jeudi 31 juillet 2014

Elysia chlorotica

L’élysie émeraude (Elysia chlorotica) est une espèce de limace de mer, un gastéropode opisthobranche marin.
Cette limace de mer ressemble à un nudibranche, mais n'appartient pas à ce sous-ordre de gastéropodes. C'est en fait un membre d'un sous-ordre voisin, les sacoglosses.
L'élysie émeraude est le premier animal découvert capable de réaliser la photosynthèse dans des chloroplastes« volés » (kleptoplastie) à une algue dont elle se nourrit ; elle peut ainsi vivre jusqu'à dix mois grâce à la seule lumière du jour, sans autre apport nutritif.
Cette espèce est généralement de couleur verte, mais peut aussi être rougeâtre ou grisâtre, avec de petites taches blanches ou rouges éparpillées sur le corps. Ses flancs parapodiaux sont élargis et donnent à l'animal un aspect semblable à une feuille d'arbre. Ils peuvent être déployés si le rayonnement solaire est faible, ou repliés s'il est trop fort. E. chlorotica peut atteindre 6 cm de longueur, sa taille moyenne se situe néanmoins entre 2 et 3 cm
Son aire de répartition s'étend le long de la côte est de l'Amérique du Nord, de la Nouvelle-Écosse à la Floride2.Elysia chlorotica vit en eaux peu profondes du littoral (0 à 0,5 mètres de profondeur).
Cette limace de mer littorale utilise des chloroplastes de l'algue hétéroconte Vaucheria litorea pour produire une grande partie de l'énergie dont elle a besoin. E. chlorotica acquiert les chloroplastes en mangeant cette algue et les stocke dans les cellules qui tapissent son intestin3; ces chloroplastes fournissent à leur hôte les produits de laphotosynthèse. Bien que les chloroplastes survivent pendant toute la durée de vie du mollusque (environ 10 mois), ils ne sont pas transférés à sa descendance4.
Puisque l'ADN chloroplastique code seulement 10 % des protéines nécessaires à une photosynthèse fonctionnelle, les scientifiques ont recherché dans le génome de E. chlorotica des gènes permettant la photosynthèse et la survie des chloroplastes. Ils ont trouvé un gène d'algue, psbO (un gène nucléaire codant une protéine à manganèse stabilisatrice à l'intérieur du photosystème II5) dans l'ADN de la limace de mer, identique à la version algale. Ils en ont conclu que le gène avait probablement été acquis par un transfert horizontal de gènes, puisqu'il est déjà présent dans les œufs et dans les cellules germinales de E. chlorotica.


Mode de nutririon de coraux

•  Quel est le secret d'une telle réussite ?
On peut faire l'hypothèse que les coraux ont développé une stratégie almentaire originale...
Une technique de chasse élaborée
Les polypes, zoophages, se nourrissent de petits animaux, le zooplancton (photo ci-contre), qu'ils chassent la nuit, grâce à des cellules spécialisées; les cnidocytes ou nématocytes (document 6). Chez de nombreuses espèces les tentacules ne se déploient que la nuit lors de la remontée du plancton.
Les cnidocytes sont abondants dans l'ectoderme des tentacules. Une cellule interstitielle de l'ectoderme se différencie en cnidoblaste : chaque cnidoblaste différencie une capsule à double enveloppe ou cnidocyste (nématocyste) contenant un liquide urticant. La paroi interne s'invagine en un long filament ouvert à l'extrémité. La couche externe est interrompue au niveau de la zone d'invagination du filament. Ce pore est fermé par un opercule. Les cnidocytes sont connectés par leur base aux éléments nerveux de la mésoglée.
Quand un organisme planctonique effleure le cnidocil (4), l'opercule (5) s'ouvre et le filament (1) est expulsé en se déroulant.
En effet, sous la pression du liquide interne venimeux (11), le filament urticant se dévagine comme un doigt de gant retourné. Les épines (2) déchirent alors les tissus de la victime. Le filament s'enfonce dans son corps et se comporte comme une aiguille inoculant le venin. Cette séquence dure quelques millièmes de secondes.

