samedi 20 juin 2026

Trouble de la personnalité antisociale

 


Le trouble de la personnalité antisociale (en abrégé : TPA ou TPAS) est un trouble de la personnalité[1],[2] caractérisé par un schéma persistant de comportement et d'attitudes qui viole les droits des autres[3],[4]. Les personnes atteintes de ce trouble peuvent manifester de l'irrespect envers les normes sociales, être manipulatrices[5], impulsives et souvent incapables de se conformer aux règles. Elles peuvent aussi éprouver peu de remords[6],[7] pour leurs actions, ce qui peut conduire à des comportements criminels[8],[9] ou destructeurs.

Les symptômes incluent : manque d'empathie[10],[11] pour les autres, comportement impulsif[11] et irresponsable, manipulation[5] et la tromperie[12], « comportement défi »[13] (parfois associé au TDAH, au TSA et/ou à une déficience intellectuelle)[14] qui peuvent rendre les soins difficiles[15] et tendance à violer les droits des autres sans se soucier des conséquences.

Ce trouble est souvent diagnostiqué chez les adultes, mais certains signes peuvent se manifester dans l'enfance ou l'adolescence. Il est essentiel de consulter un professionnel de santé mentale pour un diagnostic et une prise en charge appropriée. Selon Robert Hare, la différence entre psychopathie et sociopathie peut s'expliquer par l'origine du trouble[16]. La sociopathie s'explique par l'environnement social alors que la psychopathie s'explique par un mélange de facteurs psychologiques, biologiques, génétiques et environnementaux. Selon David Lykken, les psychopathes naissent avec des caractéristiques psychologiques particulières comme l'impulsivité ou l'absence de peur, qui les conduisent à chercher le risque et les rendent incapables d'intégrer les normes sociales. Par opposition, les sociopathes ont un tempérament plus réglé ; leur trouble de la personnalité tient davantage à un environnement social défavorable (parents absents, proches délinquants, pauvreté, intelligence extrêmement faible ou au contraire très développée).

Description

La sociopathie est considérée comme un trouble de la personnalité dont le critère principal d'identification est la capacité limitée, pour les personnes montrant les symptômes du trouble, à ressentir les émotions humaines, aussi bien à l'égard d'autrui qu'à leur propre égard. C'est ce qui peut dans certains cas expliquer leur manque d'empathie lorsqu'ils sont confrontés à la souffrance des autres, traduisant une incapacité à ressentir l'émotion associée. Ce qui n'est pas systématique puisque, tout comme pour les psychopathies, il existe d'autres formes de sociopathies plus empathiques : l'individu comprend l'émotion mais n'agit pas au regard de normes (qu'il ne valide pas). Les individus atteints de trouble de la personnalité antisociale ont souvent des problèmes avec les figures d'autorité[17].

D'autres approches, notamment en éthologie appliquée à l'espèce humaine, introduisent des distinctions fondées sur le but recherché par le ou la sociopathe. Certains chercheurs (dont Konrad Lorenz, ainsi que beaucoup de comportementalistes américains) estiment que les personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence ne le font pas forcément par manque d'émotion ou d'empathie (les séducteurs et les manipulateurs n'en manquent pas), mais par choix narcissique, en vertu du principe du plus grand plaisir et/ou de la plus grande facilité ou rentabilité. D'autres spécialistes de l'éthologie humaine, toutefois, tels Boris Cyrulnik, nuancent ces points de vue[18].

Un comportement de recherche du risque et d'usage de drogues peut aussi être un moyen d'échapper à un vide émotionnel intérieur. La rage dont font preuve certains sociopathes, de même que l'anxiété associée à certaines formes de trouble de personnalité antisociale, peuvent être vues comme la limite de la capacité à ressentir des émotions. Le diagnostic du trouble de la personnalité antisociale est plus courant chez les hommes que chez les femmes même si on dénombre plusieurs cas chez les femmes depuis quelques années[19].

