Nous avons eu un problème avec cette traduction car
l’auteur se réfère sans cesse à la “bible” sans préciser s’il parle de
l’ancien ou du nouveau testament. Il est évident que l’ancien testament
ne peut en rien être assimilé à quelque pensée anarchiste que ce soit,
il est même l’antinomie totale de la pensée anarchiste. Nous avons donc
“assumé” qu’il référait au nouveau testament, les évangiles, qui sans
aucun doute, peut avoir une interprétation “anarchiste”, Tolstoï
,entre autres, ayant franchi ce pas analytique philosophique. Ceci dit,
il nous paraît important que des passerelles soient lancées dans la
mesure où il est évident aujourd’hui que la nouvelle société qui
émergera du chaos et de la chute finale du système étatico-marchand sera
une société qui renouera avec la spiritualité, l’esprit du corps social
organique en adéquation avec notre Mère à tous : la Nature, que les
chrétiens appellent “le Père”. Il s’agira bien entendu de spiritualité
et pas de religion. Au travers des cultures un lien existe entre société
naturelle, esprit de société et gouvernance du, pour et par le peuple.
L’anarchisme chrétien est sans aucun doute une piste à suivre, parmi
d’autres au travers les cultures de cette planète, mais chez les
anarchistes, la notion d’esprit, de “souffle” organique de la société
est quelque chose de toujours très présent. Quoi qu’il en soit, le
christianisme originel, pur, celui qui s’inspire de l’esprit des
évangiles, du message et de l’enseignement du « Christ », hors de la
pollution des dogmes des églises, ne saurait être néfaste. Une société
chrétienne telle que présenté dans le “Sermon sur la montagne” (voir
sous l’article) est très certainement anarcho-compatible…
~ Résistance 71 ~
“Jésus défie l’humanité de le suivre. Cela requiert honnêteté,
franchise, courage, mais aussi un dévouement inébranlable à l’amour.
Chaque situation concrète comporte un défi spécifique à ses
circonstances. Mais lorsqu’elle relève ce défi, exaltée et éclairée par
l’enseignement et l’exemple de Jésus, la société humaine s’engage sur le
chemin qui mène au Royaume anarchiste chrétien de Dieu.”
~ Alexandre Christoyannopoulos, “L’anarchisme chrétien, un commentaire politique de l’Évangile”, 2022 ~
“Les églises, en tant qu’églises, en tant qu’entités qui affirment
leur propre infaillibilité, sont des institutions totalement opposées
au christianisme. Il n’y a non seulement rien de commun entre les dites
églises et un tel christianisme, mis à part le nom, qu’ils représentent
deux principes fondamentalement opposés et antagonistes l’un avec
l’autre. L’un représente la fierté, la violence, la prétention, la
stagnation et la mort ; l’autre : l’acceptation, la pénitence, le
progrès et la vie. […] Les églises n’ont jamais servi de médiatrices
entre les humains et dieu. Une telle médiation n’est pas souhaitée et a
été directement interdite par le Christ lui-même, qui a révélé son
enseignement directement et immédiatement, sans intermédiaire, aux
hommes. Mais les églises ont mis en place des formes mortes à la place
de dieu et loin de révéler dieu, elles l’obscurcissent à la vue des
hommes.”