Schéma d'un cnidocyste (D'après Les coraux de B. Robin, C. Petron et C. Rives)

  1. Filament urticant
  2. Tube
  3. Epines
  4. Cnidocil
  5. Opercule
  6. Cnidocyste
  7. Noyau cellulaire
  8. Cellule ectodermique ou cnidoblaste (futur cnidocyte)
  9. Ramification nerveuse
  10. Cavité du cnidocyste ou ampoule à venin
  11. Poison sous pression
  12. Cnidocyte



La microphotographie ci-dessous montre des cnidocystes
dévaginés
(Photo Nicole Gravier-Bonnet).

cnidocystes dévaginés (Photo Nicole Gravier-Bonnet).
D'autres cnidocystes sont recrutés grâce à une liaison par des éléments nerveux mais également par des composés chimiques contenus dans l'animal capturé. Ensuite, les tentacules amènent la proie vers la bouche. Enrobée de mucus, elle est aspirée puis digérée dans la cavité gastrique par des sucs digestifs (sécrétés par certaines cellules de l'endoderme).
Les cnidocystes ne servent qu'une fois. Un nouveau cnidocyte sera différencié à partir de cellules interstitielles
Remarque sur les différents termes : Le terme cnidoblaste fait référence à une cellule urticante immature (en cours de formation à partir d'une cellule interstitielle indifférenciée de l'ectoderme). Une cellule fonctionnelle est appelée cnido cyte (ou nématocyte), et elle renferme une capsule appelée cnidocyste ou nématocyste.
Référence:Watson G.M. and R.L. Wood, 1988. Colloquium on terminology. in Hessinger and Lenhoff edits., The Biology of Nematocysts, Academic Press, Inc. , p.21-23


Les cnidocystes sont de taille et de formes différentes
selon leur fonction (défensive ou alimentaire) et selon les espèces.

polype d'un tubastrea

Les petits granules jaunes que l'on peut distinguer sue les tentacules correspondent aux cellules urticantes de ce Tubastrea.

La nutrition est aussi assurée par le mucus qui piège la matière organique; cette matière organique sert de support nutritf à un film bactérien qui est consommé par le zooplancton: les particules alimentaires sont amenées jusqu'à la bouche par des mouvements ciliaires.
Mais du fait de la pauvreté des mers tropicales,le zooplancton et les bactéries qui se développent sur le mucus (telle une véritable culture entretenue par le corail) ne couvrent que 10 à 20% des besoins énergétiques du polype.
Quelle est la source majeure d'apports énergétiques pour le polype? Où trouve t- il la plus grande partie de sa nourriture?

La comparaison des documents 7 et 8 permet de montrer une évolution parallèle du taux de recouvrement et de l'éclairement en fonction de la profondeur.
Ce parallélisme conduit à penser que les coraux auraient besoin de lumière pour se développer.
Or, en règle général, ce sont les végétaux qui ont besoin de lumière pour assurer leur approvisionnement en énergie et ainsi élaborer leur matière organique à partir d'éléments minéraux.

Eclairement en fonction de la température
Document 7
recouvrement en fonction de la profondeur
Document 8

L'observation attentive des polypes nous montre que ce sont des animaux colorés en jaune-brun pour la plupart. Cette coloration est due à la présence, dans les cellules endodermiques du polype, de petites algues unicellulaires, les zooxanthelles.
Signalons que les teintes bleu ou rose que peuvent prendre certaines espèces coralliennes ont pour origine des pigments synthètisés par le polype en réaction à la présence de ces très nombreuses colocataires. Ces chromoprtéines sont responsables de la fluorescence des coraux et protègeraient les polypes et les zooxanthelles contre les effets des UV.

