samedi 31 juillet 2010

Aonach Tailteann of Tailtu

Le livre le plus ancien qui évoque les Tailteann Games se trouve à la Trinity College de Dublin (université). Une seule une page est tournée chaque jour, pour les visiteurs.

Tout d'abord les jeux se passaient au moment des grandes foires annuelles, comme il y en avait au Moyen Age en Europe de l'Ouest. Ces foires duraient au moins 10 jours, mais souvent 3 semaines.

http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/foire/52757

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tailteann_Games

Les jeux étaient un des moments forts de la foire, avec lancer du marteau, saut en hauteur (les soldats devaient prouver qu'ils pouvaient sauter par dessus un adversaire), course avec des haies (naturelles), lutte, soulever de pierres lourdes, course de chars, de chevaux évidemment, etc. Un type de jeux (martiaux) à peu près similaire se retrouve en Ecosse au 12ème siècle. Au XIXème siècle, lorsque De Coubertin se promena en Angleterre, ce sont ces fêtes avec divers types de jeux athlétiques qu'il découvrit (et qu'il déclara grecques, pour la circonstance...).

De nos jours, en Angleterre, des fêtes où le programme est sensiblement identique à ces foires du Moyen Age existent encore.

Extrait d'un livre co-écrit par le grand spécialiste français des luttes celtiques (et bretonne en particulier) Guy Jaouen, publié avec la FILA en 2007 (voir couverture ci-dessous) :


The book of Leinster contains a very old reference to wrestling. At a time where wrestling was mainly used as a martial art, this book, which began to be written in old Irish in 1160, describes wrestling as a game. This book records the legend of the Sun god Lugh who instituted a sport festival in County Meath from 632 B.C. until the 1st of August 1169, when ecclesiastical reform after the Henri II Plantagenêt invasion outlawed this ancient tradition. This big festival, Aonach Tailteann (yearly fair) of Tailtu (Teltown) was supported by the high kings of Ireland and organized to celebrate Lugh. This constituted a part of the harvest festival in August, where local champions were invited from all over the country to represent their clans in sporting events such as wrestling, horses races, and many other athletic events. We must note that these games lasted for over 1800 years, whereas any allusion to these ancient games generally evokes the image of the ancient people of Greece and the games of Olympia (776 B.C. to 389 A.D.).

Le style qui était pratiqué, était sans doute l'ancêtre du Collar & Elbow, la lutte traditionnelle irlandaise. A cette époque, tout était probablement tourné vers la défense personnelle et la mise en valeur de sa personne afin d'être pris comme homme d'arme ou de rejoindre les proches du chef de clan (fonction martiale).

Malheureusement, il n'y a pas de références aux vainqueurs, ou alors seulement des personnages faisant partie du mythe.

La lutte traditionnelle iranienne et ses influences de l'Empire Ottoman (Turquie) aux Indes (Inde, Pakistan et Bangladesh)

1- La lutte iranienne
2- Le style pahlavani
3- Origines et histoire
4 - La zurkhaneh
5 - Rangs et grades
6 - Pahlavans renommés
7 - Lutte à l'huile pour le sultan de l'Empire Ottoman et le Shah de Perse
8 - Lutte en Inde (dont le style pehlwani ou kushti)

1- La lutte iranienne, aussi connue sous le nom de Koshti en perse, possède une très longue tradition et histoire en Iran. Elle a été pratiquée depuis les temps anciens dans les différentes parties de l'Empire Perse sous des styles variés parmi lesquels le Pahlavani est le plus populaire.

Les styles de lutte iranienne peuvent être divisés en deux grandes catégories :
- dans la première, soulever et projeter son adversaire est synonyme de victoire;
- dans la seconde, c'est faire toucher le dos, le genou ou le bras de l'adversaire au sol qui apporte la victoire.

Les principaux styles de lutte traditionnelle iranienne sont :

- Pahlavani (ou Zurkhaneh) (dans tout l'Iran)
- Bachoukheh (province de Khorāsān)
- Chukha (province de Khorāsān)
- Gileh-Mardi (provinces de Gilan, Mazandarann et Golestan)
- Check-Chisht (province de Māzandarān)
- Loucho (province de Māzandarān)
- Tourkamani ou Kourach (province de Golestan)
- Ashirma (province d'Azerbaïdjan est)
- Kamari (région d'Azerabijan, turcs de Ghezel Bash)
- Baghal-be-Baghal (province de Qazvin)
- Zouran Patouleh et Zouran Machkeh (province de Kordestan)
- Catch Gardane (province de Baluchistan et Sīstān)
- Zhir-o-bal (régions de Kordish ; provinces de Kordestan, Kermanshah, Ilam)
- Jang (Lurestan et provinces de Chahar Mahal va Bakhtyari)
- Maghli (province de Bakhtyari Chahar Mahal va)
- Lori (province de Lorestan)
- Dasteh Baghal (province de Fars)
- Lashgarkeshi (province de Yazd)
- Kamarbandi (province de Esfahan)
- Kaviri (province de Kermān)

2- Varzesh-e Pahlavani (en persan : ورزش پهلواني), aussi appelé Varzesh-e Bastani (en persan : ورزش باستانى), traduit par "sport antique" ou "sport traditionnel"; est un sport national iranien qui consiste en une série de techniques de culturisme et de gymnastique accompagnées de lutte. De plus, ce sport accorde une grande importance à l'esprit chevaleresque, à la courtoisie et à la bravoure. Le Varzesh-e Pahlavani est normalement pratiqué dans une Zurkhaneh où différents accessoires sont utilisés pour l'entraînement (par exemple : Mīl, Kabbadeh, Sang et Takhteh Shena ). Les pratiquants de ce sport sont appelés des Pahlavan (littéralement "athlète").

Le Varzesh-e Pahlavani a été conçu à l'origine comme une sorte d'art martial en Perse antique et a joué un grand rôle dans la résistance des Iraniens contre les envahisseurs au cours de l'histoire. Depuis ses origines, il a acquis les valeurs morales, éthiques, philosophiques et mystiques de la civilisation iranienne. Le Varzesh-e Pahlavani a donc évolué jusqu'à devenir une institution unique ayant incorporé la richesse spirituelle du Soufisme, les rituels traditionnels du Mithraïsme et l'héroïsme du nationalisme iranien.

De nombreux grands lutteurs iraniens pratiquaient ce sport.

3- Origines et Histoire
Les iraniens furent une des premières nations du monde a attacher de l'importance à leur santé et à leur force; ils pratiquaient des exercices de culturisme et entrainaient leurs enfants à faire de même.

Hérodote, l'historien grec, a dit:

« Les Perses [Iraniens] développent trois habitudes chez leurs enfants entre 5 et 20 ans: l'équitation, le tir à l'arc et l'exactitude. »
L'éducation physique et spirituelle possède une longue histoire commençant avec les Mèdes jusqu'à l'époque Achéménide.

L'histoire des arts martiaux traditionnels iraniens peut être divisée en 4 périodes majeures. Il existe des trous entre ces périodes pendant lesquelles le Varzesh-e Pahlavani n'est pas mentionné (notamment époque Achéménide et Sassanide). Pendant ces périodes, le statut du sport est incertain, bien qu'on pense que le sport ait continué mais comme un facteur non dominant dans la culture nationale.

L'Iran ayant été envahi de nombreuses fois au cours de son histoire pendant les deux derniers millénaires, les patriotes iraniens, épris d'indépendance et de justice, étaient forcés, pendant ces périodes d'invasions étrangères, de se servir de petites salles construites en sous-sol auxquelles on accède par une petite porte (ces salles deviendraient ensuite les zurkhaneh). Ces salles servaient de salles de réunions aux patriotes, qui pouvaient ainsi se préparer aux différentes techniques de combat qui leur serviraient le jour où ils devraient se battre contre leurs ennemis. Les envahisseurs étrangers ont souvent détruits ces zurkhaneh ("maison de la force, de la chevalerie et de la générosité"), mais les iraniens continuaient à en construire.

3.1 - Origines mythiquesLes origines mythiques sont basées sur les récits de Ferdowsi dans le Shahnameh ("Livre des rois"). Les Pahlavans mythiques de cette époque se battaient contre les forces du mal. Parfois, le résultat d'une guerre, et éventuellement le destin des pays impliquées dans la guerre, était déterminé par un combat à mains nues, connu sous le nom de Koshti gereftan (la lutte). Le pahlavan légendaire de cette époque est Rostam (autour de 1065 avant J.-C.) , qui sauvait constamment l'Iran des forces du mal.

3.2 - Empire Parthe
Le Varzesh-e Pahlavani trouverait ses origines à l'époque de l'Empire Parthe (250 av. J.-C. - 224) pendant laquelle ce sport s'est développé en tant qu'entraînement des guerriers au combat et à leurs devoirs en général. Le mot Pahlavan vient du Parthe. Les chercheurs ont noté des similarités entre les rituels mithraïques et ceux du varzesh-e Pahlavani; même les formes des temples mithraïques et des zurkhaneh présente des similarités. Cependant, peu de traces subsistent de cette époque.

3.3 - Epoque islamique
Jusqu'à l'arrivée de l'Islam en Iran, le Varzesh-e Pahlavani était purement une forme d'exercice physique. Cependant, avec l'introduction de l'Islam en Iran puis de l'adoption du Chiisme comme religion d'état sous les Safavides quelques siècles plus tard, des dimensions nouvelles ont été ajoutées au Varzesh-e Pahlavani: la philosophie et la spiritualité de l'Islam. Le Soufisme a notamment été le moyen par lequel se sont exprimées ces dimensions nouvelles. On peut là aussi noter des similarités entre certains rituels du Varzesh-e pahlavani et ceux du soufisme.

3.4 - Période contemporaineLe varzesh-e Pahlavani a atteint son apogée pendant la dynastie qajare, et plus particulièrement pendant le règne de Nassereddin Shah (1848-1896). À cette période, de nombreuses zurkhaneh ont été construites à Téhéran et ailleurs dans le pays. Le Pahlavan officiel de l'Iran, réminiscence des lutteurs nationaux de la mythologie persane était désigné au cours d'une cérémonie ayant lieu devant le Shah le 21 mars de chaque année, correspondant au nouvel an iranien. À cette occasion, le Shah remettait le Bazou band ("bracelet") au champion de la compétition, héros national iranien pour un an. Les Pahlavans ("lutteurs") les plus célèbres de tous les temps sont apparus à l'époque contemporaine (à partir du XIXe siècle) ; on peut citer Pahlavan-e Bozorg Razaz, Pahlavan Boloorforoush, Pahlavan Toosi et Jahan Pahlavan Takhti.

L'ascension de la dynastie Pahlavi a fait décliner ce sport. Le nouveau Shah d'Iran, Reza Shah, voulait transformer l'Iran en un pays moderne, et voyait donc toute référence aux traditions passées comme un conflit avec ses idéaux occidentaux. Il ne montra alors aucun intérêt dans ce sport, qu'il voyait comme une relique des cérémonies qajares.