La recherche sur le sujet a montré que les individus ayant un réel trouble de la personnalité antisociale sont indifférents à la possibilité de leur propre douleur physique ou d'une quelconque peine, et ne montrent aucun signe de crainte lorsqu'ils sont menacés de souffrance[20].

Diagnostic

DSM-5

En 2013, la cinquième version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) fait une révision des critères du trouble. Là où la version précédente présentait un âge minimum diagnostique de 15 ans, cette version l'élève à 18 ans. De plus, elle inclut un trouble bipolaire dans les comportements antisociaux exclusifs, alors que la version plus ancienne mentionne la schizophrénie ou un épisode maniaque spécifiquement[21].

Les critères du DSM-5 sont donc les suivants :

A. Mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui qui survient depuis l’âge de 15 ans, comme en témoignent au moins trois des manifestations suivantes :

  1. Incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, comme l’indique la répétition de comportements passibles d’arrestation.
  2. Tendance à tromper pour un profit personnel ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des escroqueries.
  3. Impulsivité ou incapacité à planifier à l’avance.
  4. Irritabilité et agressivité, comme en témoigne la répétition de bagarres ou d’agressions.
  5. Mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d’autrui.
  6. Irresponsabilité persistante, indiquée par l’incapacité répétée d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières.
  7. Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui.

B. Âge au moins égal à 18 ans.

C. Manifestations d’un trouble des conduites débutant avant l’âge de 15 ans.

D. Les comportements antisociaux ne surviennent pas exclusivement pendant l’évolution d’une schizophrénie ou d’un trouble bipolaire.

CIM-10

Le chapitre V de la Classification internationale des maladies (CIM-10) offre un ensemble de critères pour diagnostiquer le trouble de la personnalité dyssociale[22],[17]. Le trouble de la personnalité dyssociale (F60.2), habituellement remarqué à cause d'une disparité flagrante entre le comportement et les normes sociales usuelles, est caractérisé par :

  • Dédain froid envers les sentiments des autres,
  • Attitude flagrante et permanente d'irresponsabilité et d'irrespect des règles, normes sociales et engagements pris,
  • Incapacité à maintenir des relations durables, bien que n'ayant aucune difficulté à les établir,
  • Tolérance très faible à la frustration et seuil faible à la décharge de l'agressivité, y compris par la violence,
  • Incapacité à ressentir la culpabilité ou à profiter de l'expérience, en particulier des punitions,
  • Tendance marquée à rejeter la faute sur les autres, ou à rationaliser des excuses plausibles, pour des comportements amenant le sujet en conflit avec la société.

Il peut aussi y avoir une irritabilité permanente associée. Un trouble comportemental pendant l'enfance et l'adolescence, quoique parfois absent, peut renforcer le diagnostic.

Diagnostic différentiel

Plusieurs conditions coexistent communément avec le trouble de la personnalité antisociale[23]. Elles incluent :

Lorsqu'elles sont combinées à l'alcoolisme, les individus peuvent montrer, lors de tests neurologiques, des déficits fonctionnels frontaux plus grands que ceux associés à chaque condition[24].

Causes

La cause du trouble n'est pas connue, mais des facteurs biologiques et génétiques pourraient être en cause[25],[26]. Robbins (1996) a découvert une incidence plus élevée des caractéristiques sociopathes et de l'alcoolisme chez les pères d'individus atteints du trouble de la personnalité antisociale. Il a aussi découvert que, dans une même famille, les hommes avaient une incidence plus élevée, tandis que les femmes, en revanche, montraient une incidence plus élevée du trouble de somatisation[17]. Bowlby (1944) a observé une relation entre le trouble de la personnalité antisociale et la distanciation maternelle pendant les cinq premières années de la vie. Les Glueck (1968) ont observé que les mères d'enfants développant le trouble montraient généralement une absence de discipline cohérente et d'affection, et une tendance anormale à l'alcoolisme et à l'impulsivité. Ces facteurs contribuent tous à l'échec de la création et du maintien d'une relation familiale stable établissant une structure et des limites au comportement[17].