Corallimorphaire : Actinodiscus
Corallimorphaire : Actinodiscus

Scléractiniaire : Acropora
Scléractiniaire : Acropora

Actiniaire : Anémone
Actiniaire : Anémone

Une association efficace avec des algues
Une coupe dans les tissus du polype (microphotograhie ci-contre) montre la présence d'unicellulaires chlorophylliens : les zooxanthelles qui sont des Dinoflagellés phtosynthètiques.
Elles apartiennent à l'espèce Symbiodinium microadriaticum. Leur diamètre est d'environ 10 µm et sont de couleur brune, jaune ou verte. Elles sont regroupées par ou 3 dans des vésicules à l'intérieur des cellules de l'endoderme de l'épithélium supérieur. Elles ont une couleur jaunâtre due à la présence de pigments photosyntètiques (chlorophylle a etc, xanthophylles et caroténoïdes). ce sont elles qui ont besoin de lumière...
On rencontre également des zooxanthelles du genre Symbiodinium chez de nombreux autres organismes marins (foraminifères, radiolaires, planaires, spongiaires et mollusques).
Déja présentes dans l'oeuf pour certaines espèces, elles se multiplient activement dans les tissus de leur hôte : leur population peut doubler en 10 jours. Elles constituent une biomasse végétale stockée par les polypes qui peut atteindre 45 à 60% de la biomasse en protéines du corail chez Pocillopora damicornis. Ainsi, certains auteurs avancent le chiffre de 30 000 algues/mm3 en moyenne.
Quand elles sont en surnombre dans les tissus de son hôte, elles sont expulsées et servent alors de nourriture avec le mucus aux bactéries et autres animaux qui à leur tour nourriront le corail.

Symbiose polype  algue (corail), zooxanthelle
Zooxanthelles - Microphotographie X 1000 
(cliché : N. Gravier-Bonnet)

Les zooxanthelles trouvent là un milieu stable, à l'abri des variations des conditions du milieu, de la sédimentation et des prédateurs.
• Elles utilisent les déchets azotés et phosphatés du polype comme source d'éléments minéraux qui sont localement plus concentrés que dans le milieu extérieur.
La source de C proviendrait à la fois du CO2 émis au cours de la respiration du polype et des hydrogénocarbonates dissous dans l'eau de mer.
Grâce à ces éléments minéraux et à la lumière, elles élaborent de la matière organique essentiellement glucidique. Une partie de cette matière produite est utilisée comme source de nourriture par le polype.
La photosynthèse produit un dégagement de dioxygène (O2). La concentration en O2 des eaux chaudes est peu élevée du fait de sa faible solubilité qui, de plus, diminue avec la température. L'approvisionnement en O2, nécessaire à la respiration du polype est alors facilité.

Ce sont les zooxanthelles qui sont les principaux producteurs primaires 
des écosystèmes coralliens. 
Symbiose polype  algue (corail), zooxanthelle
 Le polype bénéficie des produits organiques élaborés par les zooxanthelles dont il stimule la photosynthèse et l'exportation de sa production.
Par ailleurs, la prédation fournit au polype, les protides et les lipides. Il réunit ainsi tous les éléments nécessaires (glucides, lipides et protides) à sa croissance et à son entretien. L'activité (métabolique) du polype se traduit par les échanges gazeux de la respiration, absorption d'O2 et d'un rejet de CO2 . Ce même CO2 qui serait utilisé pour la photosynthèse par les zooxanthelles.
•  Le prélèvement du CO2 par les zooxanthelles favorise la précipitation du carbonate de calcium, c'est à dire du calcaire, et donc l'élaboration du squelette du polype. L'équilibre chimique du CO2 dissous dans l'eau et des carbonates, est déplacé dans le sens de la précipitation du carbonate de calcium (CaCO3 ) lors du prélèvement du CO2 par les zooxanthelles :
Ca 2+ + 2HCO 3 - < ============= > CaCO 3 + H 2 O + CO 2
L'augmentation du CO2 dissous dans les eaux marines liées à l'augmentation des émissions de ce gaz pourrait entraîner une diminution de la calcification des récifs coralliens voire à faciliter leur dissolution.

Symbiose polype  algue (corail), zooxanthelle
Zooxanthelles et scléractiniaires constituent une association à bénéfices réciproques : c'est une symbiose.
Ainsi, la symbiose permet un recyclage local et rapide de la matière . Elle est à l'origine de la réussite des coraux dans les milieux pauvres en éléments nutritifs (oligotrophes).

C'est grâce à cette symbiose que les scléractiniaires sont les bâtisseurs de récif, ils sont qualifiés de "hermatypiques ".
Ainsi, les coraux constructeurs de récifs sont des animaux (consommateurs, zoophages) qui hébergent des cellules chlorophylliennes, des zooxanthelles (Producteurs primaires) permettant ainsi l'édification d'un squelette minéral (calcaire).