Son fils, Mohammad Reza Pahlavi, devenu Shah en 1941, restaura ce qu'il restait de la tradition pahlavani. Le nouveau Shah était lui-même un sportif accompli. C'est pendant son règne que se tinrent les dernières compétitions nationales de lutte servant à désigner le Pahlavan officiel de l'Iran, à qui le Shah remettrait le bazou band. Malheureusement, la tradition pahlavanie fut très touchée quand le Shah nomma Shaban Jafari (qui était considéré comme un "voyou") à la tête dela fédération pahlavani.

C'est dans un effort fait pour briser les liens avec les traditions, populariser ce sport et augmenter le nationalisme iranien que le gouvernement iranien a renommé le sport Varzesh-e Bastani (en persan : ورزش باستانى). Suite à la révolution de 1979, le gouvernement islamique a commencé à regarder le sport d'un mauvais œil, de plus, l'attrait du football et d'autres sports occidentaux pour la jeunesse provoque un déclin dans la pratique de ce sport.

4 - La Zurkhaneh

4.1 -Description de la salle d'entraînement
Le Varzesh-e Pahlavani se pratique dans une salle ayant une structure particulière appelée zurkhaneh. Traditionnellement, les exercices se pratiquaient à l'aube et s'achevaient à la fin du lever du soleil. De nos jours, ils se déroulent plutôt le soir, après le coucher du soleil.

La zurkhaneh est généralement une salle construite en sous-sol à laquelle on accède par une petite porte (réminiscence du temps où la zurkhaneh servait de point de rencontre aux patriotes iraniens) ; à l'intérieur se trouve une espèce de puits de forme octogonale d'environ un mètre de profondeur et de 10 à 20 mètres de diamètre dans lequel s'exercent les pahlavans. Près de l'entrée se trouve une plateforme en hauteur (appelée Sardam) sur laquelle se trouve le Morshed (signifiant "meneur" ou "coordinateur"), qui dirige les exercices et les rythme à l'aide de chants épiques souvent tirés du Shâh Nâmâ ("le Livre des Rois"), de percussions effectuées avec un tombak. Une cloche (zang) accrochée à son côté permet de marquer le début et la fin des différents exercices.

4.2 - Déroulement d'une séance d'entraînement
La séance d'entraînement commence et se finit toujours par une prière (Niāyesh) menée par le morshed. Ces prières font souvent référence à la mentalité spéciale, aux attitudes et aux croyances des pratiquants. Ceux-ci se joignent au Morshed et prient pour la gloire du pays, la santé et la joie de son dirigeant, la respectabilité des pratiquants et des vétérans de la zurkhaneh, la puissance qui leur permette d'aider les plus faibles, la grâce de Dieu afin de rester en dehors du mauvais chemin et enfin l'amélioration de la justice et de la bonne conduite parmi l'humanité. Ils quittent ensuite le puits dans une façon organisée et hiérarchisée.

Les pahlavan ("lutteurs"), ayant remplacé les armes traditionnelles par des instruments liés à leurs exercices pendant les périodes de résistance (cf. ci-dessus), utilisent aujourd'hui les instruments suivants:

- Sang ("pierre" en persan), bouclier en métal.
- Mīl, une espèce de massue en bois.
- Kaman ou Kabbadeh, un instrument de métal ayant la forme d'un arc.
- Takhte, une barre servant à faire des pompes.

4.3 - Nom des différentes phases d'une séance d'entraînement :- Pā zadan (échauffement)
- Sang gereftan (bouclier)
- Shena raftan (pompes)
- Mīl gereftan (Masse)
- Charkh zadan (toupie)
- Kabbadeh zadan (arc)
- Koshti gereftan (lutte)
- Niāyesh (prière)

5 - Rangs et grades
Le rang le plus bas est celui de nowcheh ou novice, suivi de celui de nowkhasteh ou étudiant avancé, et finallement celui de pahlavan ou champion. Il existe plusieurs grades de champion:

- Pahlavan-e Pahlavanan, "Pahlavan des Pahlavans" qui inclut les sportifs parrainés par le tribunal.
- Pahlavan-e Zoorgar, les maîtres-lutteurs ou hommes forts.
- Pahlavn-e Keshvar, les pahlavans acclamés parmi lesquels beaucoup de lutteurs iraniens ayant participé aux Championnats du monde ou aux Jeux Olympiques (comme Gholamreza Takhti), mais aussi les vainqueurs du brassard de pahlavani (récompense symbolique, comme une couronne d'olivier aux Jeux Olympqiues antiques).
- Pahlevan-e Bozorg ou Bozorg Pahlavan, littérallement "Haut-" ou "Grand Pahlavan", approximativement équivalent au rang de Grand Maître dans les arts martiaux d'Extrême Orient. Ce titre n'a été accordé qu'à très peu de pahlavans, tel que Pourya-ye Vali (qui vécut autour de 1300) et Haj Seyyed Hasan Razaz (1853-1941, aussi connu sous le nom de Pahlavan Shoja'at).
- Jahan Pahlavan, "Pahlavan mondial", le plus haut grade de Pahlavani dans l'armée iranienne avant l'invasion arabe. Un titre donné à Rostam, le légendaire Pahlavan ayant vécu autour de 1065 avant J.-C. d'après le poème épique de Ferdowsi : le Shahnameh (écrit au Xème siècle). Le contemporain Gholamreza Takhti est un autre Pahlavan qui a reçu ce titre honorifique.

6 - Pahlavans renommés :

6.1 - Période ancienne (651-1450):

- Abu Moslem-e Khorasani
- Yaghub-e Layth
- Babak khorramdin
- Asad Kermani
- Abdul Razagh Bashtini
- Shirdel Kohneh Savar
- Mahmood Kharazmi (Pahlavan-e Bozorg), connu sous le nom de Pouriya-ye Vali
- Mohammad Abol-seyyed Abolkheyr
- Mahmood Malani
- Darvish Mohammad Khorassani

6.2 - Période intermédiaire (1450-1795):- Mirza Beyk-e Kashani
- Beyk-e Khorassani
- Hossein-e Kord
- Mir Baqer
- Jalal Yazdi
- Kabir-e Esfahani (Pahlavan-e Bozorg)
- Kalb Ali Aqa Jar

6.3 - Période moderne (1795-):- Haj Seyyed Hasan Razaz (Pahlavan-e Bozorg), aussi connu sous le nom de Pahlavan Shoja'at.
- Ali Asghar Yazdi
- Haj Reza Qoli Tehrani
- Mohammad Mazar Yazdi
- Shaban Siyah Qomi
- Yazdi Bozrog (Pahlavan-e Bozorg)
- Akbar Khorassani
- Abolqasem Qomi
- Hossein Golzar-e Kermanshahi
- Sadeq-e Qomi
- Mirza Hashem Akbarian Tefaghi, Moblsaz Esfahani
- Yazdi Kuchak (dernier Pahlavan de l'Iran officiel)
- Aziz Khan Rahmani /Kurdistani aussi connu sous le nom de Sanandaji
- "Iron Sheik" (ancien lutteur et garde du corps du Shah devenu catcheur en Amérique)

6.4 Médaillés olympiques iraniens en lutte (liste non exhaustive) :
- Gholamreza Takhti (argent en 1952 à 79kg; or en 1956 à 87kg et argent en 1960 à 87kg; 4ème en 1964 à 97kg)
- Nasser Givechi (argent en 1952 à 62kg)
- Mohammed Ali Khojastepour (argent en 1956 à 52kg)
- Emamali Habibi Goudarzi (or en 1956 à 67kg)
- Mehdi Yaghoubi (argent en 1956 à 57kg)
- Abdollah Movahhed Ardabili (or en 1968 à 70kg)
- Mansour Barzegar (argent en 1976 à 74kg)
- Askari Mohammadian (argent en 1988 à 57kg)
- Amirreza Khadem Azghadi (bronze en 1992 à 74kg et en 1996 à 82kg)
- Rasoul Khadem (or en 1996 à 90kg)
- Abbas Jadidi (argent en 1996 à 100kg)
- Alireza Dabir (or en 2000 à 58kg)
- Alireza Rezaei (argent en 2004 à 120kg)
- Seyedmorad Mohammadi (bronze en 2008 à 60kg)

7 - Lutte à l'huile pour le Sultan (de l'Empire Ottoman) et le Shah (de Perse)

7.1 - Fusion de l'Islam et des traditions martiales
Au cours de la période où l'Islam se répandit en Asie mineure, la spiritualité et la philosophie sont devenu partie intégrante de la formation physique du pehlivan. La lutte à l'huile est devenue un sport à part entière. En Iran et dans l'Empire Ottoman, la lutte est devenue le sport national. En Iran, la lutte se développa dans l'institution déjà familière qu'était la zurkhaneh ou maison de la force, où les hommes socialisaient et s'engageaient dans des exercices athlétiques. Le lutteur est l'homme fort par excellence dans la culture populaire (en perse, le terme utilisé est "gros cou"), mais c'est aussi le pahlavan, le héros chevaleresque, qui est un esprit libre, généreux et loyal.

7.2 - La légende du Kirkpinar
L'année 1362 est décrite par les organisateurs du Kirkpinar d'Edirne comme la date à partir de laquelle les soldats ottomans commencèrent à organiser annuellement un tournoi de lutte à l'huile sur le lieu-dit de Kırkpınar, un champ de lutte près du village de Samona. Ainsi, d'après le Guinness Book of World Records, cette légende fait du Kirkpınar la compétition sportive continue la plus ancienne du monde.
Le premier combat entre deux lutteurs (les frères Ali et Selim) dura toute la nuit sans qu'aucun ne puisse prendre le dessus sur l'autre. Au matin, ils furent découvert morts d'épuisement leurs corps toujours enchevêtrés. Ils furent enterrés près d'un figuier, sépulture à partir de laquelle leurs camarades se lancèrent à la conquête d'Edirne (anciennement Andrinople qui, une fois conquise, devint la nouvelle capitale de l'Empire Ottoman; jusqu'à ce que Byzance soit à son tour conquise et rebaptisée Istanbul).
Arpès la conquête, les soldats revinrent sous le figuier et découvrirent une source d'eau claire. Ainsi, ils renommèrent ce lieu (qui jusque là était connu sous le nom d'Ahirköy) Kırkpınar, qui se traduit du turc : "les quarante sources".
Pour commémorer l'héroïsme des guerriers conquérants, un tournoi de lutte fut organisé annuellement sur ce site, et ainsi commença la plus ancienne compétition ininterrompue du monde encore organisée de nos jours.
Quelle que soit la part de conte, mythe ou histoire, il y a toujorus eu un respect commun entre lutteurs à l'huile. Le pehlivan est plus fort que quiconque, ayant un corps bien bâti, vêtu d'un lourd pantalon de cuir. Jusqu'à aujourd'hui, les lutteurs se versent de l'huile sur le corps. Et lorsqu'un jeune lutteur défait un plus âgé, il embrasse la main du vieux lutteur en signe de respect.

