mardi 28 mars 2017

L'UPR A FRANCHI LE CAP DES 21 000 ADHÉRENTS LE 27 MARS 2017 À 23H47.

Notre 21 000e adhérent a 25 ans et habite en banlieue parisienne, au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis).
Conformément à notre tradition, je souhaiterais l'appeler pour le féliciter personnellement, mais il n'a pas laissé de numéro de téléphone sur le formulaire d'adhésion en ligne. S'il me lit, je lui suggère de nous faire parvenir ce numéro par le formulaire contact sur le site.
Quoi qu'il en soit, je lui transmets toutes nos félicitations et la meilleure des bienvenues dans notre mouvement dont le nombre d'adhérents augmente actuellement d'un millier... tous les 3 jours ! Notre courbe d'adhérents est de plus en plus verticale, et de nature exponentielle.
Je rappelle qu'il avait fallu plus de 5 ans (de 2007 à 2012) pour que l'UPR atteigne son premier milliers d'adhérents.

François Asselineau
28 mars 2017

ASSELINEAU #2017 - Invité de "Objectif Elysée" sur LCI - 26 mars 2017



Source : https://youtu.be/4_pE6NBt2wk

Discours du 25 mars 2017 de François ASSELINEAU lors des 10 ans de l'UPR



Source : https://youtu.be/qK53boV7LLI

lundi 27 mars 2017

Interview de François Asselineau, le candidat du Frexit (LCI, 24/03/17, 8h15)

Interview de François Asselineau, le candidat du Frexit.
- LCI, 24 mars 2017, 8h15
👉Il a 59 ans, marié, 2 enfants
👉Diplômé HEC, ancien élève de l'ENA
👉Inspecteur Général des Finances
👉A participé à des cabinets ministériels dans les années 90



Sourcehttps://youtu.be/2a8L67rsRIQ

Une ville en démocratie directe éradique chômage, violence et misère



La démocratie directe n’est-elle qu’une utopie, comme on tente de nous le faire croire? Si on s’en tient au fonctionnement de notre société, alors oui, on peut probablement dire que la démocratie réelle en est absente. Il existe cependant des tentatives contemporaines qui présentent toutes les caractéristiques du succès ! La preuve avec Marinadela, en Espagne.

A Marinaleda, ville d’Espagne située entre Malaga et Séville, les jeunes qui veulent construire une maison peuvent bénéficier gratuitement des matériaux, d’un architecte et des maçons qui vont avec. Le tout pour pas un rond, ou presque car ensuite le loyer est de 15€ par mois !

C’est grâce à une approche nouvelle de l’économie et à un retour aux fondamentaux de la démocratie, que cette ville andalouse de près de 3000 habitants ne connaît ni chômage, ni police, ni délinquance… et des salaires bien plus élevés qu’ailleurs !

Pour comprendre le succès de cette commune à part, il faut remonter quelques années en arrière. Marinaleda doit en grande partie son destin à un homme : Juan Manuel Sánchez Gordillo, élu maire en 1979 et régulièrement réélu depuis maintenant plus de 37 ans. Et pour cause, qui serait assez fou pour souhaiter changer une politique entièrement soumise à l’approbation de ses concitoyens ?

Son maire est convaincu depuis toujours que le capitalisme n’est pas une fatalité. Il a tout d’abord mené le combat contre le plus grand propriétaire terrien de la région : le duc de l’Infantado. Cette lutte, marquée par des années de grèves et d’occupations de fermes, a fini par porter ses fruits : le village a pu récupérer des terres, améliorer leur irrigation et créer une grande coopérative impliquant tous les travailleurs de Marinaleda. Son activité est la production et le conditionnement des olives et du blé.

La démocratie directe telle qu’on ne la pratique nulle part ailleurs



A Marinaleda, toutes les décisions du village sont soumises à la démocratie directe, qui est la seule véritable démocratie. Autrement dit, pour être adoptées, chacune d’entre elles doit faire l’unanimité au sein de la population, qu’il s’agisse d’impôts, d’équipements, d’emploi… du coup, des centaines d’assemblées sont organisées chaque année.

Même les salaires ont été approuvés par les citoyens : 47 euros pour une journée de six heures au champ (et pour une journée de huit heures à la conserverie). Ce qui fait que les habitants sont plutôt mieux payés qu’ailleurs : en Andalousie, le salaire journalier se situe entre 30 et 35 euros seulement.

La location d’une maison ne coûte que 15 euros par mois, la garderie, 12 euros/mois/enfant (cantine comprise) et l’accès aux équipements publics est gratuit (sauf la piscine). Bref, à Marinaleda, si personne ne roule sur l’or, personne n’est dans le besoin. Quant à monsieur le maire, il refuse d’être payé pour remplir ses fonctions.

Le chômage est quasi-inexistant, la plupart des habitants travaillant pour la coopérative. Si l’on ajoute à cela le temps que chacun investit dans la vie de la cité, il ne reste plus guère de créneaux horaires à consacrer aux incivilités… résultat : Marinaleda est l’une des villes les plus sûres du pays. Elle peut même se passer de police municipale. L’expérience démocratique qui ne demande qu’à s’exporter

Des terres, du travail, du logement, de la sécurité, une démocratie vivante : Marinaleda a tout pour endosser un rôle de modèle. Son maire, Juan Manuel Sánchez Gordillo l’assure :

Qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite.

Pour lui, pas de doute, ce qui est normal, c’est ce qui se passe chez lui. Ce n’est pas la situation de misère des autres :

Les gens sont surpris lorsqu’ils voient que, ici, il n’y a presque pas de chômeurs et que tout le monde a sa propre maison. Mais c’est pourtant ça qui est normal. Ce qui n’a pas de sens, c’est ce qui se fait ailleurs.

Les mauvaises langues diront que Marinaleda ne pourrait pas s’en sortir sans les aides de l’État et de la région. C’est peut-être vrai. Mais le fait qu’elle semble s’en sortir beaucoup mieux que les autres (avec légèrement moins d’aides) mérite que l’on s’intéresse de près à ce modèle de fonctionnement.



Quoi qu’il en soit, l’expérience de Marinaleda semble bien partie pour durer encore longtemps. Les enfants des habitants qui veulent rester au village et y construire leur maison peuvent même bénéficier gratuitement d’un architecte, de l’accompagnement de maçons et des matériaux nécessaires. Seules conditions : mettre la main à la pâte avec l’aide des voisins (qui ne se font pas prier) et s’acquitter ensuite des quinze euros par mois !

Une expérience rare qui n’est cependant pas si méconnue que cela, pour preuve, ce reportage diffusé sur France 2 en 2013 :

Vous pouvez constater que Marinaleda baigne dans un très bon esprit. Normal : son destin est entre les mains de chacun de ses habitants ! Dès lors on se demande bêtement : « mais pourquoi c’est pas pareil chez nous? » M’enfin, vous le savez bien… le seul et unique modèle de société qui ait de l’avenir est le capitalisme. Toute alternative qui met en pratique la mise en commun des biens, des décisions, et autres… n’est qu’une machiavélique et sournoise tentative de réapparition du communisme, proclamé en son temps « ennemi n°1 » de la planète par nos amis américains.

Marinaleda a éradiqué le chômage, la violence et la misère. Les USA ont éradiqué le communisme… puis ils ont créé le terrorisme à grande échelle, histoire de se trouver un ennemi à combattre. Bref, l’ami, « camarade » si j’osais… choisis ton camp!

Source : http://www.mieux-vivre-autrement.com/ville-democratie-directe-eradique-chomage-violence-misere.html#sthash.DMUiFYb7.SpfQ8FfZ.dpuf

52 Minutes Pour Mieux Comprendre Le Cannabis

Un documentaire intéressant qui aborde l'aspect scientifique et psychologique du cannabis.



Sourcehttps://youtu.be/Q1EykMYC5U8

La voiture bio-sourcée a… 73 ans

Par publié le à 08h30
La voiture bio-sourcée a… 73 ans
1941, la carrosserie bio-sourcée est au point, avec la Hemp Body Car de Ford.
Dès les années 1930, Henry Ford avait mis ses ingénieurs au défi de développer une voiture 100 % naturelle, et ils y sont arrivés en 1941 ! Mais trop en avance sur son temps, le projet de voiture en chanvre a été enterré avec l’entrée des Etats-Unis dans la seconde Guerre Mondiale.
À l’heure où constructeurs et équipementiers nous vantent les mérites des matériaux bio-sourcés dans les voitures du futur, force est de constater que l’approche n’est pas nouvelle ! Ainsi Henry Ford, l’un des grands visionnaires de l’automobile du XXe siècle, demanda-t-il au début des années 1930 à ses bureaux d’études de développer une voiture 100 % naturelle. Une démarche d’autant plus naturelle pour lui qu’il était proche du monde agricole auquel il fournissait déjà beaucoup de tracteurs.
C’est ainsi que fut présentée le 14 août 1941 la Hemp Body Car (la voiture à carrosserie en chanvre) développée sous la houlette de Lowell Overly. Si le châssis et quelques renforts étaient encore métalliques, celle-ci disposait d’une carrosserie entièrement réalisée en matériau plastique obtenu à partir de graines de chanvre et de soja, renforcé par des fibres de sisal et de paille de blé. De fait, le matériau développé par les chimistes de Ford comportait 70 % de cellulose et 30 % de résine phénolique. Selon les sources, il semble que la cellulose utilisée était issue à 50 % de la paille, 10 % du chanvre et 10 % de la ramie (ortie de Chine).