~ Léon Tolstoï, “Le royaume de dieu est en vous”, 1884 ~
“Donc,
tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le
pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l’Écriture : la Loi et les
Prophètes. » “ (Sermon sur la montagne, Matthieu)
“Fais à autrui ce que tu voudrais qu’il fasse pour toi en pareille circonstance.” (Adage anarchiste)

L’anarchisme chrétien
Sebastian Kalicha
2013
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
Mars 2025
Une brève caractérisation de l’anarchisme chrétien pourrait être
comme suit : Le christianisme est compris d’une façon qui finalement
compte pour quelque chose dans les questions politiques et sociales que
les activistes politiques du mouvement du travail de la fin du XIXème
siècle ont commencé à appeler “anarchisme” ou “socialisme libertaire”. C’est
un anarchisme qui dérive des évangiles, de la vie et de l’œuvre de
Jésus. Les Évangiles et le message de Jésus servent ainsi de base pour
arriver aux mêmes conclusions que celles formulées par les théoriciens
anarchistes : regarder l’état et toutes ses institutions et
représentants comme illégitimes, rejeter le capitalisme en tant que
système économique et mettre en place un ordre social égalitaire,
décentralisé et non-violent, libre de toute oppression et exploitation
pour le remplacer. Le sociologue et philosophe français Jacques
Ellul, qui a beaucoup contribué à la théorie anarchiste chrétienne,
écrit en ce sens que la “pensée des évangiles mène directement à l’anarchisme.”
Catholiques libertaires
Mais une exégèse particulière de la bible ne doit pas être
nécessairement le point de focus ou servir de seul point de départ pour
une compréhension anarchiste du christianisme. Par exemple, le mouvement
des travailleurs chrétiens, qui est un des meilleurs exemples sur le
comment des chrétiens catholiques peuvent positivement se relier à
l’anarchisme ; il fut toujours clair, en plus d’une compréhension
anarchiste des évangiles , qu’ils tiraient leurs idées de plusieurs
courants politiques et philosophiques de la gauche, dont la combinaison
et la fusion donna éventuellement naissance à ce nouveau mouvement, qui
fut appelé “mouvement anarchiste-chrétien”. Un des fondateurs du
mouvement des travailleurs chrétiens, Peter Maurin, par exemple, fut
fortement influencé par trois écoles de pensée, à savoir les
personnalistes français (Emmanuel Mounier, Jacques Maritain), les
anarchistes russes (Pierre Kropotkine et Léon Tolstoï) et les
distributistes anglais (Eric Gill, G.K. Chesterton, Hillaire Belloc).
Les traces laissées par le syndicat des Industrial Workers of The World (IWW) duquel les influents travailleurs catholiques Dorothy Day et Ammon Hennacy
faisaient partie , sont aussi évidentes. Si on regarde de plus près la
compréhension de l’anarchisme des travailleurs catholiques, l’image
demande une fois de plus une certaine différentiation et spécification. Les travailleurs catholiques
ne sont ni influencés par “l’individualisme extrême” de Max Stirner, ni
par la croyance de Bakounine en “un pouvoir créateur rédempteur de
violence et de destruction.” Mais ils sont beaucoup influencés par
“l’anarchisme pacifiste” de Tolstoï, l’anarcho-communisme de Kropotkine
et le mutualisme de Proudhon.”
Nous n’affirmons pas ici que l’anarchisme et le christianisme sont essentiellement la même chose. Les
racines historiques et intellectuelles du christianisme et de
l’anarchisme sont différentes, mais ceci ne doit pas empêcher un
anarchiste de comprendre le christianisme. Certains auteurs argumentent que l’anarchisme
chrétien n’est pas quelque chose visant “à rassembler deux systèmes”,
mais qu’il est simplement “une tentative de faire passer le message des
évangiles dans la pratique.” Ciaron O’Reilly, un autre activiste du mouvement ouvrier catholique, dit fort justement que “les bases de l’anarchisme sont inhérentes au christianisme et au message des évangiles.”
Nous allons essayer de voir comment cela se manifeste. D’abord nous
allons discuter la relation entre l’anarchisme et le christianisme et
différencier notre vision dans le processus.
