jeudi 5 juillet 2012

Sens du devoir – L’homme qui fait le ménage est plus heureux que les autres

Moins de culpabilité, moins de disputes... L'homme qui vit en couple et qui fait sa juste part des tâches domestiques est plus heureux que les autres, révèle une étude publiée à la fin de juin par l'université britannique de Cambridge, et relayée lundi 2 juillet par RFI.

Des chercheurs ont comparé chez des hommes de France, de Suède, de Norvège, du Danemark, des Pays-Bas, d'Allemagne et de Grande-Bretagne les niveaux de conflits vécus entre travail et vie privée, ainsi que diverses mesures de bien-être. Le temps passé à faire la cuisine, la vaisselle, les courses, le nettoyage et la maintenance domestique augmentant, les scientifiques s'attendaient à voir s'accroître les tensions entre travail et vie privée, et baisser le niveau de bien-être. Ils ont constaté l'inverse : des hommes plus à l'aise, moins stressés.

Ils suggèrent que ces résultats peuvent être le fruit d'une hausse du nombre de partisans mâles de l'égalité entre hommes et femmes. Ceux-ci seraient moins à l'aise à l'idée de voir leur compagne réaliser l'essentiel des tâches ménagères. Ils s'éviteraient du même coup des conflits de plus en plus durs, à mesure que leurs femmes osent exprimer leur lassitude ménagère.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/07/02/sens-du-devoir-lhomme-qui-fait-le-menage-est-plus-heureux-que-les-autres/#xtor=RSS-3208

Reprise du sport : à partir de quand faut-il faire attention ?

INTERVIEW - Le décès brutal du député Olivier Ferrand à 42 ans après un footing a surpris et attristé l'ensemble de la classe politique samedi. Ce drame est l'occasion de rappeler avec le Pr Nicolas Danchin, de l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris, les règles à respecter quand on se met au sport à un certain âge.

LE FIGARO.- À partir de quel âge ne doit-on plus faire de sport sans passer par la case médecin?

Pr Nicolas DANCHIN. - À 40 ans, si vous faites de l'exercice régulièrement et que cela ne vous pose pas de problème, il n'y a pas lieu de faire de vérification particulière hormis le check-up classique: pression artérielle pour détecter l'hypertension, taux de cholestérol et de sucre dans le sang.

Avant 40 ans, la plupart des morts subites chez les sportifs sont dues à des anomalies cardiaques non détectées.

En revanche, si vous n'aviez pas d'activité physique ces derniers temps et que vous voulez reprendre le sport vers 40-45 ans, il faut être plus prudent. En fonction du niveau d'intensité visé, une épreuve d'effort peut être recommandée. Idem s'il y a des antécédents d'accidents ou d'arrêts cardiaques chez des personnes jeunes dans votre famille. Tout en sachant qu'il ne s'agit malheureusement pas d'une garantie absolue. En effet, les hommes jeunes qui font un infarctus sans signes annonciateurs sont souvent victimes du détachement soudain de simples plaques de cholestérol dans les artères qui n'auraient pas pu être détectées. Ces accidents cardiaques sont beaucoup plus brutaux, donc dangereux, que lorsque le rétrécissement de l'artère est important et progressif, car le cœur a alors eu le temps de se préparer en fabriquant des vaisseaux annexes pour s'alimenter en sang. Quand l'artère finit par se boucher, cela donne donc des infarctus moins violents, voire pas d'infarctus.

Quels signes doivent alerter les sportifs de plus de 40 ans?

Les signes à ne pas négliger sont une douleur au milieu de la poitrine (sensation de serrement) ou un essoufflement anormal: l'essoufflement causé par l'exercice physique doit être progressif et ne pas ressembler à une sensation brutale de respiration coupée.

Les femmes sont-elles aussi concernées que les hommes?

Les femmes sont relativement protégées jusqu'à la ménopause. Toutefois, cette tendance commence à être remise en cause en raison d'une modification du mode de vie des femmes jeunes, qui se rapproche de plus en plus de celui des hommes - pour le tabagisme notamment. C'est d'ailleurs la seule catégorie de population où le taux d'infarctus augmente actuellement en France.

Quelles précautions particulières doivent prendre les fumeurs?

Idéalement? Arrêter! Concernant les maladies cardio-vasculaires, le tabac est très toxique à deux niveaux. Il favorise en continu le dépôt de cholestérol dans les artères, et par ailleurs, au moment où l'on fume, le sang coagule plus facilement et les artères se contractent. Dans tous les cas, il faut donc éviter la cigarette avant ou après le sport. Enfin, rappelons que la croyance qui attribue au sport la vertu de gommer les effets du tabac est complètement erronée.

Pauline Fréour

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/07/02/18533-reprise-sport-partir-quand-faut-il-faire-attention

Fonctionnaires: l'austérité salariale inévitable

Gel prolongé du point d'indice, ralentissement du rythme des avancements… Pour la Cour des comptes, c'est le seul scénario possible, sauf à revenir sur la stabilité annoncée des effectifs de l'État.

Les fonctionnaires vont devoir faire des efforts supplémentaires sur leurs rémunérations. Le raisonnement de la Cour des comptes qui aboutit à cette conclusion est implacable.

La juridiction financière reprend la norme de dépenses fixée par Jean-Marc Ayrault lui-même, la semaine dernière, dans la lettre de cadrage adressée à ses ministres pour les budgets 2013 à 2015. Le chef de gouvernement fixe pour objectif une stabilité absolue des dépenses de l'État en euros courants, en mettant à part les intérêts de la dette et les pensions de retraite des fonctionnaires: ce que l'on appelle le «zéro valeur». «Comme la masse salariale représente 30% des dépenses qui entrent dans le champ de cette norme, il serait difficile de la respecter sans que la masse salariale soit elle-même stabilisée en valeur», écrit la Cour des comptes - et c'est bien le choix indiqué par Jean-Marc Ayrault dans la même lettre de cadrage.

