Thierry Meyssan, né le
18 mai 1957 à Talence (Gironde), est un écrivain français, président-fondateur du
Réseau Voltaire.
Thierry Meyssan se fait d'abord connaître en défendant le principe de
laïcité en France. Par la suite, il devient l'un des principaux diffuseurs des théories du complot sur les attentats du 11 septembre 2001, à commencer par son livre
L'Effroyable Imposture dans lequel il attribue la responsabilité de ces attentats à « une faction du
complexe militaro-industriel » des États-Unis. Absent des grands médias occidentaux depuis
2004, il est par contre très présent dans les médias russes, latino-américains et moyen-orientaux, où il est présenté comme « dissident » ou « révolutionnaire ».
Désormais installé au Proche-Orient et proche du
Hezbollah, Thierry Meyssan soutient la
Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi contre les frappes de l'
OTAN lors de la guerre civile libyenne en 2011 et le gouvernement syrien de
Bachar el-Assad lors de la guerre civile syrienne de 2012 à 2013.
Biographie
Thierry Meyssan est le petit-fils du colonel Pierre Gaïsset, observateur militaire de l'
ONU et président de la Commission d'armistice Israël-Liban
1. Il est le fils de Michel Meyssan, ancien conseiller municipal de Bordeaux et proche de
Jacques Chaban-Delmas. Élevé dans le milieu de la bourgeoisie bordelaise catholique (sa mère dirigeait les œuvres interdiocésaines de la région Aquitaine), il milite dans sa jeunesse dans le mouvement chrétien du
Renouveau charismatique et manifeste un vif intérêt pour les questions religieuses au point de suivre des études de
théologie au séminaire d'Orléans. Une photo publiée sur le tard (en 1986) dans le magazine catholique
La Vie, le montre au milieu d'une foule de fidèles assemblée devant le balcon du Pape à la Pentecôte 1975. Dans les années 1970, il entame des études à
Sciences-Po mais, selon
Fiammetta Venner, il en aurait été exclu pour « des raisons qui restent non élucidées ».
Les années 1980 le voient faire un virage à 180 degrés. Il s'affirme tardivement comme homosexuel et
libre-penseur. Il se sépare de son épouse, avec laquelle il s'était marié en 1976. Le mariage religieux est reconnu nul par le Vatican en 1990, au terme d'une longue enquête. Il adhère à l'association
Gais pour les libertés et à l'
International Lesbian and Gay Association mais, selon Fiammetta Venner, il en aurait été exclu.
Les années 1990 le voient centrer une partie de ses activités autour d'un militantisme
laïc.
En
avril 2002, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) écrit à France Télévisions après le passage de Thierry Meyssan dans une émission de Thierry Ardisson pour reprocher l'absence de recul critique.
Copie de cette lettre est adressée à tous les médias audio-visuels sous
convention. Depuis, Meyssan n'est plus invité sur les chaînes
françaises, y compris lorsque Arte consacre une soirée Théma aux théories du complot, où il tient le premier rôle.
Au cours de l'année 2007, il s'exprime en revanche sur les chaînes de télévision d'autres pays :
Addounia TV (Syrie),
Al-Alam (Iran),
Al Jazeera (Qatar),
Al-Manar (Liban),
Dubai TV (Émirats),
GTRK (Kazakhstan),
IRIB (Iran),
KTR (Kirghizistan),
News TV (Liban),
NBN (Liban),
PMR (Transnistrie),
Russia Today (Russie),
Sahar (Iran),
SSC (Syrie),
Telesur (Amérique latine),
TSV (Transnistrie),
Venezolana de TV (Venezuela).
Dans un entretien au site internet ReOpen911.info paru en septembre 2008, Thierry Meyssan indique travailler pour le magazine russe
Profile et collaborer à la chaîne de télévision libanaise
al-Manar (chaîne du
Hezbollah) et à des chaînes de radio et de télévision iraniennes.
Dans un livre paru en Italie en 2007 et dans un entretien paru en octobre 2008, il affirme que le
département de la Défense des États-Unis aurait lancé un contrat contre lui et qu'il aurait été protégé par les autorités françaises durant la présidence de Jacques Chirac.
Lors d'une soirée spéciale consacrée aux attentats du 11 septembre,
la première chaîne de télévision russe le présente comme « le principal
dissident occidental » et insiste sur son exil.
Il travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama.
Engagement associatif et politique
En 1989, il crée le projet Ornicar, destiné à « lutter contre les discriminations fondées sur la sexualité ». Cette association participe à la rédaction du rapport Roth au
Parlement européen, négocie avec des organisations intergouvernementales le statut des fonctionnaires internationaux gays et lesbiens
, et fait inscrire la dépénalisation de l'homosexualité au sommet de la
CSCE.