Critique de l’église
Dans le mouvement anarchiste, les pensées anticléricales et
anti-religieuses sont fortes et de longue tradition. Vous pouvez
regarder quelque texte anarchiste classique du XIXèm ou du début du
XXème siècles que ce soit, les déclarations contre l’église et la
religion n’en sont quasiment jamais absentes, c’est pourquoi une
attitude négative envers la religion est souvent vu comme un “essentiel”
anarchiste. Prenons un des anarchistes les plus connus : Michel
Bakounine, dans “Dieu et l’État” il avertit que la religion
“abrutit et corrompt les peuples” et qu’elle tue la raison, “cet outil
principal de la libération humaine”, dans le peuple. Il conclut : “Si dieu existe, l’homme est un esclave ; mais l’homme peut et devrait être libre ; en conséquence, dieu n’existe pas.”
Ou Erich Mühsam : il voit la religion et l’État comme des instruments inter-reliés d’oppression et écrit dans son “La libération de la société de l’État” que “dieu et l’état sont les deux pôles du pouvoir” qui sont fondés sur “le déni d’égalité, de réciprocité et de responsabilité personnelle”.
Étant donné les arguments anticléricaux et anti-religieux déjà bien
connus du mouvement anarchiste, c’est un non sens que de faire remarquer
de nombreux écrits de cette sorte, certains dérapant dans la polémique
comme “La peste et dieu” de Johann Most, car il y a bien plus de
positions bien connues plutôt que différenciés sur le sujet, auxquelles
nous donnerons un espace ici.
Le front libertaire contre tout ce qui est religieux n’est pas aussi
rigide qu’il le paraît dans ces citations et aussi loin que bon nombre
d’anarchistes pourraient le croire. Pierre Kropotkine, un des
représentants les plus importants de l’anarchisme communiste (NdT : pris
ici au sens de “commune”, pas au sens marxiste du terme bien entendu…)
et loin d’être un anarchiste chrétien admet par exemple, que le
christianisme fut corrompu par l’institutionnalisation lorsqu’il décrit
le christianisme comme étant la “rébellion contre la Rome impériale”,
qui fut vaincue par “la même Rome” en “adoptant ses maximes, ses
coutumes et sa langue” et devenant ainsi la “loi romaine”. Il alla même
plus loin et écrivit qu’il y avait “de sérieux éléments anarchistes dans le mouvement chrétien”.
Mais, le “contenu anarchiste” qu’il situait “à son commencement”
disparut peu à peu avec lui lorsque “ce mouvement se dégrada et
graduellement dégénéra en une église.” (NdT : parce que
hiérarchie il y eut, la pourriture institutionnelle ecclésiastique
oublia que Jésus, si tant est qu’il ait existé, mais selon son message
relaté dans les écritures saintes, n’a jamais fondé une “église” mais
une “ekklesia”, c’est à dire une communauté spirituelle d’intérêt
commun, nuance, grosse nuance… Communauté dont il fixe les bases dans
son “Sermon sur la Montagne” et qui sera décrite par les “apôtres” dans
leurs “Actes” plus tard…)
Cet argument ne le distingue pas de bien des théoriciens de l’anarchisme chrétien. Ce fut aussi Kropotkine qui, dans son article sur l’anarchisme
qu’il rédigea pour l’Encyclopædia Britannica (eleventh ed.), en 1910,
considérait les premiers Hussites, les anabaptistes et le théologien
Hans Denck comme valant qu’on s’intéresse à eux de manière positive. L’anarchiste américaine bien connue Voltairine De Cleyre
alla également dans un processus intéressant de réflexion sur les
questions religieuses. Elle affirma dans un premier temps que “personne ne pouvait se dire anarchiste et dans le même temps croire en dieu”. Mais elle écrivit également : “je
vois la ligne d’arguments que j’ai trouvé auparavant convaincante que
l’anarchisme, en tant que rejet de toute autorité sur l’individu, ne
peut pas co-exister avec la croyance en dieu.” Ceci est contredit par “le
cas de Léon Tolstoï, qui, précisément à cause de sa croyance en dieu,
en vient à la conclusion que personne n’a le droit de diriger les
autres, précisément parce qu’il croit que nous sommes tous les enfants
égaux d’un seul Père et que donc personne n’a le droit de diriger
quiconque.” Elle pointe aussi vers de nombreux exemples “où la même idée a été développée par tout un groupe de croyants.”