Dès lors, comment y parvenir? Les magistrats élaborent quatre scénarios, dont un seul correspond à la feuille de route annoncée par le gouvernement: ni hausse ni baisse du nombre total d'agents de l'État (les trois autres tablent sur 15.000 à 30.000 postes de fonctionnaires supprimés par an). Dans un tel contexte, il faudrait d'abord reconduire le gel du point d'indice instauré par le gouvernement précédent il y a exactement deux ans. Autrement dit, pas d'augmentation générale. Serait prolongé néanmoins le mécanisme baptisé garantie individuelle de pouvoir d'achat (Gipa, instauré lui aussi sous Fillon) qui accorde un «rattrapage» égal à l'inflation aux fonctionnaires n'ayant par ailleurs bénéficié d'aucune mesure d'avancement, d'ancienneté ou autre dans le courant de l'année. Celui-ci ne coûte qu'une centaine de millions d'euros par an, contre 800 millions pour une hausse de 1% du point d'indice.

Diviser par 10 ou 14 les augmentations catégorielles

Mais ce n'est pas tout. Il faudrait aussi «réduire les avancements», c'est-à-dire faire en sorte que les fonctionnaires montent moins vite dans l'échelle des salaires au fil de leur carrière. Et enfin, ramener à 50 millions d'euros le montant des mesures catégorielles, ces augmentations de salaires ciblées (sur les agents les moins bien payés, des ministères ou des métiers précis par exemple). Soit dix fois moins que la moyenne de la décennie précédente, et même 14 fois moins que pendant la période 2009-2012, Nicolas Sarkozy ayant «rétrocédé» sous forme d'augmentations plus de la moitié des économies réalisées avec le non-remplacement d'un départ en retraite sur deux!

La Cour des comptes le reconnaît elle-même: un tel «régime» paraît difficile à tenir. En particulier, il semble «difficile de maintenir ce gel jusqu'en 2016-2017, surtout dans un contexte marqué par le relèvement progressif du taux de cotisations salariales aux régimes de retraite de la fonction publique», lit-on dans le rapport annuel. Conclusion en forme de retour à la case départ: «seule une baisse des effectifs donne des marges de manœuvre en matière salariale».

Par Olivier Auguste

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/02/20002-20120702ARTFIG00448-fonctionnaires-l-austerite-salariale-inevitable.php

lundi 2 juillet 2012

Ganesh

(Description pour le jeu Bhāratavarṣa)


Noms
Ganesha (गणेश, Gaṇeśa) est aussi appelé Gaṇapati, Seigneur des Gaņas, des Hordes de son père Śiva.

Il a de nombreux autres noms comme Vināyaka (Meilleur des Guides), Vighneśa, Vighneśvara (Maître des Obstacles), Vighnarāja (Le Seigneur qui retire les Obstacles), Buddhipriya (l'Epoux de l'Intelligence), Dvaimātura (aux Deux Mères), Ekadanta (Une Seule Défense), Dantin (un de ses plus anciens noms dans les Veda : "Défense") Heramba, Lambodara, Mahodara (Gros ventre), Mohotkata, Mayūreśvara, Dhumraketu, Vaktratuṇḍa (Trompe tordue), Śūrpakarṇa (Oreilles en forme de Vans), Gajamukha, Gajavaktra, Gajādhipa (Chef des Eléphants) et Gajānana (Tête d'éléphant).

Capacités

Connaissance des Veda, Ecrire le Saṃskṛtam, Mémoriser, Chanter Hymnes, Mahamatra (Grande Mesure, art du Cornac, dressage d'éléphant), Angkuśa (Crochet à Eléphant), Danse.

Vertus

Gaṇeśa valorise notamment le Dharma des Brahmanes, la Persévérance dans l'étude et le Moksha (Vertu de libération face aux illusions).

Affinités

Hastin (Guider Eléphant, Coup de défense contre les Obstacles)
Ecriture (Mémoire parfaite, Graver rapidement et sans erreur)

Secret

Le Seigneur des Obstacles : Créer un Obstacle et le surmonter pour atteindre la libération de l'Illusion et le Siddhi (l'Accomplissement spirituel).

Rites et représentations

Gaṇeśa est invoqué comme Maître des Obstacles et comme Seigneur des Commencements au début de certains rites. On lui sacrifie des gateaux (modaka). Sa principale fête a lieu à la fin de la Mousson au premier croissant du mois de Bhādra (septembre).

Gaṇeśa est représenté avec une tête d'éléphant. On dit que son père Śiva en colère lui aurait tranché la tête parce qu'il l'empêchait de voir son épouse Pārvatī. Śiva l'aurait ensuite remplacée par celle d'un des enfants d'Airavata, l'Eléphant blanc d'Indra. Il n'a qu'une seule défense et on dit que c'est le terrible héros Paraśurāma qui l'aurait cassée quand il l'empêchait d'accéder à son père, ou bien qu'il l'aurait brisée lui-même pour s'en servir comme d'un calame pour écrire le plus vite possible. C'est pourquoi il tient sa défense coupée dans sa main et une légende dit qu'il s'en est parfois servie comme d'une arme de jet contre Chandra la Lune (ce qui explique le croissant).
Il a un ventre protubérant, retenu par un serpent comme ceinture (yajñyopavīta), qui serait Vāsuki le grand nāga.

Aspects et avatars

Dans le monde de Bhāratavarṣa, Gaṇeśa n'a pas beaucoup d'aspects et il est plutôt considéré comme un aspect de Śiva.
En revanche, parmi les Gajānana, il est à l'inverse considéré comme le Dieu principal et ils distinguent plusieurs aspects et chaque noms correspondent à des incarnations distinctes : Vakratuṇḍa (trompe tordue), Ekadanta, Mahodara, Gajavaktra (Trompe d'éléphant), Lambodara, Vikaṭa ("le Déformé), Vighnarāja, Dhūmravarṇa ("le Gris").
Bien qu'il ait été longtemps incarné comme un brahmacārin (ascète renonçant), Gaṇeśa est aussi associé à une parèdre féminine, sa śakti et Epouse, Siddhi (Accomplissement spirituel), voire à deux autres Déesses, Buddhi (l'Intelligence) et Riddhi (Prospérité matérielle).

Véhicule

D'habitude le Vahana est une souris nommée Mūṣaka, symbole de Ruse ou bien des appétits qu'il domine.
Il peut arriver à Gaṇeśa d'avoir d'autres montures comme un lion (comme sa mère Pārvatī), un paon (comme son frère Skanda Kārttikeya) ou un cheval.