7.3 - Les Ottomans pactisent et s'inspirent des Perses
D'après l'historien, le mot pehlivan était anciennement utilisé pour désigner un officier, gouverneur ou grande et honnête personne. A partir du XVIème siècle, le terme fut exclusivement utilisé dans l'Empire Ottoman pour désigner les lutteurs sportifs.
C'était à l'époque de Süleyman Ier, connu à travers le monde sous le surnom de "Le Magnifique", y compris parmi de grands noms tels que Charles V (Empereur du Saint Empire — régnant sur l'Espagne, l'Allemagne et une partie de l'Italie), Henry VIII (Roi d'Angleterre de la dynastie Tudor), et François Ier (Roi de France de la dynastie Valois).
Süleyman, connu dans son propre pays sous le surnom de "kanuni", le Législateur, régna de 1520 à 1566, et c'est son fils Selim II qui lui succéda, pour lequel Mimar Sinan contruisit la mosquée Selimiye à Edirne, considérée comme la plus belle mosquée de Turquie.
Mais plus encore, ce fut l'ère de Murat III (1574–1595). Sous son règne, l'Empire Ottoman atteint la plus vaste étendue géographique de son histoire.
En 1590, un traité de paix fut signé entre Murat III et le Shah de Perse. Le modèle des pantalons de cuir date de cette époque. Le modèle est toujours en usage que ce soit pour les "pahlivan" iraniens ou les "pehlivan" turcs, à la seule différence que les pantalons d elutte turcs sont fait de cuir et appelés "kispet", tandis que les pahlivan iraniens portent des "pirpet", fait de soie ornée de motifs traditionnels.
De fameux lutteurs vinrent d'Iran à Istanbul pour se mesurer aux champions ottomans et des champions turcs furent invités en Perse pour montrer leur force.

7.4 - Recrutement des hommes fortsAvant 1582, toutes les recrues provenaient des prisonniers de guerre ou des esclaves, par le système du devşirme ou devshirme (des enfants chrétiens enlevés à leurs famille et enrôlés de force dans l'une des quatre institutions : serviteurs du palais, scribe, religieux ou militaire). Grâce au devshirme, les meilleurs et les plus forts des garçons étaient recrutés dans toutes les provinces de l'Empire Ottoman. Seulement les plus forts et en meilleure santé avaient une chance de devenir pehlivan.

L'influence des Iraniens sur le sport a dû être très important puisqu'en Turquie, le départ traditionnel d'un combat de lutte à l'huile est encore appelé "peshrev"; un mot de langue perse. Et quelles que soient les réformes de la langue turque, en Turquie un lutteur est toujours appelé "pehlivan", ce qui signifie "héros" en perse.

Des championnats de lutte étaient tenus partout dans l'Empire Ottoman. Chaque ville et chaque village avait son tournoi annuel, comme aujourd'hui. La lutte apparaissait dans une grande variété de contextes, incluant des événements sociaux et des cérémonies. Il y avait de la lutte pour les jours de fêtes religieuses, pendant les soirées du mois de jeûne musulman, le Ramadan, lors des foires agricoles, des circoncisions et des mariages. Lors d'occasions spéciales, des compétitions de lutte de charité étaient organisées en dehors des palais. Seuls les meilleurs lutteurs étaient acceptés comme membre du corps d'élite des Janissaires.

8 - Lutte en Inde

Les différents styles de lutte qui existent à travers toute l'Inde et sont génériquement appelés en sanskrit "malavidya" ou "science de la préhension". Le véritable combat de lutte est appelé "malla-yuddha" dans le nord et "malyutham" dans le sud, tandis que le mot "malakhra" fait référence à la lutte comme un sport. Le Malla-yuddha a été codifié en quatre formes qui vont du concours de force purement sportif jusqu'au combat sans règle connu sous le nom de "yuddha". Etant donné son extrême violence, la dernière forme n'est généralement plus pratiquée. La deuxième forme, dans laquelle les lutteurs essaient de se soulever de terre les uns les autres pendant trois secondes, existe encore dans le sud de l'Inde. Malla-yuddha a pratiquement disparu dans le nord où il a été supplanté par le style pehlwani importé par la dysnastie musulmane des Moghol. Le Vajra-musti était un autre art martial dans lequel les compétiteurs luttaient tout en portant une sorte de ceste ou poing américain (parfois orné de pointes). Dans une variation plus tardive, les duellistes combattaient avec un bagh nakh (couteau à lame courbe).

De nombreux styles de lutte traditionnelle existent également dans les zones rurales de l'Inde, telle que le mukna de Manipur et la lutte Inbuan de Mizoram.

8.1 - Pehlwani (Urdu پہلوانی; Hindi: पहलवानी; or kushti; Urdu کشتی; Hindi कुश्ती) est un style indien de lutte populaire en Inde, au Pakistan et au Bangladesh. Il s'est développé au temps des Moghol par la synthèse du malla-yuddha indien et du Varzesh-e Pahlavani perse.

Un pratiquant de ce sport est appelé Pehlwan, ou Pahalwan, tandis que les isntructeurs sont connus comme des Ustaad, ou gourou pour les enseignants Hindous. Les champions invaincus de l'Inde portent le titre de Rustam-i-Hind, ce qui signifie "le Rostam de l'Inde", en référence au héros de l'épopée perse Shahnameh : Rostam.

Avec le temps, les méthodes d'entraînement venues d'Occident et la nomenclature d'Iran et d'Europe ont été introduites dans le Pehlwani. Des compétitions de lutte, connues sous le terme de dangals, sont tenues dans les villages et peuvent avoir leurs propres variantes de règles. Habituellement, la victoire est accordée par décision d'un groupe de juges, par mise hors combat (knockout), par arrêt de l'arbitre ou soumission.

8.2 - HistoireL'ancienne forme de lutte d'Asie du Sud, appelée malla-yuddha, est pratiquée au moins depuis le Vème siècle avant JC et décrite dans le traité du XIIIème siècle Malla Purana. C'est le style précurseur du pehlwani moderne. Au XVIème siècle, l'Inde fut conquise par les Moghol d'Asie centrale, d'origine mongole et officiellement de culture perse. Ils apportèrent les influences de la lutte perse et de la lutte mongole au style local malla-yuddha, créant de ce fait le pehlwani moderne.

Dans un récent passé, l'Inde a eu de grands lutteurs de la classe du "Great Gama" (de l'Inde Britannique et, après la partition, du Pakistan) et de Gobar Goho. L'Inde atteint le pic de sa gloire lors des IVèmes Jeux d'Asie (plus tard nommés Jeux de Jakarta) en 1962 quand tous les sept lutteurs indiens engagés atteingnirent les podiums et à eux tous gagnèrent 12 médailles dans les styles de lutte libre et gréco-romaine. Cette performance fut répétée lorsque tous les 8 lutteurs envoyés aux Jeux du Commonwealth orgénisés à Kingston, en Jamaïque, ont reçu des médailles pour leur pays. Dans les années 1960, l'Inde était classée parmi les 8 ou 9 meilleures nations du monde et organisa même les Championnats du monde de lutte à New Delhi en 1967.

Les pehlwans qui participent aux compétitions de lutte de nos jours sont connus pour pratiquer aussi d'autres sports de préhension comme le judo et le jujutsu. Les lutteurs légendaires tels que Karl Gotch (qui participa aux Jeux Olympiques de 1948 puis fut professionnel dans les années 1950-1960) ont fait des tournées en Inde pour étudier l'art des pehlwani et leurs techniques spécifiques. http://en.wikipedia.org/wiki/Karl_Istaz
Karl Gotch reçut d'ailleurs en cadeau une paire de "mudgals" (équipement utilisé par les lutteurs indiens). Les exercices physiques du pehlwani furent ensuite incorporés dans l'entraînement à la fois du catch (combats simulés) et du shootwrestling (combat réel), et leurs dérivés. Ces systèmes ont aussi emprunté plusieurs projections, soumissions et amener au sol du pehlwani.

8.3 - Entraînement
Dans la lutte indienne, le "vyayam" ou entraînement physique signifie de dévelepopper la force, la musculature et la souplesse. Les exercises qui utilisent le propre poids du corps du lutteur sont le "Surya Namaskara", le "shirshasan", et le "dand", qu'on trouve aussi dans le "hatha yoga", ainsi que dans le "bethak". Sawari (du persan "savâri", signifiant "le passager") est la pratique consistant à utiliser le poids de corps d'une autre personne pour ajouter de la résistance à de tels exercices.

Différents exercices peuvent aussi inclure des objets suivants :
- le "na"l est une pierre cylindrique avec une poignée à l'intérieur.
- le "gar nal" (poids pour le cou) est une pierre circulaire (anneau) portée autour du cou pour ajouter de la difficulté aux exercices de "dands" et "bethaks".
- le "gada" est une massue associée au dieu-singe Hanuman. Un exercice de "gada" consiste à soulever une lourde pierre attachée à l'extrêmité d'un bambou d'unmèter de long. Les trophées de Pahalwani ont la forme de ces "gadas" mais en argent ou en or.
- Les exercices de préparation physique peuvent également inclure les "dhakulis" qui sont des torsions, rotations, du grimper de corde, de la course, etc. Le massage est considéré comme une partie essentielle de la préparation des lutteurs indiens.

8.4 - Alimentation
D'après lécole de philosophie Samkhya, tout dans l'univers—y compris les humains, leurs activités et la nourriture—peuvent être classés en trois "gunas" : "sattva" (calme/bon), "rajas" (passionné/actif), et "tamas" (terne/léthargique).

En tant qu'activité vigoureuse, la lutte a une nature inhérente "rajasique", ce qui implique que les pahalwan devront consommer de la nourriture "sattvique". Le lait et le "ghee" qui sont considérés comme les aliments les plus "sattvique", constituent avec les amandes la sainte trinté du "khurak pahalwani" (du persan خوراک پهلوانی, khorâk-e Pahlavâni), ou diète. Un repas typique pour un pahalwan sont les pois chiches qui ont mariné une nuit dans l'eau et assaisonnés de sel, poivre et de citron ; l'eau dans laquelle les pois chiches ont mariné est également considérée comme nutritive. Le Kushti Bhartiya, mensuel de lutte Indien, recommande la consommation des fruits suivants : pommes, bois-pommes, bananes, figues, grenades, groseilles, citrons et pastèques. Jus d'orange et légumes verts sont également recommandés pour leur nature "sattvique". Certains pahalwan mangent de la viande en dépit de sa nature "rajasique".

Idéalement, les lutteurs sont censés éviter les aliments amers et excessivement épicés comme chatni et achar ainsi que chaat. Assaisonnement doux avec l'ail, cumin, coriandre et le curcuma est acceptable. La consommation d'alcool, tabac et paan est fortement déconseillée.