Génétiques

Les études sur les adoptions confirment le rôle des facteurs génétiques comme environnementaux dans le développement du trouble. Les études sur les jumeaux indiquent aussi une part d'héritabilité du comportement antisocial et ont montré que les facteurs génétiques sont plus importants chez les adultes que chez les enfants ou les adolescents antisociaux, pour lesquels les facteurs environnementaux sont prédominants[17],[16].

Un gène qui a montré un potentiel particulier dans sa corrélation avec le trouble de la personnalité antisociale est celui qui code pour la monoamine oxydase A (MAO-A), une enzyme qui décompose les neurotransmetteurs monoamines tels que la sérotonine et la noradrénaline. Diverses études examinant la relation entre ce gène et le comportement ont suggéré que certaines variantes du gène, qui entraînent une production réduite de MAO-A (comme les allèles 2R et 3R de la région promotrice), sont associées à un comportement agressif chez les hommes[19],[21].

Cette association est également influencée par les expériences négatives vécues tôt dans la vie. Les enfants possédant une variante à faible activité (MAOA-L) qui ont vécu des circonstances négatives sont plus susceptibles de développer un comportement antisocial que ceux avec la variante à haute activité (MAOA-H)[24],[27]. Même en éliminant les interactions environnementales (par exemple, les abus émotionnels), une petite association entre MAOA-L et les comportements agressifs et antisociaux persiste[28].

Le gène qui code le transporteur de la sérotonine (SLC6A4), élément génétique largement étudié pour ses associations avec d'autres troubles mentaux, est un autre gène d'intérêt dans le comportement antisocial et les traits de personnalité. Les études d'association génétique ont suggéré que l'allèle court "S" est associé à un comportement antisocial impulsif et au TPAS dans la population carcérale[29].

Signes précurseurs potentiels

Bien que le trouble ne puisse être diagnostiqué formellement avant l'âge adulte, il existe trois signes précurseurs du trouble, connus sous le nom de triade Macdonald, qui peuvent être détectés chez certains enfants. Ces signes sont des périodes inhabituellement longues d'énurésie, la cruauté envers les animaux, et la pyromanie[17]. Il est impossible de savoir quelle proportion d'enfants montrant ces signes développent plus tard le trouble de la personnalité antisociale, mais ces signes sont souvent trouvés dans le passé des adultes diagnostiqués.

La valeur prédictive de ces signes ne peut pas être établie sans évaluation du nombre d'enfants qui ne développent pas le trouble. Ces signes sont actuellement inclus dans le DSM-IV sous la rubrique du trouble comportemental. Un enfant qui montre les signes précurseurs du trouble de la personnalité antisociale peut être diagnostiqué comme ayant un trouble comportemental ou un trouble de défiance oppositionnel. Cependant, tous ces enfants ne développent pas le trouble[réf. nécessaire].

Épidémiologie

Le trouble de la personnalité antisociale est diagnostiqué chez 3 à 30 % des patients en psychiatrie[30],[23]. Une enquête nationale utilisant les critères du DSM-III-R a montré que 5,8 % des hommes et 1,2 % des femmes risquaient de développer le trouble à n'importe quel moment de leur vie[31]. Dans les établissements pénitentiaires, le pourcentage est estimé à un maximum de 75 %. Les estimations de fréquence calculées d'après les critères de diagnostic clinique donnent des résultats variant entre 3 et 30 % suivant les caractères prédominants des populations étudiées, comme les populations carcérales (qui incluent des criminels violents). De même, la fréquence du trouble est plus élevée chez les sujets suivant un traitement de sevrage de l'alcool ou d'autres drogues que dans le reste de la population, ce qui suggère un lien entre la dépendance et le trouble[32].