Adorateurs

Gaṇeśa est un dieu assez mineur dans le monde de Bhāratavarṣa, parfois considéré comme un simple aspect de Śiva. On l'invoque au début d'une entreprise quelle qu'elle soit comme Seigneur des Obstacles, et il est particulièrement populaire chez les scribes, écrivains et ṛṣi en tant que protecteur des Lettres (même s'il est concurrencé chez les Brahmanes et les bardes par la déesse Sarasvatī, déesse de la parole, des arts et de la musique). Il a aussi un culte populaire chez les śūdra.
Il est le dirigeant des Gaņas, ces cohortes de génies, lutins et de divers êtres qui suivent Śiva. Parmi les Gaņas, on range ceux qu'on appelle les Gajānana (les Eléphantocéphales), qui considèrent Gaṇeśa comme le dieu principal, avatāra ou aspect de l'Absolu.

Relations

Gaṇeśa est relié surtout à son père, Śiva, et sa mère, Pārvatī, ainsi qu'à son frère Skanda.
En tant que Dieu des Lettres, il est allié au grand ṛṣi Bṛhaspati, le Guru des Dieux, et à Vyāsa, le rédacteur des Veda et des principaux textes saints dont Gaṇeśa aurait été le scribe.

Source : http://anniceris.blogspot.com/2008/01/ganesh.html

Théogonie brahmaniste : les 33 Dieux

Brahmā eut plusieurs enfants nés de son esprit (Manasaputra), les Prajāpati (Seigneurs des êtres).


On compte dans ces êtres primordiaux plusieurs Sages mortels qui sont parfois renés à travers les Âges du Monde : Atri (ṛṣi et barde), Angiras (ṛṣi), Vasiṣṭha (le ṛṣi qui possédait la Vache d'abondance Kamadhenu, et la génisse Nandini), Bhrigu (prêtre du feu, père de Shukra), Nārada (le moine voyageur qui a visité tout l'univers des enfers aux cieux), Marîchi (rayon de lumière, père de Kaśyapa) et Dakṣa (le talentueux Asura, père d'Aditi et de Diti).

Dakṣa ("Technique, Art-rituel") eut de nombreux enfants, notamment des filles.

On dit que 27 de ses filles épousèrent Soma mais que le Dieu-Lune avait une favorite. Dakṣa punit alors Soma qui passe son temps à mourir et à renaître en 27 jours en tant que Lune. Une autre fille Satī ("Vraie, Fidèle") ou Dākshāyani épousa Shiva mais Daksha n'appréciait pas ce choix. Elle se suicida et Shiva tua Dakṣa. Il le fit renaître avec une tête de Chêvre et Daksha se repentit.

Le sage Kaśyapa, fils du ṛṣi Marîchi, épousa aussi de nombreuses filles du démon Daksha, et est aussi compté comme un Prajāpati. Il épousa notamment Āditi (Sans Limite) et Ditī (Limite). Avec Aditi, il engendra les dieux célestes Āditya. Avec Diti, il engendra les géants asurique Daitya. Avec Danu, il engendra la race asurique des Danava. Avec Vinatā, il eut Garuda (oiseau héraut de Vishnou) et Aruna (le conducteur du char du Soleil). Avec Kadru, il eut la race des Naga. Avec Muni, il eut les nymphes Apsaras. Il est l'ancêtre d'innombrables lignées et de peuples.

Parmi les Sept, Huit ou Douze Āditya, on compte les principaux Dieux célestes et solaires : Varuṇa (Pluies, Eaux, Serment), Mitra (Contrat), Aryaman (Honneur), Bhaga (Fortune), Aṃśa (Chance), Vivasvat (Morale), Sūrya, Savitr, Rāvî. On dit parfois qu'Āditi n'était pas la fille de Dakṣa mais sa mère et qu'il serait donc aussi un Āditya, fils de Brahma.
Les 33 Dieux
Le nombre des Deva et Asura peut recevoir selon les textes brahmanistes des réponses contradictoires : ils sont Un, Deux, Trois, 33, 303, 3003 et même 33 Crores (c'est-à-dire 330 millions).
Une des listes des 33 dieux comprend 8 Vasu (Sphères), 11 Rudra, 12 Āditya, plus Indra et Prajāpati.
Les 8 Vasu (Sphères des élements) ont été analysés en deux listes.
Cf. Louis Renou, §654, Alain Daniélou, p. 135-160.
Selon le Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad, ce sont (1) Pṛthvī (la Terre), (2) Agni (le Feu), (3) Antariksha (l'Espace atmosphérique), (4) Vāyu (le Vent), (5) Dyaus (le Ciel), (6) Āditya Sūrya (le Soleil), (7) Nakṣatra (les Constellations, au nombre de 27), (8) Chandramas (la Lune).

Une autre liste des Huit Vasu dans le Mahābhārata compte (1) Dharā (le Support), (2) Anala (Agni), (3) Anila (Vāyu), (4) Aha (Qui enveloppe tout), (5) Pratyūsha (Lumière de l'aube), (6), Prabhāsa (Lumière céleste), (7) Dhruva (l'Etoile Polaire), (8) Soma (l'Oblation et la Lune).
Les Vasu seraient des enfants soit de Prajāpati, soit de Kaśyapa, comme les Āditya. D'après une légende, guidés par Dyaus, ils volèrent la Vache cosmique à l'ascète Vasiṣṭha et il les punit en les faisant s'incarner comme des mortels sur Terre pendant un an. Ils naquirent comme mortels du roi Santanu et de la Déesse Gaṅgā. Gaṅgā noya les 7 premiers enfants pour les libérer mais le 8e, incarnation de Dyaus, devint le célèbre héros Bhīshma.

Certaines listes ajoutent Gaṇeśa, fils de Śiva, comme dirigeant de ces Sphères élémentaires.

Les 11 Rudra (ou parfois assimilés aux Maruts, ces dieux des Tempêtes) sont des Principes de Vie, et des Souffles divins de Brahmā, souvent associés comme des Noms, des fils ou des aspects de Śiva Rudra : Ānanda "félicité", Vijñāna "connaissance", Manas "pensée", Prāṇa "souffle", Vāc "parole", Īśāna "dirigeant", Tatpuruṣa "Cet Homme", Aghora, Vāmadeva "Dieu plaisant", Sadyojāta "Né d'un coup" et Ātmān "le Soi, l'Âme".