8.5 - Titres indiens en lutte
- Rustam-i-Hind: (aussi appelé Rustam-e-Hind) : champion de lutte de l'Inde en Hindoustani. Imam Baksh Pahalwan, Hamida Pahalwan, Dadu Chaugle et Harishchandra Birajdar de Maharashtra ont détenu ce titre de Rustam-I-Hind dans le passé.
- Rustam-e-Punjab : (ou Rustam-I-Punjab) : champion du Punjab en Hindustani. Pehalwan Salwinder Singh Shinda a été six fois Rustam-e-Punjab.
- Rustam-i-Zamana: Champion du monde de lutte en Hindustani. Le Grand Gama est devenu Rustam-I-Zamana quand il a battu Stanislaus Zbyszko en 1910.
- Bharat-Kesri: Meilleur lutteur poids lourd en Hindi. Les récents vainqueurs de ce titre incluent Rajeev Tomar (1m75, 90kg puis - de 120kg; vainqueur des Jeux du Commonwealth en 2007; employé des chemins de fer) et Palwinder Singh Cheema (1m95, 122kg, champion du monde junior en 2001, vainqueur des Jeux du Commonwealth en 2002, 2003 et 2005; de la police du Punjab).

jeudi 22 juillet 2010

Bis pour KD Aubert

Les cinq lutteurs les plus titrés au Naadam

Badmaanyambuu Bat-Erdene (http://en.wikipedia.org/wiki/Bat-Erdene_Badmaanyambuu ) , 1m92, 120kg, est considéré comme le plus grand champion de lutte mongole de l'ère moderne (depuis 1921) avec 11 victoires de championnat entre 1988 et 1999. Il a également remporté le Naadam commémorant le 750ème anniversaire de l'Histoire secrète des Mongols (premier ouvrage écrit en langue mongole et retraçant la vie de Genghis Khan) en 1990. En judo, il a également obtenu 7 médailles aux championnats d'Asie (2 argent et 5 bronze) entre 1990 et 1994 en "+95kg" ou "open". Et en sumo amateur, il est devenu champion du monde amateur "toutes catégories" en 1995.

Les autres lutteurs ayant eu le plus de succès sont :
- Horloogiyn Bayanmönkh (1m83, 100kg) (http://en.wikipedia.org/wiki/Khorloogiin_Bayanm%C3%B6nkh ) : 10 victoires (1968, 1971-1973, 1975, 1977, 1979, 1981–1982, 1987), vice-champion olympique 1972 et champion du monde 1975 des -100kg en lutte libre
- Badamdorigiin Tüvdendorj : 7 victoires,
- Jigjidiin Mönkhbat (1m75, 90kg) (http://en.wikipedia.org/wiki/Jigjidiin_M%C3%B6nkhbat ) : 6 victoires (1963-1967, 1974), vice-champion olympique 1968 des -87kg et père de 'actuel yokozuna de sumo Hakuho,
- et Dariin Damdin : 5 victoires.

mardi 20 juillet 2010

Imprécision des informations sur les derniers baspehlivan de l'Empire Ottoman

Plusieurs noms de baspehlivan (grands lutteurs) sont connus mais malheureusement pas au-delà du XIXème siècle alors que le Kirkpinar existe depuis le XIVème.

Généralement, la liste des vainqueurs commence en 1861 avec le meilleur d'entre tous, celui qui a éclipsé tous ses prédécesseurs : Aliço. Mais on trouve parfois le nom d'un autre lutteur, de petit gabarit (80-85kg), qui aurait conquis le titre suprême juste avant, en 1860 : Arnavutoğlu Ali du village de Cambaz.
http://www.turkishoilwrestling.net/famous_wrestlers_of_kirkpinar.htm

La plupart du temps, les trois premiers lutteurs cités sont les plus célèbres : Kel Aliço, Koca Yusuf et Adali Halil. Leurs statues trônent à l'entrée du site où se déroule annuellement le Kirkpinar. Ils ont régné successivement pendant plus d'un demi-siècle. Toutes les sources historiques le confirment. Seule incertitude : la transition entre les règnes de Koca Yusuf et d'Adali Halil : 1896 (pour qu'Halil ait un règne de 18 années comme annoncé sur la plupart des sites) ou 1898 (année où Koca Yusuf a trouvé la mort dans un naufrage, de retour d'Amérique).

Gaddar Kel Aliço (1845-1922), vainqueur du Kirkpinar de 1861 (dès l'âge de 16 ans) à 1886 (jusqu'à l'âge de 41 ans) soit pendant 26 années. Il ne s'avouera vaincu qu'en 1887 face au plus jeune Koca Yusuf. Mesurant 1m90, il est parfois décrit comme pesant 120 voire 130kg alors qu'en réalité (d'après les photos), il ne devait atteindre que 110-115kg pour cette taille.
http://tr.wikipedia.org/wiki/Kel_Ali%C3%A7o

Sumnulu Koca Yusuf (1857-1898), vainqueur du Kirkpinar en 1887 (bien que certaines sources donnent 1885; date à laquelle il aurait bien affronté Aliço mais en étant battu). A partir de 1894, il enchaîne les tournées de lutte professionnelle (catch) en Europe puis en Amérique. Les informations glanées sur internet ne disent pas s'il rentrait tous les ans pour disputer le Kirkpinar. D'où la possibilité qu'Adali Halil l'ait remplacé au sommet de la hiérarchie du yagli gures sans avoir battu Koca Yusuf. Annoncé à 1m88 pour 109 ou 113kg jusqu'à 144kg ! Il est vrai que selon les clichés son embonpoint s'est considérablement développé. http://tr.wikipedia.org/wiki/Koca_Yusuf

Adali Halil (1871-1926 ou 1927). Il aurait régné pendant 18 années consécutives n'étant finalement battu qu'en 1914 par un expert au gabarit plus modeste. Cela ferait débuter son règne en 1896. Or Koca Yusuf était encore le meilleur à cette époque (jusqu'à sa mort en 1898). Ce dernier aurait donc peut-être délaissé la lutte à l'huile pour le catch bien plus rémunérateur. La date de 1888 est même souvent citée pour le premier titre d'Halil. Il n'avait pourtant que 17 ans cette année-là (son maître Kel Aliço ayant pour sa part conquis le titre à 16 ans). Dans ce cas, c'est le terme "consécutif" qu'il faudrait remettre en cause, et pas "18 années". Si Koca Yusuf n'était pas systématiquement présent au Kirkpinar, d'autres baspehlivan ont pu s'emparer du titre entre 1888 et 1914.
Le gabarit annoncé d'Halil varie de 1m88 à (plus vraisemblable) 1m98 pour 120 à 135kg selon les sources. Mais son poids a pu naturellement osciller entre ces deux extrêmes durant sa longue carrière.
http://tr.wikipedia.org/wiki/Adal%C4%B1_Halil

Pour Hergeleci Ibrahim les sources sont très variables concernant ses années de naissance (variant de 1848 à 1862) et de décès (variant de 1915 à 1917). Vainqueur du Kirkpinar en 1914, il aurait eu 66 ans s'il était né en 1848 comme on le trouve sur l'article de Wikipedia en anglais ! Mais même né en 1862, cela place son succès à l'âge très avancé de 52 ans ... On peut donc légitimement douter de ces dates. Selon les sources, il aurait été l'entraîneur ou l'adversaire de Koca Yusuf. Il aurait d'ailleurs été de la même génération que Yusuf (rappelons-le, né en 1857). Heureusement, il y a une constance dans les sources : son gabarit cité un peu partout : 1m85, 100kg.
http://tr.wikipedia.org/wiki/Hergeleci_%C4%B0brahim

Pour les autres lutteurs, les informations se limitent généralement au simple nom ! Et encore, on ne les trouve pas sur toutes les listes de vainqueurs ... Donc, à prendre au conditionnel.

- : Çömlek Köyü Kara Murat

- : Silivrili Molla Izzet

- : Çatalcali Nakkas Eyüp
http://tr.wikipedia.org/wiki/Nakka%C5%9F_Ey%C3%BCp

- : Yenici Mehmet

- : Kizilcikli Mahmut (1878-1931)

- : Kurtdereli Mehmet (1864-1939). Plus âgé qu'Adali Halil de 7 années, il est douteux que Kurtdereli Mehmet ait pu régner, ne serait-ce qu'une année, après Halil. En effet, en 1914, ce dernier avait déjà 43 ans. Et Mehmet 50 ! A moins que le Kirkpinar soit accessible aux quinquagénaires (voir les réserves sur Hergeleci Ibrahim), il y a sans doute une erreur. En tout cas, son physique était imposant avec 1m95 . Certaines sources disent tout de même que c'est en 1899 que Mehmet aurait conquis son unique succès au Kirkpinar. Il n'aurait eu que 35 ans. Plausible ! Les 18 années de règne d'Adali Halil ne seraient donc pas consécutives ... Hypothèse intéressante qui permettrait d'intercaler plusieurs combattants/baspehlivan d'âge voisin.
http://tr.wikipedia.org/wiki/Kurtdereli_Mehmet_Pehlivan

- : Çolak Mümin Molla (1873-1915)

- : Suyolcu Mehmet

- : Edirneli Himmet Pehlivan

lundi 19 juillet 2010

Les sirènes dans la mythologie

Une sirène (en grec ancien Σειρήν / Seirến, sans étymologie sûre d'après le Dictionnaire étymologique de la langue grecque de Pierre Chantraine) est une créature mythologique hybride : mi-femme et mi-oiseau (tradition antique) ou mi-femme et mi-poisson (tradition médiévale).

Dans la mythologie ancienne

Dans la mythologie grecque, les sirènes sont des êtres moitié-femme et moitié-oiseau qui chantent au-dessus des mers pour attirer les navigateurs et les faire se noyer. Elles passent pour les filles d'Achéloos et de Terpsichore, Melpomène ou Astérope, ou bien de Phorcys et de Céto, ou bien d'Œagre et de Calliope selon les versions.

Ulysse et les sirènes

Elles sont généralement au nombre de trois, mais certains auteurs en comptent beaucoup plus. Les noms les plus cités sont :

* Aglaophone la belle voix
* Aglaopé le beau visage
* Leucosie la blanche
* Ligée au cri perçant

* Himeropa la douce
* Parthénope au visage de jeune fille
* Pisinoé la persuasive
* Thelxiopé/Thelxinoé l'enchanteresse
* Thelxiépie la troublante
* Molpé le chant étrange
* Raidné le progrès
* Télès la parfaite

Traditionnellement, lorsqu'elles sont trois, une joue de la lyre, une autre de la flûte et la troisième chante.

La première mention des sirènes dans la littérature se trouve chez Homère, au chant XII de l'Odyssée, dans un des plus fameux passages du récit : Ulysse s'est fait attacher au grand mât de son navire pour pouvoir écouter le chant des sirènes , pendant que ses compagnons rament, les oreilles bouchées par la cire.

Cependant, Homère ne fait aucune allusion à des femmes-oiseaux. Le texte semble même suggérer qu'il pense à des femmes normales se tenant au bord de la mer, contrairement à certaines représentations grecques. Selon certaines interprétations, les sirènes n'étaient autre chose que des courtisanes qui demeuraient sur les bords de la mer de Sicile et qui séduisaient les marins.

Les Romains racontent d'ailleurs que les sirènes étaient à l'origine des femmes normales, les suivantes de Proserpine, et que c'est suite à l'épisode de l'enlèvement de Proserpine que Cérès, la mère de Proserpine, a transformé les sirènes en femmes-oiseaux.