Des gains importants en fabrication

Pour la réaliser, 14 panneaux moulés en forme de 3/16 de pouce d’épaisseur (4,76 mm) étaient assemblés sur une structure tubulaire. Cette carrosserie était plus légère et plus résistante qu’une carrosserie acier de l’époque, et aussi moins chère à fabriquer. Dans une interview accordée au New York Times lors de la présentation, Henry Ford estimait : « Les matériaux plastiques peuvent coûter un peu plus cher à fabriquer que l’acier, mais nous anticipons des économies très importantes sur toutes les opérations de peinture et de finition ». Et de fait, la Hemp Body Car devait être proposée à 900 dollars - contre 1 350 dollars pour un modèle équivalent en acier. De plus, la carrosserie reprenait sa forme initiale après un choc et ne rouillait pas. Enfin, tous les vitrages étaient réalisés en acrylique. Au total la Hemp Body Car pesait environ 1 000 kg contre 1 500 kg pour une voiture équivalente de l’époque.
Mais le recours aux biomatériaux ne s’arrêtait pas là. Ainsi les pneumatiques étaient-ils composés d’un mélange de substances naturelles inventé par Thomas Edison, qui était un grand ami d’Henry Ford. Enfin, le carburant utilisé par le moteur V8 de 60 cv était de l’éthanol, obtenu lui aussi à partir du chanvre.
Seulement Henry Ford n’avait pas prévu que les Japonais attaqueraient Pearl Harbor le 7 décembre 1941, entraînant les Etats-Unis dans la seconde Guerre Mondiale, et envoyant le prototype au placard. Et lorsque celle-ci se terminera, Henry Ford, alors âgé de plus de 80 ans, aura passé la main. Les aciéristes qui avaient aidé à gagner la guerre régnaient en maîtres et l’utilisation de ressources renouvelables était du domaine de l’utopie.
Les temps ont changé et la prise de conscience de la fragilité de notre écosystème est en bonne voie. Alors le chanvre peut revenir sur le devant de la scène automobile avec par exemple l’annonce de la création de Automotive Performance Materials (APM) par Faurecia et la coopérative agricole Interval.
Et ça, c’est nouveau !

 Jean-François Prevéraud

Sourcehttps://www.industrie-techno.com/la-voiture-bio-sourcee-a-73-ans.33285

samedi 25 mars 2017

Pour Jean-Luc Mélenchon : c'est impossible de débattre à 11 mais c'est possible de débattre à 28 !


Rénégocier les traités, c'est le plan A de Mélenchon.

Quant au plan B (sortir de l'Union Européenne), il y a renoncé, en véritable "girouette", le 11 mars 2017 : http://www.blueman.name/Des_Videos_Remarquables.php?NumVideo=8641




lundi 20 mars 2017

#ASSELINEAU2017 au Grand Oral des Grandes Gueules d'RMC du 20 mars

Lundi 20 mars 2017, c'est au tour de François Asselineau, candidat UPR à la présidentielle de passer le Grand Oral des Grandes Gueules d'RMC.



Source : https://youtu.be/XQHRvlTgorA

Asselineau ? C'est Chouard qui en parle le mieux...

Étienne Chouard commence à prendre conscience de l'arnaque Mélenchon et de la nécessité de voter François Asselineau. En effet, quitter l'union européenne est la condition nécessaire qui doit être réalisée avant même de penser à faire de la politique. Il est clair aujourd'hui que le diktat des traités européens est incompatible avec la démocratie.



Sourcehttps://youtu.be/o0Tn6W8uaRo

Rencontre «La France Insoumise» / «Les Citoyens Constituants»

Très intéressante, mais décevante,
Rencontre «La France Insoumise» / «Les Citoyens Constituants»
Merci à Wikicrate Lcc, merci à Raphaël, merci à Alexis :)
https://www.youtube.com/watch?v=CEmK0eirBEU
[Edit, après une nuit à ruminer tout ça : ]
On voit dans cet échange
• des arguments pour défendre l’idée de tirer au sort TOUTE l’Assemblée constituante,
• et des arguments (DE BONNE FOI) pour RENONCER DE FAIT à ce tirage au sort…
Malheureusement, ça confirme ce que je pense depuis des années : si des idées vraiment démocratiques (tirer au sort TOUTE l’Assemblée constituante, instituer un RIC en TOUTES matières, etc.) sont défendues par des professionnels de la politique, même sincèrement dévoués au bien commun, les élus (et les candidats à l’élection) dévoieront l’idée et finalement, de fait, ils la torpilleront (à cause du conflit d’intérêts).
On le voit ici avec le tirage au sort de l’Assemblée constituante : l’idée est "appropriée" par "France Insoumise" (FI) et donc… assassinée :( Je viens de lire le livret « Assemblée constituante » de FI, intitulé : "CONSTITUANTE : CHANGER DE RÉPUBLIQUE POUR FAIRE PLACE AU PEUPLE"
( https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/ )
Et je vois dans ce livret, que LE PEUPLE EST, précisément, encore une fois, méthodiquement et astucieusement, TENU À L'ÉCART.
Je cite (p 15) :
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« Des règles claires et vertueuses
Afin d’éviter que la future assemblée constituante ne soit phagocytée par le personnel politique et les pratiques de la Ve République, il est nécessaire de fixer un certain nombre de règles, notamment sur la composition de l’assemblée constituante et les modalités de désignation de ses membres.
Il paraît pertinent de combiner élection, pour permettre au peuple de trancher entre des orientations programmatiques distinctes, et tirage au sort, pour diversifier le recrutement des membres de l’assemblée constituante.
Afin de déterminer la part d’élection et la part de tirage au sort, le plus sage (et le plus démocratique) sera de s’en remettre à la souveraineté populaire. Le jour du scrutin, chaque citoyen·ne pourra choisir soit de voter pour des candidat·e·s (chaque liste obtiendra un nombre de sièges proportionnel aux suffrages qu’elle aura recueillis), soit d’exprimer sa préférence pour une désignation par tirage au sort (si X % optent pour le tirage au sort, X % des sièges sont pourvus par tirage au sort).
En outre, afin de prévenir d’éventuels conflits d’intérêts, aucun parlementaire présent ou passé ne pourra siéger au sein de l’assemblée constituante, dont les membres ne pourront eux-mêmes pas se porter candidat·e·s aux fonctions politiques qu’ils auront instituées lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. »
Source : https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/
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Mon commentaire :
1) Le tirage au sort n’est PAS défendu par FI pour supprimer le conflit d’intérêts (inacceptable et décisif) au sein de cette assemblée : le tirage au sort est défendu "pour diversifier le recrutement" (sic)...
C’est n’avoir pas compris (et ne pas expliquer aux gens) l’idée fondamentale du conflit d’intérêts — qui pourrit (forcément) le processus constituant.
2) D’autre part, en prévoyant que les électeurs décideront eux-mêmes de la proportion de tirage au sort de l’Assemblée constituante, les candidats à l’élection savent bien que le tirage au sort est encore largement méconnu et très mal défendu par lémédias (la Pravda des milliardaires).
=> Donc, comme prévu, de la part des professionnels de la politique, enterrement de première classe pour une idée fondamentale :(
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On peut d’ailleurs dire la même chose du Référendum d’initiative populaire (RIC), qui est réduit par France insoumise au seul référendum révocatoire, ce qui exclut donc, sans le dire clairement et sans dire pourquoi, le référendum législatif, le référendum abrogatoire et le référendum constituant.
On peut dire la même chose de la sortie de l’UE, qui n’est pas défendue assez clairement par France insoumise, je trouve : cette histoire de « renégociation » fait penser à l’affreuse arnaque de Tsipras : AUCUNE renégociation n’est possible dans le carcan des deux traités (TUE et TFUE), toute modification requiert (et même plusieurs fois !) L’UNANIMITÉ des 28 pays membres (art. 48 TUE). Pourquoi prétendre encore que les traités sont renégociables ?
Bref, cet entretien montre des militants DE BONNE FOI qui confrontent des arguments intéressants, mais l’idée centrale qui, à mon avis, est la seule qui permettra au peuple de voir un jour instituer sa puissance politique et de sortir du capitalisme (l’idée que s’il veut une constitution digne de ce nom, il faudra que le peuple l’écrive LUI-MÊME, SANS ÉLIRE des représentants), cette idée centrale, donc, a bien été dévoyée, et finalement tuée, comme je le redoutais.
Il y a des années que je dis que SEULS les simples citoyens peuvent défendre la vraie démocratie, que les « élus » n’en voudront jamais, qu’ils préféreront mourir que de voir instituer une vraie démocratie. Les faits confirment (pour l’instant) ce pronostic.
J’espère que vous ne renoncez pas à votre pratique quotidienne des ateliers constituants contagieux.
On ne s’en sortira pas sans cette éducation populaire fondamentale.
Et ne nous laissons pas hystériser par cette fichue procédure de l’élection, qui nous fait chaque fois croire qu’il y a un enjeu, alors qu’il n’y en pas : quelle que soit l’option que nous choisirons (vote A, vote B, abstention), nous la perdrons. Il ne faut surtout pas nous déchirer entrer nous lors des échéances électorales, qui nous jettent les uns contre les autres et nous divisent dramatiquement.