Symbiose corail-algue

Le corail est un animal de l'embranchement des Cnidaires (la même famille que les méduses). Les coraux vivent généralement en colonies d'individus qui sont des « superorganismes ». Les individus sont nommés « polypes ». Chaque polype sécrète son propre exosquelette (près de la base et tout au long de sa vie) ; selon les espèces, cet exosquelette est dur (à base de carbonate de calcium), ou mou et protéinique. Chaque colonie forme ainsi un« squelette colonial » plus important et durable, dont la forme est propre à l'espèce, à partir de minéraux prélevés dans l'océan. Les coraux durs, « constructeurs de récifs », ont formé par accumulation de ces squelettes durs desrécifs coralliens dont certains sont devenus les plus grandes structures complexes connues créées par les organismes vivants (les grandes barrières de corail).
De nombreux coraux vivent en symbiose avec des végétaux unicellulaires : les zooxanthelles dans les merschaudes, ou d'autres espèces de phytoplancton dans les mers froides. Un large éventail de bactéries fixatrices d'azote1, y compris des décomposeurs de chitine vivent dans le mucus produit par les polypes2 et forment une part importante de la nutrition des polypes3. Le type d'association entre le corail et sa flore varie selon l'espèce. Différentes populations bactériennes sont associées aux muqueuses, au squelette et aux tissus des coraux4
Depuis quelques décennies, les populations de corail se dégradent, supposément en raison du changement climatique, de la pollution et de la surpêche qui pourraient avoir développé la susceptibilité des coraux aux maladies (Plus de vingt maladies des coraux différentes ont été récemment décrites, mais parmi lesquelles seule une poignée sont comprises et ont des agents pathogènes isolés et caractérisés.
Assemblage de coraux sur la Grande barrière de corail (Australie).
La zooxanthelle, ou plus simplement xanthelle, (algue du genre Symbiodinium) est une algue unicellulaire, pouvant vivre en symbiose avec le corail, mais aussi avec les bénitiers, ainsi qu'avec de nombreuses espèces deméduses scyphozoaires, comme le genre Cassiopea ou Cotylorhiza par exemple, et chez d'autres animaux marins (HydrozoairesLimaces de merradiolairesciliéesporifèresactinies...). Dans les couches superficielles des mers chaudes, dépourvues de la base de la chaîne alimentaire marine qu'est le plancton, les zooxanthelles se développent en absorbant le dioxyde de carbone libéré par les coraux (ou un autre animal hôte) et fournissent en retour divers nutriments à leur hôte.
Chez les coraux durs batisseurs de récif (Scléractiniaires ou Madréporaires) et chez certains Actiniaires, Corallimorphaires, Zoanthaires et Octocoralliaires (Alcyonacea et Gorgonacea) l’endoderme des polypes renferme, sans exception, des algues unicellulaires.
Description de cette image, également commentée ci-après

Maddie Ziegler (12 ans) danse sur la chanson "Chandelier" de Sia



  
Source : http://youtu.be/2vjPBrBU-TM




Madison Nicole Ziegler, née le 30 septembre 2002 à Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis est une danseuse, actrice et modèle américaine.

Elle débute la danse à l'âge de deux ans et intègre une compagnie professionnelle trois ans plus tard. À onze ans, elle se fait connaitre par l'émission Dance Moms, avant de danser dans le clip Chandelier de Sia en 2014



Sia Isabelle Kate Furler plus connue sous le nom de Sia (née le 18 décembre 1975 à Adélaïde en Australie), est une auteure-compositrice-interprète australienne. Elle débute au sein du groupe australien Crisp durant les années 1990 et mène ensuite une carrière solo. Sia Furler a contribué à trois albums du groupe britannique Zero 7 et collabore également avec d'autres artistes.


Sia Furler a contribué aux albums et titres suivants (liste non-exhaustive) :