Très fières de leur voix, elles défient les Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne. Les Muses remportent le défi et exigent une couronne faite des plumes des Sirènes. Vaincues, elles se retirent sur les côtes d'Italie méridionale, tout près des détroits où sévissent Charybde et Scylla. Elles charment les marins par leur chant harmonieux, assises dans une prairie sur l'île d'Anthémoessa, autour d'un grand amas d'ossements d'hommes et de peaux en putréfaction.

Folklore

Aujourd'hui, les légendes disent que ce sont des êtres moitié-femme et moitié-poisson. Elles sont tenues par l'appel de l'océan. Elles sont immortelles ; les deux premiers siècles de leur vie elles s'amusent et découvrent l'océan, mais ensuite elles se sentent seules et veulent aimer et se faire aimer par un humain.

Elles sont tantôt représentées avec une queue de poisson d'un seul tenant ou divisée en deux.

Dans l'imaginaire celte, la sirène séduit les pêcheurs en mer et enlève les enfants. La sœur jumelle de Douarnenez, la Marie Morgane, porte deux jambes au lieu d'une queue de poisson.

En Afrique

En Afrique la sirène est Mami Wata, son nom est une adaptation de l'anglais mommy water, elle est aussi appelée Yemendja dans la tradition du vaudou haïtien, un culte spécial lui est même consacré (En Haïti, elle n'est pas appelée Yemanja mais plutôt Simbi ; Yemanja est plus usité à Cuba ou au Brésil). C'est la mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur. Mami Watta est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigéria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville) où elle symbolise la puissance suprême, de même que la déesse Durga du panthéon hindouiste symbolise la shakti. Mami Watta est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d'une sirène ou d'une belle jeune femme brandissant des serpents.

Biologie

Les siréniens sont des mammifères marins qui, comme les cétacés, n'ont pas besoin de regagner la terre ferme à une période quelconque de leur existence. Pourtant, l'origine de ces mammifères est nécessairement terrestre.

Le clade, ou l'ordre des siréniens (Sirenia) comprend :

- les dugongidés, la famille des dugongs (1 espèce vivante) ;
- les trichéchidés, la famille des lamantins (3 espèces vivantes, ou 4 selon certains).
Ce sont de paisibles animaux aquatiques herbivores, qui broutent les plantes qui poussent dans l'eau, et que l'on trouve essentiellement dans les zones tropicales et dans l'hémisphère sud.

Les rondeurs de ce mammifère marin correspondent plus aux anciens canons de la beauté féminine qu'à ceux d'aujourd'hui ... encore qu'il faille imaginer la "belle" avec la tête couverte d'algues en guise de longue chevelure.

samedi 17 juillet 2010

Les compétitions de référence à travers l'Histoire

Des compétitions sportives de référence existent au moins depuis près de 3000 ans, presque sans discontinuer. Des sources historiques plus ou moins complètes l'attestent et donnent même, pour certaines, les noms des plus fameux vainqueurs.

Les Jeux Olympiques furent restaurés (ce qui sous-entend qu'ils existaient auparavant) une première fois en 884 avant J-C par le roi d'Elide Iphitos après que la Pythie de Delphes lui ait donné ce conseil pour stopper une épidémie de peste. Ils eurent ensuite lieu sans interruption, avec une fréquence de 4 années, de 776 avant J.-C. à 393 de l'ère chrétienne.

Le succès grandissant de cette compétition panhellénique fit des émules. Ainsi, au VIème siècle avant J.-C., d'autres Jeux panhelléniques furent institués et constituèrent, avec les Jeux Olympiques, un cycle de compétitions sacrées appelé la Période.

En 586 avant J.-C. : renouveau à Delphes des Jeux Pythiques qui se disputent désormais tous les quatre ans, contre une fois tous les huit ou neuf ans précédemment. Afin de lancer efficacement ce nouveau grand rendez-vous sportif grec, les champions de cette première édition des nouveaux Jeux Pythiques reçoivent des récompenses considérables.

En 581 avant J.-C. : à Corinthe, les Jeux Isthmiques, fondés selon la légende par Thésée, se disputent désormais un an sur deux contre une fois tous les quatre ans précédemment. Une couronne de pin est remise aux vainqueurs de ces jeux.

En 573 avant J.-C. : première édition des Jeux Néméens à Némée, village dépendant de la cité d'Argos. Ces compétitions ont lieu tous les deux ans. Une couronne de céleri est remise aux vainqueurs. Le calendrier des quatre grands rendez-vous sportifs grecs est complet : Jeux Olympiques, Jeux Pythiques, Jeux Néméens et Jeux Isthmiques. Un athlète qui parvient à remporter les titres dans ces quatre rendez-vous reçoit le titre de periodonikes. Derrière ces épreuves de "Grand Chelem" antique, il existe plusieurs centaines de compétitions plus modestes à travers toute la Grèce.

A l'écart du monde méditerranéen, dans ce qui sera le dernier bastion du monde celtique, en Irlande, c'est une autre compétition digne des Jeux Olympiques qui fut tenue annuellement : les Tailteann Games ou Lughnasadh : de 554 avant J.-C. à l'invasion de l'île par les Normands à la fin des années 1160.
Dans la mythologie celtique irlandaise, Lughnasadh (en irlandais moderne Lúnasa, qui est le nom du mois d’août) est une fête religieuse dont le nom signifie « assemblée de Lug », le dieu-roi qui représente la Souveraineté et l’Homme primordial. Elle a lieu au début du mois d’Elembivios du calendrier de Coligny (approximativement vers le 1er août du calendrier grégorien), symboliquement pendant la période des récoltes. Il s’agit de la fête du roi dans sa fonction de redistributeur des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides. C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique.
Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens. S’il n’y a pas de sacrifice ni de cérémonie religieuse, on y fait des jeux de force ou d'adresse et des courses, similaires aux Olympiades grecques.

Au temps des Romains, après la conquête de la Grèce en 146 avant J.-C., la Période des Jeux anciennement panhelléniques fut élargie à sept puis neuf réunions.

Aux Jeux Olympiques, Jeux Pythiques, Jeux Isthmiques et Jeux Néméens furent ajoutés :
- les Jeux Capitolins (Agon Capitolinus), à Rome, en 86 après J.-C., par l'empereur Domitien ... en remplacement d'anciens Jeux (Ludi Capitolini) institués par Marcus Furius Camillus dit Camille en 387 avant J.-C. pour commémorer la résistance du Capitole à l'invasion gauloise;
- les Jeux d'Argos dit Hekatombaia ou Héraia d'Argos dédiés à Héra qui avaient lieu tous les quatre ans. Les vainqueurs y recevaient une couronne de myrte et un bouclier d'airain en souvenir du cadeau que Lyncée, le fondateur des Jeux, offrit à Abas venu lui annoncer qu'il héritait du royaume;
- et les Jeux d'Actium dit Ludi Augustales, vieux festival promu pour célébrer la bataille d'Actium de 31 avant J.-C., qui avait permis à Octave de devenir l'empereur Auguste.

Parmi les autres concours importants qui jalonnèrent aussi la Période, on peut citer :
- les Jeux de Naples, dès 2 après J.-C.;
- les Jeux de Puteoli (aujourd'hui Pouzzoles), près de Naples, en l'honneur d'Hadrien, dès 138 après J.-C.

Toutes ces Jeux disparurent en 393 après J.-C. sous l'ordre de Théodose Ier (en latin Flavius Theodosius), empereur de 379 à 395, chrétien convaincu, qui reprochait leurs origines païennes. Par contre, les Tailteann Games durèrent encore près de huit siècles supplémentaires, jusqu'en 1169 ou peut-être 1171.

Tandis que tous ces concours disparaissaient à l'Ouest, un nouveau naquit à l'Est en 1206 sur l'impulsion de Genghis Khan (né Temüjin) lui-même : l'Eriin Gurvan Naadam. Cette compétition signifiant littéralement Les Trois Jeux Virils était composée du tir à l'arc, de la course d'équitation et de la lutte mongole. Le Naadam disparut probablement avec l'Empire Mongol en 1368 (la dynastie Yuan, représentée par Huizong dit Ukhaantu Khan né Toghun Temür, étant vaincue par les Ming de Zhu Yuanzhang) et ne fut officiellement restauré qu'en 1921.

Presque simultanément au déclin de l'Empire Mongol, une autre compétition prit le relais au sein de l'Empire Ottoman : le Kirkpinar d'Edirne.
En 1346, le sultan Orhan Gazi apporta son soutien militaire à l'empereur Jean VI Cantacuzène, dont l'autorité était mise en cause par la population et le clergé. En signe d'alliance, le Byzantin donna sa fille Théodora en mariage au monarque Ottoman. Cette date marque le début des opérations militaires ottomanes en Roumélie (ce qui deviendra la partie européenne de l'Empire Ottoman). Cette année-là, le fils aîné d'Orhan, Süleyman Paşa, marcha avec 40 soldats sur Domuzhisar et conquérirent la forteresse Domuz. Après avoir conquis d'autres forteresses, le groupe de 40 soldats qui formait l'avant-garde revint sur ses pas et se reposa à Samona, qui est aujourd'hui en Grèce. Là, ces 40 soldats commencèrent à lutter [pour se divertir]. Après des heures de lutte, deux frères nommés Ali et Selim n'arrivèrent pas à se départager. Le combat fut interrompu et ne reprit que le jour d'Hidrellez (une fête est tenue le 6 mai pour célébrer le début de l'été). Les deux frères recommencèrent à lutter et leur combat dura la journée entière mais à nouveau aucun des deux ne put vaincre son frère, alors, il continua toute la nuit à la lumière des bougies et des torches. Mais à la fin de la nuit, à bout de souffle et d'énergie, les deux frères moururent d'épuisement. Ils furent enterrés sur place par leurs compagnons, au pied d’un figuier.
Quelque temps plus tard (en 1349 selon certaines sources), de retour sur les lieux, Süleyman Paşa découvrit avec stupéfaction quarante sources d’eaux fraîches autour de la sépulture des deux frères lutteurs. Frappé par cet enchantement, il décida qu'ils reviendraient régulièrement sur les lieux pour organiser un tournoi de lutte : le Kirkpinar (qui signifie littéralement "les quarante sources").
De fait, peu après le décès d'Orhan (en 1360) et la prise d'Andrinople (en 1361), rebaptisée Edirne, le Kirkpinar eut lieu tous les ans, sans discontinuer depuis 1362. Le Kirkpinar est ainsi la compétition sportive la plus ancienne à n'avoir connu aucune interruption.

Ainsi, de 776 avant J.-C. à 1169 ou 1171 puis de 1206 à aujourd'hui, de grandes compétitions internationales (sous l'égide d'empires successifs et/ou de zones d'influence culturelle, gréco-romaine, celtique, mongole, ottomane, française et anglo-américaine) ont permis de déterminer, chacune des 2750 années séparant ces deux dates, des champions dans les sports majeurs de force, de vitesse ou d'adresse.