Le mouvement ouvrier
Le prêtre catholique américain Thomas J. Hagerty (1862-1920) fut un
activiste influent et un membre fondateur de l’IWW mentionné plus haut,
impliqué dans le contexte du mouvement ouvrier catholique et dans lequel
bien des anarchistes et anarcho-syndicalistes furent impliqués. Une des
quelques études à son sujet cite : “Des près de 200 délégués qui se
rencontrèrent à Chicago en juin 1905 pour fonder l’IWW, personne n’eut
plus d’influence dans le façonnage de cette nouvelle organisation que
Thomas J. Hagerty, le secrétaire de la réunion du comité fondateur.
Hagerty a non seulement joué un rôle phare dans la réunion elle-même,
mais il fut aussi important, sinon crucial, dans les préparations de
cette réunion.
Il fut une des six personnes qui envoyèrent des invitations à un
groupe sélectionné de militants syndicalistes à l’automne 1904 afin de
discuter de la possibilité de fonder un nouveau syndicat révolutionnaire
; il participa aux discussions lorsque le groupe se réunît en janvier
1905 ; il aida à la formulation du Manifeste du Syndicat Industriel, un
appel à tous les travailleurs à se révolter contre les syndicats
existant et le capitalisme ; il donna son diagramme à l’IWW (la roue de
la fortune du père Hagerty) pour sa structure syndicaliste industrielle ;
et il fut l’éditeur de “La Voix du Travail”, l’organe de presse
officiel du Syndicat du Travail Américain (American Labor Union / ALU)
pendant six mois avant cette réunion dans laquelle il argumenta de
manière plus que convaincante des mérites du syndicalisme industriel.
Même dans la guerre d’Espagne / révolution espagnole de 1936,
l’église catholique, alliée avec le fascisme sous Franco, a fait face
aux milices variées socialistes, marxistes ou anarchistes, le prêtre
catholique Aita Patxi (1910-1974) a pris parti des forces républicaines,
toujours sans arme et transportant un lourd autel potable. Il n’était
en rien un “partisan de Franco”. En tant que catholique et basque, il se
tenait du côté de la république et des milices basques, marxistes et
anarchistes. Il fut capturé par un prêtre catholique rangé du côté
franquiste. “L’horreur du prêtre Patxi de voir un collègue le
menaçant d’une arme ne fut surpassé que par la colère du franquiste de
voir un prêtre rejoindre les forces “rouges”.”
Le
prêtre anglais Gresham Kirkby (1916-2006) est aussi un impressionnant
exemple du rôle des prêtres dans le mouvement socialiste et anarchiste.
Il fut un militant actif de la campagne pour le désarmement nucléaire
et un membre du groupe militant anti-militariste britannique du “Comité des 100”,
qui avait des tendances anarchistes et dans lequel furent actifs bon
nombre d’anarchistes comme Nicolas Walter, Alex Comfort et Herbert Read
ainsi que le philosophe Bertrand Russel. Il fut fortement inspiré par
Pierre Kropotkine et Dorothy Day, se nommait lui-même
“anarcho-communiste” (ou après 1956, “anarchiste socialiste”) et
témoigna sur son lit de mort en sa “croyance éternelle en l’anarchie.” (NdT : ce que nous ferons tous ici à Résistance 71, certains d’entre nous se rapprochant tranquillement du générique de fin…)

Jésus en tant que rebelle social
Une question cruciale dans des contextes anarchistes-chrétien est bien sûr le comment la vie et l’œuvre de Jésus sont jugés. En
général, le Christ est compris dans ce contexte comme un rebelle social
et un révolutionnaire non-violent, ce dans le sens où il a recherché
une amélioration fondamentale de la situation et dont le message est
toujours on ne peut plus valide aujourd’hui et dont les maximes
politiques peuvent être le mieux décrites comme “anarchisantes” dans les
circonstances actuelles. De très nombreux auteurs et
théologiens (qui n’avaient pas nécessairement une approche anarchiste de
la chose) ont fait remarquer répétitivement et souvent avec insistance
ce “Jésus politique” et son message révolutionnaire. Le théologien John Howard Yoder, par exemple, parle du Christ comme d’un “modèle d’action politique radicale”
et va jusqu’à dire que bien que Jésus “ne fut pas le libérateur violent
que d’aucun avait attendu” il se voyait lui-même comme libérateur et
utilisait le langage politique qui était attendu de lui. Il “ennuyait
Hérode et les Saducéens qui contrôlaient la politique locale,” mais ne
se résolvait pas “à la violence de l’état ou de la guerre.” Lui et la
communauté qu’il laissa derrière lui prônaient des “innovations
politiques” comme “aimer ses ennemis” et l’”élévation des marginaux”.
