jeudi 30 juillet 2026

Est-ce que le servage existait en Andalousie (Espagne) dans les années 1910-1920 ?

 Non, pas au sens juridique du terme. Le servage proprement dit — le lien légal attachant un paysan à la terre et à son seigneur — avait disparu d'Espagne bien avant, dès la fin du Moyen Âge dans la plupart des royaumes ibériques (et n'avait même jamais pris en Castille et en Andalousie la forme qu'il avait en Europe centrale ou orientale).

En revanche, ce que vous avez peut-être en tête existait bel et bien vers 1910-1920 : un système socio-économique souvent qualifié de quasi-servage ou de néo-féodalisme agraire, structuré autour des latifundios. Concrètement :

- Une aristocratie foncière (souvent absente, résidant à Madrid) possédait d'immenses domaines cultivés en monoculture extensive.
- Les jornaleros (journaliers sans terre) dépendaient d'une source de revenus unique, disponible seulement une partie de l'année, lors des semis et des récoltes [Blogger](http://jcdonceld.blogspot.com/2011/05/jornaleros-y-latifundios-en-la-espana.html) , sans aucune protection sociale.
- Cette dépendance réduisait quasiment les paysans sans terre à l'esclavage, à la merci des propriétaires et des régisseurs [Blogger](http://jcdonceld.blogspot.com/2011/05/jornaleros-y-latifundios-en-la-espana.html) , avec une répression brutale de la Guardia Civil contre ceux qui glanaient sur les terres.
- Ces structures agraires ont persisté jusqu'à la Seconde République espagnole [Wikipedia](https://fr.wikipedia.org/wiki/Latifundium_(agriculture)) , qui tentera une réforme agraire dans les années 1930.

La période 1910-1920 correspond d'ailleurs à une phase de tensions sociales aiguës en Andalousie — le fameux Trienio Bolchevique (1918-1920), vagues de grèves et d'agitations paysannes, prélude aux luttes agraires plus violentes des années 1930.

Donc : pas de servage légal, mais une condition de dépendance économique et sociale extrême, souvent comparée par les historiens et les contemporains eux-mêmes à une forme de servitude de fait.

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