Bon courage à tous.
Étienne.

Euro-federalists financed by US spy chiefs

DECLASSIFIED American government documents show that the US intelligence community ran a campaign in the Fifties and Sixties to build momentum for a united Europe. It funded and directed the European federalist movement.
The documents confirm suspicions voiced at the time that America was working aggressively behind the scenes to push Britain into a European state. One memorandum, dated July 26, 1950, gives instructions for a campaign to promote a fully fledged European parliament. It is signed by Gen William J Donovan, head of the American wartime Office of Strategic Services, precursor of the CIA.
The documents were found by Joshua Paul, a researcher at Georgetown University in Washington. They include files released by the US National Archives. Washington's main tool for shaping the European agenda was the American Committee for a United Europe, created in 1948. The chairman was Donovan, ostensibly a private lawyer by then.
The vice-chairman was Allen Dulles, the CIA director in the Fifties. The board included Walter Bedell Smith, the CIA's first director, and a roster of ex-OSS figures and officials who moved in and out of the CIA. The documents show that ACUE financed the European Movement, the most important federalist organisation in the post-war years. In 1958, for example, it provided 53.5 per cent of the movement's funds.
The European Youth Campaign, an arm of the European Movement, was wholly funded and controlled by Washington. The Belgian director, Baron Boel, received monthly payments into a special account. When the head of the European Movement, Polish-born Joseph Retinger, bridled at this degree of American control and tried to raise money in Europe, he was quickly reprimanded.
The leaders of the European Movement - Retinger, the visionary Robert Schuman and the former Belgian prime minister Paul-Henri Spaak - were all treated as hired hands by their American sponsors. The US role was handled as a covert operation. ACUE's funding came from the Ford and Rockefeller foundations as well as business groups with close ties to the US government.

The head of the Ford Foundation, ex-OSS officer Paul Hoffman, doubled as head of ACUE in the late Fifties. The State Department also played a role. A memo from the European section, dated June 11, 1965, advises the vice-president of the European Economic Community, Robert Marjolin, to pursue monetary union by stealth.

It recommends suppressing debate until the point at which "adoption of such proposals would become virtually inescapable".


Sourcehttp://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Euro-federalists-financed-by-US-spy-chiefs.html

The European Union always was a CIA project, as Brexiteers discover

Monnet
EU creator Jean Monnet was Roosevelt's eyes and ears in Europe. Some called him a US agent
Brexiteers should have been prepared for the shattering intervention of the US.  The European Union always was an American project.
It was Washington that drove European integration in the late 1940s, and funded it covertly under the Truman, Eisenhower, Kennedy, Johnson, and Nixon administrations.
US President Barack Obama warned Britain to stay in the EU
US President Barack Obama warned Britain to stay in the EU Credit: AFP/Getty
While irritated at times, the US has relied on the EU ever since as the anchor to American regional interests alongside NATO.
 
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There has never been a divide-and-rule strategy.
The eurosceptic camp has been strangely blind to this, somehow supposing that powerful forces across the Atlantic are egging on British secession, and will hail them as liberators.
The anti-Brussels movement in France - and to a lesser extent in Italy and Germany, and among the Nordic Left - works from the opposite premise, that the EU is essentially an instrument of Anglo-Saxon power and 'capitalisme sauvage'.
France's Marine Le Pen is trenchantly anti-American. She rails against dollar supremacy. Her Front National relies on funding from Russian banks linked to Vladimir Putin.
Like it or not, this is at least is strategically coherent.
The Schuman Declaration that set the tone of Franco-German reconciliation - and would lead by stages to the European Community - was cooked up by the US Secretary of State Dean Acheson at a meeting in Foggy Bottom. "It all began in Washington," said Robert Schuman's chief of staff.
It was the Truman administration that browbeat the French to reach a modus vivendi with Germany in the early post-War years, even threatening to cut off US Marshall aid at a furious meeting with recalcitrant French leaders they resisted in September 1950.
Soviet tanks rumble into Prague
Soviet tanks rumble into Prague
Truman's motive was obvious. The Yalta settlement with the Soviet Union was breaking down. He wanted a united front to deter the Kremlin from further aggrandizement after Stalin gobbled up Czechoslovakia, doubly so after Communist North Korea crossed the 38th Parallel and invaded the South.
For British eurosceptics, Jean Monnet looms large in the federalist pantheon, the emminence grise of supranational villainy. Few are aware that he spent much of his life in America, and served as war-time eyes and ears of Franklin Roosevelt.
General Charles de Gaulle thought him an American agent,  as indeed he was in a loose sense. Eric Roussel's biography of Monnet reveals how he worked hand in glove with successive administrations.
General Charles de Gaulle was always deeply suspicious of American motives
General Charles de Gaulle was always deeply suspicious of American motives Credit: Alamy
It is odd that this magisterial 1000-page study has never been translated into English since it is the best work ever written about the origins of the EU.
Nor are many aware of declassified documents from the State Department archives showing that US intelligence funded the European movement secretly for decades, and worked aggressively behind the scenes to push Britain into the project.
As this newspaper first reported when the treasure became available, one memorandum dated July 26, 1950, reveals a campaign to promote a full-fledged European parliament. It is signed by Gen William J Donovan, head of the American wartime Office of Strategic Services, precursor of the Central Inteligence Agency.
The key CIA front was the American Committee for a United Europe (ACUE), chaired by Donovan. Another document shows that it provided 53.5 per cent of the European movement's funds in 1958. The board included Walter Bedell Smith and Allen Dulles, CIA directors in the Fifties, and a caste of ex-OSS officials who moved in and out of the CIA.
OSS
Bill Donovan, legendary head of the war-time OSS, was later in charge of orchestrating the EU project

Papers show that it treated some of the EU's 'founding fathers' as hired hands, and actively prevented them finding alternative funding that would have broken reliance on Washington.
There is nothing particularly wicked about this. The US acted astutely in the context of the Cold War. The political reconstruction of Europe was a roaring success.
There were horrible misjudgments along the way, of course. A memo dated June 11, 1965, instructs the vice-president of the European Community to pursue monetary union by stealth, suppressing debate until the "adoption of such proposals would become virtually inescapable". This was too clever by half, as we can see today from debt-deflation traps and mass unemployment across southern Europe.
In a sense these papers are ancient history. What they show is that the American 'deep state' was in up to its neck. We can argue over whether Boris Johnson crossed a line last week by dredging up President Barack Obama's "part-Kenyan ancestry", but the cardinal error was to suppose that Mr Obama's trade threat had anything to do with the ordeals of his grandfather in a Mau Mau prison camp. It was American foreign policy boilerplate.
As it happens, Mr Obama might understandably feel rancour after the abuses that have come to light lately from the Mau Mau repression.  It was a shameful breakdown of colonial police discipline, to the disgust of veteran officials who served in other parts of Africa.  But the message from his extraordinary book - 'Dreams From My Father' - is that he strives to rise above historic grudges.
Brexiteers take comfort that Republican hopeful Ted Cruz wants a post-Brexit Britain to jump to the "front of the line for a free trade deal”, but he is merely making campaign hay. Mr Cruz will conform to Washington's Palmerstonian imperatives - whatever they may be at that moment - if he ever enters the White House.
Kenya
President Obama's grandfather was a prisoner during the suppression of Kenya's Mau Mau revolt, a shameful episode of British colonial history

