samedi 31 mars 2012

L'Islande fera le triple de la croissance de l’UE en 2012


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L'Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et selon les prévisions de la Commission européenne, elle va faire le triple du taux de croissance attendu pour l’UE en 2012 (1,5%). Pour 2013 la croissance devrait atteindre 2,7%, principalement à cause de la création d’emplois. L’Islande est le pays qui a nationalisé les banques privées et qui a emprisonné les banquiers responsables de la crise.
 

Auteur : Cesar Perez NAVARRO mardi 10 janvier 2012 Traduction : Bernard Rioux


L’Islande a été le seul pays européen qui a rejeté par un référendum citoyen le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers.

Pendant ce temps un pays comme l’Espagne, le ministre l’économie qui fut un grand responsable chez Lehman Brothers, a maquillé les soldes bancaires et a gonflé les résultats pour faire croire à une solvabilité du système financier résultant de la déréglementation des marchés mais ce dernier a fini par s’effondrer.

Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing furent les banques nationalisées en 2008 pour éviter leur faillite et qui furent placées sous contrôle démocratique, plutôt que de profiter d’injections inconditionnelles de capitaux publics, comme en Espagne ou dans les autres pays européens. En juin dernier, l’une d’elle Landsbankinn, a annoncé son intention de rembourser les intérêts aux détenteurs d’hypothèques pour compenser les citoyens de payer leurs pertes.

La révolte pacifique a débuté en 2008, sans que celle-ci soit décrite dans les pages des grands médias européens, qui ont mentionné dans des notes en bas de page que ce pays était un exemple dangereux à suivre. À la fin de 2008, l’ensemble des dette de l’Islande égalait à 9 fois son PIB. La monnaie s’est effondrée et la Bourse a suspendu ses activités après une baisse de 76%.

Le pays a fait faillite et a ensuite reçu un prêt de 2 100 millions de dollars du FMI et 2 500 millions de dollars provenant des pays nordiques et de la Russie. Le FMI, comme d’habitude, a exigé, en échange des mesures "d’ajustement", soit des coupures dans les dépenses sociales qui ont provoqué la colère de la population, la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées au début de 2009 dans lesquelles la gauche a remporté la majorité absolue et provoquant l’effondrement du Parti de l’Indépendance, un parti conservateur, qui était traditionnellement la force dominante dans le pays, qui n’a conservé que 23,7% des voix.

Le Mouvement Gauche-Vert a gagné 21,7%, Alliance sociale-démocrate 29,8%, le Parti progressiste 14,8% et Mouvement des citoyens 7,2%.

Johanna Siguroardottir a été choisi pour diriger le gouvernement réunissant des sociaux-démocrates, et les écologistes de gauche. En 2010, on a mis sur pied une assemblée constituante de 25 membres, des « citoyens ordinaires » pour réformer la Constitution. Cette même année, le gouvernement a soumis à un référendum sur le paiement ou non de la dette contractée par les banques privées en faillite au Royaume-Uni et dans les Pays-Bas, mais 90% des gens ont refusé de payer.

Ses citoyens ont voté non à cause de l’effondrement de la Banque Icesave et les gouvernements de ces pays couvrent les dépôts à capitaux publics. Le FMI a gelé les prêts en espérant que l’Islande finirait par payer ces dettes illégitimes.

En septembre 2010, l’ancien Premier ministre Geir Haarde a été mis en procès pour négligence dans la gestion de la crise. Interpol a également émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien président de Sigurdur Einarsson. En avril 2011, les citoyens ont de nouveau dit non à un nouveau référendum sur le paiement de la dette.

Après cela, au mois de décembre la banque Landsbanki a décidé de retourner une partie de la dette. Le montant total des sommes versées par Landsbanki, selon Icenews à 350 milliards de couronnes, soit environ 33% de la dette totale. Pourtant, "les comptes Icesave ne représentent que seulement 4% des obligations des institutions financières du pays, soit environ 4000 millions d’euros. 96% restant ne pouvait pas être renvoyé aux créanciers, car il était complètement impossible de le faire parce les paiements d’intérêts chaque année auraient dépassé les revenus du pays.

Dans les mots de l’économiste Jon Danielsson : « Les (banques) ont accumulé une dette égale à plusieurs fois le PIB annuel. Il n’y a aucune possibilité que les citoyens puissent payer cette dette."

Il y a quelques jours, les responsable de la Fiscalité en Islande ont inculpé deux officiers supérieurs des banques qui ont commis des fraudes au moyen de prêts non autorisés pendant les opérations qui ont conduit à son système financier à s’effondrer en 2008 : l’ancien PDG responsable de la faillite de Glitnir, Larus Welding et le responsables des finances de l’entreprise, Gudmundur Hjaltason. Ils auraient abusé de leur position pour fournir environ 102 millions d’euros sans la permission, sans garanties de la part des bénéficiaires et sans avoir consulté le département de gestion des risques.

Les agences de notation Moody, Standard & Poor et Fitch font pression pour punir l’endettement sans beaucoup de succès et toujours en essayant d’ignorer la reprise économique dans ce pays. Par ailleurs, en 2008, quelques mois avant l’effondrement de leurs banques, le pays jouissait encore de la cote triple A donnée par ces mêmes organismes.

Sources :
http://www.assemblee-constituante.fr/index.php/post/2012/01/16/Nouvelles-islandaises
http://www.pressegauche.org/spip.php?article9031

mercredi 28 mars 2012

L'utile et l'agréable

Une nouvelle étude montre que les personnes qui mangent du chocolat régulièrement seraient plus minces.


Bonne nouvelle à l'approche de Pâques : le chocolat aiderait à rester mince. Selon une étude américaine publiée dans les Archives de la médecine interne, la consommation régulière de chocolat associé à une bonne hygiène de vie permettrait de réduire l'indice de masse corporelle. Malgré un apport calorique conséquent, le chocolat serait bon pour le métabolisme.
Une découverte qualifiée de "surprenante" par Beatrice Golomb de l'Université de Californie de San Diego qui a mené l'étude.

Suzanne Steinbaum, directrice du service des maladies cardiaques de l'hôpital Lenox Hill à New York confirme : "A condition qu'il soit consommé dans le cadre d'une vie saine, le chocolat ne ferait pas grossir. Au contraire, il permettrait de contrôler son poids".

Ne vous précipitez pas pour autant sur une tablette de chocolat au lait/noisette, le chocolat le meilleur pour la santé est le chocolat noir, bourré d'antioxydants naturels qui limiteraient le stress et réduirait les risques de maladies cardio-vasculaires. "Limitez-vous en moyenne à 28 grammes de chocolat noir ou de cacao pauvre en sucre par jour" recommande Beatrice Golomb.

Lu sur le Nouvel Observateur

samedi 24 mars 2012

24 mars 1998. En Amérique, on n'est jamais trop jeune pour devenir assassin

Parce qu'on se moque d'eux, Drew, 11 ans, et Mitch, 13 ans, abattent trois fillettes et un professeur de leur école. Ça les soulage.

Le mardi 24 mars 1998, Drew (Andrew Golden, 11 ans) et Mitch (Mitchell Johnson, 13 ans) revêtus de treillis militaires, abattent trois fillettes et une professeur d'anglais de leur école de Jonesboro, en Arkansas. Planqués dans un bois à une vingtaine de mètres des bâtiments, ils tirent comme s'ils jouaient à Killzone sur leur Playstation. La petite Britney Varner, 11 ans, est la première à s'effondrer. Elle a juste le temps de s'accrocher à une camarade pour l'implorer dans un murmure : "Whitney, Whitney", avant de mourir. Un prof touché à l'abdomen crie aux élèves de s'enfuir. C'est la panique. Certains se jettent à terre, d'autres s'échappent à toutes jambes. Les enfants hurlent. Une professeur d'anglais, Shannon Wright, se jette devant une élève pour la protéger de son corps. Pour sa peine, elle reçoit une décharge mortelle avant de rouler sur le sol. Couverte de sang, elle a juste le temps d'articuler avec peine : "Dites à Mitchell (son mari) et à Zane (son fils) que je les aime beaucoup... et dites à Mitchell de prendre soin de notre Zane." En moins d'une minute, les deux Rambo tirent 27 balles avec lesquelles ils descendent quatre personnes et en blessent une dizaine d'autres. C'est quand même plus amusant que de se bouffer des talibans sur un jeu vidéo ou d'aller à la chasse avec grand-père.

Le plus effrayant dans cette histoire, c'est que les deux gamins n'appartiennent pas à un gang des rues et ne présentent pas de graves troubles mentaux apparents. Ce sont simplement deux jeunes garçons habitant un trou de l'Arkansas où toute la population se retrouve à l'église ou au temple chaque dimanche. Andrew Golden est le fils d'un couple de postiers. Il adore son grand-père Doug qui collectionne les armes à feu comme d'autres des timbres-poste. Il adore le suivre pour chasser le canard, son grand-père lui a promis de lui faire abattre son premier cerf à 12 ans !

Embuscade

Quant à Mitchell Johnson, il est élevé par une mère divorcée venue d'un autre bled de l'Amérique profonde. Au début, c'était un gentil garçon fréquentant l'église, mais il est vite devenu hargneux, agressif. Devant ses petits camarades, il se vante d'appartenir à un gang (ce qui est faux), de prendre de la drogue. Il aime s'infliger des blessures avec un couteau sur les bras. Les deux garçons, qui ont fait connaissance dans le bus scolaire, aiment agresser leurs camarades en leur assénant quelques bonnes vérités de leur cru : "Que t'es moche avec tes lunettes." Ou encore : "Espèce de bâtard, je vais te péter la gueule."

L'idée de l'embuscade revient, semble-t-il, au plus jeune. La veille de Noêl, Drew propose à son ami Mitch d'organiser un petit événement sympa pour terroriser les élèves et les profs qui ne les aiment pas. Pourquoi ne pas piquer des flingues pour tirer au-dessus de leurs têtes ? Son copain, pris de court, refuse tout net. Drew ne désarme pas pour autant. Il revient à la charge vers la mi-mars. Cette fois, Mitch trouve l'idée géniale, car il meurt d'envie de buter plusieurs de ses professeurs qui l'ont puni récemment. Et puis, il y a cette "petite salope" qu'il accuse de l'avoir largué comme un bouffon. Les deux garçons établissent leur scénario comme des pros. Ils imaginent de déclencher l'alarme anti-incendie pour obliger tous les élèves à sortir, puis de les arroser de balles depuis un bois qui fait face à l'école. Drew se chargera des armes, tandis que Mitch piquera la Dodge de sa mère. Ils prévoient également de se vêtir en treillis, d'emporter des vêtements de rechange, de la bouffe, des sacs de couchage pour se planquer durant plusieurs semaines en forêt.

Arsenal

La veille de leur opération spéciale, ils ne peuvent pas retenir leur langue dans le bus qui les mène à l'école. "Demain, vous saurez si vous devez mourir ou vivre." Mitchell précise : "Tous ceux qui me détestent et tous ceux que je n'aime pas vont mourir." Et, encore : "Toutes celles qui ont cassé avec moi, je les tuerai demain." Les autres mômes prennent ces menaces pour une blague. Mais quels idiots ! N'ont-ils pas entendu parler de la jeune Brenda Ann Spencer qui a canardé une école le 29 janvier 1979, tuant deux adultes, parce qu'elle n'aimait pas les lundis ?

Le lendemain, le mardi 24 mars, Drew et Mitch passent à l'action. Ils ont réglé leur affaire au quart de poil. Mitch part à l'école avec son petit frère, mais revient chez lui expliquant à sa mère qu'il a raté le bus scolaire. Qu'elle ne s'inquiète pas : son beau-père qui n'est pas encore parti veut bien le déposer à l'école. Mensonge. Le jeune garçon repart au volant de la grosse Dodge familiale. À 13 ans, il sait déjà conduire. Il retrouve son complice près de chez lui. Tous deux s'introduisent alors chez Drew pour voler des armes, mais celles-ci sont enfermées dans un coffre qu'ils n'arrivent pas à fracturer. Qu'importe, ils vont emprunter celles de Doug, absent de chez lui. Les fusils sont reliés les uns aux autres avec un câble d'acier, mais l'enfant sait où est cachée la clef. Les deux gamins repartent avec un véritable arsenal : quatre pistolets et trois fusils dont un à lunette télescopique, sans oublier les munitions. Mitch roule alors jusqu'à une petite route secondaire derrière l'école. Pendant qu'il transporte les armes sur le lieu choisi pour ouvrir le tir, Drew court à l'école pour se glisser dans sa classe.

Vers 12 h 30, Drew demande la permission de se rendre aux toilettes. Accordée. En fait, il déclenche l'alarme anti-incendie avant de rejoindre au pas de course son camarade planqué dans les sous-bois. Ils observent les classes sortir les unes après les autres. Les élèves patientent alignés les uns à côté des autres. Comme des pros, les deux petits salopards attendent que la porte de secours se referme. Ils savent qu'il est impossible de l'ouvrir de l'extérieur. C'est alors qu'ils ouvrent le feu, oubliant de tirer au-dessus des têtes. Comme s'ils actionnaient la manette de leur console de jeu, ils visent méthodiquement leurs victimes. Quelques minutes après le début de la fusillade, la police débarque sirènes hurlantes. Deux flics se lancent à la poursuite du commando qui s'enfuit vers la Dodge. Ils rattrapent les deux gamins qui, après avoir hésité une fraction de seconde, laissent tomber leurs armes. Ils ont réintégré la réalité. Quelques mois plus tard, ils seront condamnés à la peine maximale prévue par l'Arkansas pour des mineurs meurtriers : emprisonnement jusqu'à la majorité de 21 ans. Drew effectuera 10 ans de peine contre 8 pour Mitch. Pas cher payé.