Les 12 Āditya sont surtout des dieux célestes. Ils comprennent parfois aussi le Dieu Viṣṇu sous son aspect de Vāmana le Nain (Celui qui franchit les espaces). On compte plusieurs listes. L'une énumère : Aṃśa, Aryaman, Bhaga, Dakṣa, Dhātṛ, Indra, Mitra, Ravi, Savitṛ, Sūrya, Varuṇa, Yama. Une autre énumère Aṃśa, Aryaman, Bhaga, Dakṣa, Mitra, Pūṣan, Savitṛ, Śakra (= Indra), Tvāṣṭṛ, Varuṇa, Vivasvat, Viṣṇu.

Source : http://anniceris.blogspot.com/2008/01/thogonie-brahmaniste-les-33-dieux.html

Cosmogonie védique

"नासदासीन नो सदासीत तदानीं नासीद रजो नो वयोमापरो यत"
"nāsadāsīn no sadāsīt tadānīṃ nāsīd rajo no vyomāparo yat"
Rigveda X, 129

"Ni l'être n'existait alors, ni le non-être, ni les airs ni le firmament."
cf. Louis Renou, Hymnes spéculatifs du Véda, p. 125-126.

Cycles et Création

En un sens, il n'y a aucun Commencement et tout est Eternel Retour dans le devenir, tout vient du Feu et retourne dans le Feu. En un sens, l'être et le néant eux-mêmes ont émergé dans leur opposition dans le devenir et il faut qu'il y ait eu un Commencement au devenir, l'Ardeur qui fait naître.

Au début, apparut le Feu de l'Ardeur (Tapas) et le Désir (Kāma) dans les Eaux primordiales. De ce Désir sortit une fleur de lotus et de ce lotus Hiraṇyagarbha (la Matrice d'or ou l'Oeuf d'Or). De lui est éclos Prajāpati (le Seigneur des Créatures).

On dit qu'il y eut plusieurs Prajāpati, pour chaque univers. Le Prajāpati est un des aspects de Brahmā.

Prajāpati parla et cette Parole est la déesse Vāc (Sarasvatī). Il dit "Terre" (Bhūr) et il y eut une Terre. Il dit "Air" (Bhuvaḥ) et il y eut l'Espace intermédiaire. Il dit Firmament (Suvaḥ)et il y eut la Voute céleste. C'est pourquoi on prononce ces trois formules sacrées précédé de "Auṃ" qui forment la formule du Mantra dans les vers Gayatri :

oṃ bhūr bhuvaḥ suvaḥ

Prajāpati créa ensuite les Deva (les Dieux) et les Asura (les Anti-Dieux). Il fit Agni (le Feu), Indra (l'Orage), Soma (la Boisson du Sacrifice) et Parameṣṭhin, émanation de Prajāpati. Ce fut Parameṣṭhin qui désira le Sacrifice à son père Prajāpati, il devint l'eau et officia, Prajāpati devint le souffle, Indra devint la Parole, Agni devint le Dévoreur et Soma le Dévoré car tout est mangeur et mangé, feu et aliment. L'Ardeur et la Parole ont créé les différentes parties du Sacrifice.

Les Deva désirènt la Vache, qui donne le Lait et le Beurre nécessaires au sacrifice mais ce n'est que plus tard, avec le Barattage de la Mer de Lait que naquit la vache Surabhî (l'Odorante), la mère de Kāmadhenu, la Vache d'Abondance.

Puruṣa, l'Homme Cosmique, le Sacrifice et les Quatre Classes

Puruṣa (l'Homme) était le premier être, immense, le Moi du Monde, recouvrant l'univers avec ses mille têtes. Il fit jaillir sa compagne Virāj (l'Energie créatrice, la śakti).

Il fut le premier Sacrifice (Puruṣamedhá, Rigveda, X, 90, Louis Renou, Hymnes spéculatifs, p. 97). Les Dieux l'immolèrent et de ce sacrifice sortirent les Trois premiers Veda (Rig-Veda, Yajur-Veda et Sama-Veda) qui forment l'absolu (brahman). Tout Sacrifice est une répétition dans le temps du Sacrifice originel de Puruṣa, l'Homme primordial, Sacrifice qui ordonna le Monde.

Ses yeux forment Sūrya le Soleil, son esprit forme Soma la Lune, sa bouche donne Agni et Indra, et son souffle forme Vāyu le Vent.

Son corps fut découpé et de ses organes sortirent les quatre Varṇa (Classes sociales) et leur ordre correspond à la hiérarchie des parties du corps.

De sa bouche sont issus les Brāhmaṇa.
De ses bras sont issus les Kṣatriya.
De ses cuisses sont issus les Vaiśya,
De ses pieds sont sortis les Śūdra.

L'origine de la Révélation

A l'origine des Veda, il y a les Sept Sages (saptaṛṣi), les Prophètes qui ont reçu et compilé la Révélation (Śruti) et qui ont engendré les Sept Lignages des Brahmanes (Agastya, Angirasa, Atri, Bhrigu, Kashyapa, Vasishtha, Vishvamitra).

Pendant les Premières ères du monde, il n'y avait que Trois Veda mais ensuite Atharvan et Angiras, fils de Brahmā, rassemblèrent le Quatrième Veda, dernier livre de la Révélation, le livre occulte, l'Atharva-Veda.

Angiras eut parmi ses fils Bṛhaspati. Il médita avec tant d'ardeur qu'il devint le premier Gourou, le Précepteur et le Purohita (Chapelain) des Deva. Il institua dans le culte des Brahmanes les rites de prières, de dévotion et des sacrifices.

Source : http://anniceris.blogspot.com/2008/01/cosmogonie-vdique.html

La Magie védique

Le plus gros problème à gérer pour le jeu de rôles Bhāratavarṣa / Mahālīlā est la magie.


On a parfois l'impression qu'il n'y a pas vraiment de limites à ce que la Magie et le Yoga peuvent faire pour un ascète. La yogini Chitralekha (qui n'est pourtant que la conseillère de la princesse Usha), dans la légende, arrive à voler sans problème à travers les cieux et vient enlever le lit d'un prince sans qu'on nous explique comment elle fait cela.