It is true that America had second thoughts about the EU once Europe's ideological fanatics gained ascendancy in the late 1980s, recasting the union as a rival superpower with ambitions to challenge and surpass the US.
John Kornblum,  the State Department's chief of European affairs in the 1990s, says it was a nightmare trying deal with Brussels. "I ended up totally frustrated. In the  areas of military, security and defence, it is totally dysfunctional."
 Mr Kornblum argues that the EU "left NATO psychologically" when it tried to set up its own military command structure, and did so with its usual posturing and incompetence. "Both Britain and the West would be in much better shape if Britain was not in the EU," he said.
This is interesting but it is a minority view in US policy circles. The frustration with the EU passed when Poland and the first wave of East European states joined the EU in 2004, bringing in a troupe of Atlanticist governments.
We know it is hardly a love-affair. A top US official was caught two years ago on a telephone intercept dismissing Brussels during the Ukraine crisis with the lapidary words, "fuck the EU".
Yet the all-pervading view is that the Western liberal order is under triple assault, and the EU must be propped up -  much as Britain and France propped up the tottering Ottoman Empire in the 19th, and wisely so given that its slow collapse led directly to the First World War.
Today's combined threats comes from Jihadi terror and a string of failed states across the Maghreb and the Levant; from a highly-militarized pariah regime in Moscow that will soon run out of money but has a window of opportunity before Europe rearms; and from an extremely dangerous crisis in the South China Sea that is escalating by the day as Beijing tests the US alliance structure.
The dangers from Russia and China are of course interlinked. It is likely - pessimists say certain - that Vladimir Putin would seize on a serious blow-up on Pacific rim to try his luck in Europe. In the eyes of Washington, Ottawa, Canberra, and those capitals around the world that broadly view Pax Americana as a plus, this is not the time for Britain to lob a stick of dynamite into Europe's rickety edifice.
The awful truth for the Leave campaign is that the governing establishment of the entire Western world views Brexit as strategic vandalism. Whether fair or not, Brexiteers must answer this reproach. A few such as Lord Owen grasp the scale of the problem. Most seemed blithely unaware until Mr Obama blew into town last week.
In my view, the Brexit camp should be laying out plans to increase UK defence spending by half to 3pc of GDP, pledging to propel Britain into the lead as the undisputed military power of Europe. They should aim to bind this country closer to France in an even more intimate security alliance. These sorts of moves would at least spike one of Project Fear's biggest guns.
The Brexiteers should squelch any suggestion that EU withdrawal means resiling from global responsibility, or tearing up the European Convention (that British-drafted, non-EU, Magna Carta of freedom), or turning our backs on the COP21 climate accords, or any other of the febrile flirtations of the movement.
It is perhaps too much to expect a coherent plan from a disparate group, thrown together artificially by events. Yet many of us who are sympathetic to the Brexit camp, who also want to take back our sovereign self-government and escape the bogus and usurped supremacy of the European Court of Justice, have yet to hear how Brexiteers think this extraction can occur without colossal collateral damage and in a manner consistent with the honour of this country.
You can quarrel with Europe, or you can quarrel with the US, but it is courting fate to quarrel with the whole democratic world at the same time.

Sourcehttp://www.telegraph.co.uk/business/2016/04/27/the-european-union-always-was-a-cia-project-as-brexiteers-discov/

LEUROPENESEFERAPASDUNCOUPNIDANSUNECONSTRUCTIONDENSEMBLEELLESEFERAPARDESREALISATIONSCONCRETESCREANTDABORDUNESOLIDARITEDEFAIT

Avez-vous déjà vu cette série de lettres LEUROPENESEFERAPASDUNCOUPNIDANSUNECONSTRUCTIONDENSEMBLEELLESEFERAPARDESREALISATIONSCONCRETESCREANTDABORDUNESOLIDARITEDEFAIT ? Jamais ? Vous êtes sûrs ?

Prenez une loupe (comme je l'ai fait moi-même) ou scannez un chèque et agrandissez au maximum. Examinez avec attention les lignes sur lesquelles vous écrivez le montant en lettres, le nom de la personne à qui ce chèque est destiné, ou encore les deux lignes obliques.

Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Qui a dit ou écrit ça ? Pourquoi les banques françaises rendent-elles cet incroyable hommage à cette personne ? Et enfin, quel est le lien avec le programme de l'UPR pour l'élection  présidentielle 2017 ?

dimanche 19 mars 2017

Quand les Américains voulaient gouverner la France

par Annie Lacroix-Riz (Le Monde Diplomatique) Mai 2003

Cest une page peu connue de l’histoire de la seconde guerre mondiale : dès 1941-1942, Washington avait prévu d’imposer à la France - comme aux futurs vaincus, Italie, Allemagne et Japon - un statut de protectorat, régi par un Allied Military Government of Occupied Territories (Amgot). Ce gouvernement militaire américain des territoires occupés aurait aboli toute souveraineté, y compris le droit de battre monnaie, sur le modèle fourni par les accords Darlan-Clark de novembre 1942.
A en croire certains historiens américains, ce projet tenait à la haine qu’éprouvait Franklin D. Roosevelt pour Charles de Gaulle, « apprenti dictateur » qu’il eût voulu épargner à la France de l’après-Pétain. Cette thèse d’un président américain soucieux d’établir la démocratie universelle est séduisante, mais erronée (1).

Un « Vichy sans Vichy »

A l’époque, les Etats-Unis redoutaient surtout que la France, bien qu’affaiblie par la défaite de juin 1940, s’oppose à leurs vues sur deux points, du moins si de Gaulle, qui prétendait lui rendre sa souveraineté, la dirigeait. D’une part, ayant lutté après 1918-1919 contre la politique allemande de Washington, Paris userait de son éventuel pouvoir de nuisance pour l’entraver à nouveau. D’autre part, la France répugnerait à lâcher son empire, riche en matières premières et en bases stratégiques, alors que les Américains avaient dès 1899 exigé - pour leurs marchandises et leurs capitaux - le bénéfice de la « porte ouverte » dans tous les empires coloniaux (2).
C’est pourquoi les Etats-Unis pratiquèrent à la fois le veto contre de Gaulle, surtout lorsque son nom contribua à unifier la Résistance, et une certaine complaisance mêlée de rigueur envers Vichy. A l’instar des régimes latino-américains chers à Washington, ce régime honni aurait, à ses yeux, l’échine plus souple qu’un gouvernement à forte assise populaire.
Ainsi chemina un « Vichy sans Vichy » américain, qu’appuyèrent, dans ses formes successives, les élites françaises, accrochées à l’Etat qui leur avait rendu les privilèges entamés par l’« ancien régime » républicain et soucieuses de négocier sans dommage le passage de l’ère allemande à la pax americana.
Préparant depuis décembre 1940, bien avant leur entrée en guerre (décembre 1941), leur débarquement au Maroc et en Algérie avec Robert Murphy, représentant spécial du président Roosevelt en Afrique du Nord et futur premier conseiller du gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine en Allemagne - bête noire des gaullistes -, les Etats-Unis tentèrent un regroupement autour d’un symbole de la défaite, le général Maxime Weygand, délégué général de Vichy pour l’Afrique jusqu’en novembre 1941.
L’affaire échouant, ils se tournèrent, juste avant leur débarquement du 8 novembre 1942, vers le général Henri Giraud. Vint ensuite le tour de l’amiral François Darlan, alors à Alger : ce héraut de la collaboration d’Etat à la tête du gouvernement de Vichy, de février 1941 à avril 1942, était resté auprès de Pétain après le retour au pouvoir de Pierre Laval (3).
Le 22 novembre 1942, le général américain Mark W. Clark fit signer à l’amiral « retourné » « un accord singulier » mettant« l’Afrique du Nord à la disposition des Américains » et faisant de la France « un pays vassal soumis à des « capitulations » ». Les Américains « s’arrogeaient des droits exorbitants » sur le « prolongement territorial de la France » : déplacement des troupes françaises, contrôle et commandement des ports, aérodromes, fortifications, arsenaux, télécommunications, marine marchande ; liberté de réquisitions ; exemption fiscale ; droit d’exterritorialité ; « administration des zones militaires fixées par eux » ; certaines activités seraient confiées à des « commissions mixtes » (maintien de l’ordre, administration courante, économie et censure) (4).
Laval lui-même préparait son avenir américain tout en proclamant « souhaiter la victoire de l’Allemagne » (22 juin 1942) : secondé par son gendre, René de Chambrun, avocat d’affaires collaborationniste doté de la nationalité américaine et française, il se croyait promis par Washington à un rôle éminent au lendemain d’une « paix séparée » germano-anglo-américaine contre les Soviets (5). Mais soutenir Laval était aussi incompatible avec le rapport de forces hexagonal que ladite « paix » avec la contribution de l’Armée rouge à l’écrasement de la Wehrmacht.