Traitements

Des recherches concernant la personnalité antisociale ont été effectuées et indiquent des résultats positifs par l'intermédiaire de thérapies[27]. Certaines études suggèrent que ce trouble n'interfère pas significativement avec le traitement concernant des troubles mentaux autres que la personnalité antisociale comme l'abus de substances[28], bien que d'autres travaux montrent le contraire[29]. La schémathérapie est conseillée pour traiter le trouble de la personnalité antisociale[33].

Notes et références

  1. « Troubles de la personnalité et du comportement [archive] », sur Clinique psychiatrique des Portes de l'Eure (consulté le ).
  2. « Troubles de la personnalité [archive] », sur www.inicea.fr (consulté le ).
  3. « Trouble de personnalité antisociale - Troubles mentaux [archive] », sur Manuels MSD pour le grand public (consulté le ).
  4. « Antisocial Personality Disorder (ASPD) [archive] ».
  5. (en) Donald W Black, « The Natural History of Antisocial Personality Disorder », The Canadian Journal of Psychiatry, vol. 60, no 7,‎ , p. 309–314 (ISSN 0706-7437 et 1497-0015, DOI 10.1177/070674371506000703, lire en ligne [archive], consulté le ).
  6. (en) « Antisocial Personality Disorder Symptoms, Causes & Treatment [archive] », sur Sheppard Pratt (consulté le ).
  7. « Antisocial Personality Disorder DSM-5 301.7 (F60.2) - Therapedia [archive] », sur www.theravive.com (consulté le ).
  8. (en) « Antisocial personality disorder | nidirect [archive] », sur www.nidirect.gov.uk, (consulté le ).
  9. (en) « Symptoms and Treatment Options for Antisocial Personality Disorder [archive] », sur Verywell Mind (consulté le ).
  10. (en) « What Is Antisocial Personality Disorder? Symptoms, Causes, Diagnosis, Treatment [archive] », sur EverydayHealth.com, (consulté le ).
  11. (en-GB) Ben Nancholas, « Born or made? Understanding antisocial personality disorder [archive] », sur University of Wolverhampton, (consulté le ).
  12. (en) Dr Bang Sachi Ashokkumar, « What Is Antisocial Personality Disorder? [archive] », sur www.icliniq.com, (consulté le ).
  13. « Annexe 3. Liste des fiches », dans Comprendre et traiter les TOC, Dunod, , 341–341 p. (ISBN 978-2-10-074348-3, lire en ligne [archive]).
  14. Ghislain Magerotte, « Qualité de vie des personnes ayant un handicap : Pratiques d’évaluation et d’intervention en autisme et/ou déficience intellectuelle », dans La qualité de vie, Presses universitaires de Rennes, , 85–102 p. (ISBN 978-2-7535-2901-4, lire en ligne [archive]).
  15. Natalia Weber, Clément Duville, Valérie Loizeau et Jean-Manuel Morvillers, « Déficience intellectuelle, « comportements défis » et soins : une revue systématique de littérature », Recherche en soins infirmiers, vol. N° 138, no 3,‎ , p. 18–28 (ISSN 0297-2964, DOI 10.3917/rsi.138.0018, lire en ligne [archive], consulté le ).
  16. (en) Robert D. Hare, Without Conscience: The Disturbing World of Psychopaths Among Us, New York, Pocket Books, 1993, p. 23.
  17. « Le trouble de la personnalité antisociale [archive] », sur maladiesmentales.org, (consulté le ).
  18. Boris Cyrulnik, Les nourritures affectives, O. Jacob, (ISBN 978-2-7381-0215-7)
  19. Rapport sur les maladies mentales au Canada, Agence de la Santé Publique du Canada [archive].
  20. (en) Simon Gibbon, Najat R Khalifa, Natalie H-Y Cheung et Birgit A Völlm, « Psychological interventions for antisocial personality disorder », Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 2020, no 9,‎ (DOI 10.1002/14651858.CD007668.pub3, lire en ligne [archive], consulté le )
  21. (en) American Psychiatric Association Publishing, « DSM - Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders [archive] » Accès libre, sur www.appi.org (consulté le ).
  22. Organisation mondiale de la santé (OMS), Classification internationale des maladies, 10e.
  23. (en) « Antisocial personality disorder [archive] », sur Internet Mental Health (consulté le ).
  24. (en) Oscar-Berman M, « Frontal brain dysfunction in alcoholism with and without antisocial personality disorder », Neuropsychiatric Disease and Treatment, vol. 2009, no 5,‎ (PMID 19557141).
  25. (en) Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA), « Antisocial Personality Disorder [archive] » Accès libre, (consulté le ).
  26. (en) « Antisocial personality disorder - Symptoms and causes [archive] » Accès libre, sur Mayo Clinic, (consulté le ).
  27. (en) Derefinko Karen J., « Antisocial Personality Disorder », The Medical Basis of Psychiatry,‎ , p. 213–226.
  28. a(en) Darke S., Finlay-Jones R., Kaye S. et Blatt T., « Anti-social personality disorder and response to methadone maintenance treatment », Drug and alcohol review, vol. 15, no 3,‎ (PMID 16203382, DOI 10.1080/09595239600186011).
  29. (en) Alterman AI, Rutherford MJ, Cacciola JS, McKay JR et Boardman CR, « Prediction of 7 months methadone maintenance treatment response by four measures of antisociality », Drug and alcohol dependence, vol. 49, no 3,‎ (PMID 9571386, DOI 10.1016/S0376-8716(98)00015-5).
  30. Association américaine de psychiatrie, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR), 4e, , p. 645–650.
  31. Association américaine de psychiatrie, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III), 3e, .
  32. (en) F. Gerard Moeller et Donald M. Dougherty, « Antisocial Personality Disorder, Alcohol, and Aggression [archive] », sur Alcohol Research & Health, National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, (consulté le ).
  33. (en) « Schema Focused Therapy in Forensic Settings : Theoretical Model and Recommendations for Best Clinical Practice », International Journal of Forensic Mental Health, vol. 6, no 2,‎ , p. 169–183 (lire en ligne).