Commentaire personnel

Plusieurs facteurs à signaler :
- l'article parle fréquemment de jeux vidéos (chers au candidat présidentiel Jacques Cheminade) qui seraient responsables de la confusion entre fiction et réalité
- l'aîné des deux garçons est l'archétype du gamin déstructuré (et donc jaloux, hargneux) parce que sa structure familiale est éclatée
- enfin, c'est une réalité propre aux Etats-Unis : les armes à feu sont à portée de main dans toutes les "bonnes" familles américaines.

C'est le plus jeune, Drew, qui a eu l'idée de la fusillade, sans doute pour surenchérir face à son "mentor" Mitch.

La confusion fiction/réalité est une chose fréquente, les familles peu ou pas structurantes psycho-affectivement sont devenues légion mais ... sans arme à feu on en serait resté à des insultes ou des jets de cailloux tandis qu'avec des armes à feu ... On pourrait imaginer qu'à part aux Etats-Unis, on serait à l'abri mais, d'après le ministre de la défense, de tels arsenals sont facilement disponibles dans les quartiers sensibles de notre bonne vieille France (l'exemple Mohamed Merah en étant le dernier exemple).

Comment un professeur de littérature a piégé ses élèves sur la toile

J'ai piégé le Net pour donner une bonne leçon à mes élèves

Loys Bonod
Professeur

Un corrigé sur le Net ? (Loys Bonod/LaVieModerne.net)

Pendant ma première année au lycée, j'ai donné à mes élèves de première une dissertation à faire à la maison. Avec les vacances scolaires, les élèves avaient presque un mois pour la rédiger : c'était leur première dissertation de l'année.
Plus tard, en corrigeant chez moi, je me suis aperçu que des expressions syntaxiquement obscures étaient répétées à l'identique dans plusieurs copies. En les recherchant sur Google, j'ai trouvé des corrigés sur un sujet de dissertation voisin vendus à 1,95 euro. Interloqué, j'ai immédiatement arrêté de corriger les copies, ne sachant plus à quoi ou à qui j'avais affaire et ayant l'impression de travailler dans le vide.

Plus tard, la même année, j'ai donné sur table à une de mes classes un commentaire composé, sur un passage d'une œuvre classique. Je n'ai pas particulièrement surveillé l'épreuve, le commentaire composé étant, comme la dissertation ou le sujet d'invention, un bon exemple d'exercice on ne peut plus personnel, où copier sur le voisin n'a absolument aucun sens.

En corrigeant chez moi les copies, j'ai constaté, dans une copie, des choses étranges : des termes ou des expressions qu'un élève de première n'emploierait pas, une introduction catastrophique mais un développement convenable. En tapant une des expressions sur Google, j'ai réalisé que l'élève avait utilisé son smartphone pendant le cours et recopié le premier corrigé venu sur Google en tâchant maladroitement de le maquiller. En rendant les copies j'ai tenu un discours sévère à la classe sans indiquer qui avait triché. Après le cours, l'élève concerné, en pleurs, a reconnu les faits.

J'ai donc décidé de mener une petite expérience pédagogique l'année suivante : j'ai pourri le web !

Tendre sa toile...

Le sonnet
« Ainsi que l'arc-en-ciel tout regorgeant de pleurs ; Prend devant le soleil cent couleurs incertaines ; Et périt quand se cache ou s'en va luire ailleurs ; Cet astre dont le feu rend fertiles nos plaines ; Tout de même à l'aspect du sujet de mes peines ; Je prends en un instant cent diverses couleurs ; Je pâlis, je rougis sous l'effort des douleurs ; Et de l'eau de mes pleurs sens regorger mes veines.

Mais ni de voir en moi ce triste changement ; Ni de savoir combien j'aime fidèlement ; Ne touche mon ingrate ou d'amour ou de honte ; Tant s'en faut, elle rit de me voir endurer ; Et pour en rendre même encor ma fin plus prompte ; Elle fuit et s'en va d'autres lieux éclairer. »
Vers la fin de l'été de cette même année, j'ai exhumé de ma bibliothèque un poème baroque du XVIIe siècle, introuvable ou presque sur le web. L'auteur en est Charles de Vion d'Alibray. Le date de composition du poème est inconnue, ce qui empêche toute spéculation biographique.
• Première étape : le compte Wikipédia

J'ai créé un compte pour devenir contributeur sur Wikipédia et, pour montrer patte blanche, j'ai apporté plusieurs contributions utiles sur quelques articles littéraires. J'ai ensuite modifié la très succincte notice biographique de Wikipédia consacrée à Charles de Vion d'Alibray en glissant ce petit ajout :
« Son amour célèbre et malheureux pour Mademoiselle de Beaunais donne à sa poésie, à partir de 1636, une tournure plus lyrique et plus sombre. »
• Deuxième étape : me faire passer pour un érudit
J'ai posté sur différents forums des questions relatives à ce poème en me faisant passer pour un élève posant des questions de compréhension littérale ou d'interprétation sur le poème. Puis, me reconnectant en me faisant passer pour un érudit, j'ai donné des réponses en apparence savantes et bien renseignées, mais en réalité totalement ineptes, du type interprétation christique tirée par les cheveux. La plupart de ces pages ont depuis malheureusement disparu dans les abysses du web ou ne sont plus référencées.
• Troisième étape : écrire un corrigé absurde

J'ai rédigé un pseudo-commentaire, le plus lamentable possible, avec toutes les erreurs imaginables pour un élève de première, et même quelques fautes d'orthographe discrètes, tout en prenant garde à ce que ce commentaire ait l'air convaincant pour quelqu'un de pas très regardant ou de pas très compétent. Pour les amateurs de littérature ou les professeurs de lettres, ce corrigé absurde est d'ailleurs assez amusant. J'avoue avoir même pris un certain plaisir à le rédiger.

Capture d'écran du commentaire absurde.

Je me suis ensuite inscrit comme auteur, sous le nom de Lucas Ciarlatano (ça ne s'invente pas), à deux sites proposant des corrigés de commentaires et de dissertations payants (Oodoc.com et Oboulo.com). Sachez qu'il en existe bien d'autres. Après quoi j'ai envoyé mon commentaire à ces deux sites, dont les comités de lecture ont validé sans barguigner mon lamentable commentaire, leur but étant moins celui d'une diffusion humaniste du savoir que purement mercantile. D'ailleurs aucun des deux n'a pris la peine de vérifier si le corrigé était protégé par des droits d'auteurs et ils ont publié exactement le même corrigé, en mettant en ligne gratuitement l'introduction, le plan et des extraits importants, le reste étant en vente pour quelques euros.

• Quatrième étape : améliorer le référencement des pages

J'ai posté un peu partout sur le web des liens vers ces différentes pages (Wikipédia, les forums, les sites de corrigé) afin d'améliorer le référencement sur Google avant la rentrée de septembre.
• Cinquième étape : confier le commentaire aux élèves

A la rentrée, j'ai accueilli mes deux classes de première en leur donnant deux semaines pour commenter ce poème à la maison et en leur indiquant la méthodologie à suivre. Je les ai bien sûr invités à fournir un travail exclusivement personnel. Une de mes élèves est venue s'excuser : en cours de déménagement, elle n'avait pas accès à Internet. Je me suis contenté de sourire.

Deux semaines plus tard j'ai ramassé les commentaires et grâce aux différents marqueurs que j'avais méticuleusement répartis sur le web j'ai pu facilement recenser quels sites avaient été visités par quels élèves et recopiés dans quelle proportion. A titre d'exemple de marqueurs, la notice biographique de l'auteur de Wikipédia évoquait « Melle de Beaunais », mais le commentaire composé sur Oboulo et Oodoc était plus précis en parlant d'« Anne de Beaunais ».

Cette femme aimée sans retour par le poète est évidemment un personnage tout à fait imaginaire (Anne de Beaunais = bonnet d'âne).

Pris au piège

Sur 65 élèves de première, 51 élèves – soit plus des trois-quart – ont recopié à des degrés divers ce qu'ils trouvaient sur Internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d'analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net. Je rappelle qu'ils n'avaient pour cet exercice aucune recherche à faire : le commentaire composé est un exercice de réflexion personnelle.

L'erreur la plus vénielle fut d'utiliser sans discernement les informations de Wikipédia : rien n'indiquait en effet que le poème avait été composé au sujet de Melle de Beaunais. Le raccourci était abusif et non fondé, comme l'aurait montré une recherche plus approfondie : c'était un simple manque de rigueur à l'égard des sources historiques.

Les erreurs les plus graves étaient en revanche les erreurs d'interprétation, voire même de compréhension littérale du poème : des expressions, des phrases et même des paragraphes entiers étaient recopiés sur le net, parfois au mot près, trahissant une incompréhension tant du poème que de la méthodologie du commentaire composé.

J'ai rendu les copies corrigées, mais non notées bien évidemment – le but n'étant pas de les punir –, en dévoilant progressivement aux élèves de quelle supercherie ils avaient été victimes. Ce fut un grand moment : après quelques instants de stupeur et d'incompréhension, ils ont ri et applaudi de bon cœur.

Mais ils ont ensuite rougi quand j'ai rendu les copies en les commentant individuellement…


La morale de l'histoire

On recommande aux professeurs d'initier les élèves aux Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC).

Je crois que j'ai fait mon travail et que la conclusion s'impose d'elle-même : les élèves au lycée n'ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres. Leur servitude à l'égard d'Internet va même à l'encontre de l'autonomie de pensée et de la culture personnelle que l'école est supposée leur donner. En voulant faire entrer le numérique à l'école, on oublie qu'il y est déjà entré depuis longtemps et que, sous sa forme sauvage, il creuse la tombe de l'école républicaine.

Avec cette expérience pédagogique j'ai voulu démontrer aux élèves que les professeurs peuvent parfois maîtriser les nouvelles technologies aussi bien qu'eux, voire mieux qu'eux.

J'ai ensuite voulu faire la démonstration que tout contenu publié sur le web n'est pas nécessairement un contenu validé, ou qu'il peut être validé pour des raisons qui relèvent de l'imposture intellectuelle.

Et enfin j'ai voulu leur prouver que, davantage que la paresse, c'est un manque cruel de confiance en eux qui les pousse à recopier ce qu'ils trouvent ailleurs, et qu'en endossant les pensées des autres ils se mettent à ne plus exister par eux-mêmes et à disparaître.

Ai-je réussi ? Ce serait à mes élèves de le dire. Une chose est sûre : cette expérience a, je pense, marqué mes élèves et me vaut aujourd'hui une belle réputation dans mon lycée.

Pour ma part je ne crois pas du tout à une moralisation possible du numérique à l'école. Et je défends ce paradoxe : on ne profite vraiment du numérique que quand on a formé son esprit sans lui.

Aller plus loin

• Sur laviemoderne.net

"Comment j'ai pourri le web" sur LaVieModerne.net

http://www.rue89.com/2012/03/22/jai-piege-le-net-pour-donner-une-lecon-mes-eleves-230452

mercredi 21 mars 2012

Déclaration de Jacques Cheminade (candidat à l'élection présidentielle)

Article publié le 20 mars 2012 sur Le Parisien.fr
Drame de Toulouse : Jacques Cheminade accuse les jeux vidéos violents


Le candidat à la présidentielle, interrogé ce matin par Canal +, a fait le lien entre meurtres de masse et jeux vidéos violents.

Évoquant la tuerie de Toulouse, le candidat à la présidentielle a jugé que "très souvent ces meurtres de masse sont associés à des jeux vidéo violents". "Ce n'est pas la cause, mais ça crée un climat", a-t-il ajouté.

Un tel rapprochement, déjà opéré lundi sur Twitter par la nageuse Laure Manaudou, avait valu à cette dernière des commentaires railleurs qui l'ont poussée à fermer son compte.

Jacques Cheminade, qui se présente comme un "gaulliste de gauche", prévoit dans son programme d' "interdire les jeux vidéos violents impliquant la multiplication des crimes et des abus sexuels".


Commentaire personnel

Le titre de l'article est caricatural, simpliste, et déforme donc l'analyse de Jacques Cheminade.

Sans faire de lien direct entre des jeux vidéos qui sont en quelque sorte des défouloirs, probablement même un moyen de ne pas passer à l'acte pour la plupart des gens, ils banalisent la violence.

Dans les films étatsuniens qui inondent également nos écrans, la violence est omniprésente. C'est un pays où circulent 3 armes à feu pour 4 habitants tout de même. Et qui possède la plus puissante armée du monde (la plus intrusive à l'étranger peut-être ?).