Le tolstoïen français Georges Lechartier a résumé ses convictions anarcho-chrétiennes lorsqu’il déclare : “Le véritable fondateur de l’anarchie fut Jésus Christ et la toute première association anarchiste fut celle de ses apôtres.” Personne,
d’après un autre anarchiste, “n’a pénétré si radicalement aux racines
mêmes du mal absolu, personne n’a fait de telles demandes
révolutionnaires” que le Christ. Jésus apparaît comme “un rebelle
et un insurgé envers les autorités de ce monde ; son enseignement, cet
enseignement silencieux d’amour et de non-violence, est interprété de
manière instinctive par les riches et les puissants comme rébellion et haute trahison à l’ordre établi.” Même dans la littérature anarchiste de la révolution espagnole, “Les portraits positifs du Christ dominent” à cause de “ses
actions personnelles et ses caractéristiques, qui, aux yeux de bien des
auteurs, le rendent anarchistes, ou du moins un combattant de la
première heure pour la justice sociale ; sa solidarité avec les parias
sociaux, l’expulsion des marchands et monnayeurs du temple [c’est à dire
des capitalistes…], ses provocations des autorités, son rejet de la
richesse etc…”
Mais de telles interprétations et déclarations peuvent-elles être
dérivées des évangiles ou des trouvailles théologiques et/ou historiques
sur Jésus, ou ne sont-elles que de futiles projections sans aucune base
légitime ? Sans aucun doute, on peut dire que le Nouveau
Testament est parfois assez clair sur l’énoncé d’un ordre social idéal
que Jésus a prédit. Par exemple, Matthieu dit ceci : “Alors Jésus les appela à lui et dit : “Vous
savez que les dirigeants des Gentils les dominent, que leurs puissants
abusent de leur pouvoir. Il n’en sera pas ainsi parmi vous. Mais
quiconque veut être grand parmi vous devra être votre serviteur et
quiconque voudra être premier parmi vous devra être votre esclave. Car
même le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir
et pour donner sa vie comme rançon de la multitude.”
D’après les évangiles, les communautés chrétiennes premières,
suivant ces enseignements, organisèrent leurs communautés d’une façon
qui aurait été plus que sympathique pour les anarchistes, comme on peut le lire dans les Actes des Apôtres par exemple. Il y est dit entre autre : “Et
tous ceux qui crurent formèrent une communauté où tout était placé en
commun. Ils vendirent leurs biens et donnèrent à chacun autant qu’il y
avait besoin.” Ou “La communauté des croyants était constitué
d’une âme et d’un cœur. Personne ne clamait propriété de quoi que ce
soit, mais ils avaient tout placé en commun.” Il est évident que les
évangiles sont souvent négatifs au sujet de la richesse matérielle et
de l’opulence, au sujet des riches et de l’injustice que cela amène.