vendredi 19 juin 2026

Nuances entre sociopathie, antipathie, psychopathie et perversion narcissique ?

 

 Quelles sont les différences entre sociopathie, antipathie, psychopathie et perversion narcissique ?


Ces termes sont souvent mélangés dans le langage courant, mais ils désignent des réalités très différentes. Certains sont des concepts psychiatriques, d'autres des traits de personnalité ou des expressions populaires.
 
1. La psychopathie
 
La psychopathie n'est pas un diagnostic officiel dans les classifications psychiatriques actuelles, mais c'est un concept largement étudié en psychologie criminelle.
Les caractéristiques fréquentes sont :
  • faible ou absence d'empathie émotionnelle ;
  • charme superficiel ;
  • manipulation calculée ;
  • absence de culpabilité ou de remords ;
  • mensonge fréquent ;
  • froideur affective ;
  • tendance à utiliser les autres comme des moyens pour parvenir à ses fins.
Les personnes présentant des traits psychopathiques peuvent parfois être très organisées et socialement adaptées. Toutes ne sont pas violentes ou criminelles.
 
Des chercheurs comme Robert D. Hare ont développé des outils d'évaluation de ces traits.
 
2. La sociopathie
 
La sociopathie est un terme plus ancien et moins précis scientifiquement. Il est souvent utilisé pour décrire des personnes présentant un profil proche de la psychopathie, mais avec quelques différences généralement admises :
  • comportement plus impulsif ;
  • difficultés à respecter les règles sociales ;
  • colère plus visible ;
  • relations affectives parfois possibles avec un petit cercle de proches ;
  • parcours souvent marqué par un environnement familial ou social difficile.
En simplifiant :
  • psychopathe : plus froid, calculateur, contrôlé ;
  • sociopathe : plus impulsif, explosif, désorganisé.
Cependant, cette distinction ne fait pas consensus. Dans les classifications officielles, on parle plutôt de :
Trouble de la personnalité antisociale.
 