Bref, en tant que père de famille, je vais m'efforcer de bannir la violence de l'horizon de mon enfant, qu'elle soit dans les dessins animés, les jeux vidéos ou le cinéma. Je comprends donc et je trouve cela positif qu'un homme politique se comporte paternellement sur ce point là.

Toutefois, je ne nie pas que la violence existe. Je suis même un pratiquant d'arts martiaux et de sports de combat mais où la violence est canalisée, ritualisée, soumise à des règles qui permettent de l'évacuer, de rétablir le respect entre les deux opposants, tout en respectant leur intégrité physique.

Le discours de Jacques Cheminade n'est donc pas, à mes yeux, celui de la niaiserie mais au contraire celui de la sagesse.

Son opinion est réactionnaire, sans doute, mais elle est saine !

La médiocrité des journalistes de télévision face à l'élection présidentielle

Plus les jours passent et plus je suis attéré par la médiocrité des journalistes de télévision face à l'élection présidentielle.
Je conviens du fait que le divertissement est agréable mais, selon moi, l'information doit primer, surtout face à une échéance aussi importante que l'élection présidentielle.
Au lieu de se montrer pédagogues, d'expliquer et comparer les programmes des différents candidats, de chiffrer d'un point de vue économique ce que vont coûter les différentes propositions, les journalistes sont à l'affût d'une seule chose : la polémique.
On prend une phrase, tirée de son contexte, et on commente, surenchérit, commente encore, jusqu'à ce que le sens premier ait totalement disparu.

Autre comportement pitoyable : celui réservé aux "petits" candidats qui sont pourtant depuis hier, 20 mars 2012, des candidats officiels. On ne les a pas ou très peu vu auparavant. C'est désormais l'occasion de les recevoir et de leur donner la parole.
Ainsi, Jacques Cheminade était reçu à La Matinale de Canal + (alors que le Grand Journal est réservé, chronologiquement, à Marine Le Pen, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et François Hollande). Au lieu d'informer, la journaliste politique lui a demandé de commenter des phrases de Lyndon LaRouche (certes, une de ses connaissances, mais pas lui) pendant la moitié de l'entretien. Et le reste du temps, c'est la journaliste qui a parlé ou l'animatrice qui a posé des questions superficielles du style "Aimez-vous le 40ème anniversaire des Chiffres et des Lettres ?"

Lamentable !

mardi 13 mars 2012

Les meilleures propositions (selon moi) des candidats aux élections présidentielles 2012 sur le thème "Famille"

Extrait de "Société, Immigration et Famille", le thème de la Famille interpelle le père de famille que je suis mais aussi le citoyen qui considère que la famille est la structure de base de la société, celle sur laquelle tout repose.
Voici parmi les propositions des candidats à l'élection présidentielle 2012 celles qui correspondent le mieux à mes valeurs, à ce que je ressens.
Je sais, c'est très subjectif; mais c'est juste mon opinion.

Aide à la parentalité

proposition 01
Le développement de l’aide à la parentalité est un axe majeur de la politique familiale du XXIe siècle. Nous encouragerons les « maisons pour les familles », lieux ouverts aux parents pour qu’ils puissent rencontrer d’autres parents ou échanger avec des intervenants bénévoles ou professionnels.
Nous voulons miser sur la responsabilité des parents, en proposant un appui à ceux qui en ont besoin, mais aussi en sanctionnant les manquements mani- festes et répétés de l’autorité parentale. C’est la logique que nous avons développée avec succès en suspendant les allo- cations familiales pour les familles qui ne jouaient pas leur rôle contre l’absentéisme scolaire. Nous la poursuivrons.

Fiscalité familiale

proposition 02
Si une telle politique crée des droits, elle implique aussi des devoirs. Les facilités qu’elle procure supposent que les parents assument leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants. En cas de manquement, ils devraient en être partiellement ou même totalement privés, sur décision de justice. Les sommes qui ne leur seraient pas versées reviendraient à un fonds de soutien collectif aux familles.
Veiller à ne pas instaurer la CSG, comme prévu dans le projet de la loi de financement de la Sécurité Sociale minorant de 6% le CLCA (complément de libre choix d’activité), prestation permettant d’aider le parent qui fait le choix de réduire partiellement ou totalement son activité professionnelle à s’occuper de son enfant de moins de trois ans.
Les allocations familiales, réservées aux familles dont un parent au moins est français, seront revalorisées et indexées sur le coût de la vie. Elles retrouveront pour objectif la couverture d’une partie conséquente du coût réel de l’enfant à charge.

Couple homosexuel

proposition 03
Défendre la structure familiale : institution irremplaçable, la famille représente le caractère central de la société, la famille doit se fonder exclusivement sur l’union d’un homme et d’une femme et accueillir des enfants nés d’un père et d’une mère. Nous nous opposerons donc à toute demande de création d’un mariage homosexuel et/ou d’une adoption par des couples homosexuels. Pour autant, la vie commune suscitant des intérêts matériels communs, le PACS apporte une solution suffisante et ne sera pas remis en cause.
Amélioration du statut des familles d’accueil : tout en exerçant un contrôle strict afin d’éradiquer la maltraitance des enfants (qui devra être sévèrement sanctionnée), il faut impérativement humaniser le statut de ces familles d’accueil qui se voient retirer du jour au lendemain des enfants malgré de forts liens d’affection qui se sont tissés avec eux.

Autre

proposition 04
Suicide des enfants : une récente étude effectuée par le psychiatre Boris Cyrulnik indique de façon très alarmante que le suicide touche désormais de très jeunes enfants (26 suicides dénombrés en 2008 chez des enfants âgés de 5 à 14 ans). Rappelons que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents. Cet état dépressif et cette grave détresse des jeunes et des enfants sont le résultat de la destruction de la cellule familiale, ayant perdu ses repères, sa valeur d’exemple, d’absences de limites clairement définies (autorité, respect mérite), de la situation économique précaire particulièrement des mères seules pour élever leurs enfants, de l’isolement moral et psychique créé par internet, Facebook et autres jeux vidéo sans surveillance. Il est donc tout à fait impératif de remettre la protection familiale au centre des préoccupations gouvernementales.
Défendre l’enfant contre la violence : la loi de juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse et l’action renouvelée et encouragée des associations familiales doivent permettre une meilleure protection des enfants contre toutes les formes de violence, y compris la violence pornographique et la violence morale via internet. Tout acte de maltraitance, de violence, a fortiori de pédophilie envers les enfants devront être très sévèrement punis.


Qui sont les candidat(e)s auteur(e)s des propositions ci-dessus ? Essayez de deviner ...
Réponses ! :


Aide à la parentalité
proposition 01 : Nicolas Sarkozy

Fiscalité familiale
proposition 02 : Marine Le Pen

Couple homosexuel
proposition 03 : Marine Le Pen

Autre
proposition 04 : Marine Le Pen

Les meilleures propositions (selon moi) des candidats aux élections présidentielles 2012 sur le thème "Environnement et Agriculture"

Parce que l'Environnement c'est ce que nous allons transmettre à nos enfants, et parce que la politique doit aussi voir sur le long terme (bien au delà du simple quinquennat et d'une réélection potentielle), il est très important de lire ce que proposent les candidats à l'élection présidentielle sur le double thème "Environnement et Agriculture".

Développement durable
Emission de CO2


proposition 01
Les DOM-TOM sont un atout considérable pour les énergies renouvelables : il faudra notamment produire du méthanol à partir de la canne à sucre aujourd’hui en déclin et mettre en place une action d’équipement en photovoltaïque des maisons et des toits de bâtiments commerciaux et industriels.

Développement durable
Autres actions


proposition 02
Promouvoir la forêt française dans ses fonctions écologiques, paysagères, sociales et économiques. Pour ce faire, l’Office National des Forêts rompra avec sa dérive commerciale et verra ses missions de service public garanties.
La refonte de la législation sur les déchets, avec un plan de fermeture progressive des incinérateurs, à mesure de la montée en puissance des filières alternatives. Le suivi des déchets de construction sera mis en oeuvre pour garantir leur tri et leur recyclage.
Le seuil légal d'exposition aux pollutions électromagnétiques sera réduit et des plans d’actions locaux mis en place pour lutter contre la pollution de l’air.

proposition 03
La maîtrise des phénomènes migratoires, couplée à une politique ambitieuse de coopération avec les pays souffrant aujourd’hui d’une émigration massive, permettra de favoriser les perspectives de croissance et de développement harmonieux des zones de la planète aujourd’hui menacées par un saccage des ressources naturelles et l’anarchie qu’engendre les flux migratoires liés à la pauvreté.
La législation concernant l’élevage en batterie sera revue afin d’offrir un espace vital décent aux animaux ; un crédit d’impôt aidera les éleveurs à transformer leurs installations en conformité avec les nouvelles normes.
L’interdiction de l’abattage des animaux destinés à la consommation sans étourdissement préalable, qui s’impose pourtant à la France, sera respectée.
La législation concernant les expérimentations sur des animaux sera durcie, notamment pour les cas où la recherche permet de les éviter.
Les programmes de lutte contre l’abandon d’animaux de compagnie seront soutenus par l’octroi par l’Etat de plages de publicité gratuites sur le service public audiovisuel, et un soutien accru aux associations engagées dans ce combat.
L’architecture sera valorisée et l’Etat demandera à l’Ordre des architectes de mettre en place une action de communication à destination du grand public et des entreprises afin d’encourager le recours à l’architecte.
Un programme décennal visera la destruction des cités construites dans les années 1960 les plus vétustes et leur remplacement par un habitat de taille et d’esthétique traditionnelles, dans le respect des chartes d’insertion paysagère.
Une évaluation menée par les services déconcentrés de l’Etat visera à répertorier l’ensemble des erreurs d’urbanisme commises dans les zones de risques naturels (inondation, avalanches, éboulement, etc.), identifier les constructions qui n’auraient pas dû être autorisées et en déterminera les responsabilités. Les fauteurs participeront financièrement à la mise en conformité de ces zones.

Agriculteurs et exploitations

proposition 04
L’artificialisation des terres agricoles sera fiscalement découragée.
Sur le modèle de la loi SRU, les collectivités seront incitées à convertir au minimum 20% de leurs surfaces agricoles utiles à l'agriculture biologique d'ici la fin du quinquennat. L'objectif doit être de permettre, dans un premier temps, une alimentation 100% bio dans les cantines de nos enfants, pour les crèches et les maternelles d’ici la fin du quinquennat.
Pour mener une vraie politique de développement territorial agricole en faveur de l’emploi, de l’environnement, des productions de qualité et des circuits courts, une réforme foncière doit être engagée. La priorité ne sera plus donnée à l'agrandissement et à l'hyper-industria- lisation.
L’objectif de réduction de 50% des pesticides d’ici 2018, issu du Grenelle de l’environnement, deviendra prioritaire. Mais il ne peut s’agir que d’une étape. L’horizon que l’on doit se fixer, pour et avec les agriculteurs, c’est la sortie des pesticides en une génération.

proposition 05
Il faut assurer l’indépendance effective de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, en éliminant toutes les possibilités de conflits d’intérêt. Une liberté d’appréciation devra aussi être protégée vis-à-vis des organismes européens et internationaux dont l’indépendance n’est pas toujours garantie.
La réduction de la bureaucratie agricole et la simplification des procédures et des contrôles permettront de faire des économies budgétaires, ainsi que d’alléger les contraintes administratives déraisonnables pesant sur les agriculteurs.
Nous devons permettre à la collectivité nationale de reconnaître et de rétribuer la contribution des agriculteurs à la qualité de vie de la communauté nationale
La création d’une Caisse de compensation et d’amortissement de la dette paysanne en vertu du principe de rétablissement de l’égalité devant les charges publiques.
La création d’un Fonds d’intervention pour la campagne afin de revaloriser les zones rurales en difficulté et de réduire les inégalités entre les territoires, notamment sur le plan des services publics.
La création d’un Conservatoire du patrimoine viticole et le refus des plans d’arrachage de vignes demandés par l’Union européenne.
Un programme d’’aide à l’installation des jeunes agriculteurs [110 millions]
La revalorisation des retraites agricoles, spécialement pour le conjoint survivant. La retraite agricole minimum sera fixée à 85% du SMIC.
L’agriculture française bénéficiera d’une loi Achetons français qui obligera les administrations d’Etat et les administrations des collectivités territoriales, ainsi que les cantines et restaurants d’entreprise, à se fournir prioritairement en denrées alimentaires produites en France.
Le droit des agriculteurs à ressemer leur propre récolte et à en disposer doit être sanctuarisé.
Les mesures favorisant un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux producteurs seront considérablement renforcées, notamment par la régulation et la simplification des circuits de distribution et la régionalisation des achats publics (au moyen d’une modification du Code des marchés publics), ainsi que par la promotion des systèmes coopératifs entre producteurs.
Une lutte renforcée contre les ententes entre centrales d’achat et les abus de position dominante de la grande distribution sera menée, grâce à un renforcement des moyens de l’Autorité de la Concurrence à laquelle la loi fixera en outre une mission plus ambitieuse et l’adoption – enfin- d’une loi sur les recours collectifs.
L’emprise de la finance sur le marché des matières premières agricoles doit être limitée notamment par la restriction des opérations purement spéculatives, la lutte contre la manipulation des marchés et la mise en œuvre de moyens publics de régulation des prix(stocks d’intervention).