Jésus, qui est connu pour s’être très souvent exprimé sous forme de
paraboles et de métaphores, a parlé si clairement et sans aucune
ambigüité sur quasiment aucun autre sujet.

Le royaume de dieu
Quelques théoriciens voient aussi la manière dont Jésus a résisté à
l’occupation romaine et aux dirigeants locaux de son époque et les
options qu’il n’a pas considérées, comme une indication que la référence
à l’anarchisme apparaît légitime. Il refusa de coopérer avec le pouvoir
d’occupation romain et d’accepter les avantages financiers en résultant
comme ce fut le cas pour les Saducéens. Il refusa aussi de lutter pour
des réformes du système oppresseur existant comme le firent les
Pharisiens. Il ne s’est pas non plus totalement isolé de la société
qu’il considérait mal guidée afin de pouvoir vivre une vie “pure” séparé
d’elle, comme le firent les Essenes. Et finalement, il a aussi rejeté
la lutte révolutionnaire armée propagée par les combattants de la
résistance juive, les Zélotes.
Jésus
visa pour un renversement complet des conditions prévalantes pour
mettre en place un ordre social égalitaire et essaya d’y parvenir
exclusivement par le moyen d’une non-violence radicale et constante.
Il fit tout cela avec le but de montrer aux gens que la possibilité
leur était ouverte d’entrer dans le “Royaume de dieu” ici et maintenant.
[…] Dave Andrews trouve des exemples dans l’Ancien Testament d’un
supposé caractère critique de dieu : “Il est un farouche opposant à
un système politique qui gouverne de haut en bas, centralisé et privant
le peuple de pouvoir, spécifiquement ceux en bas de la société. Et il
avertit le peuple d’Israël contre le retour d’une forme de gouvernement
tel qu’il l’a laissé en Egypte, parce que le peuple deviendrait alors
“esclave”.” (Samuel 8:4-22)
Pour Ammon Hennacy, dieu “n’est pas une autorité à laquelle
j’obéis comme à un monarque, mais un principe de bonté comme expliqué
par Jésus dans son Sermon de la Montagne.” Des similarités avec
Hennacy peuvent être perçues avec la compréhension de dieu du théologien
mexicain d’orientation marxiste José Porfirio Miranda dans sa Théologie de la Libération,
qui pensait que dieu est justice et vice versa. Miranda ne comprenait
pas dieu en tant “qu’Être” de quelque sorte que ce soit, mais comme un
commandement éthique de justice.
= = =
“Ne vous occupez pas de combattre ces rois. Laissez-les de côté et
vous, constituez une société en marge qui cesse de s’intéresser à tout
cela, une société où précisément, il n’y aura pas de pouvoir,
d’autorité, de hiérarchie.”
~ Évangiles, cité par Jacques Ellul, “Anarchie et christianisme” ~
“ “Le Sermon sur la montagne” de Jésus est donc un document
politique, un manifeste pour une société anarchiste chrétienne. Il
aborde tous les aspects essentiels de la vision politique (anarchiste)
chrétienne et la façon d’y parvenir. Selon Tolstoï, il représente ‘une
doctrine philosophique, morale et sociale’.”
~ Alexandre Christoyannopoulos. “L’anarchisme chrétien”, 2022 ~
Pour référence de ce “Manifeste pour une société anarchiste chrétienne”, nous reproduisons ci-après “Le sermon sur la montagne”
depuis l’évangile selon saint Matthieu, évangile considéré comme le
plus social-révolutionnaire des quatre évangiles. Ce n’est pas un hasard
si par exemple le poète, écrivain, cinéaste italien Pier Paolo Pasolini,
marxiste non orthodoxe, a mis en scène en 1964, “L’évangile selon saint
Matthieu”. Dans le film, le “sermon” y a une connotation
révolutionnaire puissante. Le film de Pasolini a été reconnu comme “le
meilleur film jamais fait sur la vie de Jésus” par le Vatican soi-même,
qui a pu mesurer de visu à quel point il est éloigné du souffle chrétien
originel… En voici le texte complet :

Le sermon sur la montagne (évangile de Matthieu)
5 1 Quand Jésus vit la foule,
il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples
s’approchèrent. 2 Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire.
