628€. C’est bien 30% que l’on dépense pour son logement comme vous l’auriez imaginé.

L’inflation ne prend pas non plus les hausses d’impôts et de côtisations... qui ont augmenté de 50% rien que depuis 2008. Or il est indispensable de prendre en compte cette hausse qui traduit les augmentations de coûts liés aux services essentiels tels la santé, les transports et la gestion de l’État dans son ensemble.

Je passe d’autres moyens plus vicieux utilisés par l’INSEE pour maquiller les vrais chiffres de l’inflation (modifications du panier de la ménagère, prise en compte d’un « effet d’innovation »...)

Mais simplement en reportant l’augmentation des prix du logement et des impôts, votre épargne a perdu 32 000€ de pouvoir d’achat depuis l’an 2000.

Ce chiffre est très conservateur. Il est sans doute bien supérieur encore et si votre épargne est plus importante que la moyenne, votre manque à gagner grimpe de manière exponentielle.

Vous gagnez plus mais cela vaut moins

Depuis le début de la crise les grandes banques centrales mondiales ont injecté près de 11 000 milliards de dollars de liquidités dans l’économie.

Ce qu’il faut bien comprendre... C’est qu’aucune banque centrale n’avait ne serait-ce qu’essayé d’injecter de l’argent dans une économie avant.

Elle se contentent normalement de fixer les taux directeurs, le « prix » de l’argent et ce sont les banques commerciales qui créent l’argent selon les prêts qu’elles accordent.

Mais là... Elles ont décidé de sauver les économies en forçant la création monétaire et elles n’ont fait que tout empirer.

Quand les économies sont en croissance, les banques prêtent facilement et créent beaucoup de liquidités, ce qui génère théoriquement de l’inflation et des emplois. Au contraire, lorsque les économies sont en crise, les banques prêtent moins, les entreprises les plus faibles font faillite, le chômage augmente et l’inflation diminue.

Mais corrélation n’est pas cause, ce sont les cycles économiques qui font que chômage et inflation sont inversement corrêlés... Mais lorsque les banques centrales stimulent la création monétaire en période de crise, il n’y a aucune raison que le chômage reparte à la baisse.

Et c’est ce que l’on observe depuis 2008.

Les économies stagnent mais l’argent afflue des banques centrales... Et votre patrimoine est dilué par cette distribution gratuite aux banques, aux États et aux 1% comme vous allez voir.

Plus la banque centrale rachète de dettes... Plus il y en a

Prenez l’État Français : nous avons ajouté près de 1000 milliards de dettes publiques depuis 10 ans. C’est colossal.

Cela n’a été possible que grâce au rachat massif des dettes par la BCE... Même les taux à zéro ne suffisaient pas, il fallait encore renflouer les banques.

Comme cette dette est gratuite, le Trésor se félicite chaque année de la charge modérée de la dette. En effet, nous avons presque doublé notre dette mais ne payons pas plus en intérêts.

Pourquoi s’en priver alors ?

Mais si les taux augmentent à nouveau, si la normalisation tant attendue se produit, alors c’est la faillite immédiate pour l’État qui ne pourra plus assurer la charge de sa dette.

Malheureusement, les comportements des banques et des 1% n’a pas été différent, ils ont profité des taux à 0 pour s’endetter encore plus plutôt que d’éteindre les créances douteuses.

1 000 milliards d’euros de dettes pourries sont nichées dans les banques européennes... C’est deux fois plus que lorsque la BCE s’est mise à les soutenir !

Le nerf de la guerre

Vous avez donc d’un côté les États, les banques et les puissants dont l’intérêt est que leur distribution d’argent gratuit continue pour qu’ils restent à flot et augmentent leur main-mise sur l’économie et la société dans son ensemble. ll faut pour cela que les taux restent à 0 et que la BCE rachète toutes les dettes pourries quand elles apparaissent.

Et de l’autre... Vous et moi, épargnants et salariés dont les salaires et patrimoines s’effondrent une fois corrigés de l’inflation réelle. Nous nous retrouvons dilués dans tant d’argent. Et l’appauvrissement réel s’accompagne d’un retour aux source d’une volonté de consommer moins mais mieux.

Derrière un équilibre apparent, se combattent une poussée inflationniste extraordinaire des actifs de l’élite financiarisée et une poussée au contraire déflationniste de la consommation des ménages.

Ne vous y trompez pas, c’est une guerre à mort qui n’a que deux issues possibles : la déflation brutale avec une nouvelle crise financière, l’éclatement des bulles des marchés actions, obligataires et immobilières... ou au contraire l’emballement, l’argent de l’hyperinflation qui brule les doigts et d’un coup se met à circuler à grande vitesse.

Dans les ceux cas, c’est la fin du système monétaire à moyenne échéance. Et la destruction de toute ou partie de votre patrimoine avec.

Ce seront des émeutes dans les rues. Une explosion de l'insécurité et des attentats qui bouleversent déjà notre pays. L'État ne sera plus en mesure d'assurer votre sécurité finanicère et physique.

Les 1% se seront reclus dans quelques havres lourdement gardés qu'ils sont déjà en train d'acheter et faire construire (c'est la dernière mode des milliardaires de la silicon valley).

La Fin du système monétaire

J'ai sur mon bureau le dernier dossier d'Olivier Delamarche où il dissèque l'agonie du système monétaire.

L'accumulation monstrueuse de dettes depuis la crise de 2008 ne condamne pas seulement le système financier mais nos économies toutes entières que les élites vampirisent pour leur seul profit.