Energies renouvelables

proposition 06
Je propose également la réquisition de Total pour mieux réguler le prix de l’essence et afin qu’une partie de ses 10 milliards de bénéfices soit consacrée à la transition énergétique de la France plutôt qu’à être réinvestie dans le pétrole.
A long terme, je propose un rééquilibrage de notre filière énergétique en fonction du coût, du respect de l’indépendance nationale, de la sûreté et du respect de l’en- vironnement en développant les énergies renouvelables (notamment le solaire).

Marché de l'énergie

proposition 07
Si concernant l’énergie il faut se garder de toute décision hâtive, une chose est sûre : Fukushima montre que l’abandon du secteur au privé conduit à des économies irresponsables sur la sécurité. c’est pourquoi je fusionnerai EDF et GDF en les nationalisant à 100 %.

Transports, territoires et infrastructure

proposition 08
La libéralisation des anciens monopoles publics est une calamité pour les usagers, puisqu’elle provoque presque systématiquement une envolée des tarifs au bénéfice d’oligopoles privés. Je mettrai donc fin au processus de libéralisation dans les domaines du transport ferroviaire (en fusionnant RFF et la SNCF) mais aussi des autoroutes, dont les péages doivent servir à financer le bien public et non les actionnaires privés : c’est pourquoi je supprimerai progressivement tous les péages pour toutes les auto- routes « amorties ». Bradées en 2006 par le gouvernement, les autoroutes doivent revenir dans le giron public.
Je supprimerai tous les radars situés dans des zones non dangereuses pour les placer dans des endroits moins rémunérateurs mais réellement accidentogènes, et j’interdirai la vente d’alcool sur les autoroutes.

Qui sont les candidat(e)s auteur(e)s des propositions ci-dessus ? Essayez de deviner ...
Réponses ! :


Développement durable - Emission de CO2
proposition 01 : Nicolas Dupont-Aignan

Développement durable - Autres actions
proposition 02 : Eva Joly
proposition 03 : Marine Le Pen

Agriculteurs et exploitations
proposition 04 : Eva Joly
proposition 05 : Marine Le Pen

Energies renouvelables
proposition 06 : Nicolas Dupont-Aignan

Marché de l'énergie
proposition 07 : Nicolas Dupont-Aignan

Transports, territoires et infrastructure
proposition 08 : Nicolas Dupont-Aignan

Beau gosse (8) : Chris Hemsworth

Chris Hemsworth est un acteur australien, né le 11 août 1983 à Melbourne.
L'année 2011 marquera un tournant dans la carrière du jeune acteur puisqu'il portera sur ses épaules le blockbuster Thor qui est sorti sur les écrans français le 27 avril 2011 et sera suivi de près par l'adaptation d'un autre super héros en juillet : Captain America. Ces adaptations sont le prélude à la sortie prévue pour 2012 d'un film réunissant les super héros Hulk, la Veuve Noire, Iron Man, Captain America et Thor dans Les Vengeurs,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Hemsworth









lundi 12 mars 2012

Ces boxeuses qui savent mettre les poings sur les i

Le Point.fr - Publié le 08/03/2012 à 15:20 - Modifié le 08/03/2012 à 19:44

Les championnes Aya Cissoko, Gihade Lagmiry et Sarah Ourahmoune mènent toutes de brillantes études. En médecine ou à Sciences Po…

Gihade Lagmiry (gauche) est étudiante en huitième année de médecine. Sarah Ourahmoune (centre) et Aya Cissoko (droite) sont toutes les deux à Sciences Po Paris. © Gauche : US Chambray-les-Tours ; Centre : Soglia Giovanni/OH/SIPA ; Droite : Baltel / SIPA

Louis Aragon disait : "La femme est l'avenir de l'homme." Il avait raison. Qui plus est en sport. D'autant plus en boxe. Aya Cissoko, Gihade Lagmiry et Sarah Ourahmoune en sont l'exemple parfait. Ces trois noms ne vous disent rien ? C'est normal, personne n'en parle. Pourtant, elles affichent un CV plutôt séduisant : un palmarès sportif garni comme un sac de frappe (1), une tête bien faite et une humilité à faire passer un bouddhiste pour arrogant. Question : si ces reines du ring avaient disposé d'une paire de chromosomes XY à la place de leur triste XX, qu'est-ce qui aurait changé ? Certainement beaucoup de choses tant tout le monde s'extasie à en perdre haleine dès qu'un footballeur - même médiocre - réussit deux passes de syntaxe sans se prendre les pieds dans le tapis.

Aya Cissoko, Gihade Lagmiry et Sarah Ourahmoune changent la donne. Elles apportent de la couleur, de la fraîcheur et de la nouveauté dans un paysage trop souvent monochrome. Elles tordent le cou à ce bon vieux cliché si bien ancré dans l'inconscient collectif selon lequel le sportif a tout dans les bras et rien dans la tête. Elles s'approprient le dicton Mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain) pour l'amener dans d'autres sphères.

Sciences Po, boxe et médecine

Aujourd'hui, Aya Cissoko a raccroché les gants, elle ne vit plus au rythme des crochets, directs et autres jabs. Ce sont ses cours à Sciences Po Paris qui lui ont donné un second souffle. Elle entre dans la prestigieuse institution parisienne en 2009 et ambitionne d'intégrer son école de journalisme. Le concours s'est d'ailleurs tenu lundi dernier. Elle attend avec impatience les résultats, comme le pointage des juges après un combat. C'est d'ailleurs ses acquis issus du sport qui font sa grande force : "La boxe m'a appris tant de choses : être dure au mal, toujours avancer malgré l'adversité, gérer mon stress, etc. Et je transpose cela dans la vie de tous les jours." Et au vu de son palmarès, Aya Cissoko ne devrait avoir aucun mal à remporter son plus grand défi : sa vie, un "combat du quotidien". Aya Cissoko a même trouvé le temps d'écrire un livre en 2011, Danbé (2).

À 34 ans, Aya Cissoko fait office de grande soeur pour Gihade Lagmiry (25 ans) et Sarah Ourahmoune (30 ans). Les deux petites dernières n'ont pourtant rien à envier à leur aîné. La cadette, Gihade Lagmiry, a passé son bac avec un an d'avance et aujourd'hui elle se démène dans tous les sens. Chaque jour, ce sont de véritables petits exploits que la boxeuse de l'US Chambray-lès-Tours réalise : "Entre les journées habituelles et les gardes de nuit de 17 à 8 heures du matin, mon emploi du temps est bien rempli. Je suis en huitième année de médecine, interne au service des urgences de l'hôpital d'Ambroise, et je prépare une thèse sur l'arrêt cardio-respiratoire." Rien que cela. Sachant qu'en parallèle, ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'elle prépare aussi son diplôme d'entraîneur de boxe.

De son côté, Sarah Ourahmoune marche sur les traces de son aînée. Comme Aya Cissoko, elle est championne du monde de boxe. Et comme Aya Cissoko, elle est à Sciences Po Paris. Elle espère décrocher le master en gestion des ressources humaines de l'IEP parisien, elle qui est déjà diplômée d'une école d'éducateur spécialisé. "J'aimerais créer une sorte de ferme pédagogique, un lieu de vie pour accueillir les enfants en difficulté et handicapés", explique Sarah Ourahmoune. Elle a porté tant de coups de poing qu'à présent la sociétaire du Beat Boxing d'Aubervilliers veut tendre la main. Gommer les blessures des autres. Donner après avoir tant reçu.

Les JO de Londres

Pourtant, Sarah Ourahmoune ne présentera pas ce fameux master tout de suite. Plutôt l'année prochaine. Car 2012 n'est pas une année anodine pour les boxeuses du monde entier. À Londres cet été, pour la première fois de l'histoire, la boxe féminine sera admise aux Jeux olympiques. Un progrès pour certains, une aberration pour Aya Cissoko. "En termes d'inégalité, il n'y a pas pire que la boxe. Déjà, le pugilat est aux Jeux depuis 1904 et les femmes ne pourront participer que cette année. Ensuite, elles seront cantonnées dans trois catégories de poids, alors que les garçons pourront concourir dans dix catégories !" s'exaspère l'auteure de Danbé.

Mais, le chant des Jeux pour un athlète de haut niveau est de la même harmonie que celui des sirènes pour les marins. "C'est le rêve ultime pour n'importe quel sportif. Quand on a su que les filles allaient pouvoir boxer à Londres, j'ai prolongé ma carrière spécialement pour cela. Sinon, j'aurais raccroché. J'ai même dû monter en - 51 kilos pour aller à Londres. Avant, j'étais en - 48 kilos", précise Sarah Ourahmoune.

Une décision tout à son honneur. D'autant qu'Aya Cissoko, Gihade Lagmiry et Sarah Ourahmoune peuvent se targuer d'avoir réussi dans la discipline la plus marquée par la gent masculine : la boxe anglaise. Par ailleurs, à l'exception des connaisseurs férus entre autres de Myriam Lamare et Anne-Sophie Mathis, le grand public a découvert la boxe féminine dans Million Dollar Baby de Clint Eastwood. Et à l'image de ce film, ces trois filles-là en ont dans les gants, dans la tête et peut-être même ailleurs...

Discrimination ?

Car en France, le noble art n'est plus ce qu'il était du temps des Carpentier, Cerdan, Halimi, Tiozzo et Monshipour. Déjà pour les hommes, alors pour les femmes... Les boxeuses exercent leur discipline avec autant d'abnégation que leurs homologues masculins. Pourtant, elles boxent presque gratuitement (à l'inverse des hommes qui perçoivent un salaire mensuel) et ne sont pas admises à l'Insep (Institut national du sport et de l'expertise de la performance). Elles ne peuvent donc pas jouir des privilèges qui en découlent (suivi professionnel, soins, logement, infrastructures d'entraînement, etc.).

"En 2006, je deviens championne de France, d'Europe et du monde, mais j'ai moins gagné d'argent sur la saison qu'un garçon sans titre majeur ! Les pouvoirs publics, le ministère des Sport et la fédération doivent prendre conscience de cela et faire le nécessaire. Sinon, ils sont complices de cette discrimination", explique Aya Cissoko. Et elle sait de quoi elle parle. À l'époque, Aya Cissoko est comptable de 9 à 18 heures et athlète de haut niveau le reste du temps. Les entraînements finissent tard. Parfois, ils commencent même tôt. Et ce, six jours sur sept. Un rythme de stakhanoviste qui n'entame en rien sa motivation.

Drames

Son physique, si. L'année de son "grand chelem" (1), Aya Cissoko se blesse gravement en finale du Championnat du monde. Une fracture aux cervicales qui provoque une hémiplégie du côté droit. Du coup, la boxeuse - qui remportera quand même son combat - devra réapprendre à marcher et à utiliser son bras droit... Clint Eastwood ?

Ces trois héroïnes des temps modernes ne se laissent jamais abattre. Pourtant, toute force de la nature possède les faiblesses d'un corps - Aya Cissoko le sait mieux que quiconque. Et d'un coeur aussi. La maladie de la mère de Gihade Lagmiry, les décès du père, de la petite soeur et du petit frère d'Aya sont leurs blessures intimes. Pourtant, elles ne se sont pas laissé abattre. Elles ont réussi à tourner une page écrite à l'encre de la douleur pour remplir les suivantes avec de la couleur. Car la fierté des braves est d'avoir su construire avec des gravats. Et ces trois-là se sont bâti plus qu'un parcours, plus qu'un palmarès, plus qu'une histoire. Une vie. À la force des poings.

(1) Aya Cissoko est triple championne du monde de boxe. En 1999 et 2003, elle est sacrée en boxe française et en 2006 en boxe anglaise. Cette même année, elle réalise même un quadruplé rarissime : championne de France, de l'Union européenne, d'Europe et du monde !

Sarah Ourahmoune est championne du monde (2008), vice-championne d'Europe (2011), triple médaillée d'or au championnat de l'Union européenne (2007, 2008, 2009) et huit fois championne de France de boxe anglaise.

Gihade Lagmiry est quadruple championne de France (2009, 2010, 2011, 2012). En raison de son métier, elle a volontairement fait une croix sur l'équipe de France et sur les déplacements internationaux.

(2) Danbé d'Aya Cissoko et Marie Desplechinn (éditions Points, 183 p., 6 euros)

Bayrou accuse Sarkozy de "diviser la France" et Hollande de la "bercer d’illusions"

François Bayrou était l’invité jeudi 8 mars 2012 de l’émission "Des paroles et des actes". Le candidat centriste a détaillé certaines de ses propositions et annoncé s’il est élu vouloir gouverner avec "une majorité centrale".

Le candidat centriste évoque son futur gouvernement. Comme Premier ministre, il souhaite une personnalité qui connaitra l’Etat, sans orientation partisane.

Il prône "un retour aux sources de la Ve République".

23h05

"Nous allons nous retrouver dans la situation de pays qui sont obligés de couper dans les retraites", prédit François Bayrou qui regrette que l'on parle du halal. "Non je ne suis pas trop gentil", déclare-t-il également.