mardi 29 juillet 2014

Requins : ENSEMBLE dénonce les politiques

L’affaire des requins fait couler beaucoup d’encre. Le mouvement citoyen Ensemble, par la voix de son fondateur Eric Christopher Beeharry, fait part de son émotion, donne ses propositions et soutient les acteurs de la mer. Pour rappel, Ensemble avait contribué à la résolution des incendies fin 2011.
"C’est avec émotion et stupeur que nous avons appris le décès d’Alexandre Rassiga. Cette nouvelle attaque est choquante et nous adressons nos sincères condoléances aux proches de ce jeune homme.
Depuis le début de l’affaire – depuis l’an dernier même – nous nous sommes tenus à un devoir de réserve, laissant s’exprimer les premiers concernés sur le sujet. Mais le nombre d’attaques progressant en flèche et générant ainsi un problème de sécurité publique, nous ne pouvons plus nous taire.
En effet, les éléments et témoignages apportés par les différents acteurs de la mer sont troublants. Croissance exponentielle des attaques de requins, concordance avec l’installation de la réserve marine et de la ferme aquacole, lien de cause à effet déjà prouvé entre réserve marine et présence de requins, rejets d’eaux usées et de grosses boues fécales dans la mer, etc., tous ces faits nous amènent à penser que ces attaques n’ont rien de naturel et sont le résultat de décisions humaines.
Alors que font les décideurs ? Les maires (dont l’un fraîchement élu député joue continuellement au Zorro sans jamais rien réussir) remettent-ils en cause leur procédé d’élimination des eaux usées ? Ont-ils étudié les autres moyens de faire, dont certains très écolos comme les algues ? La réponse est non.
Les politiques réunionnais se sont-ils emparés du problème ? Non la plupart s’en désintéressant totalement. En revanche on voit régulièrement une députée (ndlr: Huguette Bello) profiter de ces évènements pour faire sa publicité et attiser la haine entre les gens. De ce point de vue, elle n’a rien à envier à Marine le Pen… Ce qui n’arrange donc pas non plus le problème, mais l’empire.
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Enfin que font les autorités administratives ? A commencer par l’Etat représenté à la Réunion par la préfecture. Le préfet dispose du pouvoir pour ordonner la fermeture de la réserve et de la ferme aquacole. Il peut également leur proposer un nouvel espace, éloigné de la zone balnéaire, pour éviter de les léser. Il peut aussi lancer une pêche aux requins devenus très nombreux et donc dangereux. Ces requins ne sont d’ailleurs pas protégés. Il doit aussi user de son autorité pour contraindre les maires à revoir leur système d’élimination des eaux usées des villes et ainsi moins polluer la mer et donc moins attirer les requins.
Voilà des actions réalisables dans l’immédiat et susceptibles de réduire le risque requin, de le ramener à des proportions plus naturelles. Nous rappelons que l’Australie a 125 fois plus de longueur de côte que la Réunion et n’a que le double d’attaques de requins de notre île. C’est assez édifiant pour réagir.
Aussi n’oublions pas les dégâts économiques et donc sociaux qu’entraîne l’affaire requins. Car l’info étant reprise dans les médias nationaux et internationaux, sur les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille, il est évident que le secteur du tourisme en souffrira énormément. Pensons également que ce secteur du tourisme nourrit d’autres secteurs comme le commerce, les loisirs et les transports. Dès lors, c’est toute l’économie réunionnaise qui est impactée par ce problème de sécurité physique. Générant ainsi de l’insécurité économique et sociale, des milliers d’emplois étant menacés.
Quoiqu’il advienne, nous adressons toute notre empathie et solidarité à la communauté de la mer. Les usagers, les associations et les professionnels de la mer ont tout notre soutien moral. Et nous sommes prêts à leur accorder toute autre forme de soutien qu’ils souhaiteraient, nous qui avons aussi fait face à un mur bureaucratique et politique lors des grands incendies fin 2011. Ce qui ne nous a pas empêché de mobiliser des dizaines de milliers de Réunionnais et de ramener les Dash 8 à la Réunion."
dash 8 1

lundi 28 juillet 2014

Passage de flambeau

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le monde sportif a assisté au passage de flambeau entre deux contemporains, immenses champions sportifs et symboles de leurs empires respectifs :
 - d'une part, le baroud d'honneur de l'Empire Ottoman grâce au plus grand champion que cet empire multinational ait connu, le lutteur Gaddar Kel Aliço;
- et, d'autre part, à l'affirmation de la toute puissance de l'Empire britannique, symbolisée par le plus grand champion sportif écossais de l'Histoire : Donald Dinnie.

L'Empire ottoman a existé de 1299 à 1923; connaissant son apogée axvie siècle, sous le règne de Soliman le Magnifique. Au sein de cet empire, le tournoi de Kırkpınar a eu lieu chaque année dans la ville d'Édirne depuis le xive siècle (1361 précisément). Son plus grand lutteur, Gaddar Kel Aliço (1m90, 110-115kg), a régné pendant 26 années consécutives (1861-1886 inclus) sur ce tournoi multi-séculaire qui était à l'époque la plus prestigieuse compétition de lutte au monde !