Il disait :
3 « Heureux les pauvres de coeur :
le Royaume des cieux est à eux !
4 Heureux les doux :
ils obtiendront la terre promise !
5 Heureux deux qui pleurent :
ils seront consolés !
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés !
7 Heureux les miséricordieux :
ils obtiendront miséricorde !
8 Heureux les coeurs purs :
ils verront Dieu !
9 Heureux les artisans de paix :
ils seront appelés fils de Dieu !
10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :
le Royaume des cieux est à eux !
11 Heureux
serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit
faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de
moi. 12 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense
sera grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes
qui vous ont précédés. »
5 13 « Vous êtes le sel de la terre. …
…Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est
plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
14 Vous
êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut
être cachée. 15 Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le
boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux
qui sont dans la maison. 16 De même, que votre lumière brille devant les
hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront
gloire à votre Père qui est aux cieux. »
5 17 « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes…
… je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. 18 Amen, je vous le dis
: Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un
seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se
réalise. 19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits
commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré
le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et
les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. 20 Je vous
le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et
des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.
21 Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras
pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au
tribunal. 22 Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère
contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu’un insulte son
frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu’un maudit son frère,
il sera passible de la géhenne de feu. 23 Donc, lorsque tu vas présenter
ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a
quelque chose contre toi, 24 laisse ton offrande là, devant l’autel, va
d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton
offrande. 25 Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en
chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le
juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. 26 Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.
27 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas
d’adultère. 28 Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une
femme et la désire a déjà commis l’adultère avec elle dans son
coeur. 29 Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le
loin de toi : car c’est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que
ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. 30 Et si ta main
droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c’est
ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne
s’en aille pas dans la géhenne.
31 Il a été dit encore : Si
quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de
répudiation. 32 Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa
femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si
quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.
33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne feras
pas de faux serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le
Seigneur. 34 Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par
le ciel, car c’est le trône de Dieu, 35 ni par la terre, car elle est
son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand
Roi. 36 Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux
pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. 37 Quand vous dites
‘oui’, que ce soit un ‘oui’, quand vous dites ‘non’, que ce soit un
‘non’. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais.
38 Vous avez appris qu’il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour
dent. 39 Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais
si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore
l’autre. 40 Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta
tunique, laisse-lui encore ton manteau. » 41 Et si quelqu’un te
réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec
lui. 42 Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut
t’emprunter.
43 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu
haïras ton ennemi. 44 Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et
priez pour ceux qui vous persécutent, 45 afin d’être vraiment les fils
de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur
les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur
les injustes. 46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense
aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 47 Et
si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les
païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? 48 Vous donc, soyez
parfaits comme votre Père céleste est parfait.
6 1 « Si vous voulez vivre comme des justes,…
évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement,
il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux
cieux.
2 Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la
trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les
synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des
hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur
récompense. 3 Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche
ignore ce que donne ta main droite, 4 afin que ton aumône reste dans le
secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le
revaudra.
5 Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en
spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. 6 Mais
toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et
prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu
fais dans le secret : il te le revaudra. 7 Lorsque vous priez, ne
rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles
ils seront exaucés. 8 Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de
quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé. 9 Vous donc,
priez ainsi : 10-13
- Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié;
- que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
- Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien;
- pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés;
- ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent,
dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen!
14 Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste
vous pardonnera aussi. 15 Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à
vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.
16 Et
quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se
donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien
montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là
ont touché leur récompense. 17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la
tête et lave-toi le visage ; 18 ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des
hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton
Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »
6 19 « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, …
…là où les mites et la rouille les dévorent, où les voleurs percent
les murs pour voler. 20 Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où
les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas
les murs pour voler. 21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton
coeur.