Une « belle et bonne alliance »

Après l’assassinat, le 24 décembre 1942, de Darlan, auquel furent mêlés les gaullistes, Washington revint vers Giraud, fugace second de De Gaulle au Comité français de libération nationale (CFLN) fondé le 3 juin 1943. Au général vichyste s’étaient ralliés, surtout depuis Stalingrad, hauts fonctionnaires (tel Maurice Couve de Murville, directeur des finances extérieures et des changes de Vichy) et industriels (tel l’ancien cagoulard Lemaigre-Dubreuil, des huiles Lesieur et du Printemps, qui jouait depuis 1941 sur les tableaux allemand et américain) et banquiers collaborateurs (tel Alfred Pose, directeur général de la Banque nationale pour le commerce et l’industrie, féal de Darlan).
C’est cette option américaine qu’incarnait Pierre Pucheu en rejoignant alors Alger et Giraud : quel symbole du maintien de Vichy que ce ministre de la production industrielle, puis de l’intérieur de Darlan, délégué de la banque Worms et du Comité des Forges, ancien dirigeant et bailleur de fonds du Parti populaire français de Jacques Doriot, champion de la collaboration économique et de la répression anticommuniste au service de l’occupant (désignation des otages de Châteaubriant, création des sections spéciales, etc.).
Lâché par Giraud et emprisonné en mai 1943, il fut jugé, condamné à mort et exécuté à Alger en mars 1944. Pas seulement pour plaire aux communistes, que Pucheu avait martyrisés : de Gaulle lançait ainsi un avertissement aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne. Il sema l’effroi chez ceux qui attendaient que le sauvetage américain succédât au « rempart » allemand : « Le bourgeois français, ricanait un policier en février 1943, [a] toujours considéré le soldat américain ou britannique comme devant être à son service au cas d’une victoire bolchevique (6). »
Peignant de Gaulle à la fois en dictateur de droite et en pantin du Parti communiste français et de l’URSS, Washington dut pourtant renoncer à imposer le dollar dans les « territoires libérés » et (avec Londres) reconnaître, le 23 octobre 1944, son Gouvernement provisoire de la République française : deux ans et demi après la reconnaissance soviétique du « gouvernement de la vraie France », un an et demi après celle, immédiate, du CFLN, deux mois après la libération de Paris et peu avant que de Gaulle ne signât avec Moscou, le 10 décembre, pour contrebalancer l’hégémonie américaine, un « traité d’alliance et d’assistance mutuelle » qu’il qualifia de « belle et bonne alliance (7) ».
Ecartée de Yalta en février 1945, dépendante des Etats-Unis, la France s’intégra pleinement dans leur sphère d’influence. La vigueur de sa résistance intérieure et extérieure l’avait cependant soustraite à leur protectorat.

Annie Lacroix-Riz
Professeur d’histoire contemporaine, université Paris-VII, auteure des essais Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944 et Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Armand Colin, Paris, 1996 et 2006. 
 

Quand la CIA financait la construction européenne

Par Rémi Kauffer, auteur de OAS, histoire d’une guerre franco-française (Seuil)

De 1949 à 1959, en pleine guerre froide, les Américains, par l’intermédiaire de leurs services secrets et du Comité pour l’Europe unie, versent l’équivalent de 50 millions de dollars actuels à tous les mouvements pro-européens, parmi lesquels ceux du Britannique Winston Churchill ou du Français Henri Frenay. Leur but, contenir la poussée soviétique…

A 82 ans, Henri Frenay, le pionnier de la Résistance intérieure, fondateur du mouvement Combat, arbore une forme intellectuelle éblouissante malgré sa surdité de l’oreille droite et sa récente opération de l’estomac. Pourtant, il n’a plus que trois mois à vivre. En ces jours de mai 1988, il me parle de l’Europe dans son appartement de Boulogne-sur-Seine. De cette Europe fédérale dont il a rêvé en vain entre 1948-1954. De la dette aussi que, en cas de succès, le Vieux Continent aurait contracté envers les Américains, ceux notamment du « Comité ». Et d’insister une fois, deux fois, dix fois, tandis que moi, je m’interroge : pourquoi diable ce mystérieux « Comité » revient-il à une telle fréquence dans nos conversations ? Pourquoi ? Mais parce que Frenay me confie, avec il est vrai d’infinies précautions de langage, son ultime secret : l’aide financière occulte de la CIA via l’American Committee for United Europe - le Comité - à l’Union européenne des fédéralistes dont il a été le président. Pour reconstituer cette filière inédite, il me faudra une quinzaine d’années. Un jeu qui en valait la chandelle puisqu’il me permet d’ouvrir, pour les lecteurs d’ Historia, la porte d’un des compartiments les plus secrets de la guerre froide…

Tout commence à l’automne 1948. Déjà coupée en deux, l’Europe vit sous la menace d’une invasion totale par l’armée rouge. Au « coup de Prague » en février, vient de succéder en juin le blocus de Berlin. Un petit cénacle de personnalités de l’ombre jette alors les bases de l’American Committee for United Europe, l’ACUE - son existence sera officialisée le 5 janvier 1949 à la maison de la Fondation Woodrow-Wilson de New York. Politiques, juristes, banquiers, syndicalistes vont se mêler au sein de son conseil de direction. De hautes figures gouvernementales aussi comme Robert Paterson, le secrétaire à la Guerre ; James Webb, le directeur du budget ; Paul Hoffman, le chef de l’administration du plan Marshall ; ou Lucius Clay, le « proconsul » de la zone d’occupation américaine en Allemagne.

Bien tranquilles, ces Américains-là ? Non, car la véritable ossature de l’ACUE est constituée d’hommes des services secrets. Prenez son président, William Donovan. Né en 1883 à Buffalo, cet avocat irlando-américain au physique de bouledogue, surnommé « Wild Bill » par ses amis, connaît bien l’Europe. En 1915, il y remplissait déjà une mission humanitaire pour le compte de la Fondation Rockefeller. Deux ans plus tard, Donovan retrouvait le Vieux Continent pour y faire, cette fois, une Grande Guerre magnifique. Redevenu civil, « Wild Bill » va se muer en missus dominicus du gouvernement américain. Ses pas d’émissaire officieux le portent vers l’Europe pour des rencontres parfois imprévues. En janvier 1923, alors qu’ils goûtent un repos bien mérité, sa femme Ruth et lui devront ainsi subir une soirée entière les vociférations d’un autre habitué de la pension Moritz de Berchtesgaden. Dix-sept ans plus tard, l’agité, un certain Adolf Hitler, s’est rendu maître de la partie continentale de l’Europe, et c’est « Wild Bill » que Franklin Roosevelt, inquiet, dépêche à Londres s’enquérir auprès de Winston Churchill du potentiel britannique face à l’avancée nazie.

En juin 1942, Donovan, homme de confiance du président démocrate pour les affaires spéciales, crée l’Office of Strategic Services (OSS), le service secret américain du temps de la Seconde Guerre mondiale dont il devient le chef et qu’il quittera à sa dissolution, en septembre 1945, sans perdre le contact avec l’univers du renseignement : « Wild Bill » tisse des liens privilégiés avec la Central Intelligence Agency, la CIA, créée officiellement le 15 septembre 1947 par une loi sur la sécurité nationale signée par le successeur de Roosevelt, Harry Truman.

Prenez le vice-président de l’ACUE Walter Bedell Smith, ancien chef d’état-major d’Eisenhower pendant la Seconde Guerre mondiale puis ambassadeur des Etats-Unis à Moscou. A partir d’octobre 1950, celui que ses amis surnomment le « Scarabée » ( beetle en anglais) va prendre les commandes de la CIA. 1950, c’est justement l’année où des universitaires comme Frederick Burkhardt et surtout William Langer, historien à Harvard, lancent la section culturelle de l’ACUE. Ces deux proches de Donovan ont servi autrefois dans les rangs de l’OSS. Langer en a dirigé le service Recherche et Analyse et, excellent connaisseur de la politique française, a même commis après-guerre un ouvrage savant qui s’efforçait de dédouaner Le Jeu américain à Vichy (Plon, 1948).

Prenez surtout Allen Dulles. A l’été 1948, c’est lui qui a « inventé » le Comité avec Duncan Sandys, le gendre de Churchill, et George Franklin, un diplomate américain. Principal associé du cabinet de juristes Sullivan & Cromwell, Dulles n’impressionne guère de prime abord avec ses fines lunettes, ses éternelles pipes de bruyère et ses vestes en tweed. Sauf qu’avec ce quinquagénaire, un maître espion entre dans la danse.