22h40

François Bayrou souhaite inscrire la règle d’or dans la Constitution.  "La règle d'or existe déjà d'une certaine manière, dans les traités européens, supérieurs en terme juridique à nos traités constitutionnels", estime Manuel Valls qui y est opposé.

François Bayrou a refusé de dire pour qui il appellerait à voter en cas de second tour Hollande/Sarkozy. "Un excès contre un excès, ça ne fait pas deux équilibres, ça fait un excès. Je vous ai dit que j'allais gouverner avec une majorité centrale assez large".

22h35

Sur la dette, François Bayrou estime que les hypothèses de croissance du projet PS ne sont pas bonnes. Le candidat centriste table sur 0,2% de croissance pour 2012. "Nous avons choisi des hypothèses de croissance d'institutions internationales, nous les avons pas inventées" attaque François Bayrou.

22h30

"A partir de 1997, j'ai eu le sentiment qu'en France le problème de la dette et du déficit était sous-estimé. Et je me suis fait un devoir de dire aux Français: "On vous emmène droit dans le mur"", explique Bayrou sur sa rupture avec la droite.

22h20

Manuel Valls cite plusieurs points d’accords : la niche Copé, la défiscalisation des heures supplémentaires et le fait de ne pas systématiquement appliquer le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Le porte-parole de François Hollande interroge Bayrou sur le retour au "sens de la morale, de l'éthique". Il rappelle que Bayrou disait en 2007 être loin du "programme" de Royal, mais loin des "valeurs" de Sarkozy.

Bayrou attaque Manuel Valls sur le programme de François Hollande : "Vous ne ferez pas les 60 000 créations d'emplois, les 150 000 emplois jeunes, l'allocation d'autonomie pour les étudiants".

"Vous ne pouvez pas présenter la saignée aux Français", rétorque Manuel Valls à François Bayrou. "Dans votre projet, il y a aucun soutien à la croissance, zéro croissance et donc zéro espoir", dit-il encore.

François Bayrou s’en prend aux socialistes en les accusant d’avoir creusé la dette, Manuel Valls lui fait remarquer qu’il a aussi été au gouvernement sous Balladur et sous Juppé.

22h10

Son idée de gouvernement d'union nationale est la même que celle de Dominique de Villepin, François Bayrou salue le combat de l’ancien Premier ministre.

Sur un éventuel ralliement avec le candidat socialiste, il réplique : "Mon projet n'est pas de rallier François Hollande, il est de le battre."

22h

Sur l’éducation, le candidat centriste revient sur la proposition de François Hollande de créer 60 000 postes d’enseignants et affirme que "personne ne créera" ces postes.

Il dit vouloir lutter contre la violence à l’école en mettant les élèves violents dans des "collèges hors les murs pour les remettre d'aplomb et proposer des rattrapages à ces élèves déstabilisés et qui déstabilisent".

"Il y a un moyen de lutter contre la violence, c'est que les enfants apprennent la langue, apprennent à parler, à exprimer les choses, cela doit être 50% du temps scolaire en primaire : la lecture, l'écriture, la langue française" estime-t-il.

21h55

Sur la fin de vie, Francois Bayrou estime que la loi Leonetti n’est "pas bien appliquée, mais répond à toutes ces questions : pas d'acharnement thérapeutique, on vous demande de votre avis ou celui de vos proches si vous êtes inconscient".

21h50

Sur l’immigration légale, François Bayrou estime que les chiffres présentés par ses concurrents sont de "l’imposture". "Sur les 200 000 entrées, 70 000 sont en provenance de l'Union européenne. Mais il y a trop d'immigrés clandestins et d'enfants immigrés non-intégrés".

Le candidat centriste s’est prononcé pour un ISF "intégré dans l’impôt sur le revenu", il le veut "plus juste et plus large, et (qui) rapporte plus".

21h35

François Bayrou propose la reconstruction "d’un commissariat aux plans" pour revenir à "une stratégie nationale de production". Parmi les secteurs dans lesquels il faut investir, François Bayrou cite "la pharmacie, l’aéronautique, l’automobile voire le textile".

Le candidat centriste souhaite revenir sur la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires. Il estime aussi que "le travail est sous-payé en France".

François Bayrou est pour la mise en place de la règle d'or budgétaire, qu'il "défend depuis 10 ans". Quant au "made in France", il a défendu une "stratégie nationale de production", basée sur les fleurons de la France : "Ariane, Airbus, le TGV, Areva !"

21h20

François Bayrou prévoit 50 milliards d’économies, 20 milliards concernent l’Etat, 20 milliards concernent la sécurité sociale et 10 milliards les collectivités territoriales. Le candidat centriste dit exclure le gel des salaires des fonctionnaires. "Le blocage à 0% des dépenses publiques permet de sortir du déficit en deux ans", affirme François Bayrou.

Il souhaite par exemple créer un "sas" avec des médecins de ville pour "aiguiller" les patients, soit "2 milliards d’économies à la Sécurité sociale", estime-t-il.

Sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, le candidat centriste explique "qu’il ne faut pas le faire à l’aveugle", mais il ne reviendra pas sur le système. "Il faut économiser des postes là où on peut réorganiser l'action de l'Etat", souligne-t-il.

Selon lui, "les démonstrations arithmétiques acrobatiques de Nicolas Sarkozy ne tiennent pas la route."

21h10

Dès le début de l’émission, François Bayrou tente de se démarquer de ses deux principaux concurrents, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Selon lui, Nicolas Sarkozy ferait courir le risque de la "division" en France et accuse le candidat socialiste de bercer le pays "d’illusions".

Il explique détester les "barnums", les gros rassemblements politiques sur le modèle de ceux de ses deux concurrents. Il estime qu’ils sont "stupides".

Le candidat a défendu le centrisme : "la seule fois où le centre a accédé au pouvoir suprême (avec Giscard), c'est quand il s'est affiché dans un camp." Mais il a "créé la surprise en réunissant des forces qui étaient de droite et de gauche"".

François Bayrou succède à Nicolas Sarokzy sur le plateau de "Des paroles et des actes". Le candidat du MoDem espère toujours atteindre le second tour de la présidentielle. Une tâche ardue pour le candidat centriste qui stagne dans les sondages. Aujourd’hui placé 4e dans les intentions de vote, François Bayrou a déjà reçu le soutien de 18 sénateurs centristes. "François Bayrou se tient à l'écart des propos clivants, de la culture des antagonismes. Il a vocation à rassembler les Français au-delà des frontières partisanes. A ses côtés, nous voulons remettre la France et l'Europe d'aplomb", affirment ces sénateurs.

Hollande veut supprimer le mot "race" de la Constitution

Le Point.fr - Publié le 10/03/2012 à 19:16 - Modifié le 10/03/2012 à 19:33

Le candidat socialiste promet de retirer le mot des textes dès le lendemain de son élection.

François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, a annoncé samedi qu'il demanderait au Parlement de supprimer la mention de race dans la Constitution française s'il était élu. "Il n'y a pas de place dans la République pour la race. Et c'est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot race de notre Constitution", où il figure dans son article premier, a déclaré François Hollande lors d'un meeting consacré à l'outre-mer à Paris, où il a été chaudement applaudi après cette annonce.

Dans son article 1er, la Constitution déclare : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion." "La Republique ne craint pas la diversité parce que la diversité, c'est le mouvement, c'est la vie. Diversité des parcours, des origines, des couleurs, mais pas diversité des races", a dit le candidat socialiste, reprenant à son compte la phrase du poète martiniquais Aimé Césaire "la France est poreuse à tous les souffles du monde".

"Vous êtes le peuple qui aspire au changement, et pas pour demain. Ce peuple a toutes les couleurs, car la France que nous aimons a toutes les couleurs. Vous incarnez ce que notre pays a de plus précieux : sa diversité, et cette diversité, c'est notre identité", a affirmé François Hollande dans le gymnase Jean-Jaurès (19e arrondissement), où se pressaient plus d'un millier de participants.

La démographie, le sujet tabou de l'écologie

Denis Garnier | Démographie Responsable

« Je vais vous parler ce soir du plus grave des dangers qui menace notre avenir : celui de la surpopulation, tant dans le monde qu'en France. »

C'est par cette phrase crépusculaire que René Dumont, candidat écologiste à l'élection présidentielle, commença son allocution télévisée du 22 avril 1974. A cette date, la France comptait 53 millions d'habitants et la planète 4 milliards.

Un peu moins de quarante ans plus tard, alors que notre pays a gagné 10 millions d'habitants (+ 20%), la planète 3 milliards (+ 75%), et que les problèmes environnementaux ne se sont pas atténués, bien au contraire, les enfants spirituels du fondateur du Mouvement écologique ne mettent plus cette question en tête de leurs préoccupations, et ils l'ont même totalement évacuée.

A sa décharge, l'écologie politique n'est pas seule à avoir été frappée d'amnésie. Le débat sur la population a connu un creux depuis les conférences internationales qui lui ont été consacrées : Bucarest (1974), Mexico (1984) et Le Caire (1994). La révolution, qui n'a de « verte » que le nom, a en effet permis de nourrir six personnes sur sept, le milliard de malnutris restant étant en majeure partie dû à la mauvaise organisation de la production et des échanges, voire à la spéculation.

Populationnistes et anti-natalistes s'écharpent

L'éloignement relatif du spectre des famines a ainsi relégué momentanément au second plan la question démographique. Ce n'est qu'à la faveur de la prise de conscience de la sixième extinction de la  biodiversité, de la pénurie prochaine des énergies fossiles et du réchauffement climatique que la question est revenue sur le devant de la scène. Elle pourrait s'y installer durablement si le sujet n'était pas si sensible et controversé.

Rappelons tout d'abord que notre pays est parmi les plus natalistes de la planète et que nos allocations et quotients familiaux y sont pour beaucoup, avec des conséquences parfois surréalistes comme dans les DOM : le département français de la Guyane a en effet le plus fort taux de fécondité (3,4) de toute l'Amérique du sud... De plus, il n'est qu'à entendre les cocoricos gaulois de l'establishment qui accompagnent régulièrement la publication des statistiques de l'Institut national d'études démographiques (INED) ou de l'Insee pour s'en convaincre.

Il est possible aussi que certains considèrent que nous allons de toute façon plafonner à 10 milliards en 2100 et que l'inertie des phénomènes démographiques est telle que rien de sérieux ne pourra être entrepris d'ici là. On pourra leur répondre que, compte tenu de taux de fécondité différant « seulement » de 0,5 enfants par femme, les dernières projections onusiennes (basse, moyenne et haute) sont respectivement (en milliards) de 8,1 / 9,3 / 10,6 pour 2050 et 6,2 / 10,1 / 15,8 pour 2100 et que cet éventail suffisamment large indique que toute politique volontariste serait loin d'être vaine.

Une question qui n'intéresse pas les Verts

Excepté le député Yves Cochet et l'élu municipal Hugues Stoeckel, aucun Vert connu ne semble s'intéresser franchement à cette question. Si tant est qu'ils en aient conscience, les autres responsables écolos pensent-ils que la population n'est pas prête à recevoir un tel message ou du moins que cette question est par trop clivante ?

Il est vrai que les débats sur le Net sont parfois musclés, certains « populationnistes » conseillant parfois aux « anti-natalistes » « d'aller se faire pendre ailleurs », au sens propre du terme. Mais pour autant que les commentaires des internautes aient valeur de sondage, on remarquera que les deux points de vue sont à peu près également représentés.

Les contradictions de l'écologie française

Il est aussi intéressant de rappeler que l'écologie française est anthropocentriste et se préoccupe donc en premier des humains, les autres espèces n'étant là que pour les servir.

Par exemple, peu lui chaut le sort des tigres (dont 97% ont été éliminés depuis le début du XXe siècle), des gorilles ou des baleines : l'empathie envers la mégafaune n'apporte aucun succès électoral et on se contente de surfer sur les préoccupations quotidiennes de nos concitoyens sans chercher à leur ouvrir les yeux ni à les sensibiliser sur des sujets plus profonds. Un écologiste des plus sincères et qui en avait, en quelque sorte, fait son « fonds de commerce » en a d'ailleurs été pour ses frais lors des primaires d'EELV...

Une vision manichéenne

Dans le même ordre d'idée, le positionnement politique (très à gauche) de l'écologie française la place dans une contradiction difficile à résoudre : la démographie (le nombre) c'est essentiellement le peuple et celui-ci ne peut avoir tort. Une certaine vision manichéenne du monde conduit ainsi à considérer que seul le mode de vie (des riches) est coupable.

Enfin, pour la frange « alter-mondialiste » de l'écologie, tenter de maîtriser l'explosion démographique du Sud s'apparente à du néo-colonialisme. Mea culpa, mea maxima culpa, chargé d'un lourd fardeau de mauvaise conscience, à cause d'un passif colonial bien réel, ce courant s'interdit ce genre de démarche.

Or bien souvent, conscients de la gravité de la situation, ce sont les intéressés eux-mêmes qui sont demandeurs, comme le montre ce micro-trottoir (Dakar) ou les interventions de Mme Chantal Compaoré (Burkina Faso) et de M. Aboubakar Namoda (Niger). Il n'est pas non plus impossible que certaines personnes nourrissent l'espoir qu'une « troupe d'affamés » débarrassera un jour le monde de ses oppresseurs.