Parallèlement, l'Empire britannique (de la fin du xvie siècle au xXe siècle) connaît son apogée sous le règne de Victoria du Royaume-Uni (reine de 1837 à 1901, couronnée impératrice des Indes en 1876). Alors qu'il existait déjà une compétition multisports depuis 1612, les Cotswold Olimpick Games, une autre voit le jour à l'époque victorienne, les Highland Games, et c'est dans la nord de la Grande-Bretagne, en Ecosse, qu'apparaîtra le "champion du siècle" selon certains historiens : Donald Dinnie.  

Les épreuves des Highland Games sont comparables à des épreuves modernes de force et d'athlétisme :


  • Envoyer en l'air et devant soi un très lourd et long tronc d'arbre, le tronc doit faire un demi-tour complet et l'extrémité tenue en mains doit retomber le plus dans l'axe possible, après que l'autre ait touché terre (le Caber).
  • Envoyer une pierre le plus loin possible
  • Envoyer un marteau le plus loin possible (16 ou 22 livres)
  • Envoyer un poids au bout d'une chaine le plus loin possible (28 ou 56 livres)
  • Envoyer en l'air, au-dessus d'une barre haut placée, un poids très lourd (56 livres)


Donald Dinnie excella en sprint, course de haies, saut en longueur, saut en hauteur, saut à la perche, lancer de poids (pierre), lancer de marteau et lancer de tronc mais aussi de lutte (obtenant même un titre "mondial" dans cette dernière discipline) ! Il régna sur les Highland Games de 1856 à 1876 soit 21 années d'affilée ! En comparant ses meilleurs performances avec celles des Jeux Olympiques de 1896, la BBC affirme qu'on aurait pu imaginer l'y voir remporter 7 médailles d'or, 1 d'argent et 1 de bronze ! Il aurait remporté 2000 concours de lancers du marteau, plus de 2000 combats de lutte, 200 concours de force (lever de poids), et environ 500 courses de sprint ou de haies en 50 années de compétitions.



Son physique d'1m85 pour 95kg permet de la rapprocher des décathloniens modernes.

Est-ce que, dans l'Histoire, un athlète fort a pu approcher un aussi long règne (21 années correspondant tout de même à 5 olympiades !) ? 

Le premier athlète des temps modernes à s'être illustré dans les épreuves combinées fut Jim Thorpe (1m85, 86-92 kg), de son nom d'Amérindien "Wa Tho Huck" (Sentier Brillant), aux Jeux Olympiques de 1912, avant de continuer une carrière professionnelle jusqu'aux années 1920.

Par la suite, on ne trouve que deux doubles champions olympiques sur l'ensemble du XXème siècle :
- l'Etatsunien Bob Mathias (1m90, 92kg) vainqueur olympique en 1948 et 1952; 
- et le Britannique Daley Thompson (1m84, 92kg) vainqueur en 1980 et 1984).
Comme il ne faut pas oublier que le sport de compétition n'a pas commencé au XXème siècle, on peut chercher (et trouver) des comparaisons plus anciennes :
Demetrios de Salamis, vainqueur en 229 et 233 (après JC)
Aelius Granianus, de Sikyon, vainqueur en 137 et 141 (après JC)
Theopompos d'Heraia, vainqueur en 484 et 480 avant JC.
- et Philombrotos de Sparte, vainqueur olympique en 676, 672 et 668 avant JC. Cet unique triple vainqueur olympique de l'histoire a eu une durée de règne qu'on peut estimer à 12 années ... loin des 21 années de Donald Dinnie.

Aucun de ces athlètes ne fait mieux que l'Ecossais Donald Dinnie !


Sources

biographie de Donald Dinnie : http://www.fila-official.com/images/FILA/livres/BIO17/BIO17.pdf
Quelques performances de Donald Dinnie : http://www.strengthfighter.com/2012/04/donald-dinnie-all-round-champion.html
Série d'articles "Athlète idéal" : http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2009/07/lathlete-ideal-1.html
http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2009/07/lathlete-ideal-2.html
http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2009/07/lathlete-ideal-3.html
http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2009/07/lathlete-ideal-4.html
http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2009/07/lathlete-ideal-5.html