Le système souple des Affinités et Prodiges liés aux Dieux pourra gérer certains pouvoirs comme les "Voeux" (mais il faudra peut-être limiter pour les PJ un Vara "Ne jamais pouvoir être vaincu par un homme").

Louis Renou décrit la Magie védique notamment aux sections §745-752 de L'Inde classique.

Mantra

La différence entre magie et religion est difficile à délimiter : les rituels sacrés collectifs peuvent aussi servir à lancer une sorte de sortilège dans l'intérêt du yajamāna (celui qui demande un yajña).

Dans les Quatre Veda (voir ce que je disais sur le ṛgveda), le dernier, appelé l'Atharva Véda est celui qui est le plus consacré à la magie (et à des applications comme la médecine, les charmes contre les poisons).

Le rituel magique se sert donc souvent de sacrifices, on verse l'oblation de beurre fondu dans le feu en récitant des strophes de l'Atharva, et on enchante parfois des objets en les enduisant de cette oblation.

Le plus important est le Mantra (la Formule) qu'il faut réciter.

Exemple d'incantation dans l'Atharva, I, 8 Rituel contre les Yātudhānas (des Sorciers ou bien uen sorte de démons Rākṣasas) :

Puisse cette oblation emporter les sorciers comme le fleuve emporte l'écume !
Que l'homme ou la femme qui a lancé ce sort se déclare !
Cet arrogant est venu, reçois-le sans ménage !
Soumets-le, Ô Bṛhaspáti, percez-le, ô Agni et Soma !
Tuez l'engeance des sorciers, Ô Indra buveur de soma, et soumets-le !
Fais tomber l'oeil le plus proche et le plus lointain du démon vantard !
Ô Agni Gâtavedas, quand tu vois la race de ces démons cachés (atrin),
Renforcé par notre charme, tue les, Agni et perce-les cent fois.

Autres exemples d'Imprécations contre des démons ou des sortilèges dans l'Atharva Veda : I, 7, 8, 16, III, 9 (Contre les démons vishkandha et kâbava - des esprits de maladies). Les sorts apotropaïques détournent notamment la maléfique Nirṛti (la Sans-Loi). On utilise des cercles sur le sol pour se protéger des démons.

La plupart des sorts sont liés à la santé, mais aussi des charmes d'amour et divers succès au jeu, à la guerre ou ailleurs.

Le Mantra est à la fois la phrase à réciter et les instructions à suivre. On utilise souvent des objets qu'on associe symboliquement à la chose réelle qu'on veut influencer par participer et on peut avoir besoin d'ingrédients matériels comme des parties du corps de la cible (ongles, poils). Pour lancer le sort, comme dans un rituel de sacrifice, il faut se purifier, faire jeûne et abstinence. On peut se mettre nu en un lieu particulier, arbre, tombe, carrefour.

Les sorts de bannissement ou d'exorcisme (ṣānti) utilise les cendres et le beurre fondu pour écarter les mauvaises influences ou les possessions démoniaques. Les sorts pour attirer la fortune utilise parfois des amulettes (appelées maṇi) qui sont souvent des colliers de végétaux (mais aussi d'or, de coquillages, de miel).

C'est le même mot śapatha (शपथ) qui désigne à la fois (1) une malédiction, une imprécation, un anathème, (2) un serment solennel, un vœu (parce qu'on s'engage à subir la malédiction si on ne tient pas ce qu'on a juré). On s'engage devant Varuṇa et on peut engager non seulement sa vie mais celle de son entourage.

La magie comprend aussi la divination, l'astrologie et il y a des rituels d'ordalie (le plus célèbre a lieu quand Rama fait passer sa femme Sita par une épreuve du Feu pour vérifier qu'elle est restée pure pendant son enlèvement par les démons).

Yoga

Le Yoga peut apparaître comme une forme de magie. Les Yogin prétendent par l'ascèse pouvoir devenir invulnérable, voler, commander au feu et même aux Dieux, voire réussir à atteindre la Moksha. L'ascète peut contrôler son corps. Le Yoga (dont le sens semble avoir été "le joug", "la jonction") va se développer dans des commentaires des Védas en distinguant notamment le contrôle du souffle (pranayama), l'inhibition des sens (pratyahara) et la méditation (Dhyāna), pour dépasser la māyā (l'Illusion) et atteindre la moksha (la libération).

La confrérie des Vrātyas ("Frères") est un culte mystérieux. Ce sont des ascètes nus errants, vivant comme des sauvages. Ils forment une sorte de caste à part entre les vrais Brahmanes (dont ils seraient déchus) et des basses classes barbares (mais on reconnaît leur importance mystique). De même, le Muni est une sorte de shaman, qui peut fréquenter le modèle du Yogin, le criant Rudra (Shiva).

La pratique sur soi de l'ascèse peut accroître le Tapas (la "Chaleur") et ce terme devient synonyme de l'ascèse, la ferveur, l'austérité, la mortification. La méditation du Tapasvîn ("le souffrant", avec pratiques de jeûne, voeu de silence, etc) est faite pour obtenir une faveur des Dieux. Un des concepts liés est l'Aura du Tejas, l'énergie magique, le Feu sacré d'Agni qui illumine les héros.

Celui qui a montré sa volonté se met à resplendir de Tejas et les héros védiques passent leur temps à comparer leur aura.

Bhagiratha, le roi de Kosala de la dynastie solaire, ancêtre de Rama, fit un grand effort de tapasya pendant des années pour faire descendre sur Terre les eaux de la rivière Gaṅgā qui coulait dans les cieux de Swarga. Seules les eaux de Gaṅgā pouvait permettre de purifier les âmes de ses ancêtres. Il obtint finalement le soutien de Brahma et de Shiva pour faire descendre la Rivière.

Māyā

Māyā est l'Illusion et la Magie. Le grand roi démoniaque Maya (ou Mayasura) est un Asura, l'architecte du monde inférieur Sutala.

C'est lui qui construisit pour les princes-démons fils de Taraka la Tripura, les Trois-Forts, cité imprenable des tours de fer, d'argent et d'or qui se situaient respectivement sur trois mondes, terre, air et voute céleste. Mais comme la Forteresse protégeait les Asura, elle fut détruite par Shiva. Cependant, Shiva envoya son taureau Nandi pour sauver Mayasura, parce qu'il lui était dévoué.