Mais au fond, la constatation la plus attristante est que les mesures qui permettraient de faire diminuer la natalité galopante des pays les plus pauvres sont tout à fait admises par le mouvement écologiste, puisqu'il s'agit en fait de donner plus de droits aux femmes, que ce soit celui à l'instruction ou celui de disposer librement de leur corps (30% des grossesses des pays du Sud ne sont pas désirées).

Mais une chose est de reconnaître ces droits fondamentaux « sur le papier » et une autre est de se mobiliser ouvertement pour les faire triompher

6ème semaine de congés : les Suisses refusent de travailler moins pour gagner autant

A près de 70%, les électeurs suisses ont refusé par référendum une sixième semaine de congés. Abusés par la propagande patronale, ces naïfs craignaient d’y perdre en compétitivité…

Aïe ! Ce sont les frontaliers français qui vont être de mauvais poil en arrivant au boulot ce matin : leurs collègues de travail helvètes ont en effet refusé, hier et à près de 70%, de s’octroyer une sixième semaine de congés payés…

C’est qu’ils sont comme ça, les Helvètes, sympas mais un peu bourrins. Contre toute raison, ils sont convaincus que c’est en continuant de travailler beaucoup (42 heures hebdomadaires en moyenne pour une durée légale de 45 heures) qu’ils préserveront leur niveau de vie élevé et leur quasi plein emploi.

N’importe quoi !

Le problème, c’est qu’ils ne sont pas assez perméables au consensus gaulois sur la façon d’aborder les grandes mutations du moment. Et bien trop sensibles à la propagande du patronat et des gnomes de Zurich. « Regardez les Français : depuis qu’ils sont passés aux 35 heures, leur chômage a explosé et leurs usines se délocalisent à la vitesse d’un cheval chinois au galop », assure benoîtement le MEDEF local.

Hum, c’est sûr, si l’on commence à introduire un argument aussi spécieux dans le débat, on ne va pas aller très loin. Oui la France compte proportionnellement trois fois plus de chômeurs que la Suisse, rémunère ses salariés jusqu’à deux fois moins, n’exporte plus grand chose quand le petit voisin inonde la planète de sa mécanique de précision et de ses molécules pharmaceutiques, mais il faut vraiment être d’assez mauvaise foi pour en conclure que c’est elle qui se plante.

Chacun sait bien, de fait, que si la France est dans les trente-sixième dessous, c’est justement parce qu’elle n’a pas encore suffisamment réduit la durée légale du travail et que c’est en passant aux 32 heures qu’elle redressera enfin la barre. Tout comme chacun sait bien que l’emploi est une sorte de gros fromage circulaire dont le volume est fixé par décret, sur la base d’une loi naturelle, et qu’il suffit de le découper en tranches toujours plus fines pour rassasier tout le monde.

Ah, s’ils faisaient du camembert, les bouffeurs de Gruyère, ils l’auraient compris depuis longtemps… Les frontaliers suisses travaillant en France pourraient d’ailleurs le leur expliquer, mais on me dit que c’est assez rare comme espèce. C’est dingue ce qu’ils sont à côté de la plaque, ces gens-là.

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).

jeudi 8 mars 2012

Les meilleures propositions (selon moi) des candidats aux élections présidentielles 2012 sur le thème "Education et Recherche"

Après "Economie et Emploi", c'est l'item "Education et Recherche" qui constitue la priorité d'un programme pour l'élection présidentielle. L'Education car elle déterminera la valeur de notre jeunesse sur le marché de l'emploi futur, et la Recherche car elle déterminera la valeur de nos entreprises face à la concurrence mondiale dans le futur.

Voici les 18 propositions qui m'ont le plus interpelé. Je les présente une fois de plus anonymement afin que chacun puisse juger ce qui est dit plutôt que celui/celle qui le dit. Les noms des auteur(e)s ne seront révélés qu'à la fin de l'article.

Ecole, collège, lycée
Élèves défavorisés et ZEP


proposition 01
Le système d’affectation des enseignants sera modifié afin qu’aucun enseignant ayant moins de cinq années d’exercice ne soit nommé contre son gré dans les zones sensibles.
Les enseignants en zones sensibles bénéficieront d’un allègement des charges horaires devant les élèves pour passer plus de temps en formation continue.

proposition 02
Nous souhaitons atteindre l’objectif de 20 000 places en internat d’excellence qui permettent aux élèves défavorisés de bénéficier de meilleures conditions d’études dès lorsqu’ils ont de bons résultats scolaires et qu’ils sont volontaires et motivés.
Nous poursuivrons également le développement des places en Épide (établissement public d’insertion de la défense), en continuant à les cibler sur les jeunes en difficulté scolaire, sans qualification professionnelle ni emploi, en risque de marginalisation et volontaires, pour les réinsérer durablement.
Nous voulons ouvrir au moins deux « classes préparatoires aux études supérieures » par académie. Ces classes sélectionnent après le bac les meilleurs élèves boursiers pour une année de transition vers les classes préparatoires aux grandes écoles. Elles permettent à des élèves qui auraient un bon potentiel mais des lacunes à combler d'accéder à des filières très sélectives, sans baisser les exigences de la méritocratie républicaine.

Orientation

proposition 03
Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, la plupart du temps, d’ordre pédagogique ou de l’ordre des « capacités » comme on dit. Les repérer tôt, par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre, soit au sein de l’école, soit plus souvent encore auprès des pédopsychiatres.
Aucun élève ne doit entrer au collège sans qu’il soit garanti qu’il maîtrise la lecture et l’écriture. S’il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l’écrit.

proposition 04
La génération ERASMUS sera étendue, en favorisant la mobilité internationale des jeunes, lors de la formation autant que de l'orientation. L’objectif de 30% d'une classe d'âge ayant passé au moins six mois à l'étranger sera fixé

Violence à l'école

proposition 05
L’insécurité à l’école doit être traitée de la même manière que l’insécurité en général : tolérance zéro. Les établissements les plus dangereux seront équipés de portiques de détection des métaux, même temporairement.
Alourdissement des peines pour les personnes coupables d’avoir agressé physiquement ou verbalement un enseignant.

Formation professionnelle

proposition 06
Suppression progressive sur le quinquennat du collège unique qui a été un terrible échec.
Les filières techniques et manuelles seront revalorisées.
L’apprentissage à 14 ans sera rétabli.
Maintien du baccalauréat, qui doit retrouver son caractère sélectif : refus de tout contrôle continu : seul l’examen national permet l’égalité.
L’abaissement à 14 ans de l’âge plancher pour pouvoir bénéficier d’un contrat d’apprentissage sera décidé.
L’apprentissage sera valorisé dans le cadre de la réforme de l’enseignement professionnel que nous engagerons. L’objectif sera de passer à la fin du quinquennat à environ 700 000 apprentis contre 500 000 aujourd’hui (en Allemagne, on compte 1,5 millions d’apprentis). La suppression du collège unique et la valorisation des filières professionnelles participeront de cet effort.

proposition 07
Nous souhaitons que les métiers du tourisme et de l’hôtellerie-restauration soient davantage valorisés auprès des jeunes.
Si le capital humain est notre première richesse, alors on ne peut pas le considérer comme une variable d’ajustement ! On doit mettre la formation professionnelle au cœur de nos décisions d’investissement. Garantir l’employabilité des travailleurs français, c’est la meilleure assurance contre le chômage.
Nous voulons porter à un million le nombre des apprentis sur cinq ans. Nous donnerons à ceux qui le souhaitent la possibilité d’entrer dans l’apprentissage dès 14 ans, mais également de revenir dans l’enseignement général. À cet effet, nous développerons les classes « métiers-études » dans le cadre du collège pour tous.
Nous voulons attribuer à chacun un compte individuel de formation dont le capital de départ sera inversement proportionnel à la formation initiale, afin qu’un salarié puisse bénéficier d’une formation tout au long de la vie, surtout lorsqu’il a une formation initiale courte ou lorsqu’il est porteur d’un handicap.

Méthodes d'enseignement

proposition 08
La reconstruction d’une année de formation, en alternance avec l’exercice dans la classe, est impérative et étroitement liée au contrat de progrès de l’éducation nationale. Il s’agit du moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutants avec l’expérience de leurs collègues plus expérimentés et assurés.
La question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie, mais par l’évaluation des résultats.
Il faut penser le nombre d’élèves par classe en fonction de la réalité de la classe. À classe difficile, petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.
Dans chaque discipline, le « apprendre à apprendre » et le retour assidu aux bases doivent servir de socle. Les programmes doivent être écrits avec les enseignants en imposant la faisabilité sans précipitation, et la simplicité. Je propose qu’un débat parlementaire permette d’exposer à la nation le principe des programmes et leur lisibilité.
Les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n’est pas normal que l’école française soit celle qui concentre le plus d’heures sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne doivent pas dépasser une charge horaire d’une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire un allègement des horaires pour un grand nombre d’élèves.
Réflexion générale sur l’éducation numérique. Très importante pour l’avenir. Il n’y a pas d’éducation entièrement dématérialisée, et déshumanisée, mais les ressources du e-learning sont pour l’avenir un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte.

Handicap et discrimination positive

proposition 09
Rétablissement du principe d’égalité et de méritocratie : bannissement des pratiques de discrimination positive dans tous les secteurs de la société (école, université, entreprise, administration).
Veiller à l’application de loi handicap de 2005 dans l’entreprise (conformité des postes de travail, développement du « e Learning »).

Aide aux élèves

proposition 10
Je proposerai que tant que cela est nécessaire 50 % du temps scolaire à l’école primaire soit consacré à la maîtrise de l’écrit, comme on dit actif et passif, et à la langue française, en sa beauté à découvrir, à ce qu’elle peut exprimer de nuances, de richesses, en son vocabulaire.
Le premier lieu de l’éducation, c’est la famille. Favoriser la mise en place « d’écoles de parents » associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leurs enfants.
Informer les élèves sur ce qu’ils ne maîtrisent pas : les codes de comportement, d’habillement, de langage, les chemins de la confiance en soi.
Les devoirs doivent être faits dans le cadre de l’établissement, sous la surveillance de tuteurs, les enseignants de l’établissement s’ils le souhaitent, des enseignants à la retraite, des étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l’enseignement et servir de « grands frères », de tuteurs et d’appui aux élèves plus jeunes.

Réformes de l'éducation nationale

proposition 11
Il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. Je ne suis pas pour qu’on remette en cause le décret des années 50 qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter si on le souhaite une présence plus longue dans l’établissement, par exemple en construisant des bureaux, mais les procès doivent cesser.
Arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication de réunions, l’avalanche des livrets de compétences.
Au lieu d’être dans la « réformite », il faut un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme. Pour vraiment changer les choses, il faut cesser d’aller en fausses « réformes » en fausses « réformes », qui ne changent rien sur le fond, mais déstabilisent perpétuellement l’éducation nationale et le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C’est de la fausse monnaie.
Les concours de recrutement nationaux sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré.
Donner aux chefs d’établissement des possibilités nouvelles : recrutement direct des remplaçants, gestion d’un volume d’heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe.
Contre la double pénurie de scientifiques et de littéraires, réfléchir à l’organisation des baccalauréats, notamment la réflexion sur un baccalauréat d’excellence générale, à la fois littéraire et scientifique.

proposition 12
Il est tout simplement inadmissible qu’un pays comme la France laisse de côté 30 % de ses enfants en acceptant qu’ils ne maîtrisent pas les fondamentaux et qu’ils démarrent dans la vie avec un si gros handicap. Aussi, j’augmenterai le nombre d’heures hebdomadaires consacrées au français dans le cycle élémentaire de 10 à 16 h (comme en 1969) et je dédoublerai au maximum les classes de CP pour faciliter l’apprentissage de la lecture et limiter toute prise de retard.
Les coupes arbitraires d’effectifs et la dévalorisation de la condition enseignante ont créé un profond malaise dans un corps enseignant pourtant dévoué. Je propose donc de mettre fin à la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux pour permettre de recruter plus d’enseignants là où il y en a besoin (notamment du CP au CE2 pour assurer un meilleur apprentissage des fondamentaux) et mieux récompenser l’enseigne- ment dans les zones difficiles.

proposition 13
La politique du « 1 sur 2 » (non remplacement d’un enseignant partant à la retraite sur deux) cessera : l’intégralité des départ à la retraite sera remplacée. Il n’y aura cependant pas de créations de postes supplémentaires, dans un souci de responsabilité budgétaire.
Les efforts de réduction d’effectifs seront concentrés sur l’administration centrale du ministère de l’Education nationale.
Augmentation en conséquence du nombre d’heures consacrées à ces matières, qui a sans cesse baissé depuis les années 1970. En 1976, un élève qui sortait du collège avait reçu 2800 heures d’enseignement du français depuis son entrée en CP. En 2004, c’était 2000 heures, soit 800 de moins, l’équivalent de deux ans et demi de cours.
L’école primaire doit donc être réformée en profondeur. Il faut en particulier revoir le statut de l’école, créer un nouveau type d’établissement public sur le modèle des collèges et lycées.
Un statut du directeur d’école devra lui donner les moyens d’accomplir complètement ses missions. Une revalorisation de la rémunération et une amélioration du régime de décharge sont indispensables pour pallier les problèmes actuels de recrutement, qui sont préoccupants.