Retour à la case Seconde Guerre mondiale. Chef de l’OSS à Berne, Dulles noue en février 1943 des contacts avec la délégation de Combat en Suisse. Un temps, il assurera même le financement du mouvement clandestin. « Coup de poignard dans le dos du général de Gaulle », s’insurge Jean Moulin au nom de la France libre. « Survie de la Résistance intérieure menacée d’étranglement financier », rétorque Frenay. Pensant d’abord à ses camarades dénués de moyens, aux maquisards en danger, il ne voit pas pourquoi Combat devrait se priver d’un argent allié versé, c’est convenu, sans contrepartie politique. Cette « affaire suisse » va empoisonner un peu plus encore ses rapports avec Moulin.
En 1946, Dulles démissionne des services secrets… pour en devenir aussitôt l’éminence grise, prenant une part prépondérante à la rédaction du texte de loi présidentiel sur la sécurité nationale. Cofondateur à ce titre de la CIA (pour les initiés : l’Agence ou mieux, la Compagnie), Dulles pense qu’en matière d’action clandestine, privé et public doivent conjuguer leurs forces. C’est lui qui a déjà inspiré, par l’intermédiaire de ses amis du Brook Club de New York, le versement des subsides de grosses sociétés américaines à la démocratie chrétienne italienne menacée par un parti communiste surpuissant. En 1950, il va reprendre officiellement du service comme bras droit du Scarabée d’abord, comme son successeur à la tête de la CIA ensuite - de février 1953 à septembre 1961. Record de longévité d’autant plus impressionnant que son frère aîné John Forster Dulles, restera, lui, ministre des Affaires étrangères de 1953 à sa mort de maladie en mai 1959.

Etonnant creuset que l’ACUE, où des personnalités de la haute société et/ou de la CIA côtoient les dirigeants de la puissante centrale syndicale American Federation of Labor, l’AFL, dont ils partagent l’aversion du communisme. Exemples : David Dubinsky, né en 1892 à Brest-Litovsk, en Russie, dirige le Syndicat international de la confection pour dames (ILGWU) : 45 000 adhérents à son arrivée en 1932, 200 000 à la fin des années 1940 ! Ennemi acharné des nazis hier (les syndicalistes proches de l’ACUE sont presque tous juifs), c’est aux commies , les « cocos », qu’il en veut dorénavant. Jay Lovestone aussi. Conseiller politique de l’AFL, ce Lituanien d’origine sait de quoi il parle : avant sa brutale exclusion puis sa lente rupture avec le marxisme, il fut, entre 1925 et 1929, le secrétaire général du PC américain ! Autre recrue de choix du Comité, Arthur Goldberg, le meilleur juriste de l’AFL. Futur secrétaire au Travail du président Kennedy puis juge à la Cour suprême, Goldberg, né en 1908, a dirigé l’aile syndicale de l’OSS. A ce titre, il fut en son temps le supérieur hiérarchique d’Irving Brown, son cadet de deux ans. Brown, représentant de l’AFL pour l’Europe et grand dispensateur de dollars aux syndicalistes modérés du Vieux Continent. Puisant dans les fonds secrets de la toute jeune CIA, laquelle finance depuis 1946 toutes les opérations anticommunistes de l’AFL, ce dur à cuire ne ménage pas, par exemple, son soutien à Force ouvrière, la centrale syndicale née fin 1947 de la scission de la CGT (lire « Derrière Force ouvrière, Brown, l’ami américain » dans Historia n° 621 de décembre 1997). Pure et dure, la ligne Brown contraste d’ailleurs avec celle, plus nuancée, de la CIA. A la Compagnie, on aurait préféré que les non-communistes restent dans le giron de la CGT, même contrôlée par le PCF…

C’est qu’au-delà des hommes, il y a la stratégie d’ensemble. Face à l’Union soviétique, Washington développe deux concepts clés : le containment (l’endiguement) et plan Marshall. L’idée du containment , revient à un diplomate russophone, George Kennan, qui la développe dès juillet 1947 dans un article de la revue Foreign Affairs : « L’élément majeur de la politique des Etats-Unis en direction de l’Union soviétique doit être celui d’un endiguement à long terme, patient mais ferme, des tendances expansionnistes russes. »

Le plan Marshall, lui, porte la marque de son inventeur le général George Marshall, chef d’état-major de l’US Army pendant la guerre, et désormais ministre des Affaires étrangères du président Truman. En apportant une aide massive aux pays d’Europe ruinés, les Etats-Unis doivent, selon lui, faire coup double : un, couper l’herbe sous le pied des partis communistes par une hausse rapide du niveau de vie dans les pays concernés ; deux, empêcher leur propre industrie de sombrer dans la dépression en lui ouvrant de nouveaux marchés.

Pour le tandem Marshall-Kennan, pas de meilleur outil que la CIA (lire l’interview d’Alexis Debat, page 51). Et c’est naturellement un autre ancien de l’OSS, Franck Wisner Jr, qu’on charge de mettre sur pied un département autonome spécialisé dans la guerre psychologique, intellectuelle et idéologique, l’Office of Policy Coordination ! Si ce bon vieux « Wiz » ne fait pas partie du Comité, ses hommes vont lui fournir toute la logistique nécessaire. Mais chut ! c’est top secret…

L’ACUE allie sans complexe une certaine forme de messianisme américain avec le souci de la défense bien comprise des intérêts des Etats-Unis. Messianique, cette volonté bien ancrée de mettre le Vieux Continent à l’école du Nouveau Monde. Phare de la liberté menacée, l’Amérique a trouvé, la première, la voie d’une fédération d’Etats, succès si resplendissant que l’Europe n’a plus qu’à l’imiter… Cet européanisme made in Washington comporte sa part de sincérité : « Ils m’appellent le père du renseignement centralisé, mais je préférerais qu’on se souvienne de moi à cause de ma contribution à l’unification de l’Europe », soupire ainsi Donovan en octobre 1952.

De sa part de calcul aussi. Car en décembre 1956, trois mois avant sa mort, le même Donovan présentera l’Europe unie comme « un rempart contre les menées agressives du monde communiste ». En d’autres termes, un atout supplémentaire de la stratégie américaine conçue par Marshall, Kennan et leurs successeurs : construire l’Europe, c’est remplir un vide continental qui ne profite qu’à Staline, donc, en dernier ressort, protéger les Etats-Unis.

Ajoutons une troisième dimension. Dans l’esprit des hommes de la Compagnie, rien de plus noble qu’une action clandestine au service de la liberté. Tout officier de la CIA le sait : les Etats-Unis sont nés pour une bonne part du soutien des agents de Louis XVI, Beaumarchais en tête, aux insurgés nord-américains. Ainsi l’opération American Committee, la plus importante, et de loin menée, par l’Agence en Europe pendant la guerre froide, se trouve-t-elle justifiée par l’Histoire.

Pour chaleureuse qu’elle soit, l’amitié franco-américaine ne saurait toutefois distendre le « lien spécial » entre Grande-Bretagne et Etats-Unis. En foi de quoi, Comité et Compagnie tournent d’abord leur regard vers Londres. Hélas ! Churchill, battu aux législatives de 1945, ronge ses griffes dans l’opposition. Le nouveau secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Ernest Bevin, a bien proclamé le 2 janvier 1948 aux Communes : « Les nations libres d’Europe doivent maintenant se réunir. » N’empêche que ses collègues du cabinet travailliste et lui repoussent avec horreur la perspective d’une véritable intégration continentale. Non pas que Bevin craigne de s’affronter aux communistes : deux jours après son discours de janvier, il créait un organisme clandestin de guerre idéologique, l’Information Research Department. Ce même IRD qui, jugeant La Ferme des animaux et 1984 plus efficaces que mille brochures de propagande, va contribuer à diffuser partout dans le monde les oeuvres de George Orwell. Mais la carte Europe unie, alors là, non !

Cette carte, Churchill la joue-t-il de son côté par conviction profonde ou par aversion pour ses rivaux politiques de gauche ? Le fait est que le 19 septembre 1946 à Zurich, le Vieux Lion appelle à un axe anglo-franco-allemand, élément majeur selon lui d’une « espèce d’Etats unis d’Europe ». Qu’en mai 1948, Duncan Sandys, taille aux mesures de son homme d’Etat de beau-père le Congrès européaniste de La Haye. Qu’en octobre 1948, Churchill crée l’United European Movement - le Mouvement européen. Qu’il en devient président d’honneur aux côtés de deux démocrates-chrétiens, l’Italien Alcide De Gasperi et l’Allemand Konrad Adenauer, et de deux socialistes, le Français Léon Blum et le Belge Paul-Henri Spaak. Malheureusement pour les « amis américains », cette tendance « unioniste » ne propose, à l’exception notable de Spaak, que des objectifs européens limités. Reconstruction économique et politique sur une base démocratique, d’accord, mais sans transfert, même partiel, de souveraineté.