Maya était aussi le père de Mandodari, qui épousa le démon Ravana, Roi de Lanka. Ses enfants, comme Māyāvi (le Magicien), furent tués pendant la guerre entre Rama et Ravana. Plus tard, Arjuna le sauva pendant un incendie et le grand architecte s'allie aux Pandava. Il construisit le palais du Mayasabha dans la cité d'Indraprastha.

Maya est le précepteur des magiciens. Il a inventé le Mayajala (Filet de l'Illusion) ou Indrajala, l'art de la magie, et tous les pouvoirs paranormaux des saints et des démons (âsurîsiddhi).

Source : http://anniceris.blogspot.com/2008/01/notes-sur-la-magie-vdique.html

Yajña (sacrifice) védique

Le sacrifice est la plus importante cérémonie. Elle consiste pour le brahmane à offrir dans du feu des biens (notamment le lait et l'alcool de soma) pour obtenir la faveur des dieux. Chaque homme doit pratiquer plusieurs sacrifices quotidiens.


Yajña védique

Le sacrifice (Yajña) n'est pas simplement un rituel comme les autres dans les sociétés de Bharatavastra. C'est le fondement de tout rite, de toute la société et même de tout l'ordre du cosmos. L'univers entier meurt et renaît dans le feu, il se régénère par le sacrifice et l'état actuel de Bharatavastra est d'ailleurs sorti d'un sacrifice. Les humains doivent "nourrir" les Dieux, les Kshatriya doivent nourrir les Brahmanes, les basses classes doivent nourrir les Kshatriya. Le devoir moral des humains consiste à détruire leurs biens en offrande pour montrer leur abnégation.

Le Yajña repose sur le Feu, le dieu Agni. Il faut détruire une Oblation (Homa) dans le Feu d'Agni pour que le don parvienne au Divin, pour que le bien matériel soit consacré et rejoigne le monde immortel.

Le sacrifice a souvent pour but une supplication : on tue des vaches pour obtenir la prospérité ou des enfants. On l'accompagne de formules (yajus, comme dans le second Veda, le Yajur Veda).

L'homa est en partie jetée dans le Feu, en partie consommée par les officiants (qui prennent la part des Dieux). On sacrifie notamment de l'alcool (le Soma), du lait, du beurre, des végétaux (orge, riz, gâteaux), des objets (vêtements, parfums), des animaux (boucs, vaches et dans le cas du grand rituel du aśvamedhá même un cheval et diverses bêtes). En théorie, les sacrifices humains ont été abolis (mais certains Dieux ont réclamé de tels holocaustes dans le passé).

Le Soma

Le Soma(h) (qui est aussi un nom du Dieu de la Lune Chandra) est l'oblation principale. C'est une boisson enivrante issue d'une plante inconnue. La liqueur sûra était interdite en dehors de ce sacrifice et même alors seul le sacrificateur brahmane peut en boire. C'est l'ambroisie (amṛta) qui rend les Dieux immortels.

Les participants

Le yajamâna est celui qui demande le sacrifice, le suppliant.

Le hotṛ ("verseur" de l'oblation) est celui qui préside, chante les hymnes et récite les versets sacrés des Véda.

L'adhvaryu dresse l'autel (vedi), apporte le bois et l'eau, fait les feux sacrés dans le sol, s'occupe de tout ce qui est matériel, immole les animaux, cuit les oblations et prononce les formules du sacrifice (yajus).

L'agnîdh entretient le Feu.

L'udgātṛ chante les Hymnes du Sāmaveda.

Enfin, le brahman proprement dit était celui qui, silencieux, devait surveiller que les règles du sacrifices étaient toutes respectées au centre de toute la cérémonie.

Il y a un nombre d'officiants différent suivant le rituel. Il y a au minimum l'adhvaryu pour l'agnihotra (sacrifice au feu) mais il peut y avoir jusqu'à 17 participants détaillés.

Les mineurs et les Shudra n'ont pas le droit d'assister aux sacrifices. Il faut être un "Dvijia", un Deux-Fois né des trois premières Classes (brahmane, kshatriya ou vaishya).

Déroulement du Yajña

Les participants doivent se purifier par des bains, coupe de cheveux, des jeûnes et des rituels d'ascèse (abstinence sexuelle). L'adhvaryu doit faire l'autel en briques, des huttes de bois pour les feux sacrés et on dispose les différents participants sur un terrain consacré. Il y a soit un seul feu (rituel privé) soit trois feux : feu perpétuel du foyer pour entretenir les deux autres, le feu de l'offrande (mis à l'orient) où on verse l'oblation et le feu du sud qui écarte les mauvais esprits. Certains rites d'accompagnement peuvent avoir des parties de dés, des sortes de jeux où les participants assument des rôles et même dans le cas du vâjapeya une course de chars.

Le brahman touche la moitié des honoraires en vaches.

Types de Yajña

Rites solennels

agniyâdheya : instauration du feu. Rituel de deux jours pour bénir un Feu qui va servir ensuite à allumer d'autres Feux pour des sacrifices. Il faut refaire ce rituel si les sacrifices ont échoué.

agnihotra : oblation au feu. Cette offrande de lait doit être faite par tout homme brahmane ou vaishya deux fois par jour, matin et soir.

darçapûramâsa : rituel de la nouvelle lune.

câturmâsya : rituel de saison : Vaiçvadeva au début de la saison de Vasanta, printemps, Varuṇapraghâsa à Varsha, saison des pluies, Sâkamedha à la fin de Sharat l'automne.

âgrayaṇa : prémices de végétaux sacrifiés pour l'ensemencement.

paçu : sacrifice d'un bouc, étouffé à un poteau, découpé puis brûlé.

somayajña : Sacrifices du Soma. L'agnistoma est au Vasanta (printemps), pendant une conjonction de Surya, Chandra et Prthi (syzygie). Le rituel comporte le pressurage du Soma et son offrande au feu. Le coût est de 7, 21, 60 ou 1000 vaches. Ce rituel comporte le pravargya (sacrifice du lait aux Açvin).

Le sautrâmaṇî (dédié au Indra protecteur) sacrifie de l'alcool sûra.