Il devient rédacteur en chef du mensuel d’information internationale
Maintenant en 1994.
En mars 1994, il fonde le
Réseau Voltaire dont l'objectif déclaré est la « défense de la liberté d'expression et de la laïcité ». Cette association publie des enquêtes remarquées sur l'
extrême droite (en particulier sur le service d'ordre du
Front national,
qui mène à une enquête parlementaire). Par la suite, il transforme
cette association française en un « réseau international de presse
non-alignée ».
De 1996 à 1999,
il est coordinateur suppléant du Comité national de vigilance contre
l'extrême droite qui rassemble chaque semaine les 45 principaux partis
politiques, syndicats et associations de gauche pour élaborer une
réponse commune face à la montée de l'intolérance.
À partir de 1994, il est secrétaire national du
Parti radical de gauche. Lors de la parution de son livre
L'Effroyable Imposture, le PRG a refusé de s'exprimer sur la présence de Thierry Meyssan dans ses rangs.
Durant la guerre de l'été 2006, il se rend au Liban avec un groupe international comprenant
Dieudonné et
Alain Soral. Le transit
via la Syrie est organisé par Fréderic Chatillon, ex-responsable du
GUD.
En 2007, il déclare se sentir proche du
Hezbollah en tant que principal réseau de résistance au Proche-Orient et éprouver beaucoup d’admiration pour son secrétaire général
Hassan Nasrallah. Il met également en avant sa « contribution personnelle » à la
révolution iranienne et ses « amitiés vénézueliennes ». Se présentant comme un
radical,
il déclare être prêt « à travailler avec tout le monde, à l’exception
de ceux qui ont participé activement aux agressions impérialistes » et
s'inspirer de
Jean Moulin qui « accepta de travailler avec tous ceux qui voulaient défendre la liberté, de l’extrême gauche à l’extrême droite». Il décide de vivre au Liban en août 2008.
Le
12 septembre 2008 il participe à une émission de télévision de la chaine russe
ORT pour un débat suivant la diffusion du film
Zéro enquête sur le 11 septembre de l'eurodéputé italien
Giulietto Chiesa.
Le
23 mars 2009, Dieudonné annonce au journal
Le Monde
que Thierry Meyssan sera probablement son colistier pour les élections
européennes. Meyssan n'a jamais répondu publiquement à cet appel. Il
n'est, en fin de compte, pas présent sur la liste ; au demeurant, il ne
réunissait pas les conditions d'éligibilité du fait de sa domiciliation
hors de l'Union européenne.
L'Effroyable Imposture
Son livre de 2002,
L'Effroyable Imposture est un succès de librairie, traduit en vingt-huit langues, bientôt suivi par un second,
Le Pentagate. Meyssan y défend la thèse selon laquelle les attentats du 11 septembre 2001
seraient un acte de terrorisme intérieur, et non le fruit d'un complot
extérieur. Sur cette base, il mène campagne pour que l'Assemblée
générale de l'ONU ouvre une enquête internationale sur ces attentats, sans y parvenir, malgré le soutien de la
Ligue arabe et du
Conseil de coopération du Golfe.
Ce livre, chroniqué dans la presse étrangère et épuisé en France dès sa
première semaine de publication, rebondit et touche un plus large
public à partir de l'invitation de Thierry Meyssan à l'émission
Tout le monde en parle de
Thierry Ardisson.
En avril 2002, le
FBI affirme qu'un avion s'est bien écrasé sur le Pentagone, alors que Meyssan avance dans son livre que le Pentagone a été frappé non pas par un avion, mais par un missile.
Selon lui, les dégâts de la façade pris en photo quelques minutes après
le crash ne correspondent pas à ceux d'un avion de ligne. Pourtant, une
centaine de témoins affirment avoir vu un avion de ligne percuter le
Pentagone. Certains disent avoir vu les couleurs de la compagnie
American Airlines sur l'avion, d'autres disent avoir reconnu un
Boeing 757.
De plus, cinq lampadaires situés latéralement par rapport à la
trajectoire du supposé missile ont été arrachés et des éléments comme le
nez, le train d'atterrissage, des sièges et les deux boîtes noires,
auraient été retrouvés à l'intérieur du bâtiment. Enfin, on a pu formellement identifier par leur
ADN la quasi-totalité des passagers, ainsi que les membres de l'équipage, les hôtesses de l'air et les pilotes.
Des effets personnels des passagers, identifiés par les familles des
victimes, auraient également été trouvés à l'intérieur du bâtiment.