Le Comité et la tendance « fédéraliste », dont Henri Frenay émerge comme la figure emblématique, veulent, eux, aller beaucoup plus loin. Aux heures les plus noires de la Seconde Guerre mondiale, Frenay, patriote mondialiste, a conçu l’idée d’un Vieux Continent unifié sur une base supranationale. En novembre 1942, révélera quarante ans plus tard Robert Belot dans le remarquable travail sur Frenay qui vient de lui valoir l’habilitation à diriger des recherches à l’Université, le chef de Combat écrivait au général de Gaulle qu’il faudrait dépasser l’idée d’Etat-Nation, se réconcilier avec l’Allemagne après-guerre et construire une Europe fédérale. Logique avec lui-même, Frenay se jette dès 1946 dans cette croisade européaniste aux côtés d’Alexandre Marc. Né Lipiansky à Odessa en 1904, ce théoricien du fédéralisme a croisé la trajectoire de Frenay à Lyon en 1941, puis après-guerre. A rebours de l’européanisme de droite inspiré des thèses monarchistes maurrassiennes ou du catholicisme social, les deux amis s’efforcent de gauchir le fédéralisme français alors fort de « plusieurs dizaines de milliers d’adhérents », ainsi que me l’assurera l’ancien chef de Combat en 1988.

Orientée à gauche, l’Union européenne des fédéralistes, l’UEF, est créée fin 1946. Elle va tenir son propre congrès à Rome en septembre 1948. Frenay en devient le président du bureau exécutif, flanqué de l’ex-communiste italien Altiero Spinelli, prisonnier de Mussolini entre 1927 et 1937 puis assigné à résidence, et de l’Autrichien Eugen Kogon, victime, lui, du système concentrationnaire nazi qu’il décortiquera dans L’Etat SS (Le Seuil, rééd. 1993). A ces trois dirigeants d’atténuer le profond malaise né de la participation de nombreux membres de l’UEF au congrès de La Haye, où Churchill et son gendre Sandys les ont littéralement roulés dans leur farine « unioniste ».

Faut-il choisir entre le Vieux Lion et le pionnier de la Résistance intérieure française à l’internationalisme si radical ? Perplexité au Comité, donc à la CIA. Pour Churchill, sa stature d’homme d’Etat, d’allié de la guerre, sa préférence affichée pour le « grand large », les Etats-Unis ; contre, son refus acharné du modèle fédéraliste si cher aux européanistes américains et bientôt, ses violentes querelles avec le très atlantiste Spaak. En mars 1949, Churchill rencontre Donovan à Washington. En juin, il lui écrit pour solliciter le versement de fonds d’urgence (très riche à titre personnel, l’ancien Premier ministre britannique n’entend pas puiser dans sa propre bourse). Quelques jours plus tard, Sandys appuie par courrier la demande de son beau-père : de l’argent, vite, sinon le Mouvement européen de Churchill s’effondre. Comité et CIA, la principale bailleuse de fonds, débloquent alors une première tranche équivalant à un peu moins de 2 millions de nos euros. Elle permettra de « préparer » les premières réunions du Conseil de l’Europe de Strasbourg, qui associe une assemblée consultative sans pouvoir réel à un comité des ministres statuant, lui, à l’unanimité.

Pour soutenir leurs partenaires du Vieux Continent, ACUE et CIA montent dès lors des circuits financiers complexes. Les dollars de l’oncle Sam - l’équivalent de 5 millions d’euros entre 1949 et 1951, le même montant annuel par la suite - proviennent pour l’essentiel de fonds alloués spécialement à la CIA par le Département d’Etat. Ils seront d’abord répartis sous le manteau par les chefs du Mouvement européen : Churchill, son gendre, le secrétaire général Joseph Retinger, et le trésorier Edward Beddington-Behrens. En octobre 1951, le retour de Churchill à Downing Street, résidence des premiers ministres anglais, ne tarira pas ce flot : entre 1949 et 1953, la CIA va en effet verser aux unionistes l’équivalent de plus de 15 millions d’euros, à charge pour eux d’en redistribuer une partie à leurs rivaux de la Fédération, la tendance de droite du fédéralisme français, laquelle reverse ensuite sa quote-part à l’UEF. Sommes substantielles mais sans commune mesure avec la manne que l’appareil stalinien international, le Kominform, investit au même moment dans le financement souterrain des PC nationaux et des innombrables « fronts de masse » : Fédération syndicale mondiale de Prague, Mouvement de la paix, mouvements de jeunes, d’étudiants, de femmes…

Pour Frenay, c’est clair : l’Europe fédérale constitue désormais le seul bouclier efficace contre l’expansionnisme communiste. Mais comment aller de l’avant quand le nerf de la guerre manque si cruellement ? L’UEF n’est pas riche. Son président encore moins, dont la probité est reconnue de tous - après son passage au ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, Frenay, ancien officier de carrière sans fortune personnelle, a quitté l’armée au titre de la loi Diethelm de dégagement des cadres. Comme au temps de « l’affaire suisse », le salut financier viendra-t-il de l’allié américain ? Oui, assurent dès l’été 1950 les hommes de l’ACUE à un représentant français de l’UEF en visite à New York. Conforme à la position officielle du gouvernement américain en faveur de l’intégration européenne, leur aide ne sera soumise à aucune contrepartie politique ou autre, condition sine qua non aux yeux d’Henri Frenay. Et de fait, à partir de novembre 1950, l’ACUE va financer secrètement à hauteur de 600 000 euros l’une des initiatives majeures de Frenay et des fédéralistes de gauche : la création à Strasbourg, en parallèle du très officiel Conseil de l’Europe, d’un Congrès des peuples européens, aussi appelé Comité européen de vigilance.

S’associeront à ce projet des socialistes (Edouard Depreux), des religieux (le père Chaillet, fondateur de Témoignage chrétien ), des syndicalistes, des militants du secteur coopératif, des représentants du patronat et même… des gaullistes tels Michel Debré ou Jacques Chaban-Delmas. Mal conçue médiatiquement, l’affaire échoue de peu. Raison de plus pour accentuer le soutien financier, oeuvre du secrétaire général de l’ACUE, Thomas Braden. Connu pour ses opinions libérales, cet ami du peintre Jackson Pollock, n’a pas hésité quand Donovan, son ancien patron à l’OSS, lui a demandé de quitter la direction du musée d’Art moderne de New York.

En juillet 1951, Frenay effectue à son tour le voyage des Etats-Unis sous les auspices du Congrès pour la liberté de la culture - une organisation que nous retrouverons bientôt. L’occasion de rencontrer les dirigeants du Comité et ceux de la Fondation Ford (mais pas ceux de la CIA avec lesquels il n’entretiendra jamais de rapports directs) pour leur faire part des besoins matériels des fédéralistes. Message reçu « 5 sur 5 » par les Américains…

A cette date, Braden ne figure plus parmi les dirigeants officiels de l’ACUE. En vertu du principe des vases communicants, l’agent secret esthète vient en effet de rejoindre Dulles à la CIA. Les deux hommes partagent cette idée de bon sens : face aux communistes, ce ne sont pas les milieux conservateurs qu’il faut convaincre, mais la gauche antistalinienne européenne, dont Frenay constitue un des meilleurs représentants. Braden va plus loin : « Comme l’adversaire rassemblé au sein du Kominform, structurons-nous au plan mondial par grands secteurs d’activité : intellectuels, jeunes, syndicalistes réformistes, gauche modérée… », plaide-t-il. D’accord, répond Dulles. Naît ainsi la Division des organisations internationales de la CIA. Dirigée par Braden, cette direction centralise, entre autres, l’aide de la Compagnie via l’ACUE aux fédéralistes européens. En 1952, l’American Committee for United Europe finance ainsi l’éphémère Comité d’initiative pour l’assemblée constituante européenne, dont Spaak sera président et Frenay, le secrétaire général.

Brouillés avec la « Fédération », leur rivale de droite qui servait jusque-là d’intermédiaire pour le versement des fonds CIA-ACUE par le truchement du mouvement churchillien, les amis de Frenay sont très vite au bord de l’asphyxie. Pour parer à l’urgence, Braden, virtuose du financement souterrain au travers de fondations privées plus ou moins bidon, va, cette fois, mettre en place une procédure de versements directs aux fédéralistes de gauche par des antennes para-gouvernementales américaines. A Paris, plaque tournante des opérations de la CIA en Europe avec Francfort, on opérera par le biais de l’Office of Special Representative, conçu à l’origine pour servir d’interface avec la toute jeune Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), ou de l’US Information Service (USIS). Par la suite, un bureau ACUE proprement dit sera ouvert.