Enseignement supérieur et recherche
Orientation des étudiants

proposition 14
Organiser une campagne systématique d’information indiquant aux étudiants les chances réelles de débouchés dans les disciplines qu’ils vont choisir.

Recherche dans les entreprises

proposition 15
Les professeurs du secondaire et d’université doivent eux-mêmes se voir offrir les moyens de passer un an dans une entreprise tous les sept à dix ans. La priorité absolue est de leur faire connaître les PME-PMI innovantes et créatrices d’emploi.

proposition 16
Une concertation élargie à tout le monde de la recherche, via l’organisation d’états-généraux en début de quinquennat, permettra de déterminer les grands domaines prioritaires de recherche sur lesquels les investissements les plus massifs devront être portés. La Planification Stratégique de la Réindustralisation fixera dans le cadre de ces états-généraux ses priorités, afin que les filières industrielles puissent déterminer et cofinancer les travaux de recherche qu’elles jugent les plus utiles.
Le budget de la recherche publique non finalisée sera progressivement augmenté lorsque la situation des finances publiques se rétablira, et les évaluations quinquennales des laboratoires seront rendues très rigoureuses pour définir le montant du renouvellement des aides.
La coopération entre la recherche privée et la recherche publique sera encouragée via le développement d’une logique de coopération transversale (en « clusters ») au détriment des logiques en tuyaux d’orgue. Les pôles de compétitivité existants feront l’objet d’une évaluation rigoureuse pour déterminer les progrès réalisés en ce sens et les blocages persistants. Les bonnes pratiques seront diffusées sous l’impulsion de l’Etat stratège.

Recherche publique

proposition 17
Encourager la structuration de la recherche en réseaux pour développer des synergies, tout en donnant à chaque laboratoire de recherche reconnu par l’Etat les moyens de travailler efficacement.
L’objectif fixé est de porter l’effort de recherche national à 3% du PIB en 2017. Les contraintes budgétaires ne permettront qu’un accroissement limité et progressif des sommes consacrées à la recherche publique. C’est donc avant tout par une incitation forte du secteur privé à accroître ses objectifs que cet objectif pourra être atteint.
Afin d’améliorer le fonctionnement des grands centres nationaux de recherche, au premier rang desquels le CNRS, un audit sera réalisé en début de quinquennat par les services de l’Etat et des représentants du secteur privé afin de lutter contre les lourdeurs administratives et de mettre en place des modes de fonctionnement plus simples et dynamiques, adaptés à la compétition internationale.

proposition 18
Nous voulons mieux valoriser la recherche publique en favorisant les liens entre les universités et les entreprises et en intéressant les chercheurs publics aux retombées financières de leurs découvertes.

Qui sont les candidat(e)s auteur(e)s des propositions ci-dessus ? Essayez de deviner ...
Réponses ! :


Elèves défavorisés et ZEP
proposition 01 : Eva Joly
proposition 02 : Nicolas Sarkozy

Orientation
proposition 03 : François Bayrou
proposition 04 : Eva Joly

Violence à l'école
proposition 05 : Marine Le Pen

Formation professionnelle
proposition 06 : Marine Le Pen
proposition 07 : Nicolas Sarkozy

Méthodes d'enseignement
proposition 08 : François Bayrou

Handicap et discrimination positive
proposition 09 : Marine Le Pen

Aide aux élèves
proposition 10 : François Bayrou

Réformes de l'éducation nationale
proposition 11 : François Bayrou
proposition 12 : Nicolas Dupont-Aignan
proposition 13 : Marine Le Pen

Orientation des étudiants
proposition 14 : Jacques Cheminade

Recherche dans les entreprises
proposition 15 : Jacques Cheminade
proposition 16 : Marine Le Pen

Recherche publique
proposition 17 : Marine Le Pen
proposition 18 : Nicolas Sarkozy

samedi 3 mars 2012

Les meilleures propositions (selon moi) des candidats aux élections présidentielles 2012 sur le thème "Economie et Emploi"

Après avoir lu l'intégralité des programmes d'une dizaine de candidats à l'élection présidentielle 2012, je livre ci-dessous les 26 propositions sur le thème "Economie et Emploi" qui m'ont le plus interpelé. "L'Economie et l'Emploi", c'est fondamental ! C'est ce grâce à quoi on pourra financer tous les autres projets.

Chômage

proposition 01
La lutte contre le chômage se fera selon deux grands axes : la réindustrialisation de notre pays, et le soutien aux PME, qui sont les premiers créateurs d’emplois en France. Le renforcement du dynamisme du marché du travail contribuera également à la lutte contre le chômage.
Le fonctionnement de Pôle Emploi sera revu et fera l’objet d’un audit en collaboration avec les représentants des demandeurs d’emploi
Le non respect par un demandeur d’emploi des obligations imposées par Pôle Emploi (obligation de recherche, d’acceptation d’un emploi dans les conditions qui seront définies) sera plus sérieusement vérifié.
Une loi contraindra Pôle Emploi à proposer, toujours à compétences égales, les emplois disponibles aux demandeurs d’emploi français. Les administrations respecteront également ce principe, et la liste des emplois dits « de souveraineté » sera élargie, notamment dans les secteurs régaliens où les professions seront réservées aux personnes ayant la nationalité française.

proposition 02
Nous développerons les contrats d’insertion, afin d’inciter les bénéficiaires du RSA à reprendre une activité. Un contrat à temps très partiel pour rendre un service à la collectivité est un premier pas pour sortir la personne en difficulté de la spirale de l’isolement, pour l’aider à retourner vers l’activité. C’est aussi une manifestation concrète d’un équilibre entre droits et devoirs. La solidarité nationale ne peut pas s’appliquer pour celui qui refuse de travailler alors qu’il en a la capacité et peut gagner davantage. Nous diminuerons donc le RSA socle pour les personnes qui refuseraient un contrat d'insertion, alors qu'elles peuvent travailler.

Salaires et rémunérations

proposition 03
Nous proposons de financer une diminution des charges des cotisations sociales salariales par l’institution d’une Contribution Sociale aux Importations égale à 3 % du montant des biens importés.
Une réserve légale de titres sera instaurée. Elle sera un moyen de reconnaître au personnel une part de propriété dans l’entreprise, sans droit de vote, mais permettant le versement de dividendes.

proposition 04
J’instaurerai un salaire maximum pour les entreprises dans lesquelles l’Etat a une participation afin qu’il ne soit pas possible de gagner plus de 36 fois le SMIC quel que soit sont niveau dans la hiérarchie de l’entreprise.
Je créerai également à côté du CDD et du CDI un contrat de participation, qui intéressera directement le salarié aux bénéfices de l’entreprise, en contrepartie d’un investissement plus important dans les décisions de la vie de la sociéte
Il est vital de réconcilier les entrepreneurs avec les salariés, qui partagent en réalité les mêmes intérêts : c’est pourquoi il faut créer un système où tout le monde tirera profit du progrès économique. Ainsi, j’irai plus loin dans la participation en introduisant un tiers de représentants des salariés dans les Conseils d’Administration, en fixant un objectif de 15 % d’actionnariat salarié et en créant un statut spécifique pour les entreprises qui veulent aller plus loin tout en encourageant l’économie mutualiste.

Relations avec les syndicats

proposition 05
Promouvoir une démocratie sociale digne de ce nom. Comme en Allemagne, les représentantEs des salariés doivent être associés aux décisions stratégiques, avec 50% des sièges dans les conseils d'administration.

Grandes Entreprises

proposition 06
Les grandes entreprises, qui recourent le plus massivement à des emprunts intragroupes, ne pourront plus échapper à l’IS par ce biais là. Un système plus contraignant sera instauré pour les emprunts réalisés dans le cadre d’opérations purement financières en cas d’abus (succession anormale de LBO sur une même cible sur une courte période). De même, les groupes ne pourront plus localiser artificiellement leur bénéfice à l’étranger en adaptant librement leurs prix de transfert : ces derniers seront plus contrôlés.
Les 50 plus fortes capitalisations boursière, fleurons des entreprises françaises, devront affecter 15% de leur résultat net en réserve spéciale de réindustrialisation.

proposition 07
Une distinction sera faite entre les bénéfices réinvestis et ceux distribués aux actionnaires.
J’engagerai avec les grandes entreprises françaises un mouvement de relocalisation de leurs usines dans le cadre d’un contrat spécifique.
J’instaurerai, pour les entreprises qui se délocalisent, un remboursement des aides publiques reçues.

Consommation et pouvoir d’achat

proposition 08
Une tarification progressive de l'électricité, du gaz et de l'eau pour garantir à toutes et tous l'accès élémentaire à ces biens, favoriser les économies tout en décourageant le gaspillage.
Une stratégie nationale contre le gaspillage : extension du système de bonus-malus aux produits électroménagers, allongement de la garantie des produits, soutien au secteur de la réparation, etc.
La lutte contre le surendettement, avec l'interdiction de la publicité pour les crédits à la consommation, le plafonnement des taux pratiqués, et la possibilité pour une personne de se déclarer en faillite.
Renforcer le rôle des usagerEs au sein des institutions et des entreprises qui jouent un rôle directeur en matière de transports, énergie ou santé (SNCF, CEA, EDF, agences sanitaires...)

PME

proposition 09
Mise en place politique de l’équivalent français du « small business act » accordant aux PME/PMI françaises une priorité d’accès aux marchés publics locaux et nationaux.
Les TPE profiteront notamment : de la Grande Réforme de Simplification (simplification des normes, dématérialisation, carte d’identité numérique, simplification du bulletin de salaire) qui s’appliquera à toutes les entreprises,des mesures prises en faveur du financement des entreprises, de la loi Achetons français qui favorisera toutes les productions françaises, y compris au niveau très local (fournitures des collectivités en prestations de service et biens de consommation courante).
Le crédit impôt recherche visera en priorité les PME/PMI innovantes et cessera de constituer une subvention non-justifiée aux très grands groupes qui délocalisent. Il sera conditionné au maintien intégral des centres de recherche et de développement en France.
Sera créée au sein du ministère de l’Economie, de l’Entreprise et du Travail une cellule délais de paiement chargée de collecter les réclamations des PME/PMI dont les clients ne respectent pas les termes de la loi de modernisation de l’économie de 2008.
Le Crédit impôt recherche (CIR) profite aux groupes du CAC 40. Il s’agira de redistribuer le CIR vers les PME.

proposition 10
Un “Pacte pour les PME” réorientera le soutien à l’innovation vers les PME, modulera le soutien public pour favoriser les entreprises qui contribuent à la transition écologique, et leur donnera un accès priori-taire aux marchés publics via l’élaboration d’un “Small Business Act” à la française.
L’État prendra un engagement national pour l’économie sociale et solidaire (ESS). L’ESS sera dotée d’une loi-cadre et de Fonds régionaux éthiques. Le droit sera réformé pour obliger les actionnaires qui ferment un site à le mettre en vente pour favoriser la reprise de l’activité, avec priorité pour les salariés.

proposition 11
Les petites entreprises sont celles qui créent de l’emploi en France, elles ne délocalisent pas comme les grands groupes. Je souhaite donc diminuer de moitié l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français, exonérer de cotisations sociales pendant cinq ans le recrutement d’un chômeur de longue durée, simplifier les contraintes administratives et leur réserver par la loi une part plus importante des marchés publics.

Commerce international

proposition 12
La relocalisation sur le territoire national des forces de production des entreprises, dans le cadre de la politique de réindustrialisation de la France, permettra une production au plus près des systèmes de distribution et des consommateurs. Associée à une valorisation forte du « achetons français », elle engendrera une baisse considérable des émissions de gaz à effet de serre, via une drastique réduction des circuits de transport au niveau international.
Les protections raisonnées aux frontières nationales, via notamment des droits de douane ou des contingentements, seront déterminées non seulement selon le niveau de protection sociale des pays exportateurs, mais aussi selon la qualité écologique et de sécurité de leur production.

proposition 13
La France soutiendra l’instauration d’une préférence sociale et environnementale aux frontières de l'Europe : les produits entrants sur le marché commun devront respecter les normes environnementales et les normes sociales internationales de l’Organisation Internationale du Travail.

proposition 14
Le libre-échange déloyal provoque une course sans fin au moins-disant social, salarial, fiscal et environnemental. En effet, la France ne peut pas conserver ses acquis sociaux et environnementaux et être en concurrence avec des esclaves en Asie ! C’est pourquoi nous rétablirons des règles commerciales équitables en mettant en place des droits de douane et des quotas, comme le font la grande majorité des pays asiatiques ou d’Amérique Latine, afin de relocaliser l’activité en France. Le produit de ces taxes pourra être en partie affecté au financement de notre protection sociale.
Notre déficit commercial bat des records. Je propose de mettre en place un étiquetage précis des produits vendus en France de manière à connaître la part du « fabriqué en France ». Surtout, j’obligerai les administrations à acheter français à qualité équivalente. Je rétablirai un système d’actions préférentielles pour protéger nos entreprises stratégiques des OPA. Et enfin j’exigerai que les produits importés soient soumis aux mêmes normes que les produits français.