Et si l'on donne foi aux récits légendaires, en tolérant leur part d'exagération ou d'imprécisions, on peut même croire que certaines de ces compétitions virent le jour il y a près de 3500 voire 4000 ans :
- les Jeux Olympiques fondés par l'Heraklès Courête qui organisa une épreuve de course à pied pour ses frères les Dactyles Idéens à l'époque de la Crète minoenne, aux environs de 1450 avant J.-C.
- et les Áenach Tailteann (ou Tailteann Games) dont la date de création serait 1829 avant J.-C. (exactement 3000 années avant la montée sur le trône d'Irlande d'un roi Normand).

Mais il y aurait plus ancien encore ! Des recherches archéologiques récentes indiquent que des Jeux (course, lutte, boxe) auraient existé en Mésopotamie aux environs de 2600 avant J.-C. en l'honneur de héros et de dieux tels que Ninurta, Nergal, Nabu et Gilgamesh. Ce seraient ces Jeux qui auraient influencé ceux des Grecs ... des compétitions vieilles de plus de 4600 ans !
http://www.gilgameshgames.org/ggamesthesis.html

Les vainqueurs du Kirkpinar avant la République Turque (1924)

En 2007, au moment où je finalisais mon manuscrit "Le meilleur combattant de tous les temps" (voir le blog de 2007 http://le-meilleur-de-tous-les-temps.blogspot.com/ et la dernière édition du livre en 2009 http://www.lulu.com/product/couverture-rigide/le-meilleur-combattant-de-tous-les-temps/6077074 ), la liste des vainqueurs du Kirkpinar qui circulait sur internet était la suivante :
(voir par exemple à l'adresse http://www.guresdosyasi.com/yagli.html )

1861-1886 : Gaddar Kel Aliço
1887 : Sumnulu Koca Yusuf
1888 : Adali Halil
1914 : Hergeleci Ibrahim
- : Silivrili Molla Izzet
- : Çatalcali Nakkas Eyüp
- : Kizilcikli Mahmut
- : Kurtdereli Mehmet
- : Çolak Mümin Molla
- : Suyolcu Mehmet

Les différentes sources contenaient toutefois des contradictions et des impossibilités telles que : "18 ans de règne pour Koca Yusuf" alors qu'il trouva la mort, lors d'un naufrage, 11 ans après sa conquête du titre. J'en conclus que je devais poursuivre mes recherches et corriger les erreurs flagrantes. D'autres affirmaient que c'est son successeur Adali Halil, qui avait régné 18 années consécutives. Mais, compte tenu de sa défaite en 1914 contre Hergeleci Ibrahim, il aurait empiété sur la période de domination de Koca Yusuf (en 1896 et 1897) sans pour autant l'avoir battu. Je pense que le règne d'Adali Halil ne commença qu'en 1898 (après le décès de Koca Yusuf), et non en 1888, ce qui réduit son règne à 16 années : 1898-1913 inclus.

Tandis que je prépare la nouvelle édition du livre "Le meilleur combattant de tous les temps" (version 2010), je viens de découvrir de nouveaux sites, dont un (http://www.turkishoilwrestling.net/ ) qui affirme qu'Adali Halil (1m98, 120-135kg) aurait été battu en 1899 par Kurtdereli Mehmet (1m95). Plus intéressant encore, une liste complète des vainqueurs du Kirkpinar sur http://www.trakya.edu.tr/edirneweb/kirkpinar_baspehlivanlar.htm où Kurtdereli Mehmet n'apparaît même pas ...
Voici les noms des vainqueurs cités avant 1924 :

-Kel Aliço (26 Sene)
-Koca Yusuf
-Adalı Halil Pehlivan
-Geçkinli Yusuf Pehlivan
-Hergeleci İbrahim
-Çömlek Köyü Kara Murat
-Silivrili Molla İzzet
-Çatalcalı Nakkaş Eyüp
-Yenici Mehmet
-Kızılcıklı Mahmut

Cette liste confirme les 26 années de règne de Gaddar Kel Aliço et le nom de ses deux successeurs. Toutefois, elle intercale Geçkinli Yusuf Pehlivan entre Adali Halil et son tombeur de 1914 Hergeleci Ibrahim. Vérification faite, Geçkinli Yusuf Pehlivan a bien été vainqueur mais en 1925.
Kızılcıklı Mahmut n'a pas la même position chronologique que dans la liste précédente.
Et deux nouveaux noms viennent compléter ma première liste : Çömlek Köyü Kara Murat et Yenici Mehmet .

Une troisième liste encore légèrement différente a été trouvée sur un site turc dédié à la lutte : http://www.ermeydani.net/haber/386-bas-pehlivanlarimiz-1861-2008-kirkpinar-baspehlivanlari.html

1.GADDAR KEL ALİÇO: EDİRNELİ 1861-1886 (26 YIL BAŞPEHLİVAN)
2.KOCA YUSUF : DELİORMANLI: 1887 YILI BAŞPEHLİVANI
3.ADALI HALİL: EDİRNELİ: 18 YIL BAŞPEHLİVAN
4.HERGELECİ İBRAHİM: DELİORMANLI: 1914 YILI BAŞPEHLİVANI
5.MOLLA İZZET: SİLİVRİLİ
6.NAKKAŞ EYÜP: ÇATALCALI
7.KIZILCIKLI MAHMUT:DELİORMANLI
8.KURTDERELİ MEHMET: BALIKESİRLİ
9.ÇOLAK MOLLA MÜMİN:
10.SUYOLCU MEHMET:
11.HİMMET PEHLİVAN:EDİRNELİ

Elle apporte un ultime nom, peut-être celui du vainqueur de 1923 : Edirneli Himmet Pehlivan. On aurait ainsi la liste complète des vainqueurs depuis 1861 sans aucune interruption.
A noter que ce site, une fois de plus, donne la durée de 18 années pour le règne d'Adali Halil.

En combinant les trois,et avec mes corrections personnelles, voilà ce que pourrait être la liste des vainqueurs avant la République Turque de 1924 (pour laquelle les noms des vainqueurs sont connus et précisément répertoriés) :

1861-1886 : Gaddar Kel Aliço (26 années)
1887-1895 ou 97 : Sumnulu Koca Yusuf (9 ou 11 années)
1896 ou 98-1913 : Adali Halil (16 ou 18 années)
1914 : Hergeleci Ibrahim
- : Çömlek Köyü Kara Murat
- : Silivrili Molla Izzet
- : Çatalcali Nakkas Eyüp
- : Yenici Mehmet
- : Kizilcikli Mahmut
- : Kurtdereli Mehmet
- : Çolak Mümin Molla
- : Suyolcu Mehmet
- : Edirneli Himmet Pehlivan



J'ai également trouvé sur un forum (en turc) une liste de lutteurs baspehlivan de la période ottomane encore plus complète (sur http://www.delinetciler.net/forum/diger-spor-dallari/99680-kirkpinar-baspehlivanlari-kirkpinar-baspehlivanlarinin-isimleri.html ) mais sans autre information que des noms.
On remarquera que le règne d'Aliço est à nouveau confirmé avec 26 années et que celui d'Halil serait de 18 années. Faut-il en conclure que Koca Yusuf aurait négligé les éditions 1896 et 1897 du Kirkpinar, absorbé par ses tournées européennes et américaines ?

Période Ottomane

Tazdaz Ali, Şeyh Cemaleddin, Er Sultan,Bursalı Şüca, Demir Hasan (Baba), Turgut Reis İpçi, Hüseyin Zünnunoğlu, İbrahim Paşa, Seren Hüseyin Paşa, Avcı Pehlivan, Çoban Hacı Veli, Akçakocalı Ali, Arnavutoğlu Ali, Aliço (26 defâ), Koca Yusuf, Adalı Halil (18 defâ), Kurtdereli Mehmet, Hergeleci İbrahim, Makarnacı Hüseyin, Kara İbrahim, Yozgatlı Kel Hasan, Yörük Ali, Filiz Nurullah, Filibeli Kara Osman, Kara Ahmet, Kızılcıklı Mahmut, Tekirdağlı Sarı Hafız, Bursalı Rüstem, Şumnulu Mestan, Kazıkçı Karabekir, Hamlacı Kaysıoğlu, Sarı Hüseyin, Ş. Başı Kara İbrahim, Katrancı Halil, Mustafa Büyük Danacı, Küçük Danacı Karagöz, Pomak Ali, Deli Murat, Filibeli Kara Ahmet, Hasahırlı Abdurrahman, Çorumlu Zeynel, Pomak Osman, Soyulcu Mehmet, Mümin Hoca, Koç Ali, Koç Mehmet, Kara Murat, Silivrili Molla İzzet, Çatalcalı Nakkaş Eyüp, Çömlekköylü Kara Emin, Kayıkçıoğlu Ahmet, Geredeli Hikmet.Cin pehlivan

Adresse intéressante : galerie des portraits des vainqueurs de 1924 à aujourd'hui
http://kirkpinar.org/tr/kirkpinar/baspehlivanlar

jeudi 15 juillet 2010

Les sports majeurs en "arts martiaux mixtes"

Après une dizaine d'années de recul (étude sur la période 1993-2003), il fut permis d'identifier avec précision les sports les plus efficaces en arts martiaux mixtes parmi les dizaines à avoir tenté l'aventure des compétitions multi-discipinaires.
http://le-meilleur-de-tous-les-temps.blogspot.com/2007/07/efficacit-compare-des-disciplines-en.html

Le jiu-jitsu brésilien (et sa version sans judogi, le grappling) ont été les premiers à s'illustrer avec Royce Gracie (1993-1995), Antonio Rodrigo "Minotauro" Nogueira (2001-2003) et Fabricio Werdum (2010 ...) pour ne citer que les champions linéaires. (voir l'article http://justemonopinion-jeronimo.blogspot.com/2010/07/le-champion-lineaire-en-arts-martiaux.html).

Mais bientôt, deux autres disciplines (ou groupes de disciplines) se mirent à concurrencer voire à dépasser l'art martial spécialisé dans le combat au sol.

Au Japon, d'anciens catcheurs organisèrent des ligues professionnelles de combat réel, sous le nom générique de shootfighting (par opposition à "work" qui sous-entend "combat arrangé"). Les plus célèbres furent le pancrase-hybrid wrestling et le shooto. Les champions linéaires caractéristiques de ces styles furent : Ken Shamrock (1995), Minoru Suzuki (1995), et surtout Kazushi Sakuraba (2000).

Aux Etats-Unis, c'est la lutte libre (et la lutte gréco-romaine) qui fournirent les meilleurs combattants pour les compétitions d'arts martiaux mixtes. Nombre de champions à l'UFC furent formés à ces disciplines; et, parmi les champions linéaires, on retiendra le nom de Mark Coleman (2000-2001).

Les sports de préhension, très dominants durant les premières années de compétition, furent peu à peu rattrapés par les adeptes du kick-boxing ou du muay thaï. Parmi les champions linéaires, il faut se souvenir plus particulièrement de Bas Rutten (1995-1999) et d'Igor Vovchanchyn (2000).

Enfin, en moindre proportion mais avec un porte étendard qui a déjà écrit son nom dans l'histoire, il faut citer le sambo (ou plus spécifiquement le sambo combat) : Fedor Emelianenko (2003-2010).