L'agnicayana ("empilement pour le feu") est un grand sacrifice de soma à Agni, avec un rituel complexe, un énorme terrain consacré (avec 10 800 briques), un grand autel en forme d'aigle aux ailes déployées (uttaravedi) et des parties pour différents dieux.

vâjapeya : sacrifice accompagné d'une course de chars de 17 participants.

râjasûya : consécration royale. Divers membres aspergent le Râja de beurre et de miel sur son trône et il simule une razzia de vaches pour représenter son pouvoir.

aśvamedhá (le sacrifice du cheval) : plus important des rituels et le plus coûteux, fait par le Roi, qui régénère ainsi la prospérité de son Royaume. Il a lieu en Shishira (Hiver, mois de mâgha) mais prend plusieurs mois de préparation.

prâyaçcitta (propitiation) : rituels d'expiation en cas de mauvais présages pendant un sacrifice.

Rites domestiques

Le père de famille doit aussi faire des sacrifices privés quotidiens, notamment de riz, de beurre fondu (âjya).

Il y a cinq grands sacrifices (mahâyajña) par jour : le devayajña (aux Deva, deux fois par jour), le bhûtayajna (aux Bhûta, les "êtres", les divers esprits, aussi le bali aux Asura), le pitryajña (aux mânes des ancêtres), le brahmayajña (récitations des Veda), le manusyayajña (rite d'hospitalité, en cas d'invité de marque on fait un don arghya).

Les sacrifices aux serpents : sarpabali au début de Varsha, la saison des pluies, âgrahâyanî, pour bénir le sol et détourner les serpents.

Les sacrements : En plus des sacrifices, il y a divers rituels privés au cours de la vie. Le garbhâdhâna (conception) pour obtenir un enfant, le pumsavana (engendrement d'un mâle) pour avoir un garçon et éviter une fausse-couche. Le jâtakarman (naissance) et nâmakarana (baptême) sont dans les premiers jours des garçons. La troisième année, on pratique la tonsure (cûdâkarman) et à 16 ans la coupe de la barbe (godâna).

A l'âge de 8 ans (pour les brahmanes, 11 pour le kshatriya,12 pour le vaishya) l'enfant est confié à un précepteur (rite d'upanayana) et il "renaît" auprès de ce deuxième père. On l'appelle alors un Deux-Fois Né (dvijia) et il a le droit d'assister aux sacrifices (contrairement aux Shudra). A la fin de ses études, l'homme adulte accomplit le rituel du samâvarjana (retour à sa famille) et du snâtaka (bain).

Le vivâha (mariage) commence par un message au père de la femme. Puis la cérémonie dure plusieurs jours avec des oblations et rituels de fécondité. L'épouse part avec un cortège dans sa nouvelle demeure. Les époux doivent dormir chastement pendant trois jours.

L'antyesti (funérailles) est un sacrifice par incinération sur un bûcher, avec un bouc offert à Agni, pour que l'âme puisse aller vers Yama. La veuve n'est pas sacrifiée mais offerte à son beau-frère. Le çrâddha est un rituel pour que le mort (preta) ne devienne pas un fantôme mais un ancêtre (pitr). On fait toute la vie des oblations aux mânes des ancêtres (pitryajña), de l'eau pour leurs ablutions et une part de chaque sacrifice.

Sources : Louis Renou, L'Inde classique, §698-744
http://anniceris.blogspot.com/2008/01/notes-sur-le-yaja.html

Līlā

Le concept hindou de Līlā (leelâ, लीला) désigne le "jeu, divertissement, sport, spectacle, histoire" (un dictionnaire sanskrit-anglais dit aussi "manner", ce qui semble bien vaste).


Le dictionnaire en ligne donne à l'article liilaa :

jeu, amusement; jeux de l'amour, volupté
plaisanterie, moquerie; coquetterie, grâce, charme; feinte, prétexte
phil. le Jeu Divin du déploiement des formes, créant l'illusion-māyā du monde des apparences.

C'est une notion philosophique complexe puisque le Dieu (Brahma ou d'autres dieux) "joue" et que le monde est le Jeu divin, où l'Absolu doit jouer, où l'altérité dans l'identité doit permettre le "libre jeu" derrière l'Illusion (māyā). L'être doit passer par la médiation de ce jeu, d'une danse et du Verbe (à la fois ilinx, alea, mimicry et agôn) pour se connaître à travers le devenir. Par exension, les histoires des dieux et des héros sont donc des sortes de "lila", et la notion même d'Avatar (d'Incarnation, de descente du divin dans le mortel) est une sorte de "lila".

Ce līlā ne pourrait-il pas être un meilleur nom pour le jeu de rôle que Bhāratavarṣa (qui désigne juste le nom classique du sous-continent en sanscrit, un peu comme si on appelait un jeu sur la mythologie grecque juste Ἑλλάς).

Ou bien on pourrait l'appeler, pour faire moins court, Mahālīlā (महालीला), "Grand Jeu" ?

Source : http://anniceris.blogspot.com/2008/01/ll.html

Topographie dans le Vishnu Purana

Les Purana (Chroniques du passé) sont après les Quatre livres des Védas et les divers Brahmana et Upanishad parmi les plus anciens textes de la littérature hindoue. Le Viṣṇu Purāṇa fait environ 7000 "vers" de 32 syllabes (l'Iliade a 15 693 hexamètres) et est l'un des plus importants des 18 ou 20 Puranas (avec le Bhagavata Purana, et le nettement plus long et hétéroclite Skanda Purana). Il daterait des premiers siècles de notre ère (donc sans doute plusieurs siècles après la période védique).


Le Premier livre (amsha) explique la création par Vishnu, l'Oeuf Brahmanda, Brahma Prajapati (qui n'est qu'une partie de Vishnou Narayana) et le cycle des kalpa, des quatre âges du monde. Les premiers hommes sont Manu Swáyambhuva et sa femme Satarupá. Le livre raconte l'histoire de Rudra "le Cri" (Shiva) et Lakshmi, le barattage de la Mer de lait, et les premiers Rois humains.

Manu Swáyambhuva eut comme fils Uttanapada, qui fut le père de Dhruva ("Fixe"). Dhruva n'était pas le fils favori d'Uttanapada et il inventa l'ascèse et la méditation (tapasya) pour atteindre Vishnou. Vishnou lui apparut et lui dit qu'il avait été un Brahmane dans son incarnation précédente. Il devint roi et ensuite l'Etoile Polaire au ciel, qui contemple Vishnou de manière immuable dans les cieux (les autres étoiles de la Grande Ourse sont aussi sept rishis).