Economie verte

proposition 15
L’écologie est trop souvent conçue et mise en œuvre de manière punitive. C’est pourquoi je propose de la mettre au service de l’emploi : création de pôles de compétitivité dédiés à l’environnement, formations universitaires et mise sur pied d’un grand service public du recyclage et des filières de substitution aux hydrocarbures (énergie, plastique).

proposition 16
La France respectera ses engagements internationaux pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Je doublerai le plafond du livret développement durable, en le portant de 6 000 à 12 000 euros.
Je lancerai un vaste plan qui permettra à 1 million de logements par an de bénéficier d’une isolation thermique de qualité. Seront ainsi créés des dizaines de milliers d’emplois. Les économies de chauffage qui en découleront redonneront du pouvoir d’achat aux ménages.

Banques et régulation financière

proposition 17
Séparation par la loi des banques de dépôt et des banques d’affaires.
En cas d’extrême nécessité et de risque pour les dépôts des particuliers, nationalisation, même partielle et temporaire, des banques de dépôts en difficulté.
Action déterminée de la France au niveau international pour une interdiction des produits dérivés spéculatifs et une taxe mondiale sur les transactions financières.
Le monopole des marchés financiers et des banques en ce qui concerne le financement de nos emprunts sera supprimé et la possibilité pour la Banque de France de détenir des titres de la dette publique sera rétablie.
Il conviendra d’adopter des mesures de contrôle des mouvements de spéculation des capitaux. Les banques de dépôt feront l’objet d’une nationalisation partielle aussi longtemps que nécessaire pour assainir les pratiques bancaires et sécuriser l’épargne des Français.
Nous procéderons à l’annulation des conventions fiscales avec tous les paradis fiscaux.
Les règles de transparence sur les frais de sortie et sur les tarifs des banques, des assurances, des opérateurs mobiles seront renforcées.
Fixation par la loi d’un plafond applicable au montant des frais bancaires facturés aux clients des banques (ménages et entreprises).
Les taux des crédits à la consommation et des crédits immobiliers contractés par des particuliers, feront l’objet d’un encadrement législatif et réglementaire avec notamment une révision de la procédure de fixation du taux d’usure pour empêcher les organismes de crédit de prêter à taux exorbitants.

proposition 18
Seules les banques qui n’opèrent plus dans les paradis fiscaux garderont leur licence bancaire. Cette licence, octroyée par l’Etat, donne le droit de vendre des services bancaires.
Pour en finir avec le secret bancaire et l’évasion fiscale, toutes les institutions financières qui opèrent en France et qui ouvrent un compte à une Française ou un Français, n’importe où dans le monde, devront en informer l’administration fiscale. Une disposition semblable a été votée aux Etats Unis, qui s’appliquera dès 2013 aux citoyennes et citoyens américains.
La France pèsera de tout son poids pour l’instauration d’une vraie taxe sur les transactions financières au sein de l’Union Européenne, en commençant par la zone euro.
Les banques disposent d’une garantie de l’Etat pour les dépôts des épargnants allant jusqu’à 100 000 euros par personne. La garantie publique sera réservée aux banques n’exerçant pas d’activités spéculatives sur les marchés financiers, de sorte que les contribuables ne soient plus les assureurs des activités financières à haut risque.

proposition 19
La crise financière a révélé la monstruosité d’un système bancaire qui privatise ses profits mais collectivise ses pertes, tout en jouant l’argent des épargnants au casino sur des marchés anarchiques. Pour éviter les excès du passé, je mettrai en œuvre la séparation des activités de banques d’affaires et de banques de dépôt, je ferai établir des normes bancaires strictes en interdisant le « hors bilan » et les activités les plus spéculatives.
Aujourd’hui, l’économie réelle est soumise aux humeurs irrationnelles et exubérantes des marchés et à leurs intérêts privés. Il faudra par conséquent introduire un contrôle de mouvement des capitaux aux frontières afin de limiter la spéculation et pour en finir avec les « parasites fiscaux ». Une Taxe Tobin d’au moins 0,1% sur toutes les transactions financières sera instaurée dans le cadre de ce contrôle des capitaux.

Création et financement des entreprises

proposition 20
Création d’un livret d’épargne industrie
Un soutien au financement par la création d’une ou plusieurs banques d’économie mixte décentralisées de soutien aux PME. Il est des besoins de financement, notamment en fonds propres, qui ne sont pas pris en compte aujourd’hui. Mais il est capital que cette structure soit décentralisée, qu’elle associe les collectivités locales à son action et qu’elle ne soit pas sous le seul contrôle de l’État. De tels établissements bancaires peuvent être soit organisés sur une base géographique, soit spécialisés sectoriellement (par exemple pour l’économie numérique). Ces banques pourront faire appel à des actionnaires nouveaux (type assurance-vie)
Un statut pour les Business-angels à l’image des fonds de private equity : dans le monde des entreprises innovantes, il existe une disparité très grande entre les avantages consentis aux fonds de private equity, dont les intérêts d’acquisition sont fiscalement déductibles et les Business angels, qui soutiennent des créations de start-up, ne reçoivent aucun avantage fiscal équivalent. Il faut donc leur permettre pendant les premières années de leur investissement de déduire les pertes éventuelles de ces entreprises en développement de leur propre revenu imposable, au moins partiellement.

Finances et déficit public

proposition 21
La niche dite « niche Copé », devra être supprimée, alors qu’elle coûte 3,5 milliards d’euros par an au budget de l’Etat.
On procèdera par ailleurs à une suppression progressive sur le quinquennat des taxes et impôts dont le rendement fiscal est inférieur à 50 millions d’euros par an, sauf lorsque la seule étroitesse de la taxation justifie le faible rendement.
L’allocation privilégiée de l’épargne des Français à la dette publique sera encouragée par des mesures fiscales et réglementaires et la Banque de France prendra des mesures similaires en direction des banques et des assurances.
La maîtrise dans la durée de l’endettement public sera inscrite dans une loi cadre qui instaurera à terme l’obligation d’un déficit structurel égal à zéro afin qu’aucune mesure budgétaire ne soit gagée par la croissance.
Un plan d’action volontariste sera mis en œuvre pour identifier et réduire drastiquement les dépenses inutiles et néfastes pour le pays : fraude sociale et fiscale, niches fiscales inefficaces, coûts de la décentralisation, poids de l’immigration incontrôlée sur les budgets sociaux.

Fiscalité des particuliers

proposition 22
Augmentation modérée de la TVA affectée au budget de la nation. Un point en 2012, un point (si la croissance n’est pas au rendez-vous) au 1er janvier 2014. Total au terme des trois années, par la TVA ou par le retour de la croissance : 20 milliards.
Mesures d’équité et de simplification pour l’impôt sur la fortune (Contribution de solidarité sur le patrimoine CSP) Pour tout patrimoine au-dessus de 1 million d’euro, compte tenu des abattements actuels inchangés, un revenu théorique de 1 % est intégré dans la base de l’Impôt sur le Revenu. Ainsi la progressivité est assurée et la solidarité aussi. Ajoutés à une revue des avantages fiscaux infondés, à la croissance espérée, même modeste, ces mesures approcheront les 10 milliards.
Cette contribution pendant les trois années est équilibrée. Elle touche pour plus de 50 % les plus aisés de nos concitoyens.
Mesures d’équité pour l’impôt sur le revenu : deux tranches supplémentaires, la tranche marginale actuelle à 41 % portée à 45 % ; et une tranche de solidarité pour les revenus supérieurs à 250 000 € par part portée à 50 %.

proposition 23
Outre l’intégration de la taxe d’habitation à l’IRPP, plusieurs mesures permettront de simplifier le système fiscal français.
Une réforme fiscale de grande ampleur sera mise en œuvre dans les premiers mois du quinquennat et restaurera l’égalité des Français devant l’impôt et une répartition juste des efforts nécessaires au redressement entre petites et grandes entreprises.
La tranche supérieure de l’impôt sur le revenu sera portée de 46%. Ainsi, les classes moyennes paieront moins l’impôt sur le revenu, mais les foyers très aisés le paieront davantage.
La fiscalité des dividendes sera revue pour que les revenus du capital ne soient plus favorisés par rapport aux revenus du travail.
La taxe d’habitation, opaque, sera intégrée à l’impôt sur le revenu, plus juste, sous la forme d’une taxe additionnelle qui sera aussi progressive que l’impôt sur les revenus.
Un impôt progressif unique sur le patrimoine, fruit de la fusion entre la taxe foncière et l’ISF, sur des bases rénovées assurant la justice fiscale.
Les condamnations pour la fraude fiscale à grande échelle seront considérablement renforcées et appliquées.
Les produits de première nécessité doivent continuer à bénéficier du taux réduit de TVA à 5,5 %. D’autre part, sera institué un taux de TVA majoré pour les produits de luxe (berlines, joaillerie et cosmétique de luxe entre autres exemples).

Investissements publics

proposition 24
Pour remettre la finance au service de l’économie réelle, un pôle d’investissement public sera constitué autour de la Caisse des Dépôts et Consignations et d’OSEO. Il financera les projets de transition écologique, en particulier ceux des petites entreprises et de l’économie sociale et solidaire, grâce au déploiement d’un livret Vert.
Instauration de la bioconditionnalité des aides publiques : aucune subvention ne pourra être versée pour des projets contraires aux objectifs environnementaux.

Politique monétaire

proposition 25
Depuis 1973, la France a renoncé au pouvoir de financer à 0 % par la Banque de France les grands investissements d’avenir de l’Etat, ce qui a été sanctuarisé ensuite par les traités européens. Le pouvoir de création monétaire a alors été offert aux banques privées, qui pourtant ne gèrent pas mieux l’inflation que les Etats ! Je propose donc de reprendre le plein contrôle de notre politique monétaire afin de ne plus dépendre des marchés financiers. La maîtrise de la création monétaire nous permettra de gérer avec rigueur et sérieux notre dette publique, aujourd’hui plombée par les intérêts d’emprunts que l’on doit aux banques privées.

proposition 26
Passer ensemble d’un système monétariste destructeur à un système de crédit public productif, dans lequel les États émettent du crédit-monnaie pour l’équipement de l’homme et de la nature. Ce système de crédit productif public partagé doit être fondé sur des taux de change fixes entre monnaies, même s’il faut prévoir qu’ils pourront être ajustables d’un commun accord en cas de circonstances exceptionnelles. La fixité est ce qui permettra d’éviter les spéculations monétaires à court terme détournant les flux financiers des investissements à moyen et long terme.
Sortir du système de l’euro et de l’Europe qui s’est fait depuis le Traité de Maastricht, condition pour pouvoir passer à un système de crédit productif public et retrouver notre indépendance nationale par rapport à un ordre européen actuel qui se reconnaît lui-même comme non démocratique.
Proposer à nos partenaires européens et tout particulièrement à l’Allemagne, de négocier une sortie du système actuel pour fonder en commun un système de crédit public par association de nos banques nationales, en vue de financer de grands projets d’équipement et de développement mutuels à l’échelle de l’Europe et de l’Eurasie.
Abandon des critères de Maastricht et du Pacte de stabilité, combinaison de politiques monétaires et budgétaires restrictives et relais d’un système international destructeur.
A un euro-franc, que je proposerai d’appeler euro-franc polytechnique, correspondraient d’autres euros nationaux. La cohabitation de ces différents euros nationaux serait assurée par des appréciations ou des dépréciations qui permettraient un fonctionnement du système compte tenu des réalités économiques, et non comme aujourd’hui des rapports de force financiers.


Qui sont les candidat(e)s auteur(e)s des propositions ci-dessus ? Essayez de deviner ...
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Chômage
proposition 01 : Marine Le Pen
proposition 02 : Nicolas Sarkozy

Salaires et rémunérations
proposition 03 : Marine Le Pen
proposition 04 : Nicolas Dupont-Aignan

Relations avec les syndicats
proposition 05 : Eva Joly

Grandes Entreprises
proposition 06 : Marine Le Pen
proposition 07 : François Hollande

Consommation et pouvoir d’achat
proposition 08 : Eva Joly

PME
proposition 09 : Marine Le Pen
proposition 10 : Eva Joly
proposition 11 : Nicolas Dupont-Aignan

Commerce international
proposition 12 : Marine Le Pen
proposition 13 : Eva Joly
proposition 14 : Nicolas Dupont-Aignan

Economie verte
proposition 15 : Nicolas Dupont-Aignan
proposition 16 : François Hollande

Banques et régulation financière
proposition 17 : Marine Le Pen
proposition 18 : Eva Joly
proposition 19 : Nicolas Dupont-Aignan

Création et financement des entreprises
proposition 20 : François Bayrou

Finances et déficit public
proposition 21 : Marine Le Pen

Fiscalité des particuliers
proposition 22 : François Bayrou
proposition 23 : Marine Le Pen

Investissements publics
proposition 24 : Eva Joly

Politique monétaire
proposition 25 : Nicolas Dupont-Aignan
proposition 26 : Jacques Cheminade