Nous vivons la fin d'un monde, c'est une certitude. Mais après ?

Vous allez découvrir avec Olivier comment vous protéger avec un coup d'avance.

  • Quelle est la stratégie de la Chine et quelles sont les conditions pour qu'elle prenne le leadership mondial...

  • Comment l'or deviendrait à nouveau l'étalon monétaire.

  • Les États-Unis sont-ils vraiment en train de perdre leur hégémonie ?

  • Quelle sera la place des cryptomonnaies ? Elles font aujourd'hui fonction de trouillomètre des populations.

mercredi 1 novembre 2017

Pour la Toussaint, la France bascule dans l'état d'urgence permanent !

Ce mercredi 1er novembre, l'état d'urgence promulgué au lendemain des attaques de novembre 2015 prend fin alors que ses principales mesures sont inscrites dans le droit commun par la nouvelle loi antiterroriste, tout juste signée par Emmanuel Macron et publiée au Journal officiel. La France adopte ainsi sa législation la plus sécuritaire de la Ve République et l'une des plus liberticides d'Europe.


Le mercredi 1er novembre 2017 restera une date historique pour le droit français : le jour où la France est entrée dans un état d’urgence permanent, instauré par la loi antiterroriste que le Parlement a adoptée le 18 octobre dernier. Conscient de l’importance du moment, le président de la République Emmanuel Macron l’a d’ailleurs voulu solennel et symbolique. [...]

Sourcehttps://www.mediapart.fr/journal/france/011117/pour-la-toussaint-la-france-bascule-dans-letat-durgence-permanent

Albert Dupontel sur la télévision, l'éducation et la religion

Albert Dupontel qui désigne, en 5 minutes à peine, toute la responsabilité de la télévision, de l'éducation "industrielle" et de la religion dans la confusion mentale des populations.

 

Source : https://youtu.be/c_8sXsmLssg

Le truc le plus dangereux de notre quotidien, ce sont les actualités [journal télévisé] :
- soit ce sont des catastrophes auxquelles vous ne pouvez rien [qui développent un sentiment d'impuissance et sentiment de culpabilité parce que, contrairement aux victimes, on est en bonne santé, on a à manger, etc.]
- soit c'est un futur dévastateur [qui développe la peur du changement et donc le conservatisme].

Le drame humain vient de l'éducation.
On met les gens en compétition les uns avec les autres [au lieu de stimuler la coopération].
Il y a des structures mentales qui sont plus scolaires que d'autres [intelligence logico-mathématique et intelligence langagière, selon la classification d'Howard Gardner].
L'Histoire de France : on nous apprend à l'apprendre [mémorisation] mais pas à la juger. Exemple : "François Ier, Marignan, 1515" ... oui mais pourquoi ? Qu'est-ce qui a poussé ce roi à faire tuer des milliers de personnes lors de cette bataille ? Quels pillages de ressources ?
On formate les élèves dans un système [industriel, mécanique] pour les rendre productifs [sans prendre en compte leurs centres d'intérêt].
Soit on les transforme en "vaches à lait" (consommateurs), soit on les transforme en "prédateurs" (industriels).

Tout est fait pour que l'individu ne se rencontre pas dans une vie. S'il se rencontre, c'est terrible :
- il développe un sens critique
- il développe un jugement
- et alors là, il est ingouvernable.
Que ce soient les commerçants, que ce soient les politiques, que ce soient les religions, ils  n'ont aucun intérêt à ce que les individus se trouvent.

Dès l'âge de deux ans, un enfant est devenu un consommateur.
Si en plus on peut leur coller une religion dessus, c'est parfait.
Pourquoi est-ce qu'on est chrétien ? [Albert Dupontel prend son propre exemple]. Attendons qu'on ait vingt ans et qu'on ait développé notre sens critique.
Un mec qui est religieux, c'est un catastrophe. Il n'est plus lui. [il est ce que le dogme lui impose, c'est-à-dire les règles hétéronomes, selon l'expression de Cornelius Castoriadis].

Comment voyez-vous l'avenir ?
Pas forcément négatif. il y a du bonheur à prendre.
Mais il faut beaucoup se méfier des autres, de l'environnement, de ceux qui dominent, de ceux qui parlent ["ce que je suis en train de faire" ajoute-t-il ironiquement]
Une vie est courte et je mourrai sûrement avant que les vraies catastrophes n'arrivent [la transition devrait néanmoins commencer autour de 2030 avec la pénurie des hydrocarbures, d'après deux études du MIT, l'une réalisée en 1970 et l'autre confirmant la première en 2000].

L'éducation, c'est se méfier des règles. La vraie éducation, affective, c'est apprendre aux gens à se trouver aux-mêmes, à ne pas écouter forcément l'école même si il faut un peu de réussite scolaire pour trouver une place dans la société.

Conseil de lecture : "L'éloge de la fuite" d'Henri Laborit est un manifeste sur le comportement humain.

Les informations sont une mise en scène du drame permanent :
- pas de travail [ce qui est bien pratique aux employeurs pour refuser toutes velléités d'augmentation de salaire des employés]
- la maladie [les industries pharmaceutiques se frottent les mains]
- la planète se détruit [nouveaux marchés des énergies renouvelables, du bio, etc.]
- la guerre en Syrie [peur du terrorisme, acceptation des mesures sécuritaires, des lois anti-terroristes, de l'espionnage de masse des populations comme révélé par Edward Snowden]
 C'est très anxiogène et cela développe le sentiment d'impuissance.
On devrait interdire les informations [le journal télévisé] aux enfants [... mais aussi aux adultes !].