Il faudra ainsi noter que ni le judo, ni la boxe anglaise, ni le taekwondo, ni le karaté, ni le sumo, qui figurent pourtant parmi les sports de combat les plus pratiqués dans le monde (les trois premiers cités étant des sports olympiques; et les deux derniers figurant au programme des Jeux Mondiaux) n'ont réussi à imposer un champion majeur en MMA.

lundi 12 juillet 2010

Belle et sportive (3) : Jennifer Nicole Lee

Jennifer Nicole Lee (née le 13 juin 1975) est une mannequin fitness, actrice et auteure.

Jennifer Nicole Siciliano est née à Rochester (état de New York) de parents italiens; la famille s'installant plus tard dans le Tennessee. Elle est titulaire d'un diplôme universitaire en relations internationales obtenu à l'University of Tennessee de Knoxville.

Elle est connue pour avoir perdu plus de 30kg (étant montée à près de 90kg après deux grossesses) remportant la même année le titre de Miss Bikini America (2005). Elle s'est depuis lancée dans une carrière de gourou du fitness (Miss Muscle et Fitness 2006) et apparaît régulièrement à la télévision américaine; et notamment dans le télé-achat pour la commercialisation d'AB circle (appareil pour les abdominaux).










jeudi 8 juillet 2010

La classification des désirs

Épicure classe les désirs en différentes catégories :
- les désirs naturels et nécessaires
- les désirs naturels et non nécessaires
- les désirs non naturels.

Les désirs naturels et nécessaires sont ceux qu'il faut assouvir pour le bonheur (l'ataraxie ou absence de troubles, physiques ou psychiques tels que les angoisses), pour la tranquilité du corps (protection) et tout simplement pour la vie (nourriture, sommeil ...).

Les désirs naturels non nécessaires concernent la variation des plaisirs, la recherche de l'agréable (comme boire du vin au lieu de l'eau). Il faut les traiter avec modération.

Enfin, les désirs non naturels sont artificiels (exemple : la richesse, la gloire) ou irréalisables (l'immortalité) et doivent être ignorés.

Citation d'Epicure (2)

L'être bienheureux et incorruptible n'a pas de soucis et n'en cause à autrui. Ainsi, il ne manisfeste ni colère ni bienveillance, car se mettre dans ces situations c'est faire preuve de faiblesse. (Maxime 1)

Citation d'Epicure (1)

N'abîmons pas le présent en désirant ce qui est absent. Considérons que ce présent aussi, nous l'avions désiré. (Sentence 35)

Belle (15) : Linda Harrison

Linda Harrison est un mannequin et une actrice américaine née le 24 juillet 1945 à Berlin dans le Maryland. Elle est surtout connue pour son rôle de Nova dans le film de 1968 : La Planète des singes, et sa suite de 1970, Le Secret de la planète des singes. Elle a également fait une apparition dans le remake de 2001 de Tim Burton.

Epicure

Épicure (en grec Ἐπίκουρος) est un philosophe grec, né à Samos fin -342 ou début -341, mort en -270. Il est le fondateur, en 306 av. J.-C., de l'épicurisme, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité. En physique, il soutient que tout ce qui est se compose d'atomes indivisibles. Les atomes se meuvent aléatoirement dans le vide et peuvent se combiner pour former des agrégats de matière. L'âme en particulier serait un de ces agrégats d'atomes, et non une entité spirituelle, notamment d'après son disciple Lucrèce. En éthique, le philosophe grec défend l'idée que le souverain bien est le plaisir, défini essentiellement comme « absence de douleur ». En logique ou épistémologie, Épicure considère que la sensation est à l'origine de toute connaissance et annonce ainsi l'empirisme.

La doctrine d'Épicure peut être résumée par ce que les épicuriens ont appelé le tetrapharmakon (quadruple-remède), que fit graver Diogène d'Œnoanda sur le mur d'un portique, formulé ainsi :

1.on ne doit pas craindre les dieux ;
2.on ne doit pas craindre la mort ;
3.le bien est facile à atteindre ;
4.on peut supprimer la douleur.

Fedor Emelianenko au regard de l'histoire

Avec un règne de 2003 à 2010, soit 7 années, comment classer Fedor Emelianenko dans la postérité ?

Face aux champions modernes (depuis 1993), aucun doute possible : il est largement le meilleur champion qu'on ait connu puisqu'au mieux, les autres ont régné 1 ou 2 années.
Mais qu'en est-il des antiques ?

De 648 avant JC à 393 après, des centaines de vainqueurs olympiques (ou pythiques) de pancrace se sont succédés et plusieurs ont dépassé la marque de Fedor Emelianenko : tous ceux qui ont conquis au moins deux titres, l'équivalent de 8 années de règne. Voici leurs noms.

Epoque grecque

1 - Dorieus de Rhodes - 3 fois olympionique et 4 fois pythionique mais aussi un cumul de 15 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(3+4) x 2 = 14] et de [8 + 7 = 15] - 15 ans
2 - Astyanax de Milet - 3 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(3+3) x 2] - 12 ans environ
3 - Sostratos de Sikyon - 3 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 12 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(3+2) x 2 = 10] et de [6 + 6 = 12] - 11 ans environ
4 ex æquo - Arrhichion de Phigaleia - 3 fois olympionique - [(3 x 4) -2] - 10 ans environ
4 ex aequo - Timasitheos de Delphes - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(2+3) x 2] - 10 ans environ
6 - Agias de Pharsalos - 1 fois olympionique et 3 fois pythionique mais aussi un cumul de 10 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(1+3) x 2 = 8] et de [5 + 5 = 10] - 9 ans environ
7 ex aequo - Kallias d’Athènes - 1 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 9 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(1+2) x 2 = 6] et de [5 + 4 = 9] - 8 ans environ
7 ex aequo - Damagetos de Rhodes - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
7 ex aequo - Androsthenes de Mainalos - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
7 ex aequo - Antenor de Milet (et citoyen honoraire d’Athènes) - 1 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(1+3) x 2] - 8 ans environ
7 ex aequo - Nikon d’Anthedon - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 6 titres isthmiques ou néméens - [(2+2) x2] - 8 ans environ

* Astyanax était considéré comme le meilleur pancratiaste de son temps.

* Le malheureux Arrhichion mourut lors de son troisième sacre olympique (et fut couronné à titre posthume). L’estimation de sa durée de règne s’en trouve réduite de 12 à 10 années.

* Difficile de départager Kallias d’Athènes, Damagetos de Rhodes, Androsthenes de Mainalos et Antenor de Milet (citoyen honoraire d’Athènes). Kallias est celui qui a visiblement remporté le plus de titres panhelléniques (12 au total). Damagetos et Androsthènes sont ceux qui ont emporté deux fois le titre plus plus précieux : à Olympie. Enfin, Antenor de Milet fut le plus précoce étant invaincu dans les trois classes d’âge … mais hélas pour lui seule la catégorie « andres » (« senior ») était présente aux Jeux Olympiques de son époque.

Epoque romaine

1 - Marcus Aurelius Demostratus Damas de Sardis - 2 fois olympionique, 3 fois pythionique et 2 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+3+2) x 4/3] - 10 années environ
2 ex aequo - ? Claudius Rufus d’Apollonius ? - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 années environ
2 ex aequo - Hermas d’Antiocheia de Syrie - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 années environ
4 - Titus Flavius Artemidorus d’Adana (citoyen honoraire d’Antiocheia en Syrie) - 2 fois olympionique, 2 fois pythionique et 1 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+2+1) x 4/3] - 7 années environ

Le champion linéaire en arts martiaux mixtes (MMA)

Pendant plus de mille années, le pancrace (du grec "pankration" qui signifie "tout pouvoir" ou encore "tout est permis") a connu ses heures de gloire aux Jeux Olympiques et dans les autres compétitions panhelléniques du monde antique. Inscrit au programme dès 648 avant JC, il s'y maintiendra, devenant même la discipline la plus rémunérée, jusqu'à l'abolition des jeux païens par l'empereur romain chrétien Théodose en 393.

Exactement 1600 ans plus tard, en 1993, faisant suite à des compétitions de "vale tudo" (ce qui signifie "tout va" ou encore "tout est permis" en portugais) ayant débutées au Brésil dans les années 1950, la forme moderne du pancrace, les arts martiaux mixtes, (re)naît aux Etats-Unis : dans l'Ultimate Fighting Championship.

Une lignée de champions se construit, comme ce fut le cas pendant l'Antiquité. Voici leurs noms, en ne citant que "l'homme qui a battu l'homme" en commençant avec le premier champion moderne : Royce Gracie.

Le 12 novembre 1993, Royce Gracie, 1m83, 80 kg, expert de Gracie Jiu-Jitsu et fils du maître fondateur Helio, remporte l'UFC 1, un tournoi "sans règle" à 8 hommes. Après avoir battu Art Jimmerson (boxe anglaise) et Ken Shamrock (pancrase japonais), il soumet en finale Gérard Gordeau (boxe française) et devient le premier champion international de "combat libre".

Ken Shamrock, 1m85, 98 kg à l'époque (oscillant depuis entre 91 et 107 kg) obtient le match nul face à Royce Gracie le 7 avril 1995. Le retrait de son adversaire et champion incontesté depuis 1993, propulse Ken Shamrock au sommet.

Le 13 mai 1995, Minoru Suzuki, 1m78, 88 kg, soumet Ken Shamrock par une clé de genou en ligue de Pancrase. Suzuki devient le 2ème "king of pancrase".

Le 1er septembre 1995, il perd son titre contre Bas Rutten sur une guillotine. Bas Rutten, 1m85, 100 kg, est donc le 3ème "king of pancrase" et le vrai champion dans la lignée de Royce Gracie dès ce 1er septembre 1995. Avec ou sans titre (Rutten abandonnant son titre de "3ème king of pancrase en décembre 1996), il le restera jusqu'à son ultime victoire contre Kevin Randleman, le 7 mai 1999, ceinture de l'UFC en jeu. Mais alors, le titre devient vacant puisque Bas Rutten (après une série de 16 victoires) ne reviendra plus à la compétition.

Royce Gracie annonce quelques mois plus tard son retour à la compétition, spécialement pour le Pride Grand Prix 2000.

Au 2ème tour, dans la même soirée, le titre change plusieurs fois de mains. Royce Gracie perd par abandon contre Kazushi Sakuraba (épuisé au terme d'un combat d'1h30 !), qui lui-même perd par abandon (épuisé) contre Igor Vovchanchyn, qui lui-même perd en finale, sur des coups de genoux au sol, contre Mark Coleman.

Mark Coleman, 1m85, 110kg, est le champion du Pride Grand Prix 2000 (du 1er mai 2000) et par ailleurs double vainqueur de l'UFC.

Le 24 septembre 2001, il est détrôné par Antonio Rodrigo "Minotauro" Nogueira, 1m90, 105kg, sur une double prise : étranglement en triangle et clé de bras en extension.