En juin 2002, Thierry Meyssan est déclaré
persona non grata sur le territoire des États-Unis par le département de la Défense américain . Selon une statistique du
département de la Sécurité intérieure, datée de 2005, plus de 3 000 ouvrages ont été publiés dans le monde pour ou contre les assertions de Meyssan. Sur un site Internet du
département d'État des États-Unis, Thierry Meyssan et le
Réseau Voltaire font partie d'une longue liste de sources accusées de pratiquer une « désinformation
antiaméricaine » dans le monde.
L'Effroyable Imposture 2
En mai 2007, Thierry Meyssan publie une étude sur « l'offensive
israélienne contre le Liban, en juillet 2006, et le remodelage du
Grand Moyen-Orient », sous le titre
L'Effroyable Imposture 2.
L'ouvrage est d'abord diffusé en version arabe au Liban et en Syrie. En
France, le livre est édité par une société spécialement créée par le
groupe Alphée de
Jean-Paul Bertrand et diffusé par la Sodis d'
Antoine Gallimard. Pour
Al-Manar, la chaîne de télévision du
Hezbollah : « Tout homme politique libanais devrait avoir lu et médité
L'Effroyable Imposture 2 avant de s'exprimer ».
Meyssan prolonge son étude dans un dossier publié, le 29 novembre 2010, par le magazine russe
Odnako,
où il remet en cause l'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Rafic
Hariri. Il présente des éléments nouveaux qui semblent impliquer
l'Allemagne.
Prises de position
Colloque Axis for Peace 2005
En
novembre 2005, Thierry Meyssan préside le colloque
Axis for Peace 2005,
se présentant comme une réunion de diplomates, politiques,
journalistes, venus débattre de la situation internationale et appeler à
une mobilisation populaire internationale « en faveur du droit
international et de la paix dans le monde » contre le courant
néo-conservateur et l'
impérialisme américain. La réunion rassemble environ 150 personnes venant de 37 pays.
Élection de Nicolas Sarkozy
En 2008, Thierry Meyssan accuse le président
Nicolas Sarkozy d'avoir été élu en cachant aux Français ses liens avec les
casinotiers, la banque
Rothschild et la
CIA. Il présente ses imputations à l’
Eurasian Media Forum au Kazakhstan, puis dans un article publié par l'hebdomadaire russe
Profile.
Le 29 juillet 2008, Meyssan accorde une interview où il évoque les
contraintes rencontrées lors de la diffusion de cet article et plus
généralement les difficultés du réseau VoltaireNet.org.
Guerre de Libye (2011)
Au cours de la
guerre civile libyenne de 2011, Thierry Meyssan prend le parti de
Mouammar Kadhafi et se rend à Tripoli pour soutenir le régime de ce dernier ; il écrit à l'époque ne pas croire
« que Tripoli puisse tomber » ni
« que le colonel Kadhafi soit menacé », tout en accusant les journalistes occidentaux d'espionnage. Fin août, il doit fuir la Libye lors de la chute de Kadhafi.
Guerre de Syrie (2011- )
Thierry Meyssan défend également le gouvernement syrien durant la
guerre civile syrienne. Il déclare notamment :
« si ces observateurs [les observateurs de la Ligue arabe]
font leur travail normalement, ils vont constater ce que le
gouvernement syrien dit depuis longtemps et ce que toutes les personnes
neutres qui se sont rendues sur place ont pu constater, qu'il y a un
système de déstabilisation du pays avec des bandes armées qui viennent
de l’extérieur, une guerre non conventionnelle qui est déjà effective,
menée par des puissances occidentales dans ce pays, et qu'il n'y a pas
du tout de soulèvement de masse et de répression. »
Ainsi Thierry Meyssan qualifie de «
Contras » les opposants au président
Bachar el-Assad, en référence aux « contre-révolutionnaires » du Nicaragua, financés par la CIA, dans les années 1980.
L'Express qualifie Thierry Meyssan d'
« assadolâtre certifié », qui
« pérore sans désemparer sur les plateaux d'Al-Manar, la chaîne du Hezbollah
libanais, ou de la télévision d'État syrienne, où il lui arrive
d'accuser nommément tel reporter parisien de jouer les espions pour les
services français ». Le journal résume à cette occasion le discours de Meyssan de
« logorrhée délirante et narcissique » d'un homme dont le cas
« relève au mieux de la psychanalyse ».
En 2013,
Le Point
souligne les liens étroits de Meyssan, désormais installé en Syrie,
avec le gouvernement syrien, et présente le journaliste français comme
« conseiller particulier » du président syrien.
Attentat à Charlie Hebdo (2015)
Lors du
massacre de l'équipe du journal Charlie Hebdo en janvier 2015, Thierry Meyssan affirme que
« les commanditaires les plus probables [de l'attentat] sont à Washington » car de véritables djihadistes
« ne
se seraient pas contentés de tuer des dessinateurs athées, ils auraient
d’abord détruit les archives du journal sous leurs yeux ».