3. Le trouble de la personnalité antisociale (diagnostic officiel)
 
C'est le terme utilisé notamment dans le DSM-5, publié par l'American Psychiatric Association.
Il implique un mode durable de comportement caractérisé par :
  • non-respect des droits d'autrui ;
  • tromperie ;
  • impulsivité ;
  • agressivité ;
  • irresponsabilité ;
  • mépris des normes sociales ;
  • absence de remords après avoir causé du tort.
Toutes les personnes ayant un trouble de la personnalité antisociale ne correspondent pas au stéréotype du « psychopathe ».
 
4. La perversion narcissique
 
Le terme « pervers narcissique » est très populaire en France, mais il ne constitue pas un diagnostic psychiatrique officiel.
Il provient notamment des travaux du psychiatre et psychanalyste français Paul-Claude Racamier.
On l'utilise généralement pour décrire une personne qui :
  • dévalorise et rabaisse autrui ;
  • manipule pour conserver du pouvoir ;
  • fait porter la responsabilité de ses actes aux autres ;
  • pratique parfois le « gaslighting » (faire douter quelqu'un de sa perception de la réalité) ;
  • a besoin de dominer psychologiquement ;
  • manque d'empathie envers la souffrance qu'elle provoque.
Il est important de noter que ce terme est parfois utilisé de manière excessive pour qualifier un ex-partenaire difficile ou une personne toxique, sans qu'une évaluation clinique ait été réalisée.
 
5. Et l'antipathie ?
 
L'antipathie n'est ni une maladie ni un trouble de la personnalité.
C'est simplement un sentiment d'aversion ou de manque de sympathie envers quelqu'un.
 
Exemples :
« Cette personne m'est antipathique » signifie : je ne l'apprécie pas.
On peut être antipathique sans être manipulateur, violent ou souffrir d'un trouble psychique.
L'antipathie relève davantage de la perception et des affinités interpersonnelles.
 
Tableau récapitulatif 
// Terme // Diagnostic officiel ? // Empathie // Impulsivité // Manipulation //
 
Psychopathie // Non // Très faible // Souvent faible // Élevée //
Sociopathie // Non // Faible // Souvent élevée // Variable //
Trouble de la personnalité antisociale // Oui // Souvent réduite // Fréquente // Possible //
Perversion narcissique // Non // Faible ou sélective // Variable // Très fréquente //
Antipathie // Non // Normale // Normale // Non caractéristique //
 
Une nuance importante
 
Avoir un ou plusieurs traits de manipulation, être égoïste, manquer ponctuellement d'empathie ou être antipathique ne signifie pas qu'une personne est psychopathe, sociopathe ou « pervers narcissique ». Les troubles de la personnalité correspondent à des schémas durables, rigides et envahissants, évalués par des professionnels de santé mentale à partir de nombreux critères.
 
En résumé :
  • Antipathie : je ne t'apprécie pas.
  • Perversion narcissique : expression non officielle décrivant une dynamique de domination et de manipulation.
  • Sociopathie : terme informel associé à un profil antisocial plus impulsif.
  • Psychopathie : profil antisocial plus froid, calculateur et émotionnellement détaché.

Sociopathie

La sociopathie, autrement appelée TPA pour Trouble de la Personnalité Antisociale, c'est l'absence totale d'empathie. Que se passe-t-il dans la tête d'une personne atteinte de ce trouble ? Lilimay a bien voulu se confier devant la caméra 🎥 de Nathan Chatelain.