Le 16 mars 2003, Fedor Emelianenko, 1m83, 106 kg (quadruple champion du monde de sambo combat 2002**, 2005* et 2007*, et vainqueur de la Coupe d'Europe de Judo avec la Russie) s'empare du titre aux points (décision des juges). Il conserve son titre pendant 7 années grâce à sa redoutable frappe des deux poings et sa technique au sol ou en projection.

Le 28 juin 2010, Fabricio Werdum, 1m94, 108kg (double champion du monde de jiu-jitsu brésilien 2003, 2004, et double champion du monde de grappling 2007, 2009), crée la surprise en soumettant le champion en à peine une minute (étranglement en triangle). Son prochain adversaire est déjà connu : il s'agit d'Alistair Overeem, 1m96, jadis 93kg mais désormais 115kg de muscles, grand spécialiste des boxes pieds-poings-genoux.

mardi 6 juillet 2010

Fedor Emelianenko n'est plus le champion.

Cela devait arriver un jour : Fedor Emelianenko (1m83, 104kg) a perdu son titre de "meilleur combattant du monde" en ce mois de juin 2010.

Faute d'un organisme qui fasse l'unanimité dans les arts martiaux mixtes, c'est ainsi qu'on désignait "The Las Emperor" depuis sa conquête du titre des poids lourds lors du Pride Fighting Championship de mars 2003 contre Antonio Rodrigo "Minotauro" Nogueira. Malgré la dissolution du Pride FC et la (re)montée en puissance de l'Ultimate Fighting Championship, Fedor Emelianenko était resté le maître incontesté surfant sur diverses organisations. Après avoir facilement vaincu d'anciens champions de l'UFC, il s'apprêtait à conquérir une nouvelle ceinture (celle du Strike Force) mais le combat préliminaire au titre lui fut fatal.

Son tombeur est un ancien double champion du monde de jiu-jitsu brésilien (2003 et 2004) et l'actuel double champion du monde poids lourds de grappling (2007 et 2009) : Fabricio Werdum (1m94, 108kg). En arts martiaux mixtes, son palmarès est bon (14-4-1) mais pas extraordinaire puisqu'il compte des défaites contre Sergei Kharitonov (aux points, en 2005), Antonio Rodrigo Nogueira (aux points, en 2006), Andrei Arlovski (aux points, en 2007) et Junior Dos Santos (par TKO en 1'21'', en 2008).

Deux des trois premiers combattants à avoir vaincu Werdum étant d'anciennes victimes du Tsar, on ne lui donnait aucune chance de détrôner Fedor. Effectivement, dès les premières secondes, Werdum est touché dans un échange de coups de poings et va au sol. Fedor se précipite pour achever au plus vite le combat, tombe dans le triangle des jambes de son adversaire à l'agonie, en sort immédiatement ... mais y retourne et cette fois-ci Werdum verrouille l'étranglement. Le combat s'achève déjà, en 1'09'' !

Cette victoire fait de Fabricio Werdum le champion linéaire mais il n'est pourtant détenteur d'aucune ceinture ! En effet, le détenteur de la ceinture du Strike Force est toujours Alistair Overeem (que Werdum a battu par clé de bras en 2006). Les deux hommes doivent se retrouver face-à-face lors de leur prochain combat.

Pourtant, ce titre n'est pas le plus prestigieux. Depuis quelques années, la société Zuffa, propriétaire de l'UFC, rachète tous les concurrents et attire ainsi les meilleurs combattants dans son giron. Ainsi, les champions de l'UFC sont incontestablement les meilleurs dans les différentes catégories de poids :
- 70kg : BJ Penn (Hawaï, Etats-Unis)
- 77kg : George Saint-Pierre (Canada)
- 84 kg : Anderson Silva (Brésil)
- 93 kg : Mauricio "Shogun" Rua (Brésil)
Seule la situation chez les poids lourds semblait indécise. Certes Brock Lesnar était un champion au gabarit impressionnant (1m91, 121 kg) mais avec un maigre palmarès en arts martiaux mixtes : 5-1. La chute de Fedor Emelianenko le propulse en tête des classements ... mais n'en fait pas pour autant le champion linéaire.

En 1993, Royce Gracie avait été le premier champion de l'ère moderne. En 1995, il avait concédé un match nul face à Ken Shamrock avant de se retirer. Ce dernier s'était automatiquement auto-proclamé champion mais avait par la suite perdu ses titres au Japon en Pancrase et aux Etats-Unis à l'UFC. C'est finalement le Néerlandais Bas Rutten qui "réunifia" ce titre en s'empara de la ceinture de l'UFC en 1999 après avoir été champion du Pancrase quelques années plus tôt. Mais Bas Rutten se retira sur ce succès obtenu contre le lutteur Kévin Randleman.

On assista alors à l'organisation du tournoi le plus prestigieux de l'ère moderne : le Pride Grand Prix 2000 qui couronna Mark Coleman. Celui-ci conserva son titre jusqu'en 2001. Puis ce fut au tour du "Minotaure", Antonio Rodrigo Nogueira, de régner, jusqu'en 2003 et le début du long règne de Fedor Emelianenko.

A bien y regarder, Fedor Emelianenko n'a donc dominé son sport "que" 7 années. C'est certes très bien mais pas unique dans l'histoire des sports de combat. Il faudra donc se souvenir de lui comme le premier grand champion des arts martiaux mixtes modernes, au milieu d'autres champions éphémères qui n'auront tout au plus régné qu'un ou deux ans.

Depuis sa défaite au championnat du monde de sambo combat 2009, contre le Bulgare Blagoi Ivanov, la fin du règne de Fedor Emelianenko se faisait sentir. Mais pas contre Fabricio Werdum. La logique sportive voudrait qu'on accorde une nouvelle chance à Fedor. Mais est-ce que ce sera suffisant pour qu'on le traite encore comme le meilleur ? Est-ce qu'il ne sera finalement pas obligé d'accepter les conditions de l'UFC (contrat d'exclusivité) ?

Voilà en tout cas une défaite qui ouvre de nouvelles perspectives dans une catégorie de poids où plus rien d'intéressant ne semblait vouloir se passer.

dimanche 4 juillet 2010

Demi-finales de la Coupe du Monde 2010 de football

Nous voici arrivés au stade des demi-finales. Une fois de plus, le duel Europe-Amérique du Sud va se reproduire. Les nations qualifiées sont :
- l'Uruguay
- les Pays-Bas
- l'Allemagne
- et l'Espagne.

L'Uruguay fut la première nation à remporter la Coupe du Monde de football, en 1930; cette victoire étant précédée de deux sacres Olympiques en 1924 et 1928.
http://en.wikipedia.org/wiki/FIFA_World_Cup#Previous_international_competitions
Absente des éditions suivantes (1934 et 1938) puis, après deux éditions annulées pour cause de Seconde Guerre Mondiale, l'Uruguay s'imposera encore en 1950, au Brésil, contre le pays organisateur.
http://en.wikipedia.org/wiki/FIFA_World_Cup#World_Cups_after_World_War_II
L'Uruguay se maintiendra parmi les nations fortes jusqu'en 1970 en étant deux fois demi-finaliste en 1954 et 1970. Mais cette Coupe du Monde 2010 marque vraiment son grand retour.

Les Pays-Bas ont quant à eux atteint précédemment trois fois le stade des demi-finales (1974, 1978 et 1998) et furent deux fois finalistes malheureux (1974 et 1978) contre l'Allemagne et l'Argentine.
http://en.wikipedia.org/wiki/FIFA_World_Cup#Teams_reaching_the_top_four

L'Allemagne est la nation la plus régulière au plus haut niveau :
- trois fois championne du monde (1954, 1974 et 1990)
- quatre fois finaliste malheureuse (1966, 1982, 1986 et 2002)
- trois fois troisième (1934, 1970 et 2006)
- et une fois quatrième (1958).
Ce statut de demi-finaliste 2010 est donc sa douzième participation à ce niveau de compétition (le Brésil n'y étant parvenu que dix fois et l'Italie huit fois).

Enfin, l'Espagne, favorite de cette Coupe du Monde 2010 (avec le Brésil) grâce à sa victoire lors de l'Euro 2008 et à sa place de n°1 mondial au classement de la FIFA, elle n'a atteint ce stade de la compétition qu'en 1950 ... l'année du dernier sacre de l'Uruguay.

Pronostics

Arrivés au stade des demi-finales, voici quelles sont les chances des différents pays qualifiés d'atteindre la finale :
- Uruguay : 2 sur 4
- Pays-Bas : 2 sur 3
- Allemagne : 7 sur 11
- Espagne : 0 sur 1
Les statistiques donnent donc l'avantage aux Pays-Bas contre l'Uruguay (66,6% contre 50%); et encore plus à l'Allemagne contre l'Espagne (63,6% contre 0%). D'ailleurs, en 1966, alors que l'Espagne était championne d'Europe en titre (1964), elle avait perdu 1-2 en Coupe du Monde contre l'Allemagne; qui elle était allée jusqu'en finale.

La finale opposerait ainsi les Pays-Bas (tombeurs du Brésil, champion d'Amérique du Sud en titre : Copa America 2007, par 3 à 0 contre l'Argentine) à l'Allemagne (pays tombeur de l'Espagne, championne d'Europe en titre : Euro 2008, par 1 à 0 contre l'Allemagne).
Les chances de gagner la finale seraient :
- Pays-Bas : 0 sur 2
- Allemagne : 3 sur 7
Les nouveaux champions du monde seraient ainsi (d'après les statistiques) : les Allemands face aux Néerlandais (à 42,8% contre 0%). D'ailleurs, en finale de la Coupe du Monde 1974, l'Allemagne de Franz Beckenbauer avait battu les Pays-Bas de Johan Cruyff par 2 à 1.

Verdict très bientôt !

jeudi 1 juillet 2010

Porte-drapeaux lors des derniers Jeux Olympiques (Beijing 2008)

Chaque nation choisit un porte-drapeau pour la cérémonie d'ouverture. C'est une fonction honorifique pour le sportif qui incarne ainsi les valeurs de son sport, de la délégation tous sports confondus et de son pays.

Voici la répartition de ces porte-drapeaux selon le sport pratiqué :

1- athlétisme : 63 pays
2- sports aquatiques : 20 pays
3- judo : 16 pays
4 ex aequo- canoë-kayak et haltérophilie : 12 pays
6- lutte : 10 pays
7 ex aequo- boxe et tir : 9 pays
9 ex aequo- aviron, voile et taekwondo : 5 pays
12 ex aequo- cyclisme, tennis de table et basket-ball : 4 pays
15 ex aequo- handball, badminton, softball, escrime, hockey et gymnastique : 2 pays
20 ex aequo- tennis, waterpolo, sports équestre et tir à l'arc : 1 mais aussi un entraîneur, un officiel et un "olympien" (pour Djibouti)

Source : http://multimedia.olympic.org/pdf/fr_report_1344.pdf

L'athlétisme est incontestablement le sport-roi des Jeux Olympiques, devant les sports aquatiques (dont la natation) mais on voit aussi que les sports de combat ou de force ont quand même une belle place : judo, haltérophilie, lutte et boxe se classant dans les 7 ou 8 sports les plus honorés.