Comme Jean Monnet, président de la Ceca, Frenay caresse, en cette année 1952, l’idée d’une armée européenne, pas décisif vers l’Europe politique selon lui. L’ACUE approuve chaudement. Prévue par le traité de Londres de mars 1952, cette Communauté européenne de défense comprendrait - c’est le point le plus épineux -, des contingents allemands. Reste à faire ratifier le traité par les parlements nationaux. Frenay s’engage avec enthousiasme dans ce nouveau combat. Pour se heurter, une fois encore, à de Gaulle, qui refuse la CED au nom de la souveraineté nationale et, déjà, du projet ultrasecret de force atomique française, ainsi qu’aux communistes, hostiles par principe à tout ce qui contrarie Moscou. D’après les éléments recueillis par Robert Belot - dont la biographie du chef de Combat devrait sortir ce printemps au Seuil -, Frenay demandera même à l’ACUE de financer l’édition d’une brochure réfutant… les thèses gaullistes sur la CED.

Staline meurt en mars 1953. L’année suivante, Cord Meyer Jr, un proche de la famille Kennedy, remplace Braden à la tête de la Division des organisations internationales de la CIA. Mais 1954 verra surtout cet échec cuisant des européanistes : l’enterrement définitif de la CED. Découragé, Frenay abandonne alors la présidence de l’Union européenne des fédéralistes. A partir d’octobre 1955, les « amis américains » reportent donc leurs espoirs sur un nouveau venu, le Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe de Jean Monnet. Lié à Donovan et surtout à l’ambassadeur américain à Paris, David Bruce, un proche de Franck Wisner, Monnet est trop fin connaisseur du monde anglo-saxon pour accepter directement les dollars de la CIA. Compte tenu de sa prudence de Sioux, l’aide américaine à son courant européaniste devra emprunter d’autres voies. En 1956, Monnet se voit ainsi proposer l’équivalent de 150 000 euros par la Fondation Ford. Une offre qu’il décline, préférant que cet argent soit versé au professeur Henri Rieben, un économiste et universitaire suisse pro-européen qui vient d’être nommé chargé de mission aux Hautes Etudes commerciales de Lausanne. Rieben utilisera ces fonds en toute transparence financière pour créer un Centre de recherches européen.
En 1958, le retour du général de Gaulle, radicalement hostile aux thèses fédéralistes, annihile les derniers espoirs de l’UEF et de ses amis américains. Dissolution de l’ACUE dès mai 1960 puis cessation des financements occultes par la CIA s’ensuivent. En douze ans, la Compagnie aura quand même versé aux européanistes de toutes tendances l’équivalent de 50 millions d’euros sans être jamais prise la main dans le sac ! Mais pourra-t-on préserver longtemps le grand secret ?

La première alerte éclate dès 1962. Trop précise sur les financements américains, une thèse universitaire sur les mouvements européanistes doit être « enterrée » d’urgence en Angleterre. Ce remarquable travail est l’oeuvre du fils d’un camarade de résistance de Frenay, Georges Rebattet, créateur en avril 1943 du Service national maquis. Georges Rebattet, le successeur en 1952 de Joseph Retinger comme secrétaire général d’un Mouvement européen dont il a d’ailleurs assaini pour une bonne part le financement.

Deuxième secousse au milieu des années 1960. L’étau de la presse américaine (le New York Times et la revue gauchiste Ramparts ) se resserre sur une des filiales du « trust » Braden-Meyer, le Congrès pour la liberté de la culture où se côtoyaient des intellectuels antitotalitaires européens de haute volée - Denis de Rougemont, Manhès Sperber, Franz Borkenau, Ignazio Silone, Arthur Koestler ou, par éclipses, Malraux et Raymond Aron. Financé par la CIA au travers de la Fondation Fairfield, le Congrès édite en français l’une de ses revues les plus prestigieuses, Preuves . Jouant la transparence, Braden jette alors son pavé dans la mare. « Je suis fier que la CIA soit immorale », déclare-t-il en 1967 au journal britannique Saturday Evening Post , auquel il confie des révélations sensationnelles sur le financement occulte par la CIA du Congrès pour la liberté et sur le rôle d’Irving Brown dans les milieux syndicaux. Silence radio, en revanche, sur le soutien aux mouvements européanistes, le secret des secrets…

Ultime rebondissement à partir de juin 1970, quand le conservateur anglais pro-européen Edward Heath arrive à Downing Street. A sa demande, l’Information Research Department lance une vaste campagne pour populariser sous le manteau l’européanisme dans les médias et les milieux politiques britanniques. En 1973, l’Angleterre fait son entrée dans le Marché commun ; le 5 juin 1975, 67,2 % des électeurs britanniques ratifient la décision par référendum. Dans ce renversement de tendance en faveur de l’Europe, un homme s’est jeté à corps perdu : nul autre que le chef de la station de la CIA de Londres, Cord Meyer Jr. Ce bon vieux Cord qui remplaçait vingt ans plus tôt son copain Braden à la tête de la Division des organisations internationales de la Compagnie.

samedi 18 mars 2017

Présidentielle : le débat prévu sur TF1 fait déjà polémique

Les cinq favoris à la présidentielle

Alors que la Une souhaite n'inviter que les favoris pour son direct, le 20 mars, France 2 fait le choix de convier l'intégralité des candidats sur son plateau, le 20 avril. Le choix de TF1 crée la polémique au sein de la classe politique.

C'est officiel, TF1 sera la première à dégainer. À 35 jours du premier tour de l'élection présidentielle, la chaîne organisera lundi 20 mars un grand débat en direct dès 21 heures avec François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. L'émission sera animée par Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau et diffusé en simultané sur LCI. TF1 a fermé la porte à une codiffusion avec France Télévisions qui a «pris acte de cette décision» et vient d'annoncer la tenue d'une émission le jeudi 20 avril, soit trois jours avant le premier tour du scrutin, incluant cette fois «tous les candidats retenus par le Conseil constitutionnel» pour la présidentielle. «C'est la totalité des candidats qui doit s'imposer» estime France Télévisions, qui invoque sa mission de service. Pour l'heure, la date du 23 mars, évoquée par France 2 pour l'organisation d'un premier débat, est mise «en suspens», indique un porte-parole de la chaîne. Trop proche de celle de TF1? Peut-être.

Ce qui est sûr c'est que France 2 n'attendra pas le 20 avril pour se positionner. «Nous souhaitons organiser un débat avant la fin du mois de mars avec tous les candidats», confie un porte-parole de France Télévisions. L'idée étant de confronter les différents programmes des candidats. Mais du coup, elle s'astreint donc à devoir attendre que le Conseil Constitutionnel ait validé officiellement les candidatures, le lundi 20 ou le mardi 21 mars. Impossible de tirer avant TF1... «Il ne s'agit pas de faire la course à l'échalote», rectifie un porte-parole de France Télévisions. France 2 et TF1 s'opposent davantage sur la vision du format. D'un côté, la Une veut donner la parole aux principaux candidats afin de gagner en clarté. De l'autre, France 2 mise sur l'exhaustivité, au risque de faire virer le débat à la cacophonie.

«Mauvaise nouvelle pour la démocratie»

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a déjà fait part de ses craintes concernant un «déséquilibre fort» que créerait le débat de TF1 dans «l'exercice du pluralisme», en avantageant trop les grands candidats. Le gendarme de l'audiovisuel devrait examiner la question dans les prochains jours.
L'émission prévue par TF1 crée en tout cas des remous au sein de la classe politique. Mardi soir sur Europe 1, Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout la France, a dénoncé une «sélection arbitraire» reposant sur les sondages. La décision de TF1 est «une mauvaise nouvelle pour la démocratie. Cela veut dire qu'une chaîne privée sélectionne les candidats avant les Français» a-t-il expliqué, avant d'appeler «tous les Français à boycotter TF1». Quelques jours plus tôt, François Fillon, lors de son passage à la Réunion, estimait le procédé «très limite sur le plan démocratique»: «Je n'ai pas d'avis tranché sur la question mais je trouve ça un peu étrange d'organiser un débat en choisissant les candidats».

Sourcehttp://www.lefigaro.fr/medias/2017/02/21/20004-20170221ARTFIG00358-presidentielle-tf1-veut-selectionner-les-candidats-france-2-vote-pour-l-exhaustivite.php