 

Source : https://www.facebook.com/reel/1693986778618505

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Sélection de la section commentaire 

(hélas limitée : "Santé Magazine a limité qui peut commenter cette publication.") 

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Question : Est-ce que cela  se soigne ?

Réponse : Alors ... j'ai été infirmière en psychiatrie, et en l'occurrence, ça ne se soigne pas vraiment : la personne atteinte de sociopathie n'apprendra jamais à éprouver de l'empathie, du remord ou de l'amour au sens où nous l'entendons. Comme cette jeune fille l'explique, tout ce qu'elle peut faire, c'est retenir son impulsivité et apprendre en quoi son comportement peut blesser. En conséquence, elle peut apprendre à masquer cette absence d'empathie. Mais on ne "soigne" pas la sociopathie ou la psychopathie, tout simplement parce qu'on ne peut pas faire apparaître une émotion de nulle part.

Commentaire pertinent :  l'immense majorité des dirigeants le sont. C'est ça qui devrait vous faire flipper.

Remarques : A noter qu'il y a deux sous parties dans le TPA : la sociopathie et la psychopathie

Oui, et le sociopathie est la plus " dangereuse" car plus impulsive. Mais les psychopathes sont plus organisés ( c'est pour ça que l'on trouve plus de tueurs en série psychopathe que sociopathe), attention, je n'ai pas dit que tous les psychopathes étaient des tueurs, parce que c'est complètement Faux

Affirmation :  Le ou la PN est exactement comme cela.

Nuances :  non la limite est fine mais le trouble de la personnalité narcissique est un tout petit peu différent.

Un PN niera les faits et ne voudra surtout pas prendre la responsabilité de ses actes.
Il veut posséder, contrôler son jouet à sa guise pour nourrir son ego.
Tout cela en usant de toute les stratégies et manipulations possible pour te faire penser que c’est toi qui est TROP.
Lui ne se remettra jamais en question car ça serait bousculer fondamentalement ce qu’il est est devenu. Impossible.
Elle, sait ce qu’elle est et l’assume. La toute la différence.
 
Le PN est en réalité le sociopathes ou psychopathe. C'est le vrai nom. Ils ont rajouté narcissique mais c'est le côté intérêt personnel plutôt ? Ou alors peut-être un nouveau trouble. Possible aussi ...
 
Commentaire pertinent :  le vide intérieur la pousse à aller vers des extrêmes pour avoir un semblant de ressenti ..ça ne donne pas envie la pauvre.

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Quelques questions pour aller plus loin

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  • Puisque la sociopathie est diagnostiquée par un psychiatre, y a-t-il des protocoles pour détecter cette pathologie ?
  • Existe-t-il des études pour connaître les causes de cette pathologie ?
  • Est-ce détectable en neurologie, sur imagerie médicale ?
  • Peut-on provoquer la sociopathie par une éducation ou des maltraitances spécifiques ?
  • Quel est le pourcentage de sociopathes dans la société ?
  • Les études sur la sociopathie révèlent-elles un pourcentage par catégorie socio-professionnelle ou par tranche de revenus ?
  • Certaines personnalités publiques ont-elles été diagnostiquées "sociopathes" ?    

 

Si la monnaie est infinie, pourquoi y a-t-il encore de la pauvreté ?



  Source
: https://www.facebook.com/share/v/18zTweZusz/

Obéissance crédule et mise en danger d'autrui

 Source : https://www.facebook.com/share/p/1LkLHsZagc/

Démolition contrôlée


 Source
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Le financement du Hamas sur ordre de Netanyahou

 Source : https://www.facebook.com/share/v/1HAduTjgvs/

Israël generate antisemitism

 Source : https://www.facebook.com/share/r/1DTBv5xhZc/

Violence endogène

 Source : https://www.facebook.com/share/v/194QNxeNoc/

Qu'est-ce que l'amour ?

 Source : https://www.facebook.com/share/v/18zquqqRWp/