Vena est l'un des premiers Rois, mais il décida d'arrêter les Sacrifices (Yajna). La déesse de la Terre Bhumi Devi (la Terre que Vishnou sauve aussi sous son troisième avatar de Varaha le Sanglier) lui refusa les récoltes et s'enfuit sous forme d'une Vache. De sages Rishis tuèrent alors Vena, le purifièrent et firent sortir de sa cuisse Prithu, le bon Roi de la Terre, avatar de Vishnu qui vint ensuite traire la Vache. Prithu rétablit les Sacrifices et la Terre accepta de rendre l'abondance. La Terre s'appelle aussi désormais Prithvi.

Le Second livre décrit la lignée des rois et la géographie (et l'astronomie) de Bharatavarsha dans le Mahabharata (livre 6, Bhisma décrit l'univers), avec des listes de cités et d'Etats.

Le roi Bharata était sage et pieux mais il devint si intéressé par la forêt qu'il ne se souciait que d'un cerf dont il s'occupait. Il oublia donc Vishnou et se réincarna en cerf mais en cerf jatismara - qui se souvenait de son incarnation passée. Le cerf méditait et il revint ensuite comme un ascète brahmane jatismara nommé Jababharata. Bharata enseigna aux hommes que l'atman peut subsister à travers les vies et qu'il y a identité entre l'âme individuelle et l'âme du monde.

Le troisième livre parle du sage auteur Vyasa, des cycles de l'univers, des dieux anciens comme Surya (Soleil) et Yama (Mort), le système des classes (varnas) et des étapes de la vie (ashrama).

Le quatrième livre décrit les rois des dynasties solaires et lunaires (y compris des rois historiques annoncés comme des prophéties).

Le 5e livre raconte la vie de Krishna, de sa naissance jusqu'à la fin de tout son clan des Yandava.

Le 6e livre parle de l'Age sombre après la mort de Krishna.

Géographie

Le monde est divisé en 7 dvipa (continents-îles) : Jambu, Shalmali, Krouncha, Palksha, Shaka, Pushkara et Kusha. Les 7 dvipa sont entourés de 7 océans : Lavana, Ikshu, Sura, Sarpi, Dadhi, Dugdha and Jala. Jambudvipa est au milieu et au centre de Jambudvipa se trouve le Mont Merou, axe du monde.

Au sud du Mont Meru se trouve le Bharatavarsha, puis Kimpurushavarsha et enfin le Harivarsha.

Au nord se trouve le Ramyaka, puis l'Hiranmaya et enfin la partie nord de Kuruvarsha.

Au centre autour du Mount Meru se trouve l'Ilavritavarsha.

Il y a 4 montagnes autour du Mont Meru : à l'est Mandras, au sud Gandhamadna, à l'ouest Vipula et au nord Suparshva. Au sommet de Meru se trouve la cité de Brahma.

La grande rivière Ganga tombe du ciel sur Meru, se divise et en Bharatavarsha elle s'appelle l'Alakananda, qui se divise en 7 rivières.

Sur le Mont Meru est une sorte d'équivalent du Svarga (les Cieux d'Indra) et là vivent les dieux, déesses, gandharvas, yakshas, rakshasas, daityas et danavas.
Les fils de Bharata vivent en Bharatavarsha. Il y a 7 montagnes en Bharatavarsha qui s'appellent Mahendra, Malaya, Sahya, Shuktimana, Riksha, Vindhya et Paripatra. A l'est vivent les Kirtas, chasseurs, et à l'ouest vivent les Yavanas au-delà de Gandhara (les Grecs ? "Ioniens" ??).

Il y a 7 mondes souterrains : Atala, Vitala, Nitala, Gabhastimata, Mahatala, Sutala et Patala. Là vivent les danavas, daityas, yakshas et nagas. Narada, le sage rishi, barde et Ghandarva, alla à Patala, le plus beau des enfers, et c'était encore plus splendide que les cieux de Svaraga. C'est là que règne Vishnou sous sa forme du naga cosmique Shesha, le serpent à mille têtes.

Sous la terre se trouvent d'innombrables Enfers (Naraka) où règne Yama, le dieu des morts. Ceux qui mentent vont en Rourava. Ceux qui tuent des vaches vont en Rodha. Ceux qui boivent, tuent des brahmanes, ou volent vont en Shukara. Ceux qui tuent des kshatriyas ou des vaishyas vont à Tala. Ceux qui séduisent les femmes de leur maîtres vont à Taptakunda. Ceux qui tuent des messagers, vendent des femmes ou des chevaux vont à Taptalouha. Ceux qui maltraitent leurs filles vont à Mahajvala. Ceux qui maltraitent les personnes âgées ou la littérature vont à Lavana. Les voleurs vont à Vimohana. Ceux qui critiquent ce qui est bien vont à Krimibhaksha. Les gloutons impatients vont à Lalabhaksha. Ceux qui font des flèches vont à Vedhaka. Ceux qui forgent des épées vont à Vishasana. Les astrologues vont à Adhomukha. Les brahmanes qui vendent viande et lait, ou qui font de l'élevage, vont à Puyavaha. les brahmanes qui travaillent et les incendiaires vont à Rudhirandha. Ceux qui détruisent des villages vont à Vaitarani. Les impurs vont dans le Krishna. Ceux qui détruisent les forêts sans raison vont en Asipatravana. Ceux qui élèvent des moutons ou tuent des cerfs vont à Vanhijvala. Les parents qui se font enseigner par leurs enfants vont à Shvabhojana. Ceux qui refusent la loi des quatre classes sociales vont à Niraya. Les pécheurs souffrent dans ces Narakas jusqu'à ce qu'ils soient réincarnés soit en plantes, vers, animaux, humains ou dieux.

Dans les cieux, il y a 7 Lokas comme il y a 7 Patala, : Bhurloka (la Terre), Bhuvarloka (ciel des sages), Svaroka (soleil), Dhruvaloka, l'étoile polaire, Janaloka, Tapaloka (fils de Brahma), Satyaloka (divisé en Brahmaloka et Vaikunthaloka, où vit Vishnou).

http://anniceris.blogspot.com/2008/01/topographie-dans-le-vishnu-purana.html