22 La lampe du corps, c’est l’oeil. Donc, si ton oeil est vraiment
clair, ton corps tout entier sera dans la lumière ; 23 mais si ton oeil
est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si
donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y
aura-t-il ! »
6 24 Aucun homme ne peut servir deux maîtres…
ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à
l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et
l’Argent. 25 C’est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de
souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au
sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et
le corps plus que les vêtements ? 26 Regardez les oiseaux du ciel : ils
ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des
greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup
plus qu’eux ? 27 D’ailleurs, qui d’entre vous, à force de souci, peut
prolonger tant soit peu son existence ? 28 Et au sujet des vêtements,
pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des
champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. 29 Or je vous dis
que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme
l’un d’eux. 30 Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là
aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien
davantage pour vous, hommes de peu de foi ? 31 Ne vous faites donc pas
tant de souci ; ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien :
‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’ 32 Tout
cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous
en avez besoin.
33 Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera
donné par-dessus le marché. 34 Ne vous faites pas tant de souci pour
demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa
peine. »
7 1 « Ne jugez pas…
…pour ne pas être jugés ; 2 le jugement que vous portez contre les
autres sera porté aussi contre vous ; la mesure dont vous vous servez
pour les autres servira aussi pour vous. 3 Qu’as-tu à regarder la paille
dans l’oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton oeil, tu
ne la remarques pas ? 4 Comment vas-tu dire à ton frère : ‘Laisse moi
retirer la paille de ton oeil’, alors qu’il y a une poutre dans ton oeil
à toi ? 5 Esprit faux ! Enlève d’abord la poutre de ton oeil, alors tu
verras clair pour retirer la paille qui est dans l’oeil de ton frère.
6 Ce qui est sacré…
…ne le donnez pas aux chiens ; vos perles, ne les jetez pas aux
cochons, pour éviter qu’ils les piétinent puis se retournent pour vous
déchirer.
7 7 Demandez, vous obtiendrez…
… cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera
ouverte. 8 Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour
celui qui frappe, la porte s’ouvrira. 9 Lequel d’entre vous donnerait
une pierre à son fils qui lui demande du pain ? 10 ou un serpent, quand
il lui demande un poisson ? 11 Si donc, vous qui êtes mauvais, vous
savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui
est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui
demandent !
12 Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l’Écriture : la
Loi et les Prophètes. »
7 13 « Entrez par la porte étroite.
Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la
perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. 14 Mais elle
est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ;
et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.
7 15 Méfiez-vous des faux prophètes…
qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des
loups voraces. 16 C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne
cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des
chardons. 17 C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et
que l’arbre mauvais donne des fruits détestables. 18 Un arbre bon ne
peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de
beaux fruits. 19 Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé
et jeté au feu. 20 C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
7 21 Il ne suffit pas de me dire…
…’Seigneur, Seigneur !’, pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais
il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. 22 Ce jour-là,
beaucoup me diront : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que
nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons,
en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?’ 23 Alors je leur
déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui
faites le mal !’
7 24 Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique…
est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le
roc. 25 La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a
soufflé et s’est abattue sur cette maison ; la maison ne s’est pas
écroulée, car elle était fondée sur le roc. 26 Et tout homme qui écoute
ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un
homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. 27 La pluie est tombée,
les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette
maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »
7 28 Jésus acheva ainsi son discours.
Les foules étaient frappées par son enseignement, 29 car il les
instruisait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Le texte du sermon en PDF :
Le sermon sur la montagne
= = =
L’Antéchrist, F. Nietzsche, 1888 (PDF)
Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)
Comprendre et transformer sa réalité, le texte:
Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »
+
5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:
Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être
Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche
Manifeste pour la Société des Sociétés
Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie
Société des sociétés organique avec